28
oct

Rufus

Non, notre Bon Rufus, je ne dirais pas, même pas un peu, que si vous aviez été seulement vous-même, vous et vos facettes, pendant, avant et après ces pantomimes tristes que vous avez adoptées pour une raison encore obscure, seulement si… enfin, je le sais bien pourtant, oui… que vous les aimez, vos pairs, Rufus, notre beau Rufus, mais votre hommage respire la tiédeur, voilà que je ne peux me taire... Alors, je voudrais aussi vous énoncer de ne pas persister dans l’adoption d’autres pointures d’une envergure moindre que vos grandes ailes d’Albatros, vos vastes souliers rouges et votre danse magique de la saucisse sont tellement plus expressifs que l’enchaînement radical et peu subtil des mots d’autres, surtout ceux qui n’ont pas besoin de vous, ces mots ressassés qui ne font piailler que grabataires et autres peu soucieux de votre poésie. Je fus déçue, Monsieur Rufus, j’en suis encore si peu émue… Je vous avais attendu avec douce fébrilité, savez vous… parce qu’entre vos chroniques chez Mr Jeunet, vos virages chez Mr Godart, votre rire fugace dans Fantasia chez les Ploucs et votre esprit de survie dans le splendide Train de Vie, votre complicité avec Areski-Fontaine-Higelin et vos pas foulant les mots de Beckett & E.E. Schmitt, j’étais impatiente et heureuse de vous approcher enfin… mais aujourd’hui, je suis saisie, à peine coite…  Vous vivez pourtant entouré de mille personnages, encerclé de mille inspirations, pourquoi alors miser sur l’imitation, pourquoi ne pas avoir jonglé avec leurs forces et faiblesses plutôt que d’emprunter exactement le même chemin & parcourir des planches déjà usées…

Vous nous avez manqué, Mr Rufus, ce soir là, mais voilà, disons que ce spectacle est une fausse alerte et que je ne vous ai pas encore rencontré…

Au plaisir d’effleurer votre chaotique dimension très bientôt.


11:13 28/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

26
oct

 Army Child

Le ballon décolle ses auréoles sur le gazon humide. Chaque pétale coloré du ballon vacille dans le froid. L’enfant ne l’aperçoit pas. C’est un ballon rond, avec une circonférence décorée de rugosités temporelles. Mais la géométrie, les mathématiques et la recherche de la perfection ne sont pas les affaires de l’enfant. Il erre depuis déjà des mois. Sur son chemin, des renards fébriles, des pigeons morts et des adultes gris. Depuis qu’il est arrivé sur ce terrain flou, il n’a pas reçu de poignées de mains, ni de regards. La photo d’une maman effacée contre son pouls, il aimerait dormir, enfin calme et bercé. Ni la lune, ni le soleil ne lui récitent de contes. Il se perche sur un des bancs et contemple la ville. C’est un enfant perdu. Ses jambes tremblotent, le ballon roule jusqu’à lui. Il ne le voit pas. Il se souvient de boîtes chaudes, de coton souillé, de sang de nez, mais d’elle ou d’autres, il ne récapitule que les absences. L’enfant est trop grand pour son anorak rouge. Les manches laissent échapper ses mains, c’est demain qu’il devra les retrouver. Un néon frissonne dans le lointain. L’enfant crie. Il tend son doigt vers la lueur mais n’avance pas. Quand il pose son pied devant la chaussure, le sol recule. Le vertige apprivoise l’action, et l’enfant tombe. Le vent titille le ballon. La marelle gît entre ciel et terre mais les cailloux sont morts. Un chant au micro commence, comme tous les jours à cette heure-ci. L’enfant connaît la parole par cœur. Il se relève promptement et récite en murmure et en rythme la marche des notes. Alors, c’est une armée d’autres enfants qui piétinent la neige avec lui, cent mille soldats tels des hannetons en route vers la mie partent au combat. L’enfant compte ses acolytes avec ses yeux fermés, il n’est pas seul. A la fin du son, ses paupières se détachent. Ils ont disparu. Il cherche les traces. Une goutte de sel tombe au milieu de ses pieds. La neige réclame le gel, puis laisse apparaître le noir. L’enfant pose ses mains contre ses oreilles, range son fusil microscopique dans sa poche droite, à côté de la châtaigne déconfite. Le ballon touche sa cheville. L’enfant tire dedans de toutes ses forces. L’élastique se tend jusqu’au bout du terrain, puis ramène le ballon, décontenancé. L’enfant se met à pleurer, mais chaque onde translucide gèle sur sa joue. Il retombe sur ses genoux. Il va attendre la prochaine lueur, la prochaine musique avant de repartir encore.

