29
avr

Meeting Point

Merci à Chloé pour la poésie sonore…

 

Keys to that night…:

 

Noir, cheveux diable, sons, glousseries, Legolas wannabe, Absolut Divine, triptyque floral, Bataille, somnambu(l)les insomniaques, MOUFLETTES décadentes, cat’s stories, naturel, HP & RP,  Cronenberg, Nanterre Vs Villetaneuse, les lèvres lames d’excision, paroles fusion, simplicité accordée, ponctuation libre, vulgarité du ‘!’, âmes sistoeurs, Monstres aux plantes, racisme vulgarisé, procréation & prostitution, vibrato Parano, mères, pères et choses, théâtre, impro, dialogues de saouls, futur composé et passé simplifié, Dr Cagliari & Mr Hyde, Nos Hommes et mini-homme, …, … .

 

À cause d’Elle, j’ai été vi-rusée :

 

 

J’avais cru les voir, les entrailles, les poitrails, les portails. Avec ou sans rimes, le rythme des dents qui mastiquent sur ma glotte, je croyais avoir connu.

mais

J’ai été leurrée. Comme nous tous avant la Fin.

Avant certains livres, je misais. Depuis certains livres, je lis. Quelle superbe ode à la vie que de dénoncer les morts, quelle magnifique aria dell’arte que de détruire la violence par les emblèmes torpilles.

 

Behaviour breeds behaviour.

 

Tchernobylée, siphonnée, parachutée, insufflée. Je suis.

Je ne dis plus rien, j’attends le pose palettes pour renifler le sol de nouveau. Qu’on ne me pousse plus. Qu’on ne me dévie plus.

Mais ça, je le crie quand j’ai peur. Tu m’as fait PEUR.

Mais j’ai plus peur. Enfin, un peu moins.

J’ai saisi les alliances avec mon dedans, décroché les toiles parquées dans les coins et balayé des cheveux blancs, ces touffes qui gisaient là.

 

Tes jeux résonnent dans mon préau.

Écris, t’aurais pas vu mon lâcher prise ?

Dis, t’aurais pas su que j’étais grise ?

 

T’as attrapé le hasard de l’orpheline qui apprécie le placard, moi, j’en voulais des comme les tiens, des parents morts, parce que la rancœur, c’est pas la soupe qui fait grandir.

 

Et la fibre INTERNELLE, celle qui fait bouger les mains dans les ombres, celle qui mange les crocodiles sous le lit de rouille, la voiE intérieure qui dit oui, qui dit non, qui sait jamais, qui part tout le temps, qui revient pourtant. Tu l’as apprivoisée où ? T’en as une à me prêter ? Copine ? Dis… tu joues avec moi ? J’ai souvent rêvé d’une Sistoeur comme toit.

 

C’est elle, cette proximité du ‘tous les jours’, l'imminence rapprochée que tu as crachée qui bouleverse mes dons, mes acquis et même mon instinct. Sauf que tu salives vite, que tu sembles connaître la trajectoire et tu diriges le jet vers le bon mur, ma différence réside dans mon brouillon, mon brou-haha, mon clou.

 

« Tu ne sais pas écrire, tu ne lâches rien», c’est presque ça qu’il m’a griffonné sur les doigts, le personnage Chloé Delaume.

Presque, parce que derrière tout ce blabla, y a des lignes laiteuses qui donnent des ondes de choc dans les seins, ça provoque fort, ça dérive puissance mille, ça radicalise, ça exige, ça réveille, ça pompe, ça frime, ça gicle, ça plagie, ça tourne… silence, ça tourne… et c'est grave mieux.

23:47 29/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

27
avr

1, 1, 0, 1, 1, 0, 1, 1, 0, 1, 1, 1, 0, 1, 1, 1, 1, 1...

Chaque année, juste après l’hiver, je renaissais. D’œufs en œufs, muant, brûlant chaque souvenance, annihilant tout principe liant, d’affection. L’isolement fait le printemps. Lapin blanc contre temps présent. Adoptant l’instabilité du renouveau, la fragilité du recommencement, sabotant les ruines, je gelais toute notion du passé et errais dans cet âge de banquise sentimental telle une princesse douairière de glace blottie au creux d’une crevasse, invisible aux yeux de ces cloches d’amoureux, transparente devant les samaritains, imperturbable sous les fluctuations des chaleurs primitives. J’usais de cette religieuse immobilité, le présent n’ayant que son principe intrinsèque pour survivre, je regardais plus loin.

