30
déc

Guppy I alias Rémus est mort

Romulus et Remus volaient de leurs ailes de Guppy dans les eaux troubles de mon aquarium quand Guppy I (le bleu) a décidé de rejoindre Atlantis.
Romulus a beau continuer à tourner, je sais qu'il pleure... pleurer dans un aquarium, ce comble de la tristesse pour un poisson est une horrible fatalité...
 
Prions pour Remus!
(la cérémonie de l'enchiottement a déjà eu lieu, merci à l'évèque Mozhorus pour son homélie.)
 

10:34 30/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

24
déc

I'm not a believer!

Santa Claus has died with the Y2K bug...
 
(and maybe, only maybe he never existed... who really knows?)

11:52 24/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

23
déc

Cette année, le Père Noël (qui est toujours une ordure) est en avance...

Cette année, le Père Noël est en avance…

 

Vers 5h31 ce matin, le père Noël a défoncé trois portes de bois qui mènent à notre chez nous. Normal, ma cheminée est bouchée. Les portes de bois ont été éventrées comme dans « The Shining ». Normal, c’est une excellente référence cinématographique. Le père Noël portait un blouson de cuir trois quarts rempli de kapok plutôt que sa panoplie Coca-Cola. Normal, il fait froid. Le père Noël n’avait pas de hotte, normal, avec des conditions de travail ancestrales aussi difficiles, il risquait un accident de travail. Le père Noël était noir, normal, les personnes issues de l’immigration se doivent d’intégrer tous les secteurs d’activité. Le père Noël semblait ne pas vouloir m’offrir quelque chose mais plutôt me voler mes jouets et autres petits accessoires personnels. Normal, la moindre des choses, c’est qu’un jour, il reçoive la face ‘face’ de la face ‘pile’ de sa pièce, les enfants sont des ingrats, c’est bien connu. Le père noël n’a pas été enthousiaste lors de mon explosion de cris. Normal, je l’ai traité d’enculé. Le père Noël a dégagé assez rapidement. Normal, je lui ai demandé. Le Père Noël court encore. Normal, avec la honte de s’être trompé de jour, il n’y a pas de quoi faire le malin.

  

Pour ma liste non-exhaustive de Noël, j’aimerais donc :

 

- la bite coupée de ce Père Noël de pacotille.

- un SAS de sécurité à reconnaissance laser optique, garanti par Sarko le facho

- un caisson d’azote liquide pour « freeze » les intrus

- dix séances de relaxation Taï-Chi pour mes chats traumatisés

- une nouvelle paire d’oreilles ouïe fine comprise, copyright Super Jaimie

- un Bull Terrier gonflable

- une K2000 Turbo pour offrir aux policiers peu pressés

- des voisins consciencieux (pas ceux en soldes qu'on m'a refilé!)

- des supers pouvoirs à monter soi même (je pense qu'on peut se fournir au Marché aux Puces)

- un recouvrement du mythe des bonnes fêtes de fin d’année.

- un kit de survie « retrouver le sommeil en 5 leçons »

 

 

Je remercie ici mon Homme des bois, celui qui tente de crier plus fort que moi (pas possible !!!), qui court dans les escaliers, armé d’un couteau de boucher, habillé avec mon Kimono de Geïsha.

 

**dépêche spéciale**

On m'annonce que le Père Fouettard répond au signalement, il est temps que j'intègre les traditions de mon pays d'accueil. il paraît que j'ai pas été sage... mertt alors!


10:14 23/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

22
déc

Chanson sans le son

Maurice Fanon, homme de lettres musicales, mélange de Serge Reggiani et de Brassens, auteur de chanson d'amour, presque toutes destinées à sa muse et femme, Pia Colombo. D'autres l'ont chanté ou le chantent encore... Cora Vaucaire, Félix Leclerc, la chanteuse Robert...
 
Il a bercé mon enfance d'absence de père. Mr Fanon m'a prise dans ses bras quand j'avais quatre ans, je n'ai le souvenir que de ses chansons.
 
Aujourd'hui matin, mon homme qui le découvre, me lance une dédicace à la Fanon, et dieux que c'est bon...
 
Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce souvenir de soie
Qui se souvient de nous
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux
C'est qu'encore une fois
J'ai voulu comme un fou
Me souvenir de toi
De tes doigts sur mon cou
Me souvenir de nous
Quand on se disait vous

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce sourire de soie
Qui sourit comme nous
Sourions autrefois
Quand on se disait vous
En regardant le soir
Tomber sur nos genoux
C'est encore une fois
J'ai voulu revoir
Comment tombe le soir
Quand on s'aime à genoux

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Ce soupir de soie
Qui soupire après nous
C'n'est pas pour que tu voies
Comme je m'ennuie sans toi
C'est qu'il y a toujours
L'empreinte sur mon cou
L'empreinte de tes doigts
De tes doigts qui se nouent
L'empreinte de ce jour
Où les doigts se dénouent

Si je porte à mon cou
En souvenir de toi
Cette écharpe de soie
Que tu portais chez nous
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux
Ce n'est pas qu'il fasse froid
Le fond de l'air est doux.

