29
nov

homme mage

Dépit contre Gilon

Après ma mort, je te ferai la guerre,
Et quand mon corps sera remis en terre
J'en soufflerai la cendre sur tes yeux.
Et si mon âme est répétée aux Cieux
Crois sûrement, dame très rigoureuse,
Je t'enverrai flamme si chaleureuse,
De traits à feu flamboyant si très fort,
Que tant vaudrait sentir armes de mort.
Et si je n'ai les droits de bonne vie.
Bien accomplis, je courrai, à l'envie,
Sans distinguer le temps ni la saison,
Comme un garou autour de ta maison.
Toutes les nuits, en ton lit avallée,
De moi lutin seras en peur soûlée,
Et grèverai incessamment ton corps.
Je te ferai ainsi miséricords
Comme tous à l'amoureuse essence.
Et si je fais en l'air ma pénitence,
Léger irai te nuire et laidenger*.
Si suis en l'eau, je t'y ferai plonger.
Et si je suis caché entre les nues,
Glaces alors ne seront retenues,
Grêles, éclairs, ni tonnerres aussi,
Je t'en battrai sans grâce ni merci.
Finalement quelque chose que soie,
Je te ferai la guerre en toute voie.
Si rien deviens, de rien te combattrai
Et sur tout rien à te voir m'ébattrai.
Moyen prendrai d'issir de Phlégétonte
Et des palus infernaux d'Achéronte,
Pour te grever comme je l'ai songé.
Et si je n'ai des Parques ce congé,
Ma bonne amour que tu as offensée
Rompra l'Enfer comme toute insensée,
Et s'en ira tes plaisirs étranger,
Car quand vivant je ne me peux venger,
Ni rendre aussi les angoisses semblables
Que tu me fais par rigueurs exécrables,
Mort, te ferai tant de griefs recevoir
Que ce sera grand' pitié de te voir.

(*) lutiner

Germain-Colin BUCHER (1475-1545) 

 

photo de et par phoenix, ses oeuvres, un jour, sortiront de la chambre noire qu'il s'impose, et ses portes prendront le seuil de liberté.


10:12 29/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

27
nov

ici

recommencer ailleurs
apprécier la solitude pour revenir aux autres
revenir à moi parce qu'il doit y en avoir qu'un
préparer doucement
anticiper principalement
amuser le soi qui s'est perdu en vanité.
 

17:34 27/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

25
nov

juste quelqu'un de bien...

http://collectedejouets.skynetblogs.be/
 
hésiter serait renoncer à plus qu'un doute.
 
 
(art by Dave Burke @ http://www.monsterfetish.com/

18:25 25/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

23
nov

Balkan Beat Box

Samedi soir dernier (oui, encore en retard ici), au BEURS, un concert sans égal :

Balkan Beat Box . Le Band et ses influences est un mélange entre Mano Negra première période, Jaune Toujours en bonne forme et RATM pour les énergies punky-rooster, un leader charismatique très nerveux et les messages socio-politiques universalistes (mais pas de blabla moraliste, juste une transe ethno-humaniste musicale aux vibrations bigarrées).

 

Un délice chaotique, lumineux et terriblement vital. Musiciens israéliens, New Yorkais et influences géographiques musicales étendues sur 10 000 Kms carrés. Un grand moment de bonheur condensé en deux heures…L’album en écoute dans mon salon est presque décevant vu la distinction d’énergies mais les ondes vibratoires du concert résonneront encore longtemps.

 

Leur tour européen s’est terminé là, guettez les pour une prochaine fois.

13:13 23/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

22
nov

Eugène Savitzkaya

Eugène Savitzkaya, il y a deux mois, Je découvre ceux-là :

 

« Il transformera la terre en un vaste clapier qu'il compartimentera pour séparer les espèces. »

« J'exerce sur mes membres si peu d'ascendant que tout leur sang s'écoule vers le sol. »

« Il faut que tu saches que je n'ai jamais connu de corps plus laid que le tien (…) Mon doigt s'est sali jusqu'à l'os chaque fois que tu m'as demandé de prendre ton pouls. »

