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oct

Petite étude inachevée et anthropomorph(olog)ique de l’Inconnu en Je Mineur

Un inconnu vous offre des leurres… Il vous vend du bonheur en kit, un instant de jouissance en transe. Il virevolte sous le couvercle de la poubelle et asperge vos yeux de poison quand la petite curiosité l’émeut.

 

L’inconnu est une garce blonde sur votre épaule, déguisée en petite fille sage qui plante ses crocs acérés dans vos chevilles dès que vous marchez trop vite.

L’inconnu se mange en indigestion féroce, cuit en trouble psychique arrosé de visions d’horreur. L’inconnu se rêve en couleuvres, remonte la pente de votre corps tout en encensant les doutes que vous cultiviez sur les rebords tranchants de vos coudes.

 

L’inconnu est un Sirocco soufflant sur vos jambes, les attirant vers des sables versatiles.

L’inconnu est version endommagée de l’espoir, un accessoire déficient de la confiance.

Il erre entre vos élans et votre enfermement, s’agrippant à votre anxiété. L’inconnu est une gageure quotidienne qui trempe dans de vieilles vasques fétides, qui se renversent à la moindre secousse.

L’inconnu se transforme en hasard dès qu’il peut se dérober, le futur incertain est son copain de lutte. Il est hier, aujourd’hui et demain

 

L’inconnu allonge le temps, rassemble vos phantasmes et les enserre d’une cruauté impertinente dans un linceul transparent. Il est immortel et sempiternel, il se raréfie parfois avec l’âge mais se tuméfie dans les antres obituaires.

Il revêt les voiles de l’enfer en souriant comme un pape trop blanc et vous annonce que son silence est la plus belle des violences.

 

 

(Illustration Rei Nato "Une place sur la Terre")


11:04 11/10/2004 | Lien permanent |  Facebook

Commentaires

,,, L’inconnu est une gageure quotidienne qui trempe dans de vieilles vasques fétides.

"Tirer la bonde en cas de danger".

J'adore !

Écrit par : MoZ | 11/10/2004

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