28
oct

Ce week-end, en route pour Paris...

Paris, Papa, Miss Tic, Maurizio Cattelan, Mon amoureux, Blodhorn, une religieuse au chocolat, Luce, Gambetta, La Forêt de Fontainebleau, mes souvenirs estudiantins, 1er Novembre, Paris, Papa, la culture, des chouquettes dimanche matin, resto Chartier (http://www.restaurant-chartier.com/www/), la voiture, mes bottes, mon Amoureux, Paris, Papa, murs taggés, Canal Saint Martin, galeries, vitrines, léchouille, marche à pied, Paris, papa... et hop, en route...

23:23 28/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

Un Fou Noir au pays des Blancs... théâtre hier soir!

Petit Conteur, griot « fou » devant les éternelles injustices, Pie Tshibanda amuse en choquant « sans le vouloir » -dit-il - .Sans le vouloir, il a du s’exiler pour survivre aux potentielles trahisons et autres déviances d’un de ces pouvoirs corrompus, filles de jalousies dérisoires mais ostentatoires. Les haines ancestrales ne mènent qu’à la haine future.

Pie témoigne, se moque, dédramatise le pire des drames…

 

Et moi… je ne suis rien dans cette histoire, à peine une blanche par procuration, souvent une femme par définition amis aussi une presque activiste totalement passive par omission.

 

La guerre est ailleurs, on s’enferme chez soi et on ne participe plus à rien… ni même à l’inertie d’ailleurs. Rien n’est grave, tout est écarté, les risques sont atténués et pourtant, on n’a jamais eu aussi peur…

 

En écoutant cet Homme sous sa lumière projetée, en surprenant les autres à rire dans le noir, je me sentais coupable. Coupable d’une violation culturelle, un crime politique et d’une bavure de justice humaine (justice humaine : accouplement antithétique…).

Culpabilité omniprésente, je suis coupable de ma propre inaction, honteuse de ma fuite et malheureusement aussi, consternée de ma propre chance, de ma naissance bienheureuse et de ma vie sous estimée. Et le sempiternel « mais que puis je y faire… » s’installe sur mes genoux et coule sur ma chaise, sur laquelle je suis assise confortablement.

 

Ce récit, cette pièce de Résistance est encore un de coups de poing dans le ventre qui va me remuer pour 48h (minimum), qui évidemment me fait ré-fléchir mais toujours pas ré-agir, je regarde les Hommes autour de moi, questionnant leurs passé, présent et futur…

 

Je hais la puissance de mon impuissance et l’ampleur de ma résignation !

 

La seule chose que je sais faire est sourire au prochain, aimer l’autre et avertir ici et là…

 

http://users.skynet.be/pie.tshibanda/home.htm

15:36 28/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

27
oct

Missing England...

Cinq années de ma vie à parler une langue étranglaise, à sofater devant la BBC, à rire glacé devant les Comedy, à me chickeniser de peur de choper la Mad Cow, à dire "sorry" avant de respirer, à me pigouiner le jour et me guépardiser la nuit, à me tenir (à) droite dans les escalators, à m'en-Tate-r à me passioner pour l'art contemporain, à préférer le Tea Time au Party Time, à apprécier un Fish n'Chips plus qu'un boeuf bourguignon, à m'emPARKer entre deux écureuils effrontés, à m’enTUBEr sous la terre royale, à déménager 13 fois, de voguer entre le Cutty Sark et puces de Greenwich, à m’afficher dans les pubs (I was once the Rose of the Intrepid Fox....), à aimer London avec la haine amoureuse d’une sœur siamoise colérique…

 

Et là, dans un bref moment de nostalgie, j’aimerais lister les choses qui me remuent les boyaux de la couronne… comme dans un guide touristique SUPER personnel qui ennuierait tout le monde sauf moi, ça tombe bien, c’est mon blog… (séquence caprice, c’est pas fini !)