« Ce n'est pas la beauté qu'il s'agit de rechercher, ni la perfection, mais une certaine adéquation avec la lumière, le vent, l'état des lieux. »

« Regarde sous tous les angles, casse ton cou, ferme un œil puis l'autre, tords ta bouche de dépit et de perplexité. Tu ne comprendras jamais que cette parcelle de chair sur laquelle tu lances tes projectiles est un dos, que sur la peau du dos on pose des baisers qui sont ressentis par la moelle épinière parfois comme des chocs, parfois comme des blessures, parfois comme des caresses (…) Et n'oublie pas que ce dos contre lequel tu t'acharnes, que tu voudrais trouer et pulvériser, que ce dos qui est peut-être celui de ton ennemi n'a pas d'yeux et est doux comme le limon de la terre. »

 

Puis j’avale « un fou trop poli » en deux heures.

 

« Ainsi, non par ruse mais par nécessité, il s’est glissé dans la peau et sous le plumage d’un coucou en apprentissage de la vie sur la coquille minée de la terre […] Pendant que les bombes imaginées et conçues de cerveau d’homme, intuitu personae, secouent le sol en différents points du globe, le fou sème de la phacélie (pour que le bleu ne manque pas aux gelées d’automne) et affirme, parlant à la mode de Hunan : le pauvre étudiant que je suis vous confie qu’il n’y a rien de plus beau que citronniers parmi le feuillage dentelé plus fin que celui de la carotte. »

 

« Quelqu’un dicte mes mots, un autre les épelle, cela fait un murmure qui gonfle dans le ciel qui commence au ras de la terre, grosse boule féconde sécrétée ou excrétée, d’eumolpe à euphorie, d’un secrétaire en bois. »

 

Et jeudi dernier (depuis, je n’ai rien écrit), aux Halles de Schaerbeek, une annonce…

Une lecture de la folie originelle.

Accaparée par Chloé Delaume lors d’un Mille-Feuilles précédent, je suis impatiente de ressentir un autre coup de corps, une intrépide aventure avec la poésie tranchée.

Mais, après un tour de bancs, je les entends à peine, les voix des Lecteurs s’emmêlent dans la basique turpitude des lectures sans vie, on ne sent pas la folie originelle, sauf une fois, entre deux passages à tabasse, non, je ne vous entends pas, mesdames les joueuses, non, je ne vois pas votre point sous la lampe vacillante, non, certains messieurs, votre appui sur chaque première syllabe me rend somnolente. D’ailleurs, l’homme à côté de moi, trempait ses narines dans le dos de devant, non, chères bonnes volontés, vous n’avez pas réveillé les ondes. La polyphonie peu corsée ne m’a pas rendu mon théâtre imaginaire dans lequel je vous avais planté, Eugène décor de feu, Eugène naturel au galop, Eugène, le Gecko mythique.

Je n'ai même pas couru après l'Homme pour saluer ou le faire admettre son regard sur l'un des livres emplettes.

 

Alors, je suis revenue aux papiers, ses parchemins félins, retournée dans l’allée noire, à la lettre S.

15:55 22/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

16
nov

Bogus Woman - Femme Fantôme @ POCHE

« La Femme Fantôme (The Bogus Woman), pièce écrite par Kay Adshead
Critiques de cœur et contes de poings de 3 femmes témoins, accompagnées silencieusement d’un homme de loin en guise d’appui têtes.

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••• Salomé ••• :

Nora, immigrée
Emmeline, « française », Européenne (être humain)
Suzy Juive arabe teinte en blonde pour masquer sa différence, immigrée
Arvind, Indien immigré

tous déchirés devant la femme fantôme qui vit là quelque part en nous.
Journaliste ayant commis le crime de "faire son boulot" et qui voit sa famille décimée juste parce qu'elle a osé! Alors il y a la convention de JE REVE, celle qui soit disant va faire respecter les droits de l'homme, permettre une demande d'asile

NO FUTURE

Le pays d'accueil devient pays d'écueils
Et la femme fantôme vous jette à la gueule toutes les réalités ignorées et renvoyées bien édulcorées par les medias
Un chemin de DAMAS où règnent brimades, sarcasmes, attitudes dégradantes de petits fonctionnaires de l'immigration qui mettent en doute le meurtre de toute une famille et le viol collectif en représailles des articles critiquant le régime du pays