 

Art by mae fatto (no link today, my love has gone away... lalala...)


14:26 26/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

25
oct

2 x 2 mains avec Novocaïne

4 mains, 4 seins, (pas si loin) pour une ode à la Sitophilie:

 

 ""
Pendant qu’il détermine les cibles.
Éros et Potatoes, les rouges visibles
Elle lève ses jupes
Qu'il voit Vénus en guerre et en ose,
Des épées suspendues par la prose
Avec, toute une armée de singes blonds
Et quand elle dit ses quatre perversions,
C'est comme un chapelet aux couilles,
Comme un pieu dans un rein

De chairs bides en Priscilla
De parmentier en charabia
Quand elle parle de cuisine
C'est de ventre four ou de sein braisé,
Une invitation aux délices ouverts
Gloutonnerie de vices rôts amers
Jouissiez jusqu’à l’écoeurement
Couverts de choix, avidement
-la petite ploie dans les grands-

C’est en avalant que vient l’appétit
Il dîne d’elle à l’huile, doigts salsifis
Mais va finir par s'enfuir avant l'heure
Il balbutie, voudrait répondre, tousse à la fois
"Donnez, donnez c’est l’odieux qui vous l’rendra
Ouvrez les sésames, la folie ne s’égraine pas
Dans un élan de friandise, ta langue déliée
Fille de joies, c’est pour mieux te dévorer"

Puis la pince entre les cuisses froissées,
Les genoux de tant d'autres, ses jouets par millier.
Macaques plumés au citron caramel
À deux corps chauds, bain d’hydromel
Il est assis il est debout, la chandelle
D'un diable teint en vierge idole
Et le suc accroché à sa berge frivole
Il cède un pas contre un suçon au cou
Bêcheuse de houx dans ses peaux sucre roux
Dans la boîte à fraises, son cœur Tupperware
Toute salive mielleuse est toujours bonne à boire

Elle, lui offre tout et du rouge sur les jours
Parce que çà, elle sait faire, mais pas dire l'amour
Donnez, donnez c’est l’odieux qui vous l’rendra
Ouvrez les sésames, la folie ne s’égraine pas.
Dans les pipe Line de son moteur à déduction
Elle terre l'Essence, comme une révolution,
Elle condamne, sa porte de Marianne
Qu’il soit à jamais son homme à lianes.

""

 

Novocaïne & Miladyction



10:58 25/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

24
oct

Soirée filles avec un cerveau (chacune) du 21/10/05

Dear Girls, Chères filles avec un cerveau (chacune)

& Dear Boys (pour qu’ils ne se sentent pas (pris pour des) cons !!),

 

Voici donc le résumé des atouts/ajouts de la soirée quasi (bi)mensuelle filles du 21 octobre 2005 (8ème édition) spéciale Belch’ (+ Anniversaire de Clau’) chez Salomé en mots et liens (sur lesquels cliquer… ben ouais !) pour vous remémorer, vous intéresser, vous apprendre, vous rendre ENCORE PLUS belles et intelligentes (c’est possible…).

Donc survolez les noms propres et prénoms/pseudos et jouez à CHAT avec votre souris…
(Underlined red for INTERNET links)

 

Merci de votre fidélité, esprit convivial, humour et amitié…

 

Salomé:

Book : « (Ego)biographie tordue » de Marcel Moreau

& « Les histoires de Jef Kazak », Jean d’Osta, Éditions Urbaines

(merci pour l’escobar aux algues, les carbonnades, le tiramisu et l’accueil)

 

Josie: l’avait oublié le thème…

 

Gene:

Musik: Jo Lemaire : Je suis venue te dire que je m'en vais
& La nuit te ressemble

Book: « La Pierre et L'oreiller » de Christian Dotremont @ Gallimard Blanche

 

Muriel :

Musik : Goran Bregovic mais bon, vu que les frites sont (sûrement) moins bonnes en ex-Yougoslavie, on a zappé l’histoire.

