12
oct

Misanthropie simple ou le dédain acerbe d’un pantin hululant sous une lune morte.

Misanthropie simple ou le dédain acerbe d’un pantin hululant sous une lune morte.

 

1, 2, 3, 4, 5, oui soleil. Réveil d’une Soul pleureuse. Un jour sans jour, un matin opaque, une réalité déviée, ces accroches corps qui sortent des bruits. Pendant ce temps, les coqs autistes et désenchantés tournent sur des clochers de béton. Les églises vides, les cloches se sont enfuies, les fois rôdent, sans but, ni abri. Et ce blanc d’œuf qui m’éblouit, cette habitude spontanée d’une nature pimbêche m’emmerde. Badauds, priez pour vos autoroutes, je suis une éminence blafarde.

 

Les grilles se soulèvent, les culottes se baissent, ces Autres s’apprêtent devant des miroirs éclaboussés de nature humaine pleure-misère… « Chacun son rien quotidien ». L’aurore ouvre grand ses cuisses. Les trottoirs noyés d’âmes battées dégoulinent de caprices, les enfants miaulent, les égouts aboient, les caravanes passent. Encore, mon pieu mécanique ne jouira pas ce matin. Les murs déteignent sur mon espace de vie rabougri. Je vous hais tous. Je suis l’ogre de barbarie.

 

Un après mini midi, l’euphorie amnésique effleure son zénith. Les petites dragées s’enfoncent dans les bouches estomaquées. Voilà que l’heureux tourne, ses pouces dans les dents détartrées. Les trains à bestiaux traversent les villes en long et en large. Il faut manger pour mieux manger, il faut vivre pour mieux vivre. Les cornes enfoncent des vis d’avilissement dans des bras rouillés. Un ticket pour un passage, prière de payer le péage pour la voie au cerveau. Je redoute de ne pouvoir être présent alors je crache sur les rails. Rien ne glisse, même pas la glace sur mon visage. Claquez bien la porte en sortant, je suis un volet fermé.

 

L’heure de la fin de rien approche, imaginez un peu qu’elle soit différente de celle des précédentes décennies. Vos mouchoirs cousus arborent des initiales, des particules d’identité mais c’est la même morve qui coule. Mes voisins trempent leur nez dans des paradis factices, le cou coincé dans le tire-fesses. Ma raison est en carton, pirouette, caca chouette. Attention, vous marchez sur mes atlas, vous écorchez mon ciel, je suis le trou dans le trottoir.

 

Vos repas brillent dans des écuelles rutilantes, vos petites activités programmées s’évaporent. De l’art ? Du réel ? Misérables ! Vous composez de grises assemblées de réunions de famille en hobbies commerciaux. Moutons de poussière à l’âme de paille, vous riez sans user de votre bouche. Fermez vos yeux, les œillères sont offertes avec le quatrième paquet de lingettes aseptiques. Je rêve d’un rêve. Attention, la nuit ne réveille pas toujours les survivants. Je connais la sentence pour en être la proie première. Ralentissez au rythme sourd et confortant de l’ignorance, je suis sûrement le pire d’entre vous mais je le sais.

 

© Milady Renoir

 

Art by Orlan « l’origine de la guerre »

10:52 12/10/2005 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.