13
sep

parce qu'il n'y a pas que.

Parce qu’il n’y a pas que la lumière qui aveugle.

Parce qu’il n’y a pas que les chutes dans les escaliers qui cognent.

 

C’est la haine sans amour ou l’amour sans amitié, comme dans la rengaine d’une chanson populaire fredonnée dans les bas-fonds. Vagabondes ondes nostalgiques, antalgiques. La crasse dans les phalanges, je repasse mon col de fémur, recouds mon ventre de Pandore. Je jette mes épluchures dans la cour des mirages, en regardant les séraphins mutilés s’éjecter de mon antre.

 

Parce qu’il n’y a pas que les ascenseurs qui font les allers-retours.

Parce qu’il n’y a pas que le sol pour poser les pieds.

 

Nana d’un opéra de quatre poux posés sur un rebord de bal con, je m’essuie le drame dans le linge qui sèche, la culotte épinglée à une grille de caddy. Il arrive. Je reconnais son bras bref, son cou intense, sa frappe éclair qui fendille l’écorce, ses phrases tonnerre qui percent le temps. Il vise, ses yeux rouges contre mon mur, j’ai repeint mon visage de compassion et d’urgence, je farde les jérémiades avec un piège à honte. Le corps du cri rouille sur ma langue pendant qu’il crache ma dignité dans le vide-ordures.

 

Parce qu’il n’y a pas que les cordes à sauter.

Parce qu’il n’y a pas que la Terre qui se fait piétiner.

 

Une infamie dans un bouquet de chrysanthèmes jaunes ou une illusion dans une caresse de frelon amer, il dit que c’est au creux des grêlons que l’eau est pure, que l’odeur de mon genre se putréfie à l’air libre. Il renverse le puzzle, appuie sur l’image en forçant les coins. Les étages sont lourds à porter quand le ciel rejoint l’enfer.

 

Parce qu’il n’y a pas que la fuite pour courir à la perte.

Parce qu’il n’y a pas que le silence qui fait froid dans le dos.

 

J’ai une vie creuse pour nid, le coccyx perdu dans l’échine sillonnée de voies sans issue. Mon âme étouffée d’algues cyanosées, les yeux enflés de gerçures d’avoir tant disperser, je passe le temps à regarder la femme qui vit en face de moi.

 

Parce qu’il n’y a pas que le souffle pour vivre.

Parce qu’il n’y a pas que le cœur pour aimer.


14:08 13/09/2005 | Lien permanent |  Facebook

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