Text : « Une gouttelette de temps » de Valérie Bézard, auteur(e) sur Fulgures.

 

Clau’ :

Book : « Les Fables Complètes » de Virgile (Voir aussi la pièce de théâtre inspirée du livre sur le site de Jan Liberski)

BD : « Du côté de chez Poje, Bière Précieuse » de Raoul Cauvin @ Dupuis

(Merci pour le champagne)

 

Milady:

Book: « L’intelligence des fleurs » de Maurice Maeterlinck

BD : « Bruxxxelles » par l’atelier BD de Sint Lukas

Musik: « Les bulles » & « Borlon » + textes de la chanson « Ottignies après 20h » de Daniel Hélin (interviewS du chanteur fanfare barbare : http://www.zicline.com/dossiers/helin/helin1.htm & http://www.m-la-music.net/article.php3?id_article=652 )

Art: « Not Quite Dead » de Pascal Bernier (bon, critique un peu acerbe…)

 

Faites passer les infos ; les bons goûts et le concept qu’on se féminise l’Ego.

 

***Prochaine soirée filles @ Milady’s le Vendredi 2 décembre.
Parlez en autour de Vous***

12:35 24/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

20
oct

Retour avec un départ ou départ avec un retour

Matin Chemin (j'y retourne un peu...)

 

 

Chemin de droite. Matin brun. Fille du Calvaire, sans godasses, ni chaumière. Un principe de vie agricole dans le quotidien, j’étais jachère. Un sillon, deux sillons, trois sillons, soleil sans moteur. Allô chéri, j’ai peur. Tonalité charnière. Zéro pointé. Nuages verts dans la gorge, brume sans carnation dans la paume, Zéphyr me conviait à sa cantine roulante.
J’ai eu faim, je n’ai rien avalé de cette satanique journée.

Chemin de gauche. Matin cynique. Choix délavé. J’ai cru aux sons, aux éclats. La mort derrière, on avance plus vite. C’est un Serpentin entre les cuisses qui me donna l’alarme. J’ai eu soif, je n’ai eu que venin sirupeux dans un verre grenadine. Un matin chagrin avec une araignée ès poire dans le collimateur.
Ça rend sourde de toucher le seXe des hommes ?

Chemin du milieu. Matin nuit. Sans rêverie solitaire, ni soldat troué. Une voix engourdie sortit de mes terres. Un narquois dans le giron, c’est la foi qui s’en va. On rigole de ses humeurs partiales. Si c’est Parent qui le dit, on le suit. Mais jouer à Colin Maillart avec soi, ça rappelle l’absence. J’appelai une glande mammaire, une gonade familiale, mais c’est la mire de fin qui se mit à rire. Rideau !

Chemin du dessous. Matin câlin. Sous la couette, les Enfers. Les tentures grisonnent comme les poils d’un torse de loup. La fenêtre claque des doigts. C’est dimanche, on ne baise plus. Quand on aime, on ne sent plus. Jour du Saigneur. Parabole du sang tourné. La lignée des victimes, tu crois que ça donne la diarrhée ? J’ai rentré mes index dans mon cœur, ce n’était pas aujourd’hui que le boucher faisait livraison à do(mi)cile.

Chemin du dessus. Matin fichu. Les bons comptes font les bons cons. Je n’ai pas trouvé mon or. Les dents dans le cagibi, je l’ai caché toute une vie, depuis. Oreilles et bouche décimées, ce fut ensuite au tour du nez de saigner. Mon rire est resté coincé dans un mouchoir de poche. Initiales filées à la haine. Vivement demain, criaient les petites souris, qui fuyaient quand Papa trempait dur sa poupée. C’était bien chez Lorgnette.