 

J’ai aimé perturber les optimistes et provoquer leurs antagonistes. Point de rancœur quand on oublie l’amour, point d’indigestion quand le festin est frugal. À l’approche de la mort, je paraîtrais jeune et fraîche, sans aucune vie usée à tenter de recycler, sans ces existences que pratiquent les extravertis ou les pondérés. Je me moquais du cycle et abusais de résurrection comme d’autres de langueur, j’étais celle que personne ne peut reconnaître, celle qu’on ignore après lassitude de perte.

La mort peut jouer de ses dés pipés, cette petite mort sans cesse répétée, cette mise en Abymes insensée me laisseront naïve devant le grand jour. J’avais cet idéal de survie au dessus de ce qui fait respirer les autres. Ils aimaient quand j’oubliais, le calendrier coincé dans leur instinct de survie, je jubilais de jours premiers.

Aujourd’hui et demain, hier et encore, jour un.

 

 

(art by Ellen Kooi)


13:24 27/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

26
avr

je réi(en)tè(r)re

Encore une fois, c'est un drôle de truc

 

 (…)

 

que l'absence de présence, cet espace loué mais vide

 

on pense que ça reviendra, on écarquille les paupières pour faire le caméléon, SILENCE, ON TOURNE mais le filtre du monde ralentit la bobine...

 

Rien ne roule plus vite que le silence.

 

SILENCE, ON TOURNE.

 

Ah ben non, toujours pas.

 

je n'y arrive pas.

 

repetitas ad libitum

 

(art by Philippe Huart)

 

14:17 26/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

SILENCIO

désolée, je n'y arrive pas...
 
 
 
 
 
 
 
 
(Art by Rob Wynne)

14:06 26/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

22
avr

NO LIES

NO LIES *, ça débute comme un one man chaud, un homme fait son Bukowski des faubourgs, il cite les prénoms féminins comme des marques de bagnoles, auxquelles il donne des prénoms féminins, il jongle avec les phrases phares, il est le petit pitre blanc qui s’assoit sur ses dents blanches.

C’est l’Amérique, celle de Joe Dassin, celle de Jarmusch aussi, celle d’Iceberg Slim beaucoup, les promesses, la légèreté, l’accès à tout, les mélanges, les rencontres, les déclics, la décadence, le trash (white or black)…

et puis, l’Amour. Celui qui dure tout le long de l’amour, jusqu’à ce qu’il s’écrase contre les vapeurs des égouts, qu’il se goinfre des différences, qu’il se dégrade à la vue des clichés, qu’il se putréfie au son des traumatismes… le choc culturel ou économique, à moins que ce ne soit juste un carcan affectif d’où on ne peut sortir que par la violence, comme être accouché plusieurs fois d’une mère qui vous abandonne dans une benne à ordures.

 

Aurélien**, le « héros » part pour trouver autre chose, le garçon au Tuxedo, le charmeur des galeries d’art, le mec incroyable sauf qu’il y trouve, dans ces attente, le contraire du rêve, la sombre histoire d’une Amérique meurtrie qui ne s’intéresse à rien, même plus à elle-même. Le récit part du nombril et finit dans le néant.

Alors les images d’une roue de la fortune mise en scène par un Fred Astaire alcoolique, d’une route 66 qui fait manger la poussière aux voitures aux culs plus larges que les mamas de la Nouvelle Orléans, les crocodiles nourris aux guimauves, les cafards volants qui nourrissent les fourmis et les angoisses, les ébats qui finissent sur le plancher, entre deux lattes et un clou.

 

On ne rit plus, on observe. Puis, on n’observe plus, on subit. Après ça, c’est l’absence.

 

Une pièce simple, riche, sans paillettes, sans histoire extraordinaire, sans happy end…

 

* je vous conseille le lire la fiche complète du Théâtre et de remercier l’acteur sublime et le metteur en scène (acteur dans la pièce Tartare, recommandée dans un autre « article » sur ce blog) Sébastien Chollet.

 

** Aurélien Bodineaux est un homme vrai, à travers son histoire, l’Histoire et 1264 autres… "Un monologue de doit pas mentir".

