31
aoû

Paris Brûle-t-il?

Sarko Sale Con ou Paris brûle-t-il ?

(pleins de clics en tiroirs)

 

Paris brûle-t-il ? article sur Afrik par Khaled Elraz :

« Un nouvel incendie a mobilisé une centaine de pompiers parisiens dans la nuit du 29 au 30 août 2005, dans le 3ème arrondissement de la capitale. Le bilan provisoire fait état de 7 morts et de 13 blessés. Une nouvelle fois, les habitants étaient d’origine africaine...

La série noire continue pour les Africains qui habitent, dans des conditions souvent précaires, dans la capitale française. Dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 août, c’est une douzaine de familles originaires du continent africain qui ont mortellement été frappées par un incendie, dans un immeuble délabré au 8 rue du Roi Doré dans le 3ème arrondissement de Paris, en lisière du quartier historique du Marais.

Une nouvelle fois, c’est la vétusté des lieux, apparemment squattés, qui semble responsable du drame : le feu s’est déclaré dans la cage d’escaliers, (…)

Un immeuble "signalé depuis plusieurs années" . (…) Le Maire du 3ème arrondissement de Paris, Pierre Aidenbaum, rapidement sur les lieux, a précisé aux journalistes présents que cet immeuble, "signalé depuis plusieurs années pour ses conditions de vie inadmissibles", avait été racheté il y a quelques mois par la Ville de Paris afin d’être réhabilité.Après l’incendie de l’hôtel Paris Opéra qui avait fait 24 morts en avril dernier et celui d’un immeuble du 13e arrondissement, le 26 août dernier, où 17 ressortissants africains avaient péri par les flammes, ce drame, dont les causes exactes ne sont pas encore expliquées, sème soudain l’angoisse dans la communauté africaine de Paris. La récurrence des incendies est-elle le fait du hasard ? Faut-il y voir une intention criminelle? Une enquête approfondie s’impose. »

Des réactions : http://www.afrik.com/article8762.html

 

Et Sarko a avisé au préfet de police de Paris qu’un recensement «de tous les immeubles (de Paris) qui peuvent présenter une situation de dangerosité en terme d’incendie et de sur-occupation» est nécessaire.

 


 

Conclusion évidente et personnelle, DONC, si on considère les chiffres de Jean-Baptiste Eyraud, président de Droit au Logement (DAL) qui a souligné vendredi que "plus de 50.000 familles mal logées sont en attente d'un vrai logement", On comprend donc que d’ici l’hiver, les flics auront exclu moult familles africaines entassées dans des immeubles insalubres parisiens depuis des années pour les « placer » dans des centres de réfugiés en dehors de Paris, sans système d’aide sociale, facilitant la pratique abusive de contrôles d’identité justifiant l’extradition de sans papiers en attente de régularisation pour, à terme, les exclure de l’Hexagone, réduire la liste des demandes d’asile politique ou de nationalisation, voire de chômage selon leurs chiffres manipulés à outrance (sur un air de Jacques Brel : parce que les noirs sont paresseux, mon bon monsieur, et ils sentent pas bon), de « nettoyer » la bien nommée Ville Lumière, de construire des bureaux et immeubles de luxe à loyer peu pondéré à la place des immeubles insalubres et de laisser les propriétaires parisiens continuer à refuser des familles africaines s’installer dans leurs biens immobiliers par crainte d’incendies ou d’autres ‘féticheries’ ancestrales… (remarquez, ma bonne dame, parait qu’Ils nous le rendent bien…)

Ça parait presque trop évident… La peur appelle la peur… Tous les moyens sont bons, n’est ce pas, Mr Sarko ?

Bertrand, ne lâche pas l’affaire !

 

Pour une manifestation de soutien et une minute de silence après la lecture de ce blog :

60, 59, 58, 57, 56, 55, 54, 53, 52, 51, 50, 49, 48, 47, 46, 45, 44, 43, 42, 41, 40, 39, 38, 37, 36, 35, 34, 33, 32, 31, 30, 29, 28, 27, 26, 25, 24, 23, 22, 21, 20, 19, 18, 17, 16, 15, 14, 13, 12, 11, 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… ceci n’était pas un véritable chut !

13:17 31/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

Musiques au corps

http://www.feeerieen.be/
 
à deux mains?

