16
oct

Hommage à Ovariée

Ovariée

 

Une onde renversée dans sa robe de bal, elle déverse des dentelles animées de cruauté sur la plèbe qu’elle SAIT avariée. Ses dents gonflées de sucre de synthèse, sa gueule d’héroïne de série B dans un rétroviseur de berline cabossée, elle rit parce qu’elle croit qu’elle est belle, sa tête sort du toit tandis que ses chevilles croissent au fond de ses bottes décimées.

La naïveté, sa légèreté d’être, ce serait beau si elle n’avait pas comme alliée, la perverse bêtise, la simpliste ingénuité hautaine. Oui, les lignes, la sonde, les paradoxes, les évidences esthétiques, l’apprêtement calculé, le stérilet dans le cervelet, tout devrait la rendre belle, alléchante, idole… mais elle pue. C’est l’inconvénient des femmes sans fond, à l’échelle du monde, la déchéance est plus vaste que l’élévation alors elle paie ou se fait payer, c’est le monnayage de l’existence, le troc de valeurs. L’argent achète la robe, pas l’habit.

Elle pue exactement à l’endroit où elle jouit. Parce que c’est l’âcreté de l’humanité qui la rend sourde et muette, elle traverse les écueils à coups de cul levé, de croupe enconnée, piétine les chemins des autres, elle, si pure et si entourée, haute sur pattes, encerclée de tant de joyaux palpitants d’érudition et de vérité caverneuse. Ses entourages ont beau pratiquer gloire, frivolité et collets serrés, arborer cuisses fermes ou cous délicats, elle, elle dérive dans une boue colérique, elle s’enfonce dans le vide car c’est tout ce qu’elle connaît. Son regard empli de diarrhées décolorées, elle pleure parfois sur une erreur, puis l’écrase car le passé ne sert à rien si on précise la destruction comme élan.

 

C’est sa vie, l’errance d’une élite au poil dru, la politique de la peau épilée au troisième degré, c’est la vie qu’elle possède. Chez elle, rien n’est donné, ni rendu, tout est échangé ou vendu. L’appât de la résille ne trompe que le vil usurpateur d’idées, le créateur de vices du bar en coin ou peut-être un animal blessé dans un costume de satyre ou même un insecte fou au cœur baroque. Elle s’invente des histoires de beauté, d’accoutumance et d’amitié mais elle les craint pourtant, ces mamelles, ces patries de cris du cœur, son corps est si désordonné, creusé par les passages à vides qu’elle collectionne dans des boîtes de papillons de nuit punaisés.

L’étendard du prosélytisme pend de son sein avachi, elle balance ses esquives du haut de son clan vernis mais elle sombre dans une propagande pour porcs, si seule dans sa gracile amertume, si perdue dans ses pertes oxygénées, si intoxiquée de rancune apatride.

Reste à se moquer de l’autre, puisque rire de soi atténue les rugosités, se moquer avidement parce que l’autre est un enfer pour le miroir, un miroir au reflet éhonté, miroir sur lequel glisse champignons sans terre, quelques déraisons et mille autres tortures de l’éther.

Ses cuisses couvertes de marquages bovins, elle avance sur un talon anguille vers ce qui se rapproche de la respiration. Son matraquage binaire dans un dévouement au rien, pourtant une marée d’ovaires, punis par la fuite, sonne l’alarme, elle perd ses enfants comme on perd sa jeunesse. Viendront ensuite les répliques excessives, les baptêmes de l’air, les étrennes de chienne, les bouches décousues, les syndromes d’amertume, une guerre de genres contre un principe de vie… inutile querelle, elle doit ranger machette vaginale dans un geste dédaigneux et survivre ailleurs. Ceci est un adieu à l’image, une déclaration d’absence, une preuve de poings, un témoignage d’irrespect, alors que tout allait pour le pire. Elle ne se manifestera que par son inaptitude à la lumière, et ce ne sera que par la discipline de son ignorance, toute consolée qu’elle est déjà d’appuyer sur la gâchette nasale, 1, 2, 1, 2. Tout est simple pourtant, les additions ne consolent que les débiles. Elle a la peur de la paix, la crainte du réconfort dans son giron, que deviendrait-elle si on parvenait à l’aimer ? Une attitude ? Une référence ? Un bénéfice ? Ou une ombre blanche.

14:51 16/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.