17
oct

 une certaine Finlande à l'atelier 340

L’atelier 340 à Jette, c’est le repaire de Wodek (Majewski), président et concierge de cet espace exponentiel, il est aussi amateur de la Wodka « La vieille dame aux cheveux gris » et de Jacques Lizène. J’y ai découvert de nombreux artistes comme Bob Verschueren, Patrick Dougherty & Jean-Marie Gheerardijn.

En ce moment, après une petite coupure chronologique, l’exposition « Une certaine Finlande » est relancée jusqu’au 13 novembre 2005.

« La nature (les forêts et les lacs) est omniprésente, comme dans très peu de pays européens. Il faut aussi mettre en relation le silence de cette nature et le caractère de souffrance silencieuse, un peu masochiste, des Finlandais. Ce qui nous a le plus intéressé, ce sont les relations avec la nature elle-même, avec les éléments naturels peu ou pas transformés plutôt qu’avec les éléments manufacturés. Nous nous sommes retrouvés avec des problématiques similaires à celles de 1985 pour l’exposition De l’Animal et du végétal dans l’art belge contemporain. Mais la position des artistes belges est plus individualiste, plus active que celle des finlandais, plus solitaire, plus passive. Beaucoup d’artistes posent des questions sur les rapports entre l’homme d’une part et la nature et les animaux de l’autre… »

Artistes : Jussi Heikkilä, Timo Heino, Pekka Jylhä, Kaarina Kaikkonen, Kaija Kiuru, Kaisu Koivisto, Elina Lind, Eero Markuksela, Reima Nurmikko, Jaakko Pernu, Anni Rapinoja, Anu Tuominen.

Les liens entre l’homme et la Nature sont souvent abîmés, contestés, revisités, ignorés. Ici, avec humour et contestation, quelques symboles et une mise en scène théâtrale, on arrive à une exposition de valeurs communes, un lien entre le brut et le lisse, la forme et la matière, l’idée et la réalisation.

Une corne de vache qui descend d’un plafond usé ou une corne de cerf qui équilibre un avion en inconstance aérienne, un lapin vibrateur en pleine crise existentielle, un mandala de napperons colorés, un passage hitchcockien au milieu de corbeaux sous assistance respiratoire, une goélette de goélands vengeurs, une armée d’objets utilitaires recyclés en insectes, une cage de chapkas, des chaussures en airelles, un manteau de chatons de saules, une corde tendue vers le ciel, couverte de vestes paternelles… voici une liste, presque un bestiaire mythologique, bien équivoque liant matières nobles et usages dérivés. Le récit et le fil rouge de ces œuvres sont unis dans un principe environnementaliste qui donne un état des lieux et des solutions, ainsi qu’une vision alarmiste (la millième depuis ces quatre dernières décennies) et une touche nostalgique faisant référence à une époque révolue, celle de la conscience de la Nature, du travail avec la nature, de son ‘respect’ ?

Dehors, à la fin de l’expo (ou au début si vous arrivez en voiture), une sculpture monumentale d’un axe de bois, tel une toupie cosmogonique qu’un dieu passif et absent aurait fait tomber sur les terres. L’éternelle querelle de la protection et de la conscientisation invite à une doléance, un éveil, une action.

 

En réponse à une éventuelle crise de panique (nécessaire ?), un documentaire d’ARTE mentionne une possible solution (La Terra Preta) à l’appauvrissement des terres au Brésil suite au défrichage sauvage de la jungle pour agrandir les territoires de zones arables pour des agriculteurs désespérés : le mystère de la Terre Noire.

 

Art by Jaakko Pernu



12:03 17/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

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