09:41 31/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

30
aoû

Present Times For Ever

Je ne passerai pas la chambre 2. Je vais rester ici, dehors l’été trop long refroidit les graines. Je reste ici, avec un début pour origine et un horizon plat pour suite. Je suis arrivée, les valises écrasent mes chaussures. Les orteils bien rangés dans mes pieds, je compte jusqu’à l’infini. Je n’ai que faire de cette moquette rouge et chatoyante, de ces appliques prétentieuses, rien ne me séduira plus que ce début.

Je veux vivre ici, à l’entrée du tunnel, sans l’issue du dehors. Les portiques dans les paupières, je veux voyager immobile. Les portes qui mènent aux autres ne s’ouvriront que par le hasard des arrivées et des départs. Je n’ai pas la volonté du confort, ni même le désir de visite du dépassement ou la connaissance de cette réalité impersonnelle. La perversité de la diversité me fait craindre ce pas, celui qui est en trop. C’est décidé, ici et rien ailleurs.

J’ai la clé mais je ne vise aucune serrure. Les charnières de la porte qui m’a été louée peuvent bien couiner, grincer, pleurnicher sur leur seuil, je ne dépasse pas ce carré, les quatre lignes de ce cube s’aplatissent dans mon regard et c’est tout à fait rassurant.

Les paysages peints, ces panoramas prometteurs, clichés répétés sur des murs factices, des imitations déclinées à chaque étage, perpétuées jusqu’aux ciels, je n’y vois que du faux. Et ces plinthes blanches qui esquissent la ligne d’autoroute, rappelle moi de ne pas dépasser, de ne pas doubler, de ne pas percuter… ralentir, rester en ligne. Voilà ce que je récite depuis que l’on m’a jetée hors de l’ascenseur. D’ici en ici, la tête sur le sol, les paumes contre le palier, je suis silencieusement apposée sur mes pieds, les chevilles dans les barres de sécurité. J’entends les chiens qui hurlent, ces hyènes qui chassent, ces porcs qui urinent sur les territoires de crasse, chasse privée pour tous, je les entends aboyer aux sifflements de leurs maîtres sauvages, suant de toutes leurs cavités.

Ici, je suis à l’abri, juste avant la chambre numéro 2. J’ignore les néons des sorties de secours. Je me rassure de ce début, intact et froid, et si aucun enfant joueur ne vient m’agacer, si aucune femme bienveillante ne me retire mon manteau, si aucun homme séducteur ne vient me demander le numéro de ma chambre, je vais vieillir entre ces deux plantes en plastique, cachée derrière ce chariot trimbalant linges sales et produits de beauté normalisés.

Je vais être bien, ici, au chaud, à l’orée de ce couloir, long parce qu’il le veut. Les gens circuleront autour de moi, sans jamais m’adresser ni regard, ni sourire. Lorsque sonnera l’alarme, lorsque tintera le glas, j’ouvrirai une de ces lourdes valises, éparpillerai mes vêtements bien pliés, mes chaussures vernies, mes brosses à peine usitées tout autour de moi, je m’engloutirai dans le creux des manches des robes sibyllines ; nue et surprise, endolorie et engourdie de ne pas avoir bougé mes pieds pendant tout ce temps, je serai prête. Et quand l’incendie se déclarera juste avant la chambre 2, je fermerai les yeux, mes mains, mes oreilles, priant pour que mes cendres ne soient jamais dispersées.

 

© Milady Renoir

 

 

Art by Michael Wolf (clic)

08:50 30/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

29
aoû

Point virgule

ici et ailleurs

je virgule et pointe

entre suspension et exclamation

point d’interrogation au sein de mes points

patrie des chiffres sans les lettres

les parents thèses entre mes tirets

mes deux points de côtés laissent échapper mes extrémités

jusqu’au bout de la ligne droite

jusqu’à la lie moite

écume des leurres

point d’horizon dans ces codes d’une science infusée

 

virgule son ennemi

point est le caprice de l’infinie résolution

virgule est ma respiration

virgule est mon soupir aussi mon armistice

point point point

les tambours de l’écho percutant les possibilités des dimensions inavouées

point point point

cognent les maîtres du temps présent

virgule est passagère et gère

virgule est énigme et fidélité

quand point achève et décapite

point point point

les bourreaux aux poings serrés abattent les cartes de ma préposition

tiret sur l’ambulance

comme un silence dans un néon

tiret entre les réels

comme un rire en aparté

suspendez vos envols au dernier point du ciel mort

virgulez moi à la branche des astres noirs

pesez mes signes au lever du paragraphe

sonnet moi la cavale

fuite des maux par en haut

petite virgule de balance truquée

tu ne fais pas le point ni le poids

etcetera tralala

péché des contrastes

pêchée

à la ligne à la ligne à la ligne

tu ne sais plus où te jeter dans l’amer

 

