7
nov

Exultation. Respiration. Exorcisme primaire.

Inspirer. Souffler. Gicler. Embraser. Décontenancer. Ignorer. Expirer. Expier.

 

Depuis quelques heures fluides, je suis entourée de visions nocturnes, en plein jour. Un amas de machines humaines qui frappent, de ponts-levis qui écrasent, de veinules qui éclatent. Je suis constamment effarée des multitudes de geysers de chair. Je règne sur le vide, encerclée de crevasses qui avalent, abasourdie de fers qui talent… Les doigts m’en tombent, mes mains se mordent. L’écho des eaux intérieures gravite entre mes tripes, entremêlées, couvertes de moisissures. 

 

Mes doubles dévorent mes moitiés. Mes Ego s’en mêlent. Les arcanes furtifs déplacent mes idées noires en troupeaux d’inconscientes victimes sur le chemin pavé sous hautes tensions. Nue sous les nues, je contemple le gouffre.

Il est peu d’étoiles quand on ferme les yeux.

Les chaînes amarrées aux jambes, j’avance péniblement vers le sombre ailleurs. Je m’accroche aux rebords du grand verre d’eau et souffle sur les algues assassines.

 

Il est des tortures plus gracieuses que le silence et pourtant les choses se taisent. Mes oreilles, encombrées d’ossements rongés, grésillent au son des cloches de fonte. J’enrage de ne pouvoir respirer l’air qui m'avait autrefois été offert. Les viscères dispersés aux vents, je m’envole vers les failles.

 

Ces jours là sont des leurres de bonheur, des fautes de goût, des énigmes sanguinolentes.

 

Les sages gothiques s’amoncellent devant les montagnes inversées et encerclent les arbres avant de les brûler.  

Ils chantent les psaumes:

"Fermez les rondes! Déjeunez sous l'herbe! Vivez la bouche crevée! Tendez la fesse droite quand on vous a fessé la gauche! Interdisez les idées!"

 

Et je crois tout comprendre quand tout s’éloigne.

 

Etre loin n’amène pas le recul.

Etre noire n’amène pas l’absence.

Etre morte n’amène pas la paix.

 

L’écriture automatique coule dans mes artères et j'emmerde ma mère.

 

(illustration de Mackenzie Thorpe)


19:58 07/11/2004 | Lien permanent |  Facebook

Commentaires

c'est long moz magnes toi de commenter en premier que je puisse dire ce que j'ai à dire

Écrit par : Blodhorn | 07/11/2004

,,, Ne m'attends pas,,, dis donc,,,

Écrit par : moz | 07/11/2004

oedipe, ta gueule! de tout le texte je ne retiens que les propos sur ta génitrice - si je voulais être désagréable, j'aurai dit matrice donc ça passe

tes relations avec tes parents occupant une bonne partie de ton blog - je ne me plains pas - une trame se construit et un abîme se creuse

des détails se déduisent, bcp restent heureusement dans l'ombre.
je ne t'en parlerai jamais

tout n'est pas si facile,
tout ne tient qu'à un fil
puisse ce dernier te servir comme celui d'Ariane...

Écrit par : Blodhorn | 07/11/2004

oui J'aime énormément ce texte, il vient du fin fond

Écrit par : Absinthe | 08/11/2004

texte du fond oui rien à voir avec ma mère..sorry Blod!
tout n'est pas psychologie appliquée, ceci est un mélange d'élements de matrices et d'engrenages du corps et de la tête...

Écrit par : Milady Renoir Elle Même | 08/11/2004

,,, ,,, je l'adore !

Écrit par : Moz | 08/11/2004

De la matrice Et pourtant, La génie Trice et nous ne formons qu'un ...

Écrit par : Nola | 08/11/2004

AMIE-lady Au coMMenceMent IL Y eu une esquIve DIsgrAcIeuse sur tALons De boIs. Des bAgAges en guIse De boucLIers éthYLIques, une révérence sur genoux tuMéfIés et grAveMent brûLés.
ELLe – « OuI, j’AIMe beAucoup ce que vous fAItes »
ELLe – « OuI, j’AIMe beAucoup ce que vous êtes »
LA cLAque Des Mots sur tAbLe bAsse, jAMAIs en pLeIn vIsAge.EnseMbLe DAns Les LInceuLs, Les LIts D’hôpItAux, Les cAnApés veLus, Les sALLes De bAIns fArDées, Les usInes DésAffectées, Les soIrées De LA SAInt-CrItIque, Les journées De LA joYeuse bourrée, Les sAngLots et Les écLAts De crAchAt.
ELLe DIt que çA sent LA vIe pAr IcI.
ELLe réponD que çA sent LA vIe pAr IcI.
MessAge De L’eMpotée Au pot De fer, pAs De récIprocIté DAns L’InversIon, engoncées DAns Du veLours pourpre.
MA rAIson… Où AI-je encore rAngé MA rAIson ? Et MA verve, et Mes Mots bLeus ?Où restent Les pAtAtes quI scIent Le Dos D’être rAMAssées, et Les secrets De L’Arbre Mort ? Et Le père Dont on rêve ? et LA Mère que L’on berce et étouffe DAns nos ventres ? Et ces rIDeAux D’encre noIre ?PuIs Les LIvres quI voLent, Les souLIers AussI, Des rADIogrAphIes ILLuMInées, Des Monstres De bonne huMeur à éventer D’un souffLe De coLère, Des LAcets Aux chevILLes, nos hoMMes quI sourIent.LA vérIté A-t-eLLe un tALent pArtIcuLIer sI ce n’est ceLuI D’AttAcher ?
BAIsse un peu LA LuMIère, reposons-nous à L’oMbre De chAcune.

Écrit par : Julie-tte | 08/11/2004

Les commentaires sont fermés.