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jan

Avant hier pour Elles, aujourd'hui pour moi: goût du sort!

Fille, à toujours vouloir dépasser ton ombre sur les pavés, tu le vois, ton p’tit ballon rouge flotter dans les airs? Mais tu l’as finalement lâché, hein ? Avoue que tu l’as pas tenu assez fort, ton p’tit rêve à l’hélium… pourtant, je te l’avais dit qu’il s’envolerait à la première minute d’inattention. Tu préfères les trains fantômes, les bateaux pirates et les montagnes russes aux manèges enchantés ??! Tu préfères pas les pommes d’amour ? Bon, alors, chiale pas…

 

 Vas-y, tiens, attache tes désirs à la boucle en mal de vivre et appuie dessus avec la grosse masse en plomb… vas y, écrase lui la tronche à ton envie, t’as qu’à jouer à être la vilaine p’tite fille privée de tout, qui couine derrière la caravane !

 

 T’en fais quoi maintenant de tes petites chaussures vernies noires, hein ? Et ta p’tite robe vichy, confectionnée par des p’tites mains sévères… elles t’ont fait quoi, les Parques, pour que tu les aimes plus que moi ? Tu les vois les autres enfants qui profitent ? Ceux qui disent oui plus vite que non ? Tu les sens les reproches monter dans ta gorge serrée ? Et pourquoi tu tournes tes doigts aussi fort dans tes poings, tu as mal à tes articulations ?

 

 Dis non au monsieur aux bonbons, c’est ça… crache lui une boulette de bile dans la face… mais avance, nom de nom… reste pas plantée là…

 

 Ah tu veux faire la mystérieuse… la vilaine p’tite silencieuse alors que dedans, tes choses hurlent… pourquoi tu laisses pas l’air rentrer, hein ? Ça t’amuse vraiment de tirer cette tronche ? Tu les entends les gens qui crient ? Tu n’aimes pas dire que tu aimes ? Tu sais combien c’est facile de claquer une porte, hein ?

 

 Si tu continues, ta vie sera débordante de chaises musicales vides, de salles de bal lugubres et de culs-de-sac à perdre ta p’tite haleine mentholée…

 

 Allez, va… monte sur moi… fais confiance au sourire… allez, lâche la rampe… enlève les roulettes à ton tricycle… saute, te dis-je, saute…

 

Si tu te fais mal, ben, tu te relèveras puis tu seras fière de toi, allez, fille… viens… aie confiance… enlève moi ces lèvres closes… j’veux les voir tes quenottes… viens… viens…

 

 

(photo de Stefan Rohner: Imaginary World)

 



14:05 14/01/2005 | Lien permanent |  Facebook

Commentaires

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AMEN

Écrit par : crevette | 15/01/2005

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