13:59 22/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

21
déc

Toute petite histoire du dessous...

Des syndromes androgynes aux gènes bisexuels, des chromosomes transsexuels aux inclassables créatures, tous les genres sont éparpillés dans cet antre du modique. La boîte grouille de curiosités, de freaks du sexe et autres genres nouveaux. Pas loin de la Vieille du Temple, cet ersatz de Chez Michou croisé avec un back room de la rue aux Ours a un air de Buckingham Palace sous acide. Chaque continent a son représentant, la version underground de l’Eurovision comprend Gina de Liège, la danseuse du ventre d’un certain Orient, Tatiana de Kiev, l’avaleuse de shots de vodka, Sibylle de Toronto, la dresseuse de caribous mais surtout avaleuse de sabres ou encore Mana, la dompteuse de chats sauvages et de tortues Luth.

 

La véritable star, c’est Malika. On la dit d’Alger la blanche. Mais son origine est aussi mystérieuse que celle de son monde. Elle crache indifféremment le feu, le venin et autres spiritueux sur demande.

Malika est peut-être née à Rio ou à Novossibirsk, le secret l’entoure comme les serpents qu’elle charme accessoirement. Elle manie également les larmes blanches, les cerveaux de feu et les voiles au vent, bien plus qu’au nombre de sept qui dévoilent trop peu de ses charmes aux yeux des curieux.

Malika n’a de masculin que le dédain du prochain et de féminin que la nombreuse cour de prétendants lui contant fleurettes, maux et merveilles fantasmés et irréels.

 

Malika a pourtant ce que certains appellent un profil ingrat. Nez cassé, signe d’amour d’un ancien aimant, bras trop maigres piqués au vif et pieds lourds d’une vie dommageable. Son corps nourri à l’illusion rebondit contre les parois de miroirs sans tain sous les rythmes qui maîtrisent à peine les diables vautrés dans le velours.

 

Mais Malika n’en aime qu’un… pas le fournisseur de lignes de poudre d’étoiles qu’elle consomme pour adopter l’obscur, pas le vieux portier lubrique qui distribue toutes ses mains sur tous les culs, ni même la patronne avec ses cent roses d’appât.

Malika n’en aime qu’un et ne peut pourtant l’avoir ni lui appartenir, Malika n’aime et n’aimera que lui pour le temps de sa vie.

Malika ne veut pas d’autres, juste Lui… Lui pour un et pour tous, le maquereau de son âme, le gardien de sa vérité. Tout est dedans, rien de dégorge. Malika croit en Dieu, son poing, c’est tout.

 
(photo de Victor Vasquez)

16:20 21/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

20
déc

graffiti boîte à résonnance

par le petit bout de la lorgnette...
 
 
"faites vos yeux, rien ne voit plus..."
 
 

14:46 20/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

Deux doigts dans la Victoire!!!

Au jeu de Génius à la poursuite triviale des fromages psychédéliques, contre des joueurs acharnés de l'intellectualisation des arts, imbibés de liquides d'une cuvée de culture générale millésimée (e.g. Mozhorus, Julie-tte, Ubik, Crevette), j'ai gagné!

 

Ce n'est pas le Prix de Diane, ni le Prix Nobel, ni un concours de beauté, ni la cocarde de la meilleure laitière mais ça fait plaisir!

 

MC J. Lepers, tu m’fais plus peur !

 


00:56 20/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

18
déc

cinq cent millions de Saints Pères et moi, et Moi, et moi...

Mon père a commencé à croire au Père Dieu quand le sien est mort. Le syndrome des vases communiquant affectifs. A la recherche du Moi perdu...

 

Aujourd'hui, Je ne cherche plus ni père, ni Dieu, ni même les autres, la simple question du Moi me prend un temps complet. Ce Moi inclue aussi le Moi avec l'Autre, le Moi avec l'homme qui Me renvoie une partie du Moi, le Moi et le Monde, le Moi et un monde, le Moi face au Moi fantasmé, tous saupoudré de miettes de Moi idéal.

 

Et tous ces « Moi » forment un Tout compact, malléable, unique, fluctuant, conjectural, diversifié, complexe, élastique, aléatoire, …

 

Alors pourquoi je m’étonne encore à ne pas Tout comprendre ? Pourquoi je ne m’étonne que de l’absence d’explication sur ce Moi problématique alors que je m’émerveille devant les surprises du monde inconnu, drogué à la poudre d’énigmes ?

 

Il semble que l’Ego ait quelque chose à voir dans Ça.

Alors, je vais, pour quelques ans, tenter de me laisser vivre au gré des effarements, sur le dos des éblouissements, jouant avec les ‘pourquoi’ comme avec des grains de sable sur une plage surpeuplée et prendre le parti de ne pas avoir de parti.

 

Sur Ce, sur Ces, je sors dehors et vais jouer au jeu des miroirs déformants.

Tu viens ? (Pas Toi, à*c’est à moi que Je parle !)

 

 (Illustration de Valeriy Belinikin: "in front of the mirror")

 


13:18 18/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

17
déc

Bestiaire judiciaire, jugement dernier faussaire!