 

Westbourne Park et son pub terrasse, The Cow, meilleur resto de nuit, les sorties express de la City, Spitalfields Market et les bagels au bœuf salé, la Serpentine Gallery transparente, le Turner Prize, les gamins de 6 ans portant un T-shirt de Sid Vicious,Soho Square et son pigeonnier, Streatham Hill et ses pizze au mètre, servies par des sublimes napolitains au T-shirt mouillé de sueur, l’autographe de Samuel L.Jackson devant un thé à la menthe, la promenade de Camden Lock avec vue sur les Okapis du London Zoo et les hippies des péniches, le cinéma Ritzy de Brixton ou le Prince of Wales de Soho, Oh Boy London, le resto thaï plus thaï que thaï de Wimbledon, les Newsagent enturbannés, les Black Officers du Métro en uniforme, casquette et Nike, l’air précieux des Bobbies, les sapes psychédéliques de Petticoat Lane, les Night Bars des Jamaïcains, mes nuits aux Camden Palace, The End, Turnmills, Substation Soho, BorderLine, The Wag, The Marquee (R.I.P), Subterania, mon dimanche soir au Black Cap avec des Drag Kings, sorte d’ersatz de K.D. Lang, les sosies de la Westwood sur les trottoirs de Chelsea,The Face & I.D. Magazines,la page 3 du Sun écrasée sur le sol du métro,les dessous chic et choc d’Agent Provocateur et les accessoires de Coco de Mer, les vieilles taupes dans les salons de thé chic, le chocolat liégeois de 5h du matin au Old Compton Café entre deux transsexuels extasiés et un homo septuagénaire,le baise-main de Marcello Mastroianni à la sortie d’un libraire numismatique de Covent Garden,faire ses course à 3h du mat’ au Sainsbury’s de Camden, lécher les vitrines de Selfridges ou Liberty sans un penny en poche,les renards dans la brume matinale de Holland Park, les lions de Trafalgar, le hall de la Tate Modern, Les Docklands branchés devant une tamise tourmentée, The Dispensary Shop, magasin number one pour B.I.T.C.H (Babes In Total Control of Herselves…), les ados en Lonsdale, la César Salade de Marks & Spencer, les Black Cabs majestueux et les Mini Cabs illégaux des somaliens et éthiopiens,le Chicken Tikka ou Massala selon l’humeur stomacale, les critiques du Guardian ou de Time Out, les « Buy One, Get One free» des supermarchés,les supporters des gunners d’Arsenal le samedi après-midi,  les Crack Men aux yeux hagards de Stockwell, vol de CD à Tower records, les beaux vendeurs de Duffer of Saint George, les juives perruquées de Manor House,les bananes plantain de Brixton,les publicités provocantes à souhait, un piercing par trimestre, les punks conformistes du centre, les lignes du métro londonien congestionnées,les feux d’artifice de Guy Hawkes, les sirènes de flics à la New Yorkaise, Little India, Kilburn l’irlandaise, les bourgeois des quartiers français, le cliché des Double-Decker à plateforme… et tellement d’autres choses, tellement d’autres choses… les Cornouailles, Edinburgh l’historique, Birmingham l’analphabète, Manchester la dévergondée,Oxford la collet monté, Cambridge l’étudiante, Bournemouth la misère, et les anglais, et les anglaises… Missing all of that!


17:47 27/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

26
oct

Mon Père

J'ai presque cru que j'allais chanter ça, comme une Barbara qui rêve de son aigle noir:

         

Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Un matin comme celui-là

Il y a juste un an déjà

La ville avait ce teint blafard

Lorsque je sortis de la gare

Nantes m'était encore inconnue

Je n'y étais jamais venue

Il avait fallu ce message

Pour que je fasse le voyage:

 

"Madame soyez au rendez-vous

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup

Faites vite, il y a peu d'espoir

Il a demandé à vous voir."

