30
sep

Dites moi qui vous n'êtes pas... et je saurai comment vous m'être...

    « Bonjour, je suis un thérapeut-être, porteur des vérités profondes et diverses que vous haissez déjà..

  -         ‘jour, je suis la Névr-osée, la Silenc(h)ieuse, la ma-traquée...

 

  -         Je suis un interlocuteur de choiX, je suis tout ce que je ne suis pas…

  -         Ça tombe bien, je suis tout ce que je ne veux pas être…

 

  -         Ah ? quelle est votre spécialité ?

  -         La loi du silence, je l’applique matin et soir sur mon visage fermé mais, voyez vous, je vieillis quand même alors je commence à douter de son effica(cé)cité…

 

  -         Ah oui, et que faisiez vous au lieu de parler ?

  -         Ben, je mangeais, je manquais de place alors j'en prenais, la bouche pleine de maux, boulimoque des choses légères, externes… aaaah, je me suis gavée de l’art et de cochons sans jamais me rassasier…

 

  -         Je vois, je vois… et hier, vous étiez … ?

  -         Clocharde nue à peine vivante, titubant entre mélan-coliques et futur antérieur !

 

  -         Bon, dia-gnos(e)-tique clair, Vénus, soulevez votre manteau de fourrure, aérez vos cuisses, je vous conseille de hurler à contre vent, de crier de plein gré, d’aimer ce que vous aimez, de vous faire aimer de la vérité, d’anéantir le vide, de couler vos galères, de jongler avec vos boulets, d’incinérer les cauche-marre(s), de vous extasier devant peu et d’être plutôt qu’avoir été, manger des gRA(p)PEs de bonne heure, il en reste des miettes dans le fond de l’ascète.

  -         Ah oui, merci, j’avais pas vécu… Tiens, on est déjà aujourd’hui ? Mais c’est merveilleux, j’ai rattrapé mon temps perdu alors ?

 

  -         Vous avez contracté la malady de l’imaginaire… voyez, assis autour de vous, votre papa Pare-Don, votre Maman Mère-Veilleuse et vos amis Attache-Ment ? Ils sont tous là, dans votre illusion, ne sont-ils pas tous sublimes ?

  -         Oooh… Je n’avais pas usé ces yeux là, si j'avais su, j'aurais venu plus tôt...merci…

 

  -         De tout, je vous en prie… mourir(e) la bouche ouverte est une finalité heureuse après tout!»

 

 

(illustration "Dozing Consciousness" de Marina Abramovic)

 





23:04 30/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

29
sep

dédicace compulsive aux Hommes de ma porte

La tempête agitait les axes en tout sens. Racines tremblantes, terre secouée, violences bestiales, la vie abandonnait ses êtres. Le chaos devenait légion et le désordre, la raison.

Voiles, lumières, ondes, bruits, tous perdus dans une harmonie défectueuse. La valse à l’envers des éléments battait son plein. La conscience du déclin arrogeait  l’espoir et la foi.

 

Pourtant, l’Homme avait planté ses pieds solidement dans les pavés. Face à cette tourmente, il observait la fin, la chute des choses avec une sérénité éreintée. Lui, il n’avait jamais eu qu’une chaise et une porte pour seules possessions. Le monde était né, avait vécu et mourrait devant lui, devant son pas de porte, devant lui, assis sur sa chaise, vieux socle de bois érodé.

Femmes hurlantes, enfants volants, vieillards avariés, cyclones joueurs. Dans la houle, les chiens errants reprenaient leurs droits, libérés de toute crainte des hommes, rongeant leurs queues avec leurs crocs insatiables.

 

La sombre histoire prenait fin ici, l’armée des corps soumis reprenait vie. Le ciel baisait la terre, les mers inondaient, de leurs noirs fonds, les trottoirs des villes édifiantes.

L’Homme, adossé contre sa porte, sentait les vents chahuter sur son visage meurtri. Il contempla sa porte, jamais ouverte, jamais fermée non plus, juste une porte qu’il n’avait pas osé ouvrir. Celle qui avait autorisé l’errance de ses transes, le vagabondage de ses fantasmes, cette porte avec vue sur sa porte, dotée d’un verrou irréel, cadenassant pourtant ses illusions. Il caressa la poignée froide et posa sa joue contre le chambranle.