PS références culturelles : (re)regardez Johnny Suède de Tom Dicillo (caméraman de Jarmusch, mon idole !) et relisons La Lune dans le caniveau de David Goodis

PS bis pour JP et Aurèle : les Boyz, j’ai rencontré votre clone, une entité avec le corps de JP & la voix et la gestuelle d’Aurèle, hallucinant de ressemblance !


10:57 22/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

21
avr

le boucher (Livre sublime d'Alina Reys)

Parmi ses entrailles, je palpe son palpitant gorgé de sang

Lèche les gouttelettes qui ruissellent entre ses dents

D’ongles en phalanges, je poursuis le trait de l’esquisse

Puis songe à ses abysses avant que je ne l’équarrisse.

 

Je suis l’invisible accroche-cœur, son gentil ramoneur

Nous vivons blottis et glacés au creux du réfrigérateur.

Quand la veilleuse vide le noir de la secrète obscurité

Je reprends instinctivement mes inconvenantes activités.

 

Épigramme organique au son des couteaux émoulus

Ses dons charnels me transportent aux blanches nues

Elle est de celles qu’on grave sur les lames aiguisées.

 

De sa chair porcine, les girons chutent dans la sciure

Nos conversations carmines et argentées perdurent

Jusqu’à ce que naisse l'injustice de sa terrestre mortalité.

 

_______________________________________________________

 

Vite fait (bien fait?) hein, une petite divagation carnassière parce que je voulais vous parler de la pièce Illégitime Défense du Théâtre de Poche, vous dire combien j'étais attérée que le sujet de la violence conjugale soit traitée d'une manière si systématique, si simpliste... et c'est pas en utilisant des mauvais auteurs, des mauvais acteurs et une mise en scène glauque qu'on va pas donner l'envie de rire aux adolescents qui se déplacent en autocars avec leur prof de maths, c'est pas comme ça qu'ils signeront une pétition d'Amnesty International Femmes ou qu'ils se sentiront concernés par les chiffres, ah ça non...



13:22 21/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

19
avr

BUS 113...

Arrêt du Cœur. Terminus, tout le monde descend. L’autobus roule sur sa tête. Elle a hurlé, puis juste avant le choc, elle a rigolé. Mourir écrasée sous un bus, c’était la probabilité vingt-sept sur sa liste. Pas sa favorite, non. Faire sa Dalida, ça, c’était glamour. Ou mourir ankylosée de venin de vieil amour, ça, c’était romantique. Même un train grande vitesse dans une capitale à la mode, ça l’aurait fait. Depuis longtemps, elle avait écrit sa petite nomenclature des morts possibles. Une sorte de roman non publié aux éditions du Néant.

Le chauffeur l’a trouvée belle, juste avant de la sentir sous ses pédales. Le pare-choc a rompu les os, c’est sûr, tout sera cassé. Devis bien trop cher. Plutôt la décharge. Petit corps compressé, œuvre d’artiste décadent. Ah non, n’ignorez pas le coup, c’est ce qu’il y a de plus percutant dans la vie, le dernier choc, la dernière violence.

 

Résultat. Le petit puzzle est incomplet, le steak humain est saignant. Le SAMU joue aux osselets. Papier. Ciseaux. Cailloux. Dr Maboul sonne trop fort. BIP. Revenez en deuxième partie. Ah non, désolé, pas possible, c’était votre dernière chance. TILT !

Avenir déchu. Bon, la respiration coupée, le sol apprivoisé. Qu’est ce qu’on fait ?

Oui, les souvenirs. Quatre à quatre, ils dévalent. Les marches de l’histoire d’une petite vie à ranger dans le tiroir dans la vieille commode, là, sous la photo de classe, entre deux diplômes forcés et une médaille de cross.

 

Le 113 l’emmenait à l’école.

Les cris, les couettes, les manigances, les pestes, les genoux pleins de cailloux, choux, hiboux, les élastiques, les sucettes, les cahiers cornés, les chansons qui pètent, les spirales, les règles, les doigts dans les charnières, les autres, les instituteurs qui sentent fort.

 

Le 113 l’a conduite à la gare. Les vacances, les colonies, les garçons, les couillons, les ennuis, les boutons, les jupes, les étangs, la boue, le sperme, les marguerites. 

