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cet indicible besoin d'impudeur

Cet indicible besoin d’impudeur…

 

Quand les jupons dissimulent, il n’est point d’émule alors les petites ânesses battent de leurs oreilles de lapine. Quand la tyrannie de l’intimité dérange, suggère la frustration d’une pudeur avouée désuète, alors on montre cuisse, outrecuidance et quelques perversions de l’âme pour cautionner une identité soi-disant trop longtemps bafouée. La réalité se meut en diverses images iconoclastes ; le perceptible perverti, les fantasmes jouissent de toute impunité… et pourtant, la désillusion guette, le perceptible confus dégage un relent pestilentiel de déjà vu, déjà senti, déjà rejeté. La luxure a ce goût d’extase lascive, trop facile, trop disponible.

L’identité devient interprétation, le rêve devient phantasme, les ego se multiplient pour n’être qu’une masse divisée, sans règne, sans augure. Le mystère est un événement exceptionnel qui relate de la faute, d’un contexte socioculturel minimal. Je ne parle pas ici de limite grillée ou de complexe de l’image mais bien d’une extériorisation volontaire déchue qui hante les soirées mondiales d’une société qui cherche à corrompre plus qu’à épanouir.

 

L’autoérotisme est un néon clignotant au dessus d’une friterie, les objets de désir sont consommés et jetés dans des poubelles saupoudrés de sucre glace, quant à la relation sexuelle, elle est conjurée au creux de styles qui recherchent un genre sans se donner la peine d’être vécus.

L’enjeu de mon propos (confus ?) n’est pas de faire le deuil de son idéal mais bien de peaufiner le seuil de son corps, de son âme, de son monde.

L’individualité ne devrait pas se convertir à un œcuménisme sexuel vue d’un point de vue compétitif, il ne devrait point y avoir de rivalité pour les sexes.

La complexité de l’intérieur n’est pas à l’extérieur. La lutte de la libéralisation se décline en composition, pas en diversification.

L’écran de projection doit être dans l’œil, pas dans le pénis, ni dans le vagin, sortons les peaux véritables et bas les masques de collagène.

Et si tout est faux, rien n’est. (évidemment…)

 

(illustration de Marina Abramovic "Balkan Baroque")


12:23 20/03/2005 | Lien permanent |  Facebook

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