30
nov

Concours de nom pour Guppy I et Guppy II

Voilà, deux nouveaux pensionnaires à la pension des mimosas, après les Chats Maggiethecat et Shalem, deux hommes, j'ai ajouté, dans mon aquarium sur le frigo, pour tenir compagnie à mes 5 grenouilles françaises (sans le Label Rouge...): Gyzmo, Mogwaï, Futé, Looping et Barracuda... et aussi à mes deux Goldfish(es); Sushi et Surimi (par la loi du caprice de Sophie) deux Guppys, un bleu, un rouge, vous savez ce genre de poisson minuscule qu'on trouve dans les salles d'attente de kiné...
 
il me faut les baptiser, ici, alors, j'attends vos suggestions...

14:26 30/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

29
nov

Couloir(s) de la mort

Il y a deux ans, une pièce de théâtre m’a condamnée au souvenir. Manu Pratt est un éducateur au sens large du noble terme, son parcours s’efface derrière son message et il crève les clichés avec du vrai, du derrière les fagots, de l’essence de bas fonds… Encore bouleversée en en parlant hier à Lalou, je repensais à tout, à chacun des pas vers la mort que le condamné fait en titubant sur des éclats d’injustice, poussé par des hommes de peu de foi(e).

Si cette pièce « passe » vers chez vous, dans un de ces théâtres courageux (Manu s’est fait refuser cette pièce par certains théâtres qui prétextaient que c’était trop choquant ou pas assez vendeur…)

 

En écho à cette histoire, il y a quelques jours, un documentaire a été diffusé sur la RTBF2 sur Odell Barnes (http://www.fluctuat.net/livres/chroniques/odellbarnes.htm )...

 

Les profils des tueurs ne sont pas ceux que nous percevons à travers les petits écrans… le respect de l’homme, de la vie, l’éducation, l’intégration, la compréhension, l’acceptation, l’ordre par les mots plutôt que par les poings, autant de valeurs confinées dans des urnes de vote foireuses…

 

Pour revenir à la pièce de Manu Pratt, voici un article provenant d’un journal local du sud de la France (Pau), le Kiosque : http://lekiosque.lautre.net/article.php3?id_article=175  

 

« Couloirs de la Mort »

Ami lecteur, aujourd'hui je t'emmène aux US.

« Tu vois, t'es un putain de mec normal. La peau très légèrement mate, marié, deux gosses, une petite maison et un putain de job banal. Un après-midi ensoleillé, tu demandes à ton chef si tu peux rentrer chez toi plus tôt, histoire de tondre ta putain de pelouse. Il est OK. Tu conduis en sifflotant. Tu te gares. Pas de bruit. Tu vas vers l'escalier et là t'entends des gémissements. Des putains de gémissements.

Tu montes, la porte de ta chambre est entrebâillée, et là qu'est-ce que tu vois ? Ta femme entrain de se faire baiser par ton meilleur pote. TON MEILLEUR POTE.

Qu'est-ce qu'il lui met ! Elle en meurt de plaisir. Tu t'enfuis en courant ? Non. Tu descends doucement et tu prends ton putain de MAGNUM dans le tiroir et tu remontes...doucement. Et là, tu ouvres et tu les éclates à bout portant. Les deux. Puis après tu deviens fou et tu pleures, tu pleures. Pourquoi ? Parce que tu les aimais ? Non Parce que tu les a flingués ? Non Tu pleures parce que l'État du Texas va te flinguer, toi. Voilà. C'est tout. T'es pour la peine de mort ? Ben, ça y est. Tu y es bientôt. Dans le Couloir de la Mort. Le Death Row. Le DR. »

Alors ? Serions-nous tous, si nous étions aux US, des « potentiels » du DR ?

Si t'étais le 17 Mai dernier à La Scène, Manu Pratt t'a fait une putain de visite guidée du DR. Visite est pas le bon mot. Disons que t'as grillé avec lui comme un poulet dans un four pendant une heure et dans une cellule de 3 mètres sur 2. Manu Pratt, c'est Gerald et Gerald c'est un Ricain qui, un jour, a flingué et qui après s'est fait flinguer par l' État US. Manu et Gerald ont correspondu pendant 5 ans sur la Toile. Après elle a été interdite.

Manu t'a foutu un sacré coup de poing dans la gueule avec son monologue tiré de son amitié internaute avec Gerald !

