15
sep

Dogs' love

Postée contre son poil brun, j’arbore mon envie à bout de bouche, brillant de ma rugueuse lascivité, ouverte et féconde. J’embrasse sa gueule tout autant hésitante qu’en demande. Son iris recourbé en gâchette, il court d’un bout à l’autre de la pièce, gémissant de murmures craintifs. Je lui apporte mes dents d’argent contre ses cuisses, je grignote sa liberté d’expression. J’entoure et obstrue ses oreilles de mon râle virulent. Je pétris son ventre rose. J’attrape son sexe gluant, échaudé par la peur, je le tords, l’étrangle. J’entends le crépitement de ses sucs bouillonnants. Ses sens pétris aboient mais mon calme royal soulage son angoisse. Diane de chenil, je règne en femme sur son genre prostré, je traque sa jouissance vagabonde, aligne son échine contre mon épine. Je pointe mon nez à l’embouchure de ses babines, je renifle ses gencives… il hurle à la lune résignée.

Il geint encor, il bande plus fort, je saisis son orgasme à brûle pourpoint. Il feint sans corps, il faisande, le mort, j’encastre ses narines dans mon noir, sa gueule dans le creux. Il gesticule, ondule… puis ses racines griffues prennent mon dessus, sa torpeur le renvoyant à sa nature. Il plante ses angles dans mon antre, déchirant l’essence de mes chairs humides. Le cyanure de sa riposte embrase mon caprice. Je suis sa chienne, il est le loup. Il grogne de toute sa validité reconquise. Je baisse les yeux dans la terre, mordant mes bajoues, mes décrues. Il trône sur ma substance, hurle à la lumière chancelante. La place du chien parmi les hommes n’est digne qu’en fusil.

 

Art by Robert Gligorov (long time no shown)

(thanks to someone I don’t really thank)


11:58 15/09/2005 | Lien permanent |  Facebook

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