 

A l'heure de sa dernière heure

Après bien des années d'errance

Il me revenait en plein cœur

Son cri déchirait le silence

Depuis qu'il s'en était allé

Longtemps je l'avais espéré

Ce vagabond, ce disparu

Voilà qu'il m'était revenu

 

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup

Je m'en souviens du rendez-vous

Et j'ai gravé dans ma mémoire

Cette chambre au fond d'un couloir

 

Assis près d'une cheminée

J'ai vu quatre hommes se lever

La lumière était froide et blanche

Ils portaient l'habit du dimanche

Je n'ai pas posé de questions

A ces étranges compagnons

J'ai rien dit, mais à leurs regards

J'ai compris qu'il était trop tard

 

Pourtant j'étais au rendez-vous

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup

Mais il ne m'a jamais revue

Il avait déjà disparu

 

Voilà, tu la connais l'histoire

Il était revenu un soir

Et ce fut son dernier voyage

Et ce fut son dernier rivage

Il voulait avant de mourir

Se réchauffer à mon sourire

Mais il mourut à la nuit même

Sans un adieu, sans un "je t'aime"

 

Au chemin qui longe la mer

Couché dans le jardin des pierres

Je veux que tranquille il repose

Je l'ai couché dessous les roses

Mon père, mon père

 

Il pleut sur Nantes

Et je me souviens

Le ciel de Nantes

Rend mon cœur chagrin.

 

Mais heureusement, ce ne sera pas ma dédicace...

 

Mes souvenirs de Lui ont longtemps été entrecoupés de haine et autres diabolisations féminines et primaires d’une mère frustrée, de beaux-parents déç(h)us. Mes images de Lui, pourries d’un amalgame de naïveté souffreteuse et d’ignorance orgueilleuse n’ont fait que m’éloigner de celui auquel je ressemble le plus.

En me rapprochant de Lui car il se rapproche de la mort, j’apprends à faire le tri, à réchauffer le sucre du temps caramel, à dire merci et oui, et même à sentir que je l’aime malgré tout, malgré les obstacles, les erreurs de parcours et les cadavres dans le placard.

 

CAR

 

Grâce à lui, je chante Ferré, Ferrat, Fanon, Brassens, Piaf, Pia Colombo et d’autres. Grâce à lui, j’écris. Grâce à lui, j’aime la poésie, celle des livres et celle du monde. Grâce à lui, j’aime les autres. Grâce à lui, je veux des enfants.

 

Grâce à lui… les CHANTS grégoriens, la Bible en Bande Dessinée, les goûters de quatre heures à vingt gamins, les Pays Cathares, les marionnettes indonésiennes, les couleurs et noms des robes des chevaux et comment les atteler, le théâtre, Klaus Nomi, l’eau gelée des cascades, la cabane du fond du jardin, la luzerne pour les lapins nains, la piscine, les groseilles à maquereaux, les têtes de bonhomme dans les têtes de tournesols bien mûrs, la Violle de Gambe, le CARACTÈRE de chien, le volcan de La Fournaise, les coquelicots marque pages dans les livres, le pilpil, dormir dans les ballots de paille, courser les poules, l’amour des personnes âgées qui apprennent à rire à 84 ans, la COMPASSION, faire le mort, la marche à pied avec un bâton dans la campagne, toutes les chansons ENFANTINES des colonies de vacances à tue-tête sur la route, la foi en la LIBERTÉ, la liberté de la Foi (même si je n’y crois pas), les tapis à tricoter, les cartes postales de ses COPAINS jésuites en Afrique, le PARDON, les confitures de tomates vertes, mes mauvaises dents, ma mauvaise circulation du sang, mon ossature d’ogresse mais mes yeux en amande, mon cœur élargi et mes cheveux de ja(pona)is.

 

Message personnel :

Papa, j’ai des choses à te dire… j’ai tes mains à observer… j’ai tes yeux à embrasser… Ne meurs pas, attends encore un peu...

 

http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/large_pere....

 

(photo de moi à 3 ans, période de divorce, période de création des souvenirs, période blonde aussi... j'avoue...)

16:02 26/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

23
oct

Il n'y a pas que la Mariée qui est en noir...

La mort de Truffaut a 20 ans, célébrons plutôt l'ode à la joie, sa poésie du réel qui s'enfuit dans les nuages, les images des amoureux de l'amour et de leurs baisers volés, ses histoires tragiques du quotidien surpassé, ses hommes en costumes sombres et droits et ses enfants sauvages. Milady fait la révérence devant l'homme qui aimait les femmes aux peaux douces et aux voix troublantes (Deneuve, Ardant, Dubois, Moreau, Adjani, Laffont...) et jette un clin d’œil admiratif aux 400 coups en chantonnant le tourbillon de la vie,.