A travers Manu, Gerald te dit tout : les matons qui l'enculent avec ou sans matraque, la merde qu'ils étalent sur ses cheveux avec la matraque, la bouffe synthétique, le steak annuel qu'il dévore comme une bête sauvage, sa femme qu'il voit enchaîné et à travers une paroi de verre de 15 centimètres d'épaisseur, et puis c'est dingue, tous ces matins qui n'en finissent pas où il se lève avec comme un couteau dans le dos et alors il veut s'enfuir et il se cogne contre le mur beige 2 mètres plus loin, et puis cette mort qui n'en finit pas sur la chaise électrique. Sa tête qui prend feu, ils appellent un réparateur qui remet les fils en place, cette fois il crame des jambes, 10,11,12,13, il crève ....adieu, Gerald, ils l'ont crevé comme toi tu écrases un moustique sur ton bras. Paf ! Et puis plus rien ...une merde...

Manu Pratt est un sacré mec. Humoriste dans l'âme, il ne veut pas se laisser piéger dans le rôle du bouffon. Comme il a un coeur gros comme ça, il te parle aussi de la souffrance extrême : la déportation, la guerre, celle d'Algérie surtout, les prisons, la peine de mort, le DR...Avant de se consacrer au théâtre, il fut pendant 12 ans éduc’ chez les taulards. Il sait de quoi il parle et comme il t'aime, il te dit tout et en face !

T'as aimé l'autre soir ? Aimer n'est pas le mot.

T'as ressenti quelque chose ? Oui, alors on est pareils. On n'écrasera plus les moustiques de la même façon, bon on continuera, ça c'est la névrose, mais pas de la même façon, et ça c'est vachement important !.

Alors on se revoit à la prochaine pièce de Manu ?

Jean Raucoules”

 

Ici, je ne fais pas état d’un anti-américanisme primaire dont on m’a déjà accusé (à tort, je précise) mais bien d’un dégoût d’un système frauduleux qui est universel, d’une facilité à dissimuler les abus de pouvoirs et les dérives humaines, peu importe leurs origines.

Alors, c’est un coup de cœur qui vomit… restons vigilants !

15:07 29/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

28
nov

l'arbre et la biche

Elle baise le tronc. Elle se frotte contre l’écorce. La biche aux seins lourds se roule dans la mousse. Elle caresse les racines gorgées de suc de l’arbre.

 

L’arbre la sent. L’arbre respire. L’arbre revigore son pavillon.

La fourrure de la femelle apprivoise les échardes.

Les arbustes, les épines entament un thrène violent mais l’arbre et la biche s’en foutent.

L’aiguail enveloppe leurs ébats dans des élans vaporeux.

Les feuilles vibrent, des flocons d’orgasme tombent sur l’horizon.

Les choses vivent mais attendent dans un silence rouge et blanc.

 

La biche mordille les veines du chêne. Le lierre l’enserre.

Encastrée dans la ronde, la biche jouit. L’arbre gonfle.

Les sous bois se taisent.

 

Et la course de la pousse des éléments reprend son cours.


03:27 28/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

27
nov

Exposition Julie-tte

Cette nuit, un collectif amical et de bonne volonté a commis un crime artistique, un attentat esthétique... le violet a coulé, le pochoir a collé et fiat lux... le silence du mur s'est envolé!
 
l'image de Julie-tte, adossée au blanc du mur du magasin de scouts d'à côté de chez moi... le monde entier peut la contempler, du haut des satellites ou du bas des termitières... elle a embrassé la surface de crépis et la rue est ravie!!!
 
et ce n'est même pas fini!
 
http://julie-tteboussart.skynetblogs.be/
 
citation des trottoirs:
"murs blancs, peuple muet"
 
(photo prise en toute légalité par Cousin Ub')

10:30 27/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

26
nov

A bas la masturbation, vive l'onanisme!!!

Masturbation (nom COMMUN féminin (et pourtant!!):

de manus : main & stupratio : action de souiller.

 

Je propose le boycott du terme et son remplacement par le terme biblique connu "Onanisme" (personnage d'Onan) (sans C et sans barbare!!) même si Dieu l'a puni pour un "péché, l'histoire de la semence à terre a quelque chose de plus poétique...

 

*édite 5000 T-shirts rouges "Viva Onanisma!!!" avec le sexe du Che*

 

 

 

(PS pour mon docteur Maboul:

Dernier lapsus en date. « J’ai dit à mon véto hier soir… »

(véto plutôt que shrink, psy…). C’est grave ?)

 

 

(illustration de Dali: "Masturbador")

 

et le dictionnaire des termes érotiques pendant qu'on est au rayon?

http://webmaster.erotissima.free.fr/dictionnaire/definition.htm


10:30 26/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

25
nov

Blog à part: Anne Archet, flèche de l'idée!

Elle m'énerve cette Maggie Cheung des lettres... pour qui se prend t’elle avec tous ces mots bien crachés, hein ? En plus, c'est une "copine" d'Ernesto Timor (http://berluette.free.fr/pages/pv-pl_pf_set.html ), elle m'énerve cette http://archet.net/  avec ses versets, des déchirures, ses papiers, ses aphorismes… elle me file le trac asthmatique !!