La femme fantôme est bâillonnée dans l'anonymat des centres de détention, victime d'humiliations de cruautés et de perversités en tous genres inhérentes à son statut, ou

Devrais je dire à son non-statut en butte à tous les clichés, à toutes les ignorances

La femme fantôme vient du soleil, de la lumière, d'un continent de luxuriance, dont les colons ont tiré largement partie, mais ne sont pas prêts à "renvoyer l'ascenseur"

"au clair de la luuuune, mon ami pierrot"

elle est gazelle plantée sur une scène d'ombre et de barbelés, elle subira la loi de la jungle des percussions – ‘persecussions’ qui lui donnent la réplique
elle cherche la lumière, mais ne la trouvera jamais, elle n'a plus de racines, on lui coupe les ailes
"viol au dessus d'un nid de coucous"

fermer les yeux, les oreilles, les frontières
vivre et laisser mourir

"nous sommes tous les métèques de quelqu'un"

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••• Milady Renoir••• :

Les tambours du Bronx universel frappent, les grelots et autres cloches de rituel protègent les esprits. Une musicienne, soeur de corps de Tracy Chapman ferme les yeux, ouvre sa gorge, amène l’obscurité. Puis, une valise, des barbelés, une ligne de terre noire au sol, la scène est grande, plus grande que notre horizon confortable. Les premiers mots sont foudroyants. Les propos dépassent la scène, nos murs, notre « territoire ». Nul besoin d’artifice pour sentir la poudre de la guerre. Le combat contre l’indifférence est une lutte personnelle, sauf qu’ici, des millions d’individus griffent leur vie au portillon, lequel rappel des camps de concentration à peine refermés.
Dans chaque mot, une balle. Une balle, « pour attaquer ou pour défendre ? », rappelle un journal quotidien belge. Il faut donc regarder, écouter attentivement ce que la Femme Fantôme récite, tel un griot hagard sorti d’un tombeau de millions d’humains.

*le voisin de gauche, la chemise à carreaux sous le pull col V, pose sa tête sur l’épaule de sa voisine, blonde et sérieuse, comme un Renault Mégane, « c’est trop long comme pièce », murmure t-il.*

La lucidité tue autant que l’autorité désobligeante, laxiste, noyée sous le flot de désespoirs en quête d’asile affectif, social, humain. Où est l’île quand on cherche la Terre. Alors les pauvres « On(s) » chiffrent plus qu’ils ne regardent.

*le groupe de quatre jeunes étudiantes, arborant tissus indiens, épingles à cheveux en arabesques et foulards écologiques, s’impatiente, le langage corporel avoue une lassitude… « A quelle heure est le dernier bus ? »

Le berceau de l’humanité tangue trop fort, les souvenirs gisent dans des greniers d’âmes profanés. Les murs porteurs calcinés, corps vivants désacralisés, « le temps recule plus qu’il n’avance ». « S’il vous plait, je peux avoir un verre d’eau ? » Non, s’il ne nous plait pas, pas de papiers, pas de verre d’eau. Faux papiers ? Fausse vie !
Quand une journaliste se fait écrasée par des presse-papiers désabusés, les matons tortionnaires parce qu’enfermés - eux aussi -, un avocat atone, quelques vautours aveugles, des hommes sans but, des femmes sans gloire, des culottes déchirées, des principes labourés, des nuques brisées, des bouches asséchées.

Dialogue réel entre deux êtres paumés sur scène, une victime, un bourreau, vieille histoire, récit contemporain. Deux humains à l’extrême l’un de l’autre. Sur scène, une seule femme raconte la énième humiliation dans la cour des obstacles, les deux personnages s’entrechoquent en une bouche suppliante :

- C’est combien ?
- £25…
- tu rigoles ? £10 !
- £15.
- £10 et c’est tout, et encore, seulement parce que t’as de beaux nichons… et je te prends dans le cul
!