 

Elle avait des bagues à chaque doigt,

Des tas de bracelets autour des poignets,

Et puis elle chantait avec une voix

Qui, sitôt, m'enjôla.

 

Elle avait des yeux, des yeux d'opale,

Qui me fascinaient, qui me fascinaient.

Y avait l'ovale de son visage pâle

De femme fatale qui m'fut fatale {2x}.

 

On s'est connus, on s'est reconnus,

On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus d'vue

On s'est retrouvés, on s'est réchauffés,

Puis on s'est séparés.

 

Chacun pour soi est reparti.

Dans l'tourbillon de la vie

Je l'ai revue un soir, aïe, aïe, aïe

Ça fait déjà un fameux bail {2x}.

 

Au son des banjos je l'ai reconnue.

Ce curieux sourire qui m'avait tant plu.

Sa voix si fatale, son beau visage pâle

M'émurent plus que jamais.

 

Je me suis soûlé en l'écoutant.

L'alcool fait oublier le temps.

Je me suis réveillé en sentant

Des baisers sur mon front brûlant {2x}.

 

On s'est connus, on s'est reconnus.

On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue

On s'est retrouvés, on s'est séparés.

Dans le tourbillon de la vie.

 

On a continué à tourner

Tous les deux enlacés

Tous les deux enlacés.

Puis on s'est réchauffés.

 

Chacun pour soi est reparti.

Dans l'tourbillon de la vie.

Je l'ai revue un soir ah lala

Elle est retombée dans mes bras.

 

Quand on s'est connus,

Quand on s'est reconnus,

Pourquoi se perdre de vue,

Se reperdre de vue ?

 

Quand on s'est retrouvés,

Quand on s'est réchauffés,

Pourquoi se séparer ?

 

Alors tous deux on est repartis

Dans le tourbillon de la vie

On a continué à tourner

Tous les deux enlacés

Tous les deux enlacés.

 

http://nezumi.dumousseau.free.fr/trufffilmo.htm




21:49 23/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

22
oct

Insomnie & Maladie

10ème jour de maladie
9ème jour de diverses posologies
incapable de crier à l'anarchie
la gorge enflammée, couverte de débris,
la tête ravagée par les corporels conflits.
Echange insomnie contre accalmie,
Deux barils d'infection contre un d'antiseptie
que l'curé Gilbert prépare l'homélie
que l'Vergès rédige sa plaidoirie
je m'en vais bouffer de l'insomnie
tout ce drame ne sera que tuerie.
Si vous n'appréciez pas les rimes en i
accusez mon cerveau endolori
et tous mes organes presque pourris.
Que la nuit ne reste pas impunie,
prêtez moi un habit de sursis,
ramenez moi au monde de minuit,
shootez moi à l'anesthésie
Mais, je vous en prie et supplie
que le sommeil me raccompagne dans mon nid...
 
(Illustration de Dave McKean)


04:45 22/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

21
oct

Cinq jours de solitude...

Au bout de cinq jours de solitude, la femme avait cessé d’attendre, les jambes meurtries par les pieds de la chaise en bois, le visage empaillé par la peur, les yeux voilés de lassitude, les mains asséchées de tension. L’homme ne reviendrait pas, l’absence la persuadait peu à peu. Les nerfs, fleurs de peau, les veinules sanguinolentes, la femme finit par tomber de sa chaise, sans vie ou presque.

 

Elle contempla les rainures du parquet ciré, souffla maladroitement sur quelques miettes de cheveux morts.

 

Un souvenir l’assaillit, ses épaules, fortes et enivrantes, son poitrail d’étalon qu’elle labourait autrefois de ses effleurements intempestifs. Il chevauchait les draps, entouré de rires forts et de mots doux. Il la bardait de sacs de confiance. Ses épaules. Ses épaules. Juste encore une fois…

 

Ce matin, le jour s’est levé pour rien, l’espoir s’est pendu au plafond, se balançant au bout d’une corde à nœuds.

 

Le combat contre elle-même pouvait commencer, elle devrait lutter contre la carence, elle le savait, elle n’hésiterait pas à emmurer son manque dans du barbelé. Tireuse d’élite de l’attente, elle allait arracher toute pensée funambule, éradiquer toute tentative d’équilibrisme joyeux.