 

Le Monde mourrait. L’Homme choisit alors de passer sa main à travers le noble matériau, sa main fondatrice et coupable, sa paume de forgeron et de juge la première.

Ainsi, ce fut la soie, les moires, la tiédeur, la moiteur.

Les vents assourdissaient ses sens, le vide engloutissait le tout mais la porte ne céda pas. Il persista, n’ayant déjà rien à perdre, même sa vie qui ne lui appartenait plus.

La main de l’Homme se trouva enfin à l’abri, posée à peine sur une matière lénifiante.

 

Alors, il perçut des souvenirs, il se rappela un passé ignoré, délaissé, rescapé de la vitesse du Monde, naufragé des décadences grossières,  puis l’image de la femme, de la Terre… l’origine féconde, la prospérité du début, l’humilité du simple.

L’Homme enfonça son bras encore plus loin, écorchant ses paupières contre les échardes. Il sentit la dureté d’une écorce d’arbre, puis la rondeur d’une racine et l’humidité d’une terre généreuse. Son visage était à présent de l’autre côté de la porte, il lutta encore pour disparaître du monde cinglant et bourdonnant. Il glissa péniblement hors du trou de la porte et se retrouva éjecté, nu, froid, éreinté sur un lit de paille éparse, couverte de sang séché.

Autour de lui, quelques montagnes, d’autres arbres et une légèreté sensible des matins premiers.

 

L’homme, qui fût autrefois si pressé, asphyxié, gonfla son poitrail et esquissa un sourire malingre mais ouvert. Il immobilisa son regard vers le haut, posa ses mains contre un nuage, puis peu à peu, étendit sa jambe et fit son premier pas. Il se reposa ensuite sur un rocher, contemplant un horizon intact. Tout pouvait enfin commencer. Le sommeil envahissait déjà l’espace et il sut que là, les choses suivraient leur propre cours.

 

(Illustration Dave McKean)

(Hommes concernés: mon homme, mon père, mon grand-père dans le désordre d'apparition)

(troisième post aujourd'hui, je sais, ce n'est pas conseillé, mais adressez vous à mon inspiration, elle me défend contre tout, même le vide!)






20:58 29/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

Je hais les pigeons

leur regard vitreux, cerné de billes jaunes acides
leurs pattes griffues, souvent atrophiées
leurs ailes vénimeuses
leurs croupions poilus...
 
oui, je les hais, et les vieux qui les nourrissent avec!
je n'ai qu'une envie, les trouer d'une salve de crachat acerbe et plouf!
pigeon vole plus!
 
vous pensez que j'exagère?
 
http://www.em6.fr/articles_plus/pigeons_maladies_plus.html
 
(Illustration de Surreal)




13:35 29/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

Sommeil du juste chat

Shalem et Maggie, deux chats enrobés dans de la douce moquette, rêvant de croquettes qui volent et d'exocet à ficelle, dorment sur mes deux oreillers.

Je pense que nous sommes félins l'un pour l'autre. Ils ricanent, les crocs noyés dans un baillement:

"Tu écris en gris la nuit? Tu te prends pour Colette? Viens donc te coucher, vieille Milady fébrile... tu tousses comme si tu avais un homme dans la gorge..."

Alors, je leur dis qu'il sont cons commes des poissons (chats?) et qu'ils feraient mieux de chasser les araignées au plafond...

Sur ce, Shalem s'enroule et Maggie s'étire... l'incroyable oisiveté des deux êtres à peine apprivoisés me fait envie et je les rejoins dans mon lit, posant ma tête sur les genoux du monde, guidée par les cris du marchand de sable encore trop éloigné et laissant la nuit couler dans mes pensées. Lasse chatte sur un toît gelé...

rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr................