Le 113 l’a emportée dans ces surréalités salvatrices parfois, vous savez, celles qui expulsent, qui exorcisent, qui fragilisent. Entre deux rêvasseries d’adolescence caduque. Lui, il m’aime un peu. L’autre, passionnément, et celui là, pas du tout. Et puis patatras, tous les mêmes.

 

Le 113 l’a trouvée enceinte, l’a ramenée saoule, l’a consolée seule. Triste fille sur une banquette déchirée, une banquise gélifiée, une banque abandonnée. Le cuir rebondi a cueilli ses pleurs, ses vomissures, ses griffes, ses marqueurs, ses tatouages. Le 113, c’était sa maison. Avec des jolis fenêtres sans rideaux, une famille bruyante, des voisins curieux.

 

Le 113 l’a vue, entre un rétroviseur et un regard de violeur. Le 113 peut témoigner, elle ne l’avait pas provoqué. Elle avait la jupe courte, oui, et les bottes cirées, oui et quelques bijoux pour briller dans la nuit, ben oui, c’est pourtant simple. Mais lui, il l’a voulue unique, originale. Tu seras celle. Et elle a compté les chewing gums collés sous les sièges, elle a senti la bière gluante au sol, elle a vu Hollywood sur de l’aluminium, mais il n’y a pas de ‘happy ending’ dans les bus de nuit.

 

Alors, quand elle a sauté devant, dessous. C’était pour lui dire au 113. Fallait pas me faire monter. Ta faute ! Pourquoi tu as ouvert tes portes, hein ? Et ton chauffage, à quoi il sert ? Et ton moteur qui hurle, là, il a plus rien dit, hein ? Ticket cher payé, monsieur le composteur. Poinçonnée dans le cœur, des p’tits trous partout.

 

Le bus se tait. Les pavés contemplent la scène d’un regard de concierge. Ils leur diront qu’elle a couru plein vent, face au diesel. La machine n’a pas pu l’esquiver. Elle courrait vite et fort, les jambes en avant, son cou tordu de douceur. Les platanes rigolent, pour une fois qu’ils n’y sont pour rien. Le 113 ronronne. Il voudrait repartir mais le corps bloque. Le bus l’a saisie au vol.

Paf la chienne, diront les commerçants. Pauvre histoire, dira le journal local. Y en a au moins un qui rit. C’est celui qui pourra enfin s’asseoir dans le 113, toujours trop bourré ce bus !

 

(Illustration de Jane Fulton: ’Broken eggs’)

13:30 19/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

18
avr

Lien délié: Boîte à sucre, boîte à ART.

http://www.kitdesurvieartistique.org/
 
1- achetez votre boîte à sucre, neutre et cheap, contactez Mercedès (voir ses coordonnées surle site)
2- construisez, videz, expulsez, créez et importez votre univers artistique
3- ramenez votre Kit de Survie Artistique aux Ateliers Mommen, rue de la charité à Bruxelles avant le 13 mai. (la date de remise a été postposée du 13 avril au 13 mai, n'hésitez plus!)

Milady en fait un(e) pour elle et un(e) pour les B.I.T.C.H!

Message du penseur du mouvement:
Qu'est-ce qu'un kit de survie artistique ?

Une boite de 30 cm par 15 cm (le même format pour tous) dans lesquels on mettra tout ce dont on a besoin pour la survie, de notre esprit, se redonner de l'inspiration ou retrouver ce qui nous a bercé dans notre enfance, plus simplement se sentir mieux dans les moments difficiles, ou encore raconter des situations intenables, faits de société, guerres, famine…etc

La réalisation d'un kit est à la portée de tous et c'est cette richesse et cette variété qui les rends uniques. C'est un voyage que nous nous efforçons de faire partager au plus grand nombre à travers divers réalisations, cartes postales, catalogue, conférences sur le thème de la survie artistique, témoignages de sociologues sur la diversité des réalisations et la culture de chaque pays.

La scénographie de chaque exposition a pour idée directrice la mise en valeur de la lecture individuelle de chaque boîte dans l'espace. Les kits seront disposés, en quinconce, sur des socles en bois de 30 par 30 cm. La lecture individuelle de l'œuvre est plus facile tout en permettant une vision d'ensemble de l'exposition.

Les boîtes seront généralement ouvertes afin que le regard du visiteur puisse s'y introduire. Le kit est à envisager comme un espace de 15cm2, telle une galerie d'art miniature.