Fini la position de chienne de garde, assise sur le carrelage froid, attendant l’hypothétique reconnaissance du mâle dominant, fini l’urine timide ruisselant sur ses cuisses à l’ouverture de la porte d’entrée, fini enfin, les sentiments cravachés, l’amour martinet et les masques du carnaval des animaux.

 

La faiblesse de ses membres, collés au sol, empêcha le tressaillement de colère d’envahir son corps. Elle comptabilisa les franges de la nappe du salon, tissu trop rose pour être honnête.

Où sont les mouettes quand on a besoin de mer ?  Où se faufile le sable quand on recherche l’horizon ? Où est l’homme quand on veut se sentir femme ?

 

Sa carcasse désossée sur un bout de terre aride, la femme se répandit sur les carreaux de faïence de la cuisine et chercha les guirlandes de Noël, la carte postale des enfants, le calendrier, le bouquet de fleurs séchées de la Saint-Valentin… Rien que des illusions, rien que le bruit de l’insuffisance, le souffle de la vérité par omission. Le tabouret de bar prônait fièrement devant elle, son trône de reine trisomique, elle replia ses jambes sous elle, apeurée et se mit à embrasser ses mains, ses mains creuses, couturées de nerfs trop rigides.

 

Petite poupée de papier mâché est dans la cave, les murs brûlés la cuirassent, son cœur calciné bat difficilement. Elle voudrait tant être une bulle d’hélium, sortir comme une grande, rebondir sur la couche d’ozone, colorier son sang du rouge coquelicot, ce rouge qui énerve, qui palpite dans les artères, celui qui ne stagne que quand il sèche.

 

L’énergie déchue du temps passé l’emplit de terreur, attendre encore serait dépérir, espérer encore serait mourir. Elle allait croquer son dessein de dents blanchies par une détermination carnivore. La femme serait une louve pour l’homme.

 

Alors, la femme leva une paupière irritée par le sel, entraperçut le dehors, un ailleurs qu’elle pénétrerait bientôt de son être entier, recouvert d’un amour si beau que la barbarie de l’homme serait oubliée.

 

(Illustration: RELIEF d'Eddy Stevens)


12:57 21/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

19
oct

Un de ces films qui touchent...Michael Blanco

un film, un acteur, un thème 'réussir'... devenir quelqu'un, être aimé.
 
Michael Blanco n'est ni Brad Pitt, ni Robert de Niro, ni même lui même, Michael Blanco, cet inconnu a le physique commun, l'anglais niais, la détermination du faible, il veut être l'idole, le centre du monde mais il n'est pas assez grand pour être un axe, alors, il court, il court derrière la célébrité, l'argent et le don, le don d'être un BON acteur ou une star du cinéma ou les deux. Il nettoie les assiettes, les voitures sales et mange du cliché au petit déjeuner.
 
Hollywood est une chienne qui baisse l'arrière train devant quelques muscles bien placés ou le collier doré d'une fille de milliardaire de l'industrie mais pas devant Michael Blanco. On déchire sa photo en métaphores obscènes.
Au delà du film, les images de contrastes sont omniprésentes, un vieux noir obèse vend les cartes des maisons de star au pied des montagnes de riches, le petit belge qui apprend "l'actorat" contre le géant américain prof de célébrité, LA militaire aux yeux bleus attendris sous son casque en 15m x 25m, le petit panneau publicitaire dans le grand publicitaire, le petit homme contre la grande ville, un seul presque acteur contre 900 000 autres, on compatit, on aime, on se sent identique dans la solitude du petit belge qui voulait "rêver américain".... Les grands espaces de l'Amérique sont vendus, achetés, OPA sur la solitude, Négation de soi côté en bourse.
 
puis Michael Blanco se dit:
"pourquoi j'ai peur, j'ai peur, pourquoi j'ai peur, j'ai pas peur, j'ai peur de personne..."
&
"je ne dois rien attendre, je n'attends rien, non, je n'attends rien, tout est cadeau, le bon, c'est cadeau, le reste, pffft.."
 