(Tableau de Monica Rios)


01:16 29/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

28
sep

Ce matin, un chasseur a tué mon humeur...

ce matin, mon crâne est investi, envahi et s'y mélangent...
une envie de dépecer un costume trois pièces, une humeur bouse de vache parfumée aux champignons vérolés, la sensation du corps enfoncé dans le sol, une répulsion des sensations fortes, une pile de calendriers déchirés, un désir ardent de cramer la moquette, une toux grasse, un coeur carnassier, une rage des dents contre leurs yeux clos, la colère du silence soumis des tributaires de salaire, un cierge pour Sainte Rita, la crainte de la lumière, une haine des nuages gris, une larme de cocker, la rancune des jours ratés, une amertume de la géographie contrariante, un visage en forme d'enveloppe, un téléphone décroché, une peur de Soi, une paire d'oeillères, une lampe à marée noire sans l'estomac, l'antipathie des gens communs, l'aversion d'un passé rescapé, une plante morte, le regard boueux, une haleine décaféinée, une visite chez Mamie Abandonnite, une lassitude exacerbée, un dessin de bras baissés, un manque, un mélande de brumes acides, un manque, un creux dans la carotide et un autre manque.
 
que quelqu'un appuie sur l'interrupteur, s'il me plait...

(Autoportrait de Frida Kahlo)

12:10 28/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

27
sep

j'ai deux amours, LUI et Paris

Ici, Paris... rien n'est fini.
retour aux sources, aux fontaines, aux quais, aux galeries.
Je suis libre car peu parisienne, je suis heureuse de revenir aux inconnus, aux regards fuyants, aux jack Russel aboyants, aux vitrines alléchantes, aux vieillards larmoyants, aux racailles contrariantes, aux autos percutantes... STOP!!
 
on redémarre...
 
La Seine dans les veines, je déambule, vague à larmes de bonheur. LUI, IL m'aime. Moi, je L'aime, et toutes les chansons connes résonnent à l'unisson, célébrant l'union simple de deux amoureux des bancs publics.
 
Je suis assise sur un mur, les talons tapotant les vieilles fissures, je fais fuir les lézards, impatience infantile qui titille la sérénité de mes presque 30 ans; Je L'invite, je LUI montre ma culotte, puis ma lourde poitrine. Monte.. allez, viens!!!
 
J'ai dans ma sacoche, des loups, des cèpes, de la vinaigrette, du temps, du chocolat, un cognassier, une étoile, un pavé, de la patience, des mûres sauvages, du pain grillé, des envies, de la vitesse, du vent, du mâche-fer, des mains, un chewing-gum au poivre, des dents (nouvelles) et des secrets dans des puits...
 
Ici, Paris, à nous les idiots (du village) et les autres...
 
Viens...

12:04 27/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

24
sep

Le mot du jour : ‘Ascenseur’ – définition et étude socio-logique.

ASCENSEUR: nom (é)Mascul-in, d'origine moderne, basé sur "as", premier & "censeur", qui contrôle, qui critique, qui blâme, qui juge.
 
L'appareil sert à monter verticalement des personnes aux différents étages d'un immeuble (lesquels correspondent ordinairement à la position hiérarchique du Grand Monsieur ou de la Grande Madame au sein de sociétés primaires dotées de système pyramidal), et le plus souvent à les descendre. (Le terme DESCENSEUR est curieusement peu répandu dans notre vocabulaire utilitaire).
 
L'appareil a pour attributs une cage et des boutons, est généralement en forme de cube, digne des plus grands fantasmes de claustrophobie collective (la preuve en est que certains réalisateurs de films à suspens-e, localisent les scènes les plus vibrantes au creux de cet appareil). Il n'est pas rare de trouver un miroir en son sein, miroir qui se trouve fréquemment affublé de résidus gras, signes de voyages et aventures d'hygiène déficiente d'invididus peu consciencieux, pourtant réputés fréquentables dans la majorité des cas.
 
Dans certains lieux de luxe, un "garçon d'ascenseur" peut être un accessoire apprécié, accroché à  l'intérieur de l'appareil, doté d'un uniforme standard, à rayures, défiant alors toute désinence esthétique. Par contre, notons que le terme "fille d'ascenseur" rappelle plus à une terminologie dépravatrice, synonyme d'une attitude colorée de dévergondage convulsif.
 