Chaque artiste est libre d'exprimer son idée de la survie comme il l'entend, le pertinence de l'œuvre lui appartient. Les coordinateurs des pays organisateurs ont pour mission, en plus de la mise en place de l'exposition, de garantir certaines règles intrinsèques au contenu d'un kit. Ainsi, tout message xénophobe, nationaliste ou sectaire ne pourra être délivré.

Le thème fondateur de cette action est la survie artistique, par conséquent tout ce qui s'y rapporte de façon personnelle ou collective, temporelle ou intemporelle, est susceptible de faire l'objet d'un kit.


13:57 18/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

14
avr

De battre, mon cœur s’est presque arrêté.

Rien. Finalement rien ne me protège. Ni moi contre moi, ni le reste. Ni mes cheveux, ni mes yeux, ni mes kilos, ni mon obscurité, ni mon rire fort, ni mes excès généreux. Rien ne me protège. Toujours, je prends le premier creux, la vague la plus haute. Toujours, je m’enfonce, la tête garnie d’épingles. Quand je sors, le nuage stagne au dessus de mon esprit. Quand je ferme, tout a fondu. Le liquide surchauffe et je coule sur mes trottoirs.

Rien, finalement, rien ne me protège. Ni Lui, ni eux, ni elle avec ses entrailles et Sa vérité toute enflée, ni lui avec sa poésie et sa foi, ni même ceux qui le disent, encore moins ceux qui s’en persuadent.

Abstentionniste de l’expression, je feinte, je joue, je me mets en joue. Je vise pleine tête. BAM ! En vrac, les os et le cœur s’écrasent contre ma lampe. Ouverte 24 h / 24, je suis. Ah oui, les vannes, les portières, je ne vends rien au détail. Je donne au plus frileux. Je suis la poire généreuse, celle qui délivre du mal, celle qui jouit dans une loupe, celle qui passe le bras par le châssis, celle qui lit dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs…

 

Recherche modèles désespérément. Adopte beaux parents pour idylle hypothéquée. Je rêve de la mort de celle que j’invente sous la table. Elle me donne des coups de pieds du regard en disant « chut » avec le doigt sur sa grande bouche. Elle veut pas que je dise que je ne suis pas celle-là, que je ne la reconnais pas, que je ne suis pas contente d’avoir été tirée de son vagin. Et Lui, derrière, Jean Qui Rit, Jean Qui Pleure, il dénonce, il promet mais ne fait rien. Il prie, les genoux contre le plafond, les pieds dans l’émail. Je l’ai insulté pour qu’il m’enlève, mais il a fui. Comme moi. Nous avons fui des uns des autres. Je ne suis plus jamais l’otage de personne.

 

J’en ai touché des ivoires et des ébènes, martelé des outils, et même, j’ai tâté quelques sexes brandis, pour craquer des brindilles mais des branches dans la gueule, plus souvent, j’en ai récolté. Jument vicieuse que celle qui me ferre les muscles. Embrochée sur mon ongle dénonciateur, je tremble à l’idée de sourire. Et quand je dis j’aime, c’est pour dire, aimez moi. Quand je dis j’adore, c’est que je veux être la vedette du quartier. J’aurais voulu être une autiste, la simple fille qui déterre le talent sous une ortie. Laissez moi inventer l’enfance que je veux, si, si, je vous jure, j’aurais pu être la descendante des penseurs, avec juste un brin des Lumières sur mon berceau. Mais cette paresse qui me cramponne, cette pute de trouille dans l’antre, je ne fais rien… Ne bouge pas, me dis je… laisse les, tes paupières sous tes poings. La nuit, je dévalise les frigos et crains la lumière quand j’ouvre la porte. La porte fait tic tac. À chaque ouverture, je prends dix ans dans le nez.

 

Au paravent, depuis tout le temps, je fais semblant de ne pas avoir envie de vivre, et maintenant que je respire, oui, ça, j’en suis sûre, je me le suis tatoué au fond… ben, j’ai des boules de regrets dans la trachée, des pelotes de haine dans les talons.

Je me dis que oui, tout ce présent est bien joli, que le futur donnera du blé mais tous ces monticules dessous, les chaises cassées, les vitres teintées, à qui cela pouvait-il servir ? Pourquoi ne m’a-t-on pas donné les clés ? Les serrures ? Les douilles et la poudre ? Tournicoti, p’tit barillet invisible derrière la nuque. 1, 2, 3 soleil justement… Petit requiem pour une conne qui se sait conne. Rien ne me protège. Rien, ni le tout imaginé, ni le vide fantasmé. Rien ne me protège contre moi, rien.