Chemin de rien. Matin rompu. Bâtons dans les jambes, jolies orties et pisse au lit. Les hommes, ça sent fort, dit la Déçue. Moi, j’en voulais un, un humble et drôle, un drille véto pour jouer au papa et à la maman.
D’hivers en automnes, je me rappelle ce matin crétin. Les autres regardent quand ça les blesse. Moi, j’ai compté 1356 maux de tête de Cerbère. La main dans le ressac, j’ai attrapé une pierre, l’ai tué de deux coups.

Chemin de demain, matin sans embruns. La suite s’écrit dans la Vie, pas dans le récit. Depuis, je comble des pages, rassasiée d’envies lourdes. Merci à celui qui souffle et lève les draps dans l’herbe. Carrefour des amitiés. Feu vert. Je traverse les rus sans mouiller mes pupilles. Œillères dans la rigole. Je retourne au pays.

 
© Milady Renoir


Art by
Jenny Morgan “the exhausting task”

19:47 20/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

19
oct

Choses pour la tête et les pieds

Hier, après les inutiles quotidiennetés, une savoureuse soirée entre petites nouveautés, décoration petits plaisirs, jeu de grands sourires, Amoureux et moi avons testé pour nous… « Playing the angel » de DM, We’ll soon be addicted, DepecheMode retourne aux formes originelles, électro-80-transe, Dave et Martin règnent encore… à brancher dans l’ouïe, fortissimo !

 

Puis « Kiss Kiss Bang Bang » le petit trésor comique du réalisateur de « Lethal Weapon » au titre (très) inspiré d’intrigues d’héros JOHNSTEEDEMMAPEEL revisités par un Tarentino sans gore ou un Altman sans acide, ou comment composer entre l’auto-dérision d’un cinéma Hollyfoodien dont ce film est autant l’exemple que son contre-exemple, quelques tabous surexposés, un Robert Downey (Bond) Jr buttocksé en crise Hitchcockienne, un Val Kilmer déguisé en armoire YMCA et un sosie (plus jolie) de Sandra Bullock (laquelle j’exècre), voilà, c’était le Blockbuster de la semaine… recommandé par Bonne Humeur Corporation !

 

En fin, lectures au lit, comme des enfants ‘sages’… Lui avec de la SF sociologico-philosophique japonaise et moi en compagnie des Pornographes du Soleil levant, un délit du commerce du sexe parallèle du même auteur que l’excellent les embaumeurs, récit autour d’un commerce des morts désopilant, à voir absolument pour une crise dépilatoire sur la bouche, le film  « The Funeral » de Juzo Itami aka Yoshihiro Ikeuchi, tout aussi génial et burlesque inspiré du livre Les embaumeurs:)…

 

Vu que l’hiver arrive, je vous file des couvertures rouges et chaleureuses…

 

(Art: US comics magazine cover « Kiss Kiss bang Bang »)

12:07 19/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

18
oct

Panamarenko

Panamarenko exposé donc reconnu à Bruxelles jusqu’au 26 janvier 2006. Anvers, sa ville de naissance (et probablement de mort) lui a souvent fait confiance, le monde entier aussi, c’est au tour de la capitale "francophone" de rendre hommage à ses œuvres inspirées de calculs mathématiques si précis et si imaginatifs qu’elles ne « fonctionnent » que par hasard, là est la poésie involontaire de l’artiste.

 

La présentation sur son site : « Panamarenko (Anvers, 1940) est un individu exceptionnel qui échappe aux normes du monde de l'art contemporain.

Artiste, ingénieur, physicien, inventeur et visionnaire, il a mené une recherche insolite sur des notions telles que l'espace, le mouvement, le vol, l'énergie et la gravitation. Son oeuvre qui associe expérimentation artistique et technologique prend diverses formes : avions, sous-marins, voitures, tapis volants, oiseaux. Des constructions toujours spectaculaires, d'une beauté étrange, à la fois ludiques et imposantes. »

 

