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fév

Jus d'Sainte

Effrontée Judith. Ehontée Judith. Tu roules des phalanges sur mon crâne. Petite sotte des marais, sombre idiote de palais. Tu vis pour tes seins. Tu jouis de tes reins. Mais rappelle toi à la Première. N’use pas de caprice comme de vices. Apprends à aimer. Songe à haïr ce qu’ils font de mal. Tu n’as pas le visage de celle qui gît sur les sols. Tu ne branles pas les viscères des mâles belliqueux. Lève tes cieux au dessus des nuées.

Il est un tribunal pour les vipères de ton espèce. Alors garde tes crachats pour ceux qui les avalent. Ici, tu n’auras que ton souffle pour respiration. Aucun astre ne veillera sur toi tant que tu te déchiquetteras les paupières.

Tes dermes transpirent l’excrément d’âme. Verse tes tissus sur le limon au repos.

Tes sens giclent sans odeur car ils viennent de tes faux semblants. Libère les ondes de choc.

Impudente Judith. Insolente Judith. Fracasse ton double et jette toi dedans. Refuse tes doutes  apatrides afin qu’ils périssent en Géhenne, telles les giries oubliées. Inonde ton foie des levures les plus tendres et enfante dans la douceur.

Terrible Judith. Difficile Judith. Il est tant de temps avant que tu ne vives enfin. Lève un coude vers tes canines et croque la rocaille de tes bras trop épuisés. Ici et là, mes os règneront sur tes angoisses. Mon vide dégorgera ton plein.

Petite camisole vénéneuse. Légère sans-patrie. Rejette ces fenêtres sur cour. Caresse le seuil de la porte ouverte…

 

(Illustration de Patrice Forsans: JUDITH)




14:22 01/02/2005 | Lien permanent |  Facebook

Commentaires

... Décidemment il y a beaucoup de portes ouvertes dans les toiles...
Et...
On s'y en-gouffre.

Écrit par : Nehmain | 01/02/2005

pour plagier Bukowski Enfoncons les portes ouvertes

Écrit par : Blodhorn | 01/02/2005

+ Je suis repérée!

Écrit par : A | 02/02/2005

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