22:53 14/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

13
avr

le SALO!!

« Mon » Frantz, certain(e)s d’entre vous s’en souviennent ? Sa plume, son style Romantique, sa déclaration ?

(attention, c’est long mais ça vaut le détour !)

 

RAPPEL DES FAITS :

 

Lettre 1:

From: infaustwetrust@hotmail.com

To: Milady Renoir

   

Mademoiselle,

 

Vous pardonnerez je l’espère la témérité dont je fais preuve en vous écrivant mais cela s’avère désormais un impérieux besoin.

Je parcours depuis des mois maintenant votre blog, me tenant silencieux, dans l’ombre des personnes qui intervenaient avant la cessation des commentaires.

Je vous observais, silencieux, lisait, intéressé et surpris par votre à propos, charmé aussi sans doute par le fantasme inspiré de votre photo, et me reprochais de ne point vous aborder.

Par lâcheté, j’ai donc cessé il y a une semaine de venir vous lire, et le manque est intervenu, terrible, éprouvant manque de vos mots et de vous-même.

C’est alors il me semble que je pris conscience, et confiance, dans le fait qu’une part de moi était amoureuse d’une autre de vous, la part lectrice face à la part pseudo exhibitionniste que vous montrez sur le net, qui n'est pas tout à fait vous, j'en suis conscient, mais qui n'en est pas très loin non plus.

J’imagine aisément votre réaction face à ma lettre ; mais je ne suis pas un jeune éphèbe à la recherche d’amourettes virtuelles, je vous l’assure ; ni même un homme marié, attristé de ne plus avoir d’émotions fortes et qui chercherait ici un semblant d’excitation.

Je ne suis qu’un humble trentenaire, serviteur d’Hippocrate, écrivaillon raté tombé par une sorte de fatal hasard sur votre site et les expressions de ce que vous êtes.

Fatal car bien que je m’enhardisse à prendre contact avec vous, je n’espère rien, pas même une réponse, l’espoir non acquis serait trop lourd de déception.

J’ai put lire à satiété, dans les lignes mêmes et non seulement entre elles, que vous partagiez votre existence avec un jeune homme dont j’ai d’ailleurs parcouru le blog.

Je ne viens donc rien tenter, sinon de vous offrir mes compliments quand à votre verve et votre talent. Votre sensibilité m’émeut tout simplement et déclenche en moi des sentiments dont je ne soupçonnais pas jusque là l’existence dans l’aridité de mon être…

J’ai bien sûrs hésité parfois à venir pousser la porte de votre atelier ; mais la rencontre de mes idéaux, des émois qui me transportent, bien que nés d’une sorte d’irréalité et la criante perspective de leurs opposer une réalité soit moindre; soit et cela serait pire, calque parfait des mes intuitions... Cela m’effraie, je l’avoue, que vous me plaisiez réellement.

Aussi, je laisse cette sécurité absurde me satisfaire pour l’heure. Je reste dans l’ombre, derrière le carreau de la porte vitré, jette un œil sur vous et vos convives, puis repart discrètement observer les joueurs d’échecs avant de m’évanouir complètement.

 

Vous êtes, la première histoire amoureuse saine de ma vie, bien qu’irréelle et j’en suis conscient. Aussi je ne cherche rien d’autre que de vous montrer mon respect et mon affection, Milady Renoir.

 

Un jour j’oscillerai peut-être suffisamment pour risquer la rencontre de cet être fragile et brillant, face au rêveur impénitent dont je prend les traits face à vous.

 

Vous animez ma vie d’un sentiment de réalité exquis…

 

Je vous lirais encore, merci.

 

Frantz.


 

Lettre 2:

infaustwetrust@hotmail.com wrote:

 

Chère Milady,

 

Je reviens à vous de manières si promptes afin que sachiez que vous écrire fut pour moi un véritable moment de paix et de joie mêlée. Je ne saurais exprimer de quoi, ni comment, cela est le déclencheur mais je sens poindre en moi une maturité nouvelle, je me vois libéré d'un poids, celui de la frustration certes, mais aussi d'autres sentiments beaucoup plus personnels et profonds.