Panamarenko est la parfaite parabole du voyage, composant avec l’écueil éternel de la destination imprécise, car c’est évidemment l’esprit d’initiative et la quête intérieure qui priment sur le but et l’arrivée. Mais Panaramenko persiste à vouloir voler, quitter la Terre, faire l’oiseau (d’ailleurs, il fabrique aussi des oiseaux-robots sur lesquels il étudie l’impulsion et le mouvement, il s’émeut de la distance entre les deux, nomme « No Man’s land » l’instant entre l’arrivée de l’électricité et le mouvement lui-même). Panamarenko est un poète des mathématiques plus qu’un jongleur des mots. Le Jules Verne des temps contemporains joue avec l’art autant qu’avec des instruments de torture, torture de l’esprit qu’il s’impose depuis 20 ans. Mais attention tout joueur n’est pas enfant, il les déteste d’ailleurs, il est un ingénieur astronome qui soulève des avions avec la force de son rêve plutôt que la puissance de ‘ l’aérologie’. Alors pour se donner un peu de contenance, il porte des casquettes militarisées à dix étoiles, pour faire mieux que les généraux de l’armée de l’air, il marche la tête dans l’autre sens avec des chaussures magnétiques et préfère les perroquets aux hommes pour leurs réponses assurées.


10:17 18/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

17
oct

 une certaine Finlande à l'atelier 340

L’atelier 340 à Jette, c’est le repaire de Wodek (Majewski), président et concierge de cet espace exponentiel, il est aussi amateur de la Wodka « La vieille dame aux cheveux gris » et de Jacques Lizène. J’y ai découvert de nombreux artistes comme Bob Verschueren, Patrick Dougherty & Jean-Marie Gheerardijn.

En ce moment, après une petite coupure chronologique, l’exposition « Une certaine Finlande » est relancée jusqu’au 13 novembre 2005.

« La nature (les forêts et les lacs) est omniprésente, comme dans très peu de pays européens. Il faut aussi mettre en relation le silence de cette nature et le caractère de souffrance silencieuse, un peu masochiste, des Finlandais. Ce qui nous a le plus intéressé, ce sont les relations avec la nature elle-même, avec les éléments naturels peu ou pas transformés plutôt qu’avec les éléments manufacturés. Nous nous sommes retrouvés avec des problématiques similaires à celles de 1985 pour l’exposition De l’Animal et du végétal dans l’art belge contemporain. Mais la position des artistes belges est plus individualiste, plus active que celle des finlandais, plus solitaire, plus passive. Beaucoup d’artistes posent des questions sur les rapports entre l’homme d’une part et la nature et les animaux de l’autre… »

Artistes : Jussi Heikkilä, Timo Heino, Pekka Jylhä, Kaarina Kaikkonen, Kaija Kiuru, Kaisu Koivisto, Elina Lind, Eero Markuksela, Reima Nurmikko, Jaakko Pernu, Anni Rapinoja, Anu Tuominen.

Les liens entre l’homme et la Nature sont souvent abîmés, contestés, revisités, ignorés. Ici, avec humour et contestation, quelques symboles et une mise en scène théâtrale, on arrive à une exposition de valeurs communes, un lien entre le brut et le lisse, la forme et la matière, l’idée et la réalisation.

Une corne de vache qui descend d’un plafond usé ou une corne de cerf qui équilibre un avion en inconstance aérienne, un lapin vibrateur en pleine crise existentielle, un mandala de napperons colorés, un passage hitchcockien au milieu de corbeaux sous assistance respiratoire, une goélette de goélands vengeurs, une armée d’objets utilitaires recyclés en insectes, une cage de chapkas, des chaussures en airelles, un manteau de chatons de saules, une corde tendue vers le ciel, couverte de vestes paternelles… voici une liste, presque un bestiaire mythologique, bien équivoque liant matières nobles et usages dérivés. Le récit et le fil rouge de ces œuvres sont unis dans un principe environnementaliste qui donne un état des lieux et des solutions, ainsi qu’une vision alarmiste (la millième depuis ces quatre dernières décennies) et une touche nostalgique faisant référence à une époque révolue, celle de la conscience de la Nature, du travail avec la nature, de son ‘respect’ ?

Dehors, à la fin de l’expo (ou au début si vous arrivez en voiture), une sculpture monumentale d’un axe de bois, tel une toupie cosmogonique qu’un dieu passif et absent aurait fait tomber sur les terres. L’éternelle querelle de la protection et de la conscientisation invite à une doléance, un éveil, une action.

