12
avr

Mots imposés, images injectées

Toute cette histoire ne pouvait que me confondre. Entourée de lampions brûlés et d’abas jours castrateurs, j’errais de grincements en craquements. Dans les ruelles sans discours, sur les poutrelles sans filet, au creux des trottoirs sans fonds, la camarde titillait mes veines, perpétuant le collage de neurones, le plâtrage des yeux qui me venaient de ma naissance. Quand la mère montait, mes ventricules écartelés gisaient au creux des graviers. Je virevoltais de procession en perdition, au gré des vents flatulents.

À la recherche de la chaise dans le parquet, le clou dans le mur, je baisais les escrocs pour feinter l’ivresse, râpais mes os pour gêner mes promesses.

J’étais le disciple de toi-même, femme hot-dog aux contours granuleux, petite salière cherche poivre blanc, petite fourmilière cherche glouton.

Peaux écorchées, identité griffée, nervures martelées sous l’épaisseur du miroir sans étain.

Sainte Perfidie, criez pour moi !

La misaine dans les courants d’air froid, je cherchais l’imperceptible lumière qui tamiserait mes premiers pas vers la roche. J’égrenais la discorde pour récolter le trop plein, abasourdie de roulis d’escaliers mécaniques couverts de savon noir.

J’ai subi le calvaire de la grosse caisse vide qui transperce la Terre  par un matin sans formes.

J’ai avalé quelques copeaux d’ébène, gavé ma gorge de granulés d'estime. Adopter la fermeté, retrouver la Croix et la planter sous un rond-point abandonné.

Tatouée d’innombrables coups de sécateurs, les épines ont fini par céder. Et me voici, le teint pâle mais frais d’une fleur pâmée sur les lèvres, je vends étoiles décrochées en soldes, fantasmes inassouvis au détail. Et je me repose. Et je me repose. J’annonce aujourd’hui qu’il n’y a pas de longue journée qui ne se termine par une nuit.

 

(Illustration de Floria Sigismondi"lupus")

09:59 12/04/2005 | Lien permanent |  Facebook

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