 

 

que les guillemets de mon ego citent à jamais

les phases de mon remplissage affectif

phrases libres je vous prose là

virgule sans souci

sourcil de goule

je remets mes envies dans ta bouche fendillée

soupirs soupirs soupirs

virgule pardonnera si je ponctue enfin

par la foi du point terminal

juste ici point d’ailleurs

 

 

art by Alain Fleischer


09:49 29/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

22
aoû

liberté chérie

le jour de ma libération sera celui qui me destinera à apprendre ma liberté plutôt que de prendre des libertés...

 
 
(art by Patricia McDonough)

16:41 22/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

19
aoû

agenda(s)

De bric à vrac, du Je en branche:

 

Je suis en congé(lé)s dans 1h58min

Je ne pars pas en vacances cette année encore

Je n’ai plus d’ordinateur @ HOME

Mon stage d’écritures est annulé, faute de confirmations suffisantes

Mon portable s’est fait porté malade

Je suis toujours amoureuse (et aimée, assurément)

Je recommence ma biographie romancée ou mon roman biographé dès lundi

Lundi, il y a atelier Milady (comme d’habitude, voyons)

Il grise sur Bruxelles

J’ai vraiment aimé « Dear Wendy », et compris ce que je voulais en comprendre.

J’ai passé 24h avec une crevette recroquevillée

J’ai pleuré en cachette devant « my life as a dog » (lui aussi !)

J’ai deux grands projets dans le crâne (sans arrêt, sur images !)

J’ai le coffret Jarmusch qui surveille ma DVDthèque

Demain matin, je commence La Bouche de Francis Bacon

Je déclare John Lurie (à 30 ans) mon fantasme avoué

Demain soir, je rajeunis et sors…

Dimanche soir, je découvre l’adaptation d’un de mes films favoris

Je hais mon boulot alimentaire

Je suis en congés dans 1h52min…(tic tac tic tac tic tac)

 

Voilà, voyez, que je dis les choses aussi ainsi…

14:42 19/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

Réveil matin titi parisien

(Ce matin, sans rien, j'ai chanté ça,

et depuis, l'air de cette vie me convient...)

 

On est protégé par Paris
sur nos têtes veille en personne
Sainte Genviève la patronnz
Et c'est comm' si
L'on était béni

{Refrain:}
Y'a rien à s'dire
Y'a qu'à s'aimer
Y'a plus qu'à s'taire
Qu'à la fermer
Parce qu'on fond les phrases
Ca fait tort à l'extase
Quand j'vois tes chasses
Moi ça m'suffit pour imaginer l'paradis
J'me débin' c'est étrange
Avec les anges

Va c'est pas compliqué du tout
En somm' y'a qu'à s'écouter vivre
Le reste on lit ça dans les livres
Ou qu'on s'dit vous tandis qu'chez nous

Si qu'on s'regarde et qu'on s'dit rien
C'est qu'il y'a pas besoin d'paroles
Le silence à deux ça console
De cett' vie d'chien ensemble on est bien

{au Refrain}

Amour toujours,c'est p'têtr' idiot
mais y'a pourtant pas d'autres mots
pour dire le nécessaire
Quand on veut être sincère

Quand j'vois tes chasses....
Moi ça m'suffit pour imaginer l'paradis
J'me débin' c'est étrange
Avec les anges.

 

 

Colette Renard - « avec les anges »

Chanson tirée de « Irma la Douce »

09:46 19/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

17
aoû

Gisement

Nous manquons cruellement de tendresse organique...

Nous manquons terriblement de caresse physiologique…

Nous perdons inlassablement notre sens physique…

 

Corps peints, Pensées saines

Morts teints, Essence reine.