*Rires d’une dizaine de personnes dans la salle. Le voisin de derrière rallume son GSM, la pièce n’est toujours pas terminée*

Les charniers ouverts ont pignon sur rue, les vitrines au néon rouge recouvrent la ville, les morts vivants rôdent dans nos caves politiques, les ruelles se désertifient de regards propres, sains. L’hygiène des assassins débute dans l'apathie. Lave toi les mains après le journal télé et va te coucher.
Là bas, il y a une différence de Dieu, de sens, de culture mais les gènes et le sang rouge sont analogues. Bande d’exogènes ! La dette extérieure n’a aucun dénouement, il faudra rayer des cartes pour aplanir les reliefs, remplir les gouffres. Ah mais ça ne doit pas nous empêcher de vivre, tout commence dans un élan.

« Ce petit rectangle gris qu’est l’Angleterre », ce petit quadrilatère raide et froid qui reste gravé sur le coin de l’œil de la femme fantôme, ce minuscule pays rigide, protectionniste, nordique la transporte, elle, le numéro de bétail tatoué à l’encre d’échine, de pièces exiguës en salle d’interrogatoire, de tribunaux en fourgons de police, de stèles en soutes. Voyez, ça ne s’est pas passé si loin de chez nous.

*le groupe de collègues, soulagé du calvaire de la pièce, se reforme sur les sofas du bar du théâtre. « Ça te va mieux, les cheveux courts… », « J’ai pas tout compris quand la comédienne dit que … », « ce feu de bois, ça donne envie de partir aux sports d’hiver », « bon, les livres d’Amélie Nothomb mériteraient d’être adaptés au théâtre »*

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••• Hypathia (alias Nora) •••
Une femme sans nom - Un femme sans pays - Une femme sans futur qui voyage léger mais qui traîne un passé bien lourd. Violée, battue, torturée physiquement, moralement…
Cette femme, c’est eux, c’est « gens-là » ceux qu’on plaint volontiers en société pour qui on achète tel produit Oxfam parce que c’est tendance d’être altruiste mais qu’on ne voudrait pas avoir chez soi.
« Pardon. Je sens ».


Femme sans futur, sans présent, prisonnière de la machine administrative de la civilisation occidentale. Son passé est son avenir dans la mesure où les braves gens
« bien comme il faut » la renverront chez elle « là bas » où elle mourra assassinée à cause de ses mots « putain de mots ! »
Le texte est intriguant et saisissant, les mots sont simples, durs, sincères. Mélange de poésie, d’humour et de drame, tristesse, joie, colère… tout se mélange sur scène, l’actrice, petit bout de femme, nous montre toute seule toute la haine, l’espoir, la colère, la joie, la tristesse qui rongent les tripes des candidats à l’immigration. Elle vole….danse…pleure…crie…rie… nos yeux ne peuvent se détacher d’elle !
La Jeune femme nous emmène tour à tour dans sa prison pardon… le centre d’accueil des réfugiés. En Afrique, chez sa grand-mère…retour en prison…retour en Afrique… passé présent futur…. Tout se mélange… et pourtant tout est cohérent.
Petit à petit nous entrons doucement dans l’intimité de la jeune femme, nous percevons son bonheur de fille, de mère, d’épouse et d’un seul coup, nous découvrons toute l’horreur de la persécution et de la guerre.
Celle qu’on ne veut pas voir « c’est pas grave, c’est loin de chez nous »

La femme sans nom… un jour ça pourrait être vous…


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Pièce jouée jusqu’au 26 novembre 2005 : www.poche.be 
Le livre de la pièce de Kay Adshead est en vente à 10€ sur place.
La coordination avec des ONG et associations de défenses des femmes, des droits de l’Homme est exposée dans les locaux du théâtre.
Sortez utile !




10:34 16/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

15
nov

naître, c'est déjà mourir.

J’ai mes règles.

Le sang fluide, puis grossi, déverse sa fébrilité dans l'ombre des cuisses. Il est chaud, brûle mon enfance. Le lin retient l'envie, la dégradation, l'affaiblissement. La honte se cache dans son état primaire. Les autres ne le savent pas mais je saigne, comme une biche traquée, comme une faune blessée, amputée de ce qu’il y a de plus précieux et de plus infâme. L’œuf se malle, se valise, se casse. Oscillation lunaire, le sang marque les murs des prisons enfantines. Je voudrais tout blanc, s’il vous plait.