 

Des X-traits? C’est ça, remuez les couteaux dans la plaie !

 

 « Papiers de fortune:

Ma bouche cérémoniale

Une fellation en grandes pompes

Les violons funiculaires

Ceci n'est pas une pipe

 

 On me déplace la frontière

Le long dos impensable

J'avale la beauté

Liqueurs de problèmes fixes

 

 Cris des canines dans la vallée

Virgule-moi l'aréole entre les doigts

Bien ficelée sous lune obligée

Compte les gouttes dans la serrure sexuelle

 

Dans ma robe blanche, jeunesse en tresses

Lèvres noires et jeûne des frôlements

Les pieds nus tachés de boue bleue

Masturbée d'une main les arcanes

 

 Amant improbable

Suant le désordre et la rédemption

Je suis ta fille perverse

Ton amante cruelle sous la faux »

 

Ou en-core…

 

- De retour après la pause - Rédigé à l'endos d'un pan d'une boîte de serviettes hygiéniques-

"Je suis inculte, la maternelle acide fonctionne à pile. Enseignement prostitution lèche-moi! J'ai un laboratoire de bonne conscience entre les jambes, l'essayer, c'est l'adopter.

Liberté nouvelle absorbante nouvelle lune. Certains osent respirer normalement: laissez-moi pleurer tous les fluides. Traverser la rue, allonger les jambes pour que les frissons goûtent le sang. La trace est visible comme un paradigme rouge.

Les autobus s'appellent Giselle, clitoris signalant plaisir ferroviaire. Au retour: poursuivi par une digue de sphaigne qui ne sait pas jouir honnêtement."

 

 Et elle fait sa Lao-Tseu des viles :

« Dès qu'une pensée me séduit, j'en cherche le piège. »

« J'appelle morale tout ce qui étouffe mon cri. »

« Je baise pour m'oublier. »

 

 Oh et puis merde, allez y voir, sur le site de la Québecquoise, lisez vous-même son talent, léchez ses tripes et servez lui à boire… Elle m’énerve de ne pas être moi, parfois!

 

(photo d'Erwin Wurm & fantasme de mettre la Archet, la Delaume, la Miss Tic, la Alice Ferney dans un sac poubelle géant et d'en profiter pour prendre leur place... c'était l'instant jalousie débile du soir, bon soir!)

21:47 25/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

Séquence diagnostic

Me voici réduite à parler comme une vieille Folcoche de mes divers maux et autres bobos du corps. Je suis affublée de mon énième rhume, ayant déjà reçu la visite de diverses maladies dont les noms ont pour seule consolation leur nomination au Guiness Book des noms les plus barbares, adoptant les terminaisons en –ite et leurs variations en –ose majeur.

 

MAIS

 

Je suppute le complot des industries pharmaceutiques de contrebalancer les anti-virus d’une maladie contre des infections d’une autre afin que nous soyons infiniment à leur mercie.

 

J’ai comptabilisé avoir introduit dans mon corps souffreteux :

 

- 47 pilules bleues et blanches prescrites contre les infections bénignes de la gorge (mais qui donnent mal à la tête)

- 17 suppositoires marron (suppositoire, suppositoire, dis moi qui est la plus belle…)

- 7 pilules d’anti-biotiques dits génériques

- 84 cuillerées de sirop à l’eucalyptus et au mauvais goût

- 31 pastilles écoeurantes au goût rappelant l’odeur des suppositoires sus-mentionnés

 

Et je suis toujours bbalatte….

 

Je continue mon évolution de Pokemon dans la joie et la ponne hummeur…

 

(illustration de Dumontheuil, mon artiste BD favori et sa sirène, héroïne adulée et execrée...)

13:21 25/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

24
nov

LE SOMMEIL (allitération en S, M, L)

La femme seule souffle et souffre. Elle siffle le requiem de son âme esseulée. Les ailes brûlées, lasse et lascive, elle contemple Dame Mort, sa grande sœur traîtresse. La femme seule ondule entre vallées mortuaires et lacs gelés. Elle s’oublie dans le reflet de son reflet, abîmée dans des Abymes mirifiques.

Les miasmes de ses meurtrissures alanguissent sa descente dans la matrice des sous sols. La femme seule clame sa souffrance, soulève les armes blanches, sature sous le sel de larmes lapidaires.

Le silence sépulcral s’installe si doucement, ne desservant pas son dessein…

 

Elle hurle à la mort !

Qu’on l’avale ! Qu’on l’annihile ! Qu’on l’ensevelisse !

