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jan

Nouvelles d'en haut...

« Ces nuits dernières, j’ai été Cerbère en enfer, Morphée sous Eurydice, Marc Antoine trucidé par Cléopâtre au nez cassé, Quasimodo pour cette cloche d’Esméralda, Tristan divorcé d’Iseult, Philémon calciné sans sa Baucis.

A chaque minute, j’ai été un château fort en Espagne Inquisitrice, un Roi de Navarre empoisonné, le moulin aliéné de Don Quichotte, mille fourberies de Scapin, la dague de Jack l’éventreur, le bûcher de Jeanne d’Arc, des bottes de cuir à la mode Gestapo, j’étais Ebola sous Kabila, le Sida d’une jeunesse de missionnaires, le tsunami des âmes d’Asie, la Parkinson tectonique des plaques de votre monde.

Mes yeux se sont clos sur les nids d’asticots des charniers, les champs de batailles perdues d’avance, les lits mouillés d’amours incestueuses, les aiguilles des tricoteuses, les fardeaux des faiseuses d’anges, l’amertume des hautes trahisons, la coupe du curé aux bonbons roses, le graal du dragon de Mao, les fils de fer d’Auschwitz, les barres d’acier de Midnight Express, la gégène d’Alger la blanche, l’agent orange des colonies, les Malik Oussekine noyés, les Rodney King broyés, les Semira Adamu étouffées

L’univers se souvient de moi comme le goût du vide, la paille du feu qui consume votre joie de vivre, le fond de la coque d’un bateau ivre, le manteau rapiécé d’un bas-fond de spleen, un foulard troué au cou de la mélancolie, un tricot de peaux brûlées, une huile d’essence de chair cramée, le silence de votre désespoir… Pourtant, je n’ai pas honte. Ma dernière volonté n’est pas ma dernière volonté.

Ici et là, je serai bien encore l’ange déchu, l’aimant déçu, le démon de vos Jésus, les cornes des cocus, le diable de vos culs. »

 

Ce matin, sur sa croix, on peut lire : ici gît Dieu.

 

(illustration de Tuen Hocks: Starhunter)


12:33 05/01/2005 | Lien permanent |  Facebook

Commentaires

,,, "Et ce 17 Octobre 61 qui pourri au fond de la Seine"
La Rumeur,,,

http://www.acontresens.com/musique/interviews/17.html

Écrit par : Moz | 05/01/2005

,,, "Et ce 17 Octobre 61 qui pourri au fond de la Seine"
La Rumeur,,,

http://www.acontresens.com/musique/interviews/17.html

Écrit par : moz | 05/01/2005

,,, Désolé pour le doublon,,,

Voici l'intégralité des paroles de ce morceaux,,,

On m'a demandé d oublier


L'infamie perce et laisse des trous
L'infamie perce et laisse des trous
Faudrait-il garder la mémoire à genou
L'infamie perce et laisse des trous
L'infamie perce et laisse des trous
Faudrait-il encaisser encore les coups

On m'a demandé d'oublier
Les années de saignées
Le mépris planifié
A tour de bras renouvelé
Les carnages organisés
Les mises en charpis autorisées
Les songes et espérances liés, balafrés
On m'a demandé d'oublier
Les rayons de gloire qu'a pu garder une nation
En nous expédiant au charbon
Des années après l'industrie te perfore les poumons
S'ils n'ont pas déjà tâté les balles au front
En première ligne de chair à canon
On m'a demandé d'oublier
Les noyades occultés d'une dignité et sa mémoire
Les chapes de plomb les écrans noirs
Plaqués sur toute l'étendue des brûlures d'une histoire
Et le prix des soulèvement, les trop pleins
De martyrs étouffés, de lourds silence au lendemain
De pogromes en plein Paris, de rafles à la benne
Et ce 17 Octobre 61 qui croupi au fond de la Seine
On m'a demandé d'oublier



On m'a demandé d'oublier
Les traînements dans la boue, les doigts pointés d'une seule voix
Les réquisitoires incendiaires les mises en scène de fièvre d'accusation
La salive aux lèvres puis les vomissures de I 'opinion
On m'a demandé d'oublier
Ces complets de bouc émissaire taillés sur mesure
L'étreinte est froide et sèche nous voilà jetés en pâture
A l'hystérie d'un troupeau bercé trop près du mur
On m'a demandé d'oublier
La crasse de cervelle au détour
De plus d'un de leurs discours
Où le bruit et l'odeur émanent en vapeur
De nos races moribondes
Où la France ne peut recueillir toute la misère du monde
Quand sa main droite affame le sud et l'assiste à creuser sa propre tombe
On m'a demandé d'oublier
Les prise télévisés
Les charters et autres cercueils volants convoyés
Les gages filés aux idées du parti d'un borgne en sueur
Les intérêts trouvés à le laisser chier ses clameurs



On m'a demandé d'oublier
Les chasses ouvertes
Aux nègres et bougnoules offertes
Aux treillis vert-kaki de paras ouvrants le feu
Les appels à la mort relancés : ''finis-le allez achève-le !''
On m'a demandé d'oublier
Les fracas de ces voltigeurs
Et ces balles policières en plein coeur
Puis le sursis
Accordé à la volaille criminelle en habit
Ailleurs mes frères écopent de peines alourdies et oui
Les trafics crépusculaires ne profitent jamais aux petits
Un orteil dans l'extrême et c'est toute la jambe qui suit
Morfle si tu viens de t'y mettre
Il pleut averse des lambeaux d'infamie sur nos êtres
On m'a demandé d'oublier
Les années de saignées
Le mépris planifié
A tour de bras renouvelé
Les carnages organisés
Les mises en charpis autorisés
Les songes et espérance liés, balafrés

Écrit par : Moz | 05/01/2005

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