 

En réponse à une éventuelle crise de panique (nécessaire ?), un documentaire d’ARTE mentionne une possible solution (La Terra Preta) à l’appauvrissement des terres au Brésil suite au défrichage sauvage de la jungle pour agrandir les territoires de zones arables pour des agriculteurs désespérés : le mystère de la Terre Noire.

 

Art by Jaakko Pernu



12:03 17/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

16
oct

Hommage à Ovariée

Ovariée

 

Une onde renversée dans sa robe de bal, elle déverse des dentelles animées de cruauté sur la plèbe qu’elle SAIT avariée. Ses dents gonflées de sucre de synthèse, sa gueule d’héroïne de série B dans un rétroviseur de berline cabossée, elle rit parce qu’elle croit qu’elle est belle, sa tête sort du toit tandis que ses chevilles croissent au fond de ses bottes décimées.

La naïveté, sa légèreté d’être, ce serait beau si elle n’avait pas comme alliée, la perverse bêtise, la simpliste ingénuité hautaine. Oui, les lignes, la sonde, les paradoxes, les évidences esthétiques, l’apprêtement calculé, le stérilet dans le cervelet, tout devrait la rendre belle, alléchante, idole… mais elle pue. C’est l’inconvénient des femmes sans fond, à l’échelle du monde, la déchéance est plus vaste que l’élévation alors elle paie ou se fait payer, c’est le monnayage de l’existence, le troc de valeurs. L’argent achète la robe, pas l’habit.

Elle pue exactement à l’endroit où elle jouit. Parce que c’est l’âcreté de l’humanité qui la rend sourde et muette, elle traverse les écueils à coups de cul levé, de croupe enconnée, piétine les chemins des autres, elle, si pure et si entourée, haute sur pattes, encerclée de tant de joyaux palpitants d’érudition et de vérité caverneuse. Ses entourages ont beau pratiquer gloire, frivolité et collets serrés, arborer cuisses fermes ou cous délicats, elle, elle dérive dans une boue colérique, elle s’enfonce dans le vide car c’est tout ce qu’elle connaît. Son regard empli de diarrhées décolorées, elle pleure parfois sur une erreur, puis l’écrase car le passé ne sert à rien si on précise la destruction comme élan.

 

C’est sa vie, l’errance d’une élite au poil dru, la politique de la peau épilée au troisième degré, c’est la vie qu’elle possède. Chez elle, rien n’est donné, ni rendu, tout est échangé ou vendu. L’appât de la résille ne trompe que le vil usurpateur d’idées, le créateur de vices du bar en coin ou peut-être un animal blessé dans un costume de satyre ou même un insecte fou au cœur baroque. Elle s’invente des histoires de beauté, d’accoutumance et d’amitié mais elle les craint pourtant, ces mamelles, ces patries de cris du cœur, son corps est si désordonné, creusé par les passages à vides qu’elle collectionne dans des boîtes de papillons de nuit punaisés.

L’étendard du prosélytisme pend de son sein avachi, elle balance ses esquives du haut de son clan vernis mais elle sombre dans une propagande pour porcs, si seule dans sa gracile amertume, si perdue dans ses pertes oxygénées, si intoxiquée de rancune apatride.

Reste à se moquer de l’autre, puisque rire de soi atténue les rugosités, se moquer avidement parce que l’autre est un enfer pour le miroir, un miroir au reflet éhonté, miroir sur lequel glisse champignons sans terre, quelques déraisons et mille autres tortures de l’éther.

Ses cuisses couvertes de marquages bovins, elle avance sur un talon anguille vers ce qui se rapproche de la respiration. Son matraquage binaire dans un dévouement au rien, pourtant une marée d’ovaires, punis par la fuite, sonne l’alarme, elle perd ses enfants comme on perd sa jeunesse. Viendront ensuite les répliques excessives, les baptêmes de l’air, les étrennes de chienne, les bouches décousues, les syndromes d’amertume, une guerre de genres contre un principe de vie… inutile querelle, elle doit ranger machette vaginale dans un geste dédaigneux et survivre ailleurs. Ceci est un adieu à l’image, une déclaration d’absence, une preuve de poings, un témoignage d’irrespect, alors que tout allait pour le pire. Elle ne se manifestera que par son inaptitude à la lumière, et ce ne sera que par la discipline de son ignorance, toute consolée qu’elle est déjà d’appuyer sur la gâchette nasale, 1, 2, 1, 2. Tout est simple pourtant, les additions ne consolent que les débiles. Elle a la peur de la paix, la crainte du réconfort dans son giron, que deviendrait-elle si on parvenait à l’aimer ? Une attitude ? Une référence ? Un bénéfice ? Ou une ombre blanche.