 

Mais les déchets de sa vie s’allient à sa solitude, seules ces saignées antiseptiques semblent se souvenir de la fatalité.

La femme seule s’enferme dans la douleur, saisie par le supplice du délaissement. Elle simule ce sommeil malhabile, cette sieste sempiternelle. Ses mains, moulées dans le marbre sombre, maltraitent ses seins assouvis, malaxent sa féminité malvenue. Elles assujettissent ces mamelles malsaines. Ces mains meurtrières suent sous l’influence du mal carnassier de la maladie amoureuse, cette femme seule désire sentir le soulagement. Elle souille ses dessous, simule un orgasme insalubre - un de ces immoraux qu’on dissimule sous l’exacerbation des sens.

 

Elle aimerait seulement se délester, ressentir ce mal qu’une ultime seconde puis s’affaisser dans le silence salutaire pour des siècles de sang sans sens.

 

Le délice s’exauce, le Sommeil assourdit sa conscience. Elle meurt ici, sous les cieux des apparences et expire dans l’interstice de son hémisphère.

 

(Illustration d'Alberto Sughi)


12:22 24/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

23
nov

Berceuse pour petite Milady...

Mon vrai père avait des drôles de berceuse et des réveils matins singuliers pour la petite fille en manque de monde que j’étais. Entre Chants Grégoriens et Léo Ferré, entre Pia Colombo et Chants Liturgiques, entre Maurice Fanon et Anne Sylvestre, entre Klaus Nomi et Hugues Aufray, entre Félix Leclerc et Leonard Cohen… tous me bercent encore dans une lumière feutrée, pour ne laisser passer que les lucioles en chœur et marteler mes cauchemars…

 

« Suzanne takes you down to her place near the river

You can hear the boats go by

You can spend the night beside her

And you know that she's half crazy

But that's why you want to be there

And she feeds you tea and oranges

That come all the way from China

And just when you mean to tell her

That you have no love to give her

Then she gets you on her wavelength

And she lets the river answer

That you've always been her lover

And you want to travel with her

And you want to travel blind

And you know that she will trust you

For you've touched her perfect body with your mind.

And Jesus was a sailor

When he walked upon the water

And he spent a long time watching

From his lonely wooden tower

And when he knew for certain

Only drowning men could see him

He said "All men will be sailors then

Until the sea shall free them"

But he himself was broken

Long before the sky would open

Forsaken, almost human

He sank beneath your wisdom like a stone

And you want to travel with him

And you want to travel blind

And you think maybe you'll trust him

For he's touched your perfect body with his mind.

Now Suzanne takes your hand

And she leads you to the river

She is wearing rags and feathers

From Salvation Army counters

And the sun pours down like honey

On our lady of the harbour

And she shows you where to look

Among the garbage and the flowers

There are heroes in the seaweed

There are children in the morning

They are leaning out for love

And they will lean that way forever

While Suzanne holds the mirror

And you want to travel with her

And you want to travel blind

And you know that you can trust her

For she's touched your perfect body with her mind.

 

Et curieusement ou logiquement, la (première) femme que j’ai adopté pour Mère Adoptive se nomme Suzanne Cohenla vie est un clown triste qui fait rire malgré elle!

 

(Photo de Jan Saudek "Susanne")


10:29 23/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

22
nov

Eternal Sunshine of the Spotless Mind

Gondry Le Génie a encore frappé au coeur, il verse continuellement des ondes de bonheur, de compassion, de pardon et d'amour sur les écrans noirs et les petits carrés virtuels. La Nature Humaine, sa jument de bataille reste son sujet, son objet, son jouet favori... il persévère dans l'esthétique des mondes qui s'entremêlent, des vérités erronées contre des mensonges lucides.

Ici, Gondry et Kaufman dérivent entre les choses de la vie et la clef des songes.

 

Pendant toute la (trop courte) séance, j'ai serré mon homme dans mes bras (trop courts) pour m'attacher à sa présence, pour m'assurer qu'il ne soit pas effacé de ma mémoire, qu'il ne parte pas dans le noir...

Ce film projette anges et démons dans les cartes géothermiques de notre cerveau… Les souvenirs semblent être les branches de nos âmes, plantés dans notre sol de faïence. J’ai aimé avoir peur que ce ne soit pas une Happy End (pour une fois), j’ai aimé les tire-larmes, les bons sentiments, les deuxièmes chances, les retournements de situation, les je-t’aime-moi-non-plus, les et-si-seulement-c’était-possible qui sont sortis de ma gorge tremblante…

 

Et tout peut bien recommencer, un printemps sempiternel avec des ailes qui repoussent, tout peut bien recommencer…

 

http://www.eternalsunshine.com/

http://www.lacunainc.com/


23:43 22/11/2004 | Lien permanent |  Facebook