22
avr

NO LIES

NO LIES *, ça débute comme un one man chaud, un homme fait son Bukowski des faubourgs, il cite les prénoms féminins comme des marques de bagnoles, auxquelles il donne des prénoms féminins, il jongle avec les phrases phares, il est le petit pitre blanc qui s’assoit sur ses dents blanches.

C’est l’Amérique, celle de Joe Dassin, celle de Jarmusch aussi, celle d’Iceberg Slim beaucoup, les promesses, la légèreté, l’accès à tout, les mélanges, les rencontres, les déclics, la décadence, le trash (white or black)…

et puis, l’Amour. Celui qui dure tout le long de l’amour, jusqu’à ce qu’il s’écrase contre les vapeurs des égouts, qu’il se goinfre des différences, qu’il se dégrade à la vue des clichés, qu’il se putréfie au son des traumatismes… le choc culturel ou économique, à moins que ce ne soit juste un carcan affectif d’où on ne peut sortir que par la violence, comme être accouché plusieurs fois d’une mère qui vous abandonne dans une benne à ordures.

 

Aurélien**, le « héros » part pour trouver autre chose, le garçon au Tuxedo, le charmeur des galeries d’art, le mec incroyable sauf qu’il y trouve, dans ces attente, le contraire du rêve, la sombre histoire d’une Amérique meurtrie qui ne s’intéresse à rien, même plus à elle-même. Le récit part du nombril et finit dans le néant.

Alors les images d’une roue de la fortune mise en scène par un Fred Astaire alcoolique, d’une route 66 qui fait manger la poussière aux voitures aux culs plus larges que les mamas de la Nouvelle Orléans, les crocodiles nourris aux guimauves, les cafards volants qui nourrissent les fourmis et les angoisses, les ébats qui finissent sur le plancher, entre deux lattes et un clou.

 

On ne rit plus, on observe. Puis, on n’observe plus, on subit. Après ça, c’est l’absence.

 

Une pièce simple, riche, sans paillettes, sans histoire extraordinaire, sans happy end…

 

* je vous conseille le lire la fiche complète du Théâtre et de remercier l’acteur sublime et le metteur en scène (acteur dans la pièce Tartare, recommandée dans un autre « article » sur ce blog) Sébastien Chollet.

 

** Aurélien Bodineaux est un homme vrai, à travers son histoire, l’Histoire et 1264 autres… "Un monologue de doit pas mentir".

PS références culturelles : (re)regardez Johnny Suède de Tom Dicillo (caméraman de Jarmusch, mon idole !) et relisons La Lune dans le caniveau de David Goodis

PS bis pour JP et Aurèle : les Boyz, j’ai rencontré votre clone, une entité avec le corps de JP & la voix et la gestuelle d’Aurèle, hallucinant de ressemblance !


10:57 22/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

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