 

« Aujourd’hui, papa me touche le sein. Hier, Grand Père jongle avec mes brindilles. Et le barman dit merci mademoiselle en s’adressant à mes collants. Les toilettes pour dames, suis mon doigt, jeunette… Tu veux un bonbon, fille ? Tu as grandi… tu vas t’acheter un porte-nénés ? Et tu as un amoureux ? tu veux toucher ? Tu es une femme à présent…»

 

J’ai mes règles.

Ils rient parce qu’ils savent, parce qu’ils doivent bien sentir le fer mouillé, le coton souillé.

Ils connaissent l’erreur, l’envie et la fraîcheur de la crainte. Les loups délectent leur animalité de coussins garnis, de fenêtres voyeuses, de portes entrouvertes, ils espèrent le crin, le morceau… la curée sera bonne. Cent corps de chasse résonnent dans ce préau ouvert. Les chiens aboient, la maison flambe, rien à signaler. Elle arrive sur le marché, sa poitrine douloureuse, son bas-ventre effondré, vous verrez qu’elle ne pourra rien répliquer.

 

« Chaque goutte de sang rejaillira sur une poitrine humaine, pour effrayer les hommes, et mettre devant eux l'exemple de ma méchanceté ! Ils s'arracheront sans trêve des lambeaux et des lambeaux de chair ; mais, la goutte de sang reste ineffaçable, à la même place, et brillera comme un diamant. » (Les Chants de Maldoror - Chant II)

 

J’ai mes règles.

Ma seule vertu, un silence creux, tel mon antre dilatée, rejoint les extrémités de mon organisme retroussé. Les bouts de bois calent les acrimonies derrière, au fond. Qu’on ne vous voit plus ! Je repousse chaque épanchement, de mes doigts simplifiés, quelques gouttes tachent mes phalanges. Ce n’est rien dit la mère infirmière qui compte déjà les années jusqu’à la gésine.
Ils me garderont précaire et vulnérable dans leurs approches hardies, insatiables et sirupeuses. L’épaisseur du sérum ne donne pas plus d’âme au signal de détresse.

 

« Nous avons créé l’homme d’une quintessence de boue. Puis, nous en avons fait une goutte d’eau dans un reposoir solide. Puis nous avons transformé cette goutte de sperme en un caillot. Puis nous avons transformé ce caillot en une bouillie. Puis, nous avons transformé cette bouillie en os. Puis, nous avons revêtu les os de chair, produisant ainsi une autre création. (…) (Coran, Sourate Les Croyants “El Mouminoun”, versets de 12 à 14) »

 

J’ai mes règles.

J’ai peur de me salir. J’ai peur qu’ils me poivrent et m’égorgent pour remplir la baignoire. Agnelet des dieux, pré-salé, la pomme dans l’anus, ils délivreront leur corpuscule au creux de ma faible poitrine. Le cri de la gorge enflée s’étend dans une glotte amère. Il est temps de se cacher. La pilule dissout les glaires. L’humeur, rouge comme la torture, émane des profondeurs de l’âtre. Le mucus, recouvert de gel aqueux, endort l’innocence au fond des draps. La toile tendue entre la descendance et l’aïeule trouble ce qu’il me reste d’opiniâtre. Parait que ça se soigne, disent-ils… Tu verras, tu vas t’habituer… et pendant ce temps, ils m’assomment.

 

© Milady Renoir

 

Art by Lyzane Potvin

00:14 15/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

10
nov

Juliette Noureddine

Mieux que Madonna (pour les musiciens comédiens et danseurs et la Cabbale)

Mieux que Sylvie Joly (pour le ton rauque et la démarche routière)

Mieux que Mick Jagger (pour la guitare électrique et les lèvres)

Mieux que George Brassens (pour les mots poison et le visage froncé)

Mieux que Plastic Bertrand (pour l’éclectisme et le lancement d’une singulière philosophie)

Mieux que Julos Beaucarne (pour l’esprit universel et les fleurs dans les cheveux)

Mieux que Vincent Delerm (pour les univers référencés et le piano mélancolique)