Hier soir, la lettre échafaud m’a tranchée en deux. Le serment judiciaire est tombé comme un serpent dans la soupe. La sanction injuste, non voulue, exécrée m’a guillotinée.

La Justice est une pute, elle se fait payer pour ses sévices mais ne descend jamais dans la rue. Elle reste perchée sur sa colonne de marbre rouge. Elle dégoupille les têtes de pigeons qui nichent dans les mansardes de la vérité. Elle lance le marteau du silence sur la tête des nains qui juchent les salles d’audience. (« Audience », quel cynisme !).

Les œillères électriques sur son oeil de cyclope, le tribunal chevauche les affaires comme un poulet sans tête cherchant le g(r)ain. Les avocats pingouins battent des manches en papillonnant dans les couloirs du supermarché de la punition et envient les procureurs otaries avec leur ballon de bonne conscience sur leur nez, bourré de selles.

Je suis condamnée à rembourser des dettes que je n’ai pas causées. Je suis la victime de l’escroc,  la proie du vampire financier, la dépouille vidée de ses anges. Ma culpabilité fantasmée reste une gageure pour l’en-culé de bourreau qui rôde sous mon balcon. « Il paiera » dit mon Homme bouddhiste, « la causalité sera sa fatalité », mais moi, je voudrais être une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile…

 

Sept ans de malheur et me voici en partance pour payer la double peine. Je hais les engrenages, je crains les rouages. Broyée par le tank, je suis sous terre. Saint Lotto, priez pour moi !

 

11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,  11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€,11055.46€, 11055.46€,11055.46€,11055.46€ + frais de procédures + frais de procédures + frais de procédures…

 

Madame Milady, aucune facilité de paiement ne vous a été octroyée. Agreez l'expression de notre considération la plus atténuée.

 

...

...

 

Allez, je compte, je me lance et fourre :

 

1 euro dans le cul du porcin

2 euros dans le cul du porcin

3 euros dans le cul du porcin

4 euros dans le cul du porcin...

 

 

 

(peinture de David Hammons "Injustice case", aucun lien direct, juste un cas parmi les cas)




10:13 17/12/2004 | Lien permanent |  Facebook

16
déc

La forme fond...

Oreille.

 

Il l’entend. Elle marche dans le grenier. Ses pas lourds assomment les planches vermoulues. Le poids de la dame déchire les lattes vieillies par des ans oubliés. La porte condamnée cède d’un coup de vent dans un fracas soudain et violent. Les marches de l’escalier rogue grincent sous le poids de l’épaisse veuve. Le bruissement de ses draps moirés souffle dans le vide. Le lit du vieil homme se met à cogner contre le mur. L’ampoule de la lampe de chevet éclate. Elle avance.

 

Nez.

 

Les parfums de l’obscurité cessent d’infiltrer la petite chambre. Les feuilles du vieux hêtre ne diffusent plus leur essence caramel sous les toits. Une bouffée d’air vicié s’immisce sous le seuil de la porte, amenant avec elle, une émanation d’ammoniaque qui traverse les naseaux du vieil homme pétrifié. La sueur fétide de sa peur coule le long de ses veines transparentes. Les effluves de vieux papier humide, de cave pourrie et de couloirs d’hôpitaux envahissent la chambre rapiécée. Elle avance.

 

Œil.

 

La porte tombe, aplatie par une onde de choc poussiéreuse. Les tapis sont balayés, ils emmènent les chaussons et les moutons sous les armatures du lit en fer forgé. Les meubles aux couleurs passées, suintent de sénescence. L’ombre tanière perfore la faible lumière d’un réverbère persévérant. Les mètres carrés rapetissent sous la masse ébène. La rapidité du geste de la nuée opaque saisit l’homme. Il s’accroche aux draps comme à la branche le long de la falaise. Ses dents dans la gorge, il hurle des yeux et tend ses bras devant. Elle avance.

 

Main.

 

Les phalanges recroquevillées et les ongles recourbés s’affalent sur le corps sibyllin du vieillard. Elle perce sa cuisse d’un poing piquant. La bouche béante, elle suce les pieds jaunis du presque mort. Le corps malingre et blanchâtre de l’ancien est absorbé par l’obscur vide. Les dents contre la faux, il passe ses bras de l’autre côté, à travers les barbelés électriques. Happé dans un trou moelleux, il s’enfonce dans un tube de gel et de feu et gratte contre les parois, en poussant loin de lui ces cloisons étouffantes. Elle avance encore.

 

Bouche.

 

Englouti par les soies et les éperons, le vieil homme a son œsophage gonflé de coton rêche. Sa salive décompose ses cordes vitales. Ses joues fondent, telles ces cachets effervescents trop avalés sans conscience. L’âpre amertume attaque les papilles, une par une. Ses mucus se liquéfient et putréfient son palais. La bile arrive d’un jet dans sa gorge, entraînant dans la coulée de lave, les toxines venimeuses qui vident sa vie. La dame verse la goutte saline qui nettoie le réceptacle. Elle recule.

 

(inspiration graphique de Inka Essenhigh)

 
 

14:17 16/12/2004 | Lien permanent |  Facebook