Je ne sais, je suppose que je vois en vous, même silencieuse, une sorte de confidente. La destinatrice de mes pensées secrètes et inavouées. Je n'ai cependant pas l'intention de vous imposer ce rôle, je n'en ais aucuns droit, et vous heurter de quelques manières que cela soit me couvrirais de regrets.

Je suis donc en balancement, pris entre l'exaltations de me confier à vous, et la crainte que mes irruptions spontanées au sein de votre boite à lettres ne crée en vous que de l'irritation.

Comment traiter cette situation si ce n'est en réclamant de vous un symptôme, un signe, un mot. Un seul, synonyme de fin et je me tairais...

Point mes émois, point mes pensées vers vous toutes enclines, mais bien l'excitation de mes mains sur ce papier, à vous toute dédiée. L'idée me charme, m'élève, me nourrit; ce silence de votre part, qui serait entre nous comme un lien secret; votre absence de refus, pacte tacite entre nos deux entités. Entente muette, certes, mais au combien plus concrète que nombre de serments bafouées.

Oui, même votre refus serait pour moi un privilège. Ne soyez donc point craintive de me blesser si cette liaison épistolière ne vous émeut point, ou vous indiffère. Je ne serais pas insistant si telle est le cas, car vous m'offrez chaque jour une vision de vous qui me comble déjà, je ne saurais exiger plus.

Sans fatalisme aucun, n'être que le murmure de vos pas suffit à l'épanouissement de mes sentiments. Je ne parle pas uniquement de ceux que vous faites naître en moi involontairement. Je parle aussi de ceux qui découlent de cette douceur nouvelle installée en mon sein. Je crois percevoir que la vision des personnes que je soigne en a changé. Je ne suis plus le sourire triste face à la tragédie de leurs corps, je suis de nouveau l'être humain qui serre son coeur en même temps que leurs mains; et je vous le dois, je ne sais comment mais c'est à vous que je porte la gratitude de ce bienfait.

Je crois que je n'avais jamais aimé l'autre simplement, sans désir de retour ni crainte de ne l'être pas.

Imaginez vous cela ?

Quoi qu'il se produise désormais, je vous serais éternellement reconnaissant pour cette humanité en résurrection et garderais pour moi cette aube discrète qui s'éleva dans la grâce de votre nature secrète.

Votre nature, que j'entrevois derrière la paroi de l'anonymat. Je vous vois Femme, Hybride, Surface lisse comme né de la sophistication de Marlène Dietrich dans une salle obscure du Marmorhaus, mais dont les marbrures sensuelles serait celles de Mauresques dansantes sur le sol poussiéreux. Multiple et simple, complexe et Une, c'est ainsi que je vous vois. Telle vous même dans l'évocation de votre Paradis, et de votre Enfer... Là j'ai jalousé, et aimé, ce premier homme d'être celui de votre vie. Là j'ai haïs, et exécré le second d'être le visage de votre M Maudit.

 

Ces textes m'ont soumis bien involontairement à une grande fragilité, et au besoin de vous écrire pour vous dire que des deux, vous méritez le premier pour vous même bien sûr; mais aussi parce que vous embellissez le concept de bonheur même de toute votre sensibilité, que vous êtes pour moi la sublimation de l'idée de beauté et de la femme telle qu'elle devrait aimée et respectée.

Telle que je vous aime et que je vous respecte.

 

Frantz

 

PS : J'attendrais un mot de refus de votre part pour cesser de vous écrire; le cas échéant, gardez je vous prie pour moi une pensée tendre; celui que je suis, c'est vous qui le faites Être.


 

Réponse interlude 1 (premier et dernier)

 

From: Milady Renoir

To: infaustwetrust@hotmail.com

 

Cher Maître

 

Je serai la naïve Marguerite, celle qui écoute, qui lit, qui décrit, qui survit.

Je trouve vos mots plus fort que la réalité, alors allons y de nos « épistolations », de vos coïnci-denSes, de vos avanc(é)es.

Je ne suis que l'oeil (pas le troisième) car la main est dans l'antre de celui que j'ai choisi (avec orgueil, je crois que j'ai eu le choix) alors (encore alors) sans oeillère, ni loupe, je serai juste derrière l'écran, sans attente, ni recul à penser vos songes et faire récréation de vos abus.

 

1, 2, 3 soleil...