Mieux que Patrick Bruel (pour le public qui reprend les paroles et la coupe de cheveux)

Mieux que Marilyn Monroe (pour les poses et …  enfin, voilà)

Mieux que Djamel Debouzze (pour les vannes et les cris de rage)

Mieux que Ginette Garcin (pour l’âge et les costumes)

 

Ma Première était au Théâtre de Dix Heures il y a 13 ans

Ma Seconde était à l’auditorium des halles il y a 10 ans

Ma Troisième était à Bruxelles il y a 2 ans

Ma Quatrième était à Bruxelles hier soir

Mon Tout est Un délice de poisons dans un corps de puttini dilaté…

 

Son oeuvre:

http://juliette.artistes.universalmusic.fr/

 

Sa vie:

http://julnour.blogspot.com/

 

merci Madame pour hier soir… une moitié de public de frustrés, quelques Irrésistibles, de nombreux corrompus à votre scène et mes deux mains bien tapées, ma voix écaillée en hommage à vos talents (et ceux de vos BodyGuards Musicos).


10:27 10/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

9
nov

O Cedar...

Aujourd’hui, j’ai testé pour vous l’Horoscope Arborigène aussi appelé l’Arbre de vie.

 

Thème sylvain:

« Né(e) sous le signe du Verseau il y a 30 ans 8 mois 26 jours vous descendez du Cèdre. »

               

« CEDRE (la confiance) - D'une rare beauté, sait s'adapter, aime le luxe, jouit d'une bonne santé, loin d'être timide, a tendance à regarder les autres de haut, est sur de lui, déterminé, impatient, aime impressionner les autres, a de nombreux talents, travailleur, d'un optimisme sain, attendra son seul vrai amour, et est capable de prendre des décisions rapidement. »

 

Aucune mention des faits que je hais le Blues & le Heavy Metal, exècre le poulpe en vinaigrette, que le réglisse me rend nauséeuse, que je préfère une religieuse au chocolat à ma mère, que je rêve d’avoir un Chartreux, que je suis largement plus encline à la sitophilie que l’émétophilie (aussi connue sous le noble nom décadent de Douche Romaine), que je crois aux entités extraterrestres, que je damnerai les âmes de mes proches pour un saucisson d’âne aux noisettes (merci Arvind), que j’ai un grand penchant pour la paresse organisée et que je mourrai au Bouthan ou à Socoa mais quand même, diagnostic autant flatteur que tout à fait véritable, bien entendu…



09:28 09/11/2005 | Lien permanent |  Facebook

8
nov

Regard Noir

L’oeil ivrogne scrute encore. Gluant et apatride, l’iris éthylique incisif comme un ‘long drink glass’ broyé tuméfie mes audaces, éborgne mes élans. Parce que rire le rend sourd, parce que sourire le rend aveugle, il crache sur les promeneurs d’en bas de son pont.

Œil prodigieux par sa résistance, cynique par son absolu trituré, il gît dans sa marée glacée, perdu au fond d’un frigidaire sans issue…

Entre deux gorgées de mazout, il comble les œuvres tristes de son être plâtre blafard, son esprit béton fumigène. Il empiète sur son horizon, plante ses poils drus dans ma gorge, comme un couteau de fourrure sanguinolente dans la chair d’un lapereau. La curée recommence à chaque respiration. Sauron de comptoir, l’œil ne s’amuse plus avec ses congénères, il heurte le zinc de sa fureur malhabile en beuglant que les âmes sont perdues. Son haleine contagieuse vole au dessus de sa paroisse… Sainte Abstinence, criez pour lui.

Ensuite, les larmes agitées, les remords percutants valdinguent dans le limon. Les empreintes creusent le visage, chaque ride est un degré de soumission supplémentaire. L’exaspération fond dans le cul d’une canette ouverte, et c’est la gloire qui termine sa nuit dans un gruau de colle amère. Les pieds dans l’écuelle, on digère la sauce aigre douce, on partage un regard canin… Le lit s’endort sans moi, et c’est au matin brun que le coude se plie, tard ou trop, sans égard, sans regard.

 

Art by Wieslaw Walkuski

09:19 08/11/2005 | Lien permanent |  Facebook