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jui

Take a world on the Wild Side...

La nuit, les chattes sont grisées. Portées par des sangles vernies, elles dérivent entre bras, membres et peaux. Les nerfs se lient de tortures tacites en cris feints, pourtant il parait que les bois protègent les villes. Là bas, les arbres transpercent les murs et calent les voitures des passants malhonnêtes dans leurs racines et serrent leurs griffes jusqu’à l’aurore autour des libertés déchues. Les râteaux des méduses transparentes tapissent le bitume de perruques sans colle et de peaux sans saveur.

La nature a ce complexe de supériorité que seule la société avale tout crû. Les genres et les gènes sont des cases que l’on coche à coup de pieu dans le corps.

 

Les chattes se pardonnent entre elles d’avoir cru trouver ici un paradis. Les incroyants sont aussi de piètres baiseurs après tout. Les manteaux sont ouverts sur la vraie fourrure. La chasse est ouverte et les viandards sortent les calibres au rythme des lignes d’autoroute. Il est peu d’étreintes au creux d’un coffre.

Les iris comme des phares. Les pupilles comme des épines. Les chattes s’ouvrent pour laisser sortir le vide. Les courbes crispées par des mains maladives, elles récitent en chœur les chansons qui font rire, les mélodies qui font danser, pour se rappeler que l’après est toujours avant le même après.

Les zéros dans les strings, les chattes divaguent sur des vies probables, lesquels seraient trempées dans du chlore et de la poudre alors qu’en « réalité », elles rêvent de leur père qui les appellerait pour leur demander pardon, de leur mère qui aurait attrapé une maladie d’amour, d’un ancien amant qui serait amputé de ses poings.

 

Pourtant, il y a les amours ; les incandescentes, les parallèles, les sous-jacentes, les perverses, les éphémères, les lumineuses, les pacifiques, les humbles. Celles que l’on apprivoise après le passage des ongles et des cornes, celles que l’on regarde avec des yeux clos, celles que l’on trace sur les écorces un soir moins froid, un matin moins blanc…

À deux, à trois ou en clan, les fables de ces amours rancies, que l’on garde sous les aisselles pour garder la température vivable, enlèvent la honte.

 

Les chattes se battent contre elles-mêmes pour éviter de se donner du bon temps car sinon, elles rendraient certains jaloux et c’est bien la dernière place qu’on leur donnerait. Le corps, meurtri de sa propre fragilité, exulte, puis au son des mêmes cloches qui bourdonnent pour les papes et les juges, il se terre au fond des bois, sauf que la dernière couche est commune, tel un charnier convivial, un étage en dessous des autres.

 

Y a t’il plus d’amour quand on est plusieurs ? Y a-t-il plus de risques quand on n’est pas seul … ? Y a-t-il une sortie de secours pour ceux qui sont déjà dehors ?

 

Texte écrit après le visionnage du film WILD SIDE


17:30 12/06/2005 | Lien permanent |  Facebook

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