18
mar

l'attente

Hier soir, après quelques emplettes obsolètes, d'autres culturelles, après quelques demies heures arpentant des demies rues, je suis assise sur un banc (public, vous vous en doutez). Sans amoureux à bécoter, sans copine avec qui glousser, j'attends. J'attends... le bus accessoirement, la fortune assurément, et puis d'autres clichés.

Mais là, la nouvelle idée, c'est que je n'attends rien. J'attends mais le but de l'attente est flou, voire inexistant.

 

J’ai la contemplation dans l’œil. Je vois les gens, sans les regarder. Les gens dans les bus, les gens dans les voitures, les gens dans les sacs de supermarchés, les gens dans les trottoirs, les gens dans les vitrines, les gens dans les gens.

Je suis assise, le bus qui me mène à la maison me nargue. Non, je ne te prendrais pas, ce n’est pas toi que j’attends.

Les impératifs périmés, les activités suspendues, l’horaire détendu. Tout a l’air de continuer pendant que j’attends. Le but indéfini dans ma respiration, je suis calme.

 

Je sors un livre du sac brun. L’imprévu de Christian Oster. C’est peut-être ça que j’attends, l’imprévu. Alors, je tourne la couverture de gauche à droite, range le marque-page au rayon futur et lis la première page avec langueur. Chaque mot martèle l’espace cérébral. Les éléments m’accompagnent. Je monte dans le deuxième bus qui m’emmène chez nous. Je reviens au temps, à l'arrêt de bus, à la conscience, au bouton stop bleu et jaune.

L’imprévu imprévu me fait sourire. J'attends SON retour. Je vais mieux.

 

 (L'imprévu de Christian Oster aux éditions de minuit & Illustration de Harry Zernike "Spring")


12:17 18/03/2005 | Lien permanent |  Facebook

Les commentaires sont fermés.