 

(Grâce à Sherie Franssen. J’ai perdu un temps de ma frigidité oculaire)


14:28 17/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

Brocéliande

Brocéliande ou l’Obscur des Forêts” est un album collectif regroupant plusieurs auteurs, historiens, poètes, dessinateurs et peintres, photographes, écrivains,... la forêt de Brocéliande, ses légendes, ses sites et monuments constituent l’une des images fortes de la Bretagne. Les visiteurs venus du monde entier y affluent en nombre toujours croissant. Y implanter un centre d’enfouissement des déchets ultimes, c’est détruire un lieu d’exception et un symbole universel. C’est pourquoi une association d ‘artistes et autres citoyens lambda nous demande instamment de protéger Brocéliande, ses habitants et son avenir, en n’autorisant pas ce projet qui menace le patrimoine naturel et culturel de cette forêt légendaire.

Des cartes postales sont vendues en France avec des dessins et photos de Brocéliande mais une carte postale anodine (ou dirigée) envoyée à

 

Madame la Préfète de la Région Bretagne

Préfecture d’Ille-et-Vilaine

3, avenue de la Préfecture

F-35026 Rennes Cedex 9

 

En précisant son NOM et sa RESIDENCE avec la mention de cette adresse Internet http://www.sauvegarde-broceliande.org/ (sur lequel vous trouverez moult dossiers de presse et autre rapports d’enquête sur les risques) et/ou un message de soutien à l’association sur leur adresse sauvegarde_broceliande@yahoo.fr serait bien lu/vu/su…

 

Dessin de Bernard Louedin 

10:57 17/08/2005 | Lien permanent |  Facebook

16
aoû

Dresde, 1915

Exercice autour d’une visite d’atelier d’expressionnistes allemands, ‘Je’ est un (trop) jeune poète qui erre dans un hangar de Dresde vers 1915. Autour de lui, les toiles d’Egon Schiele,d’Ernst Ludwig Kirchner, d’Erich Heckel, d’Otto Dix… il regrette de ne pas avoir été un choisi volontaire, une fleur au fusil…

 

Ici, entre ces murs sombres, ils sont assis sur leurs articulations, leurs bras végétatifs traçant de lourdes hachures sur des planches d’échardes, ils résistent sans eaux. Ils sont ces odieux rescapés, ces peaux de chagrin, ils gisent sur des banquettes de Galuchat rayées. Leurs haleines souffreteuses transpercent leurs poumons ophidiens, translucides. Je les reconnais, ils se présentent, faibles, estropiés de l’âme, chanceux d’une dernière chance futile et maladroite.
Là-bas, ils ont lesté les nus, les membres, les dépouilles, les autres, les frères, les purgés. Eux, ils sont revenus. Ces hommes d’entre deux vies, ces choisis volontaires balbutient des mots angulaires et hagards à l’intention de couleurs qui fanent dès qu’on les respire.

Je les crains et les adule tout autant ; j’observe, effaré, leurs yeux injectés de dérive inoculable, de délire cynique. L’âcreté de leur survie sertie au creux de leurs dents jaunit leur salive. Le goût de l’abandon funeste coule du sommet de leur langue, laquelle ils ne tirent plus que pour cracher des glaires morveux.

Ils bavent les immondices laissées par les camarades qu’ils n’ont pas pu sauver. Je suis debout au milieu des couchés.

 

Je souffre d’avoir été trop jeune, d’être né plus tard, de ne pas être mort avec leurs autres. Je suis un nanti, je les envie de leur expérience de la mort, de cette acide lucidité dont ils débordent. Leurs faciès tirés, dessinés d’arêtes crayeuses, conjurent les esprits rondelets et bourgeois qui forniquent sans peine avec les futurs oiseaux de malheur qui rôdent dans nos rues ; ces mêmes corbeaux ventrus qui m’enverront sur un champ de sentence afin que je sois la fragile semence d’un blé noir qu’ils moissonneront à même mon crâne. Je ne suis que la jachère de leur champ de bataille perpétuel en friche idéologique. J’admire leur haine pour ne pas être moi-même fort d’abhorrer par l’action, et non par ce désespoir citadin, cette dernière infection à la mode que j’apporte sur un plateau d’argent à ces tables sans pieds.

L’effervescence des ténias qui croustillent leurs sens n’a d’égale que ma passivité rageuse, j’aurais tant voulu être un des leurs, le frère qu’ils reconnaissent ou qu’ils pleurent, je suis celui qui n’a pas de guerre entre ses cuisses.

Eux, patients, ils attendent tout du rien quand je n’attends rien du tout.

 

(Merci et bravo à Tveroz pour son putsch littéraire de l’atelier Milady d’hier soir)

13:45 16/08/2005 | Lien permanent |  Facebook