6
jui

clo-porte

Encore, il est derrière mes draps, il salie tous mes pas, il me tord les orteils, il crache dans mon velouté, il me fait un croche-pied quand je baise, il m’avale quand je cours, il m’accroche la gorge à un clou, il décime mes élans, il jongle avec mes guérisons, il m’enserre les artères, il mange mon placenta, il séduit mes harpies, il baise mes tranchées, il embrase ma convalescence, il sature mes regards, il ferme mes boîtes à rire, il sort quand je sors, il me délivre de mon mâle, il opère mes yeux à vif, il triture mes ulcères, il refroidit mon sérum,  il écartèle mes ovaires, il gravite autour de mes peurs, il stérilise mon vaccin, il cimente mes jambes, il paralyse mes ongles, il navigue sous mes flots, il pétrifie mes panaches, il sale mes tartes, il avilit quand je m’affranchis, il bride mes voyages, il casse mes jouets, il craque mes os, il me troue l’anus, il enferme mes fenêtres, il crève mes flancs, il saccage ma verdure, il saigne dans mon nez. Et quand, la nuit, il me rend toute recroquevillée, je colle mon portrait contre le mur vierge, ferme mes idées à triple tort et attends qu’un juge de ligne droite tire le départ.

 

© Milady Renoir


09:44 06/07/2005 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.