14:51 16/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

15
oct

Eclipshead 001

http://www.eclipshead.net/, fanzine multi-culturel... extrait: Jean Rustin

D’abord regarder… ensuite, avaler sa salive… maintenant, respirer, ce n’est pas qu’un mauvais moment à passer.
Si on ne s’est jamais (re)trouvé enfermé dans une pièce sans fenêtre, au pied d’un mur sans coin, on aura peut-être du mal à assimiler la crainte, l’angoisse qui se lit dans le rose chair bonbon de certaines peintures, on prendra alors sa dose de choc, son cliché du glauque sans se retourner sur l’humanité écorchée mais bien vivante des sujets de Jean Rustin. « Ce qui n'en finit pas de s'absenter tout en étant là » (
Bernard Noël).
Quelques comparaisons honorables avec Zoran Music,
Paul Rebeyrolle, ou Francis Bacon, et même Alberto Giacometti peuvent donner le La, mais la tonalité Rustin est une assonance pour l’abstrait ou le figuratif simple. L’anti-érotisme des dessins, des matières humaines, la crudité des exposés dénature une probable pornographie de l’âme, élimine toute impudeur caustique. À chaque niveau du regard, nous sommes chez Jean Rustin, ses amis rôdent le long des carreaux d’une salle de bain, tombent de chaises trop grandes, ruminent leur cœur avec des bouches béantes, les doigts dans des sexes trop peu féconds, sexes plus organiques que physiques, sexes plus présents qu’actifs.
Il n’y a pas de jouissance, ni de plaisir dans l’œuvre du presque septuagénaire, on trouve souvent un sourire figé, une expression naïve. Mais de tous ces étranges modèles, on entend le cri strident entre deux silences d’hôpital, on sous entend qu’ils gisent entre un lit de fer et la terre. Ces gens-là, aurait dit le Grand Jacques, ces gens-là ne sont pas comme nous… mais bien sûr que si, ces gens-là font partie de nous, ils composent une strate oubliée de notre être, une lésion pétrie d’instinct de survie maladroite, aguerrie par une société idéalisante.
Jean Rustin ne met rien en scène, il dévoile ce qui se terre dans l’évidence, nous souffrons de manquer d’une liberté de l’étrangeté, nous craignons de sombrer dans la béatitude du commun des mortels… mais tout en évitant de vouloir leur ressembler, nous rejetons la part de solitude qui nous lie aux autres.

À découvrir : Rustin « Le gris de la douleur » - exposition du 15 octobre au 26 novembre 2005 - (Vernissage Vendredi 14 octobre 2005 à 18h30) au Salon d’Honneur de l’Hôtel de Ville de Bobigny, 31 avenue du Président Salvador Allende, F-93000 Bobigny
(Horaires d’ouverture : Mardi au samedi : 14 H – 18 H & Vendredi : 14 H – 19 H)

Tenez vos carnets de voyage en attente… En effet, suite à un atelier d’écritures que j’anime à Bruxelles, l’idée d’exposer les textes écrits autour de l’oeuvre de Jean Rustin a été proposée au MAC (Modern Art Center). Jean Rustin a trouvé l’idée riche, le directeur de la Fondation Rustin est emballé… projet en marche dans l’espoir de se concrétiser début 2006.

Liens :
www.rustin.be & www.idartists.com
Un texte écrit sur « le ventre rose » de J. Rustin le 2/8 :
Ici.

-         Milady Renoir   -

(autre article sur « La Bouche de Francis Bacon » de Michael Gira)

 

Tournez les pages imaginaires de ce magazine bigarré, incroyablement érudit et terriblement engageant...

 

(MerciS à Or.hal & Moon)

10:20 15/10/2005 | Lien permanent |  Facebook