 

Lettre 3 :

Milady,

 

Je ne serais point Diable semant le chaos à travers votre ville Sainte. Je suis ému et honoré d'être celui-ci, le maître, puisque c'est lui que je vous inspire, et ne doutez point qu'il s'agisse bien de moi, votre dévoué,  Sous les mots et les sceaux dont vous marquez mon esprit.

 

Ainsi nous serons ceux ci, ou nous serons d'autres; mais séparés par nos reflets respectifs, nous serons malgré tout ensemble, nous liant, nous lisant; pesant nos troubles fluctuations nées de l'autre.

 

Cela me ravit, je suis à cet instant ponctué d'émotions légères et transparentes; et la sincérité que vous portez en votre choix pour le réceptacle de votre main accentue encore ce plaisir. Je ne sais comment mais il me semble connaître les bienfaits de celui ci; et tout ce qui vous embrase m'embrase pareillement, tout ce qui vous émeut me  transporte à l'identique; soyez en certaine. Le maître apprend ici de sa Marguerite, le don véritable, par amour, de sa propre personne; simplement par amour.

 

Et je me moque de n'être point présent à vos cotés puisque je le serais en vos pensées, je me moque que mes mains ne traversent point le rideau puisque mes mots charrient avec eux Mon monde en son entier; telle une vague permanente mettant à nue mon amour de vous.

 

C'est ainsi que je me présente, débarrassé des peurs et des jalousies qui avilissent l'Homme.

 

Je ne suis qu'esprit, puissiez vous me saisir...

Frantz.

 

PS : Mon sacerdoce; tel qu'il était par le passé avant que la désillusion ne m'étreigne, et tel que vous me l'avez rendu, exsangue de ces tristes visions; exige ma présence dans une sorte d'obscur congrès peuplé de sirs aux dents crispés sur leur inertie. Il me faudra, auprès d'eux, me violenter pour ne point perdre de vu l'aube nouvelle et lumineuse que vous avez diffuser en mon coeur, et je ne pourrais point vous lire.

 

Mais je vous reviendrais intact je vous le jure, aussi libre que je vous quitte; et nous taillerons ensemble de votre enfance nos camées, et nos émaux.

 

"Ce ne peut être que bien".

 

F.


 

Séquence Columbo:

 

Hé bien, le coup du Zèbre, le choc du partisan du secret amoureux, le transi timide et virtuose n’est autre que mon Homme, celui qui partage déjà ma couche, laquelle a servi de bataille du chantage affectif hier soir pour arriver à mes fins. (Aussi, parce que le caractère obsessionnel du « personnage » a commencé à me faire flipper ma race sérieux lundi soir à l’atelier, paranoïa et trauma m’ont un peu omnubilé les esprits…

 

Mais je l’ai démasqué, découvert, difficilement (parce que mes doutes étaient trop infimes) mais voilà, c’était LUI, c’est mon M. qui m’aime comme ça…

Il voulait me faire marcher pour que je finisse par céder à une invitation (même si crois qu’il y a un petit test d’orgueil en dessous) et que je me retrouve à attendre un hypothétique Frantz (quel prénom romanesque… Liszt aurait adoré ! Ach… Brahms…).

Et M. aurait apparu, la rose dans les dents, souriant comme un benêt amoureux… je crois que je l’aurais rapidement giflé si j’avais espéré quelque chose de différent p(as de mieux évidemment) ou hurlé comme une charcutière gouailleuse : IMPOSTEUR DE MON ANUS !!

 

Mais j’aurais finalement réalisé combien j’ai adoré ça et lui aurais fait l’amour sanguinairement au dessus du Homard Thermidor, chaud et rouge comme sa joue,,,

 

Voilà, je suis un peu déçue (j’avoue…) quand même mais encore plus amoureuse (comme si c’était possible !), carrément fière de cette tactique, un peu touchée dans mon orgueil par mon manque de perspicacité et mon émoustillement adolescent et impressionnée par la multitude de styles qu’il peut apprivoiser,,,

 

Quand je pense que je me plains qu’il fasse trop de fautes d’orthographe (d’habitude)…

Quand il veut, il peut, le sacripan ! (et boum, me revoici Milady face à lui !)

 

La vengeance d’une brune est un plat qui se mange surgelé…


12:37 13/04/2005 | Lien permanent |  Facebook