et Milady s'est dit, pourquoi j'attends toujours moi aussi, de moi, des autres, pourquoi rien n'est cadeau, tout est lutte... c'est pas bien d'être petite? l'ambition, ça rend plus vivant? la compétition, ça rend heureux?
 
saleté de bon film qui vous place devant vos propres yeux, saleté de simple film qui vous donne autant envie d'exister mieux que de vivre plus humblement.
 
et tout ça, bercé par "I Love America" de Patrick Juvet... une blague, une blague vraie... simple comme un bon jouir.
 
http://www.michaelblanco.com/



13:19 19/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

18
oct

Carcasses de dédicaces à ceux qui se (RE)conNAITront...(ou pas)

Parfois on (qui n’est pas toujours un con) se fait mal parce que ça fait mal, on tend les muscles vers le bas, on étire la patience jusqu’à ce qu’elle craque aux limites de la mesure. L’essence désossée, on erre de vers en verre sans jamais étancher sa soif de sens.

 

Ce soir, au menu frottin, Filet de prépuce sur lit de Vagin parfumé aux Sucs de Vengeance.

Il est des plats qui se mangent trop froid.

 

On casse des murs, on trébuche contre soi, on repeint en vert ou en rouge mais on s’épuise car les fondations sont en carton.

On déchiquette, on étiquette, on enquête, on répète…

Mais on n’aime pas, Monsieur, non, on n’aime pas… ou alors on a oublié ou alors on sentait pas bon…

 

D’ulcères en jachères en promesses en liesse, d’amas d’âmes en contrats de poignets coupés, d’édits de Dante en papyrus de ruses, on se dit que cette fois, c’est la bonne, cette millième fois, c’est la bonne … (encore).

 

Malgré… bon gré… avec des ‘mais’ et des ‘pourquoi’, avec des ‘si’ et des ‘finalement’.

Mais on a oublié ce qu’on a dit ? Ce qu’on s’est dit ? Qu’on s’aime ?

 

Conseils de Madame Soleil ?

 

Mangez de la bouche en cœur, avalez des mains tendues, craquez quelques tétons enflés… faites l’amour, faites deux, faites bien, faites mieux, (re)visitez vos lits, trahissez votre rancœur, exhibez votre futur, haïssez vos lésions, philosophez sur un banc public, encensez les réveils, comblez vos mémoires, trempez vos doigts dans du miel, combattez vos clichés, tranchez votre réputation en dés, génocidez votre logique, libérez votre indépendance, écoutez vos désirs, entendez vos choeurs, écoutez vos désirs… aimez vous, rabibochez vous, bordel.

 

et si le soleil ne fonctionne pas... reste encore ¤ù%£*==)9_^_'"[#** , voyez?

 

(illustration du Génial Gilbert Garcin)




11:19 18/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

17
oct

Questions très personnelles, réponses dans le prochain épisode!

Mes parents ne seraient pas coupables de toutes mes angoisses?

Mon enfance ne serait pas le seul berceau de mon manque d'amour?

Mon adolescence ne serait pas l'unique reflet déformé de mon mal-être?

Mes bourrelets ne seraient pas les seules meurtrissures de mon corps?

Mes bourreaux ne seraient pas seulement ceux que j'accuse?

Mes crises de vide seraient salvatrices?

Mes envies de lointain seraient mes désirs les plus proches?

Mes thérapies seraient des sauts en parachute d'un trampoline?

Mon inadaptation au monde des adultes serait ma meilleure épine?

Mes clichés ne seraient que des clous tordus dans des murs de ouate?

Mon incapacité de réconfort serait ma première source d'imagination?

Mes offrandes maternantes ne seraient qu'une revanche passive?

Mon allure de monolithe noir ne serait qu'un iceberg fondu?

Alors quoi? JE dois encore apprendre? Encore souffrir? Encore apprivoiser ces petites morts?
 
Déborder d'espoir? Inspirer de souffle renouvelé à chaque (r)éveil?
 
et il parait que c'est une bonne nouvelle...

 
ben tiens!
 

Qu'on me gave d'une pilule d'Alzheimer pour la Nuit, Demain est un autre!

(article avec bcp d'espaceS pour laisser place à la réflexion)


01:18 17/10/2004 | Lien permanent |  Facebook