"L'ascenseur" est un lieu de rencontre notoire pour divers groupuscules d'individus, tous indifférents au sort et au destin des autres, sauf dans l'exception souveraine d'une profonde volonté d'apprentissage, de connaissance des dessous de bureau (= l'équivalent des 'dessous de table' en politique mais dans une version sexuée) de certains autres individus, lesquels sont rarement présents lors des discours à leur égard.
Ce lieu est le plus souvent un havre de pets, hormis dans des cas précis de pollution sonore,  due aux incursions commercialement dénommées: "Musiques d'ascenseurs". Certains artistes de variétés survivent aujourd'hui uniquement grâce aux adaptations sur xylophone Bontempi de leurs hymnes.
 
 

10:09 24/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

23
sep

Hapie BirZdè, Julie-tte!

C'est aujourd'hui le jour de l'an 28 de l'ère des paillettes.

Ma coquette, ma paupiette, ma rillette, ma belette, ma mimolette, tous tes amis et moi t'offrons un joli gâteau pour ton goûter samedi après midi, ta maman a fait parvenir une caisse de Champomy Spécial Cuvée Gils de Binche.
Ne farde pas trop tes paupières avec du rose, on dirait une ballerine obèse après, et ta grande soeur pense (comme moi) que tes bas de laine au motif abeille ne sont pas accordés avec ta belle robe bleue pastel que j'ai confectionnée avec amour. Je retoucherai ton cache-coeur avant la fête, je ne t'en veux pas de l'avoir malecontreusement déchiré dans le bouton de ton ascenseur.
méfie toi des garçons, tu les connais, dès qu'ils peuvent se placer, ils se placent et je ne serais pas étonnée d'apprendre que beaucoup rôdent autour de toi pour ton pécule et avec ton trousseau, tu fais aussi sûrement des envieuses...
je te laisse, ma chérie, je sais que tu es fort occupée avec ton club macramé et ne veux en aucun cas t'importuner pendant des heures de bureau.
n'oublie pas de sourire à ton patron, c'est grâce à un peu de diplomatie qu'on se fait une place dans la vie, et c'est ainsi que j'ai rencontré ton père, je te le rappelle.
 
Ta maman qui t'aime
 
PS: j'ai mis de l'huile de sésame plutôt que du beurre dans le gâteau, parait que c'est meilleur pour ton choléstérol.
PS encore: j'ai parlé à Madame LaBlonde, elle accepte de te garder un petit chien de sa teckelle, celui qui était un peu dégarni sur le crâne que tu avais déjà surnommé Arno. Ce sera ton cadeau d'anniversaire.
 
 
(Pour les inconnus: http://julie-tte-et-le-train.skynetblogs.be/)


00:14 23/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

22
sep

Marcel Moreau: Quelques maux, rots et humeurs de "crin de cheval"...

Hier soir, ENTREtien de Marcel Moreau, l'éCRIvain réVOLTé avec Jacques Sojcher, prof de philo à l'ULB (Université Libre de BruxELLES).
Superbe moment inTENSE même si le Marc(i)el vieillit autour de lui, dans le monde de ses livres, même qu'à force de chercher les sexes des femmes, il a fini par en trouver un en lui, et de lui parler plus qu'aux autres mais IL reste un personnAGE aux yeux d'aigle, qui donne envie d'être aimée par lui, et lui uniquement. Il a des mots qui TRANSpercent le coeur et voici une adaptation, une interprétation, une sorte de peau pourrie de ses pensées, lesquelles j'esPERE ne pas trop trahir. Plus loin, juste en dessous, des mottes d'idées transCRItes en mots crachés dans les AIRS, idées toutes sorties du conTEXTE, ce qui leur donne ma propre DIMEnsion eXcenTRIQUE (hors du centre, du milieu...).
 
Imaginez une chanson sans paroles connues, souTENUE par un rythme binAIRe, presque tribal qui vous donne envie de marcher sur les bRAISes:
 
lumière des ténèbres - chaOS SENSoriel positif - fORce tellurique vibrANTE - rythme des lettres - composer des pages - langue perVERSe - conSCIENCE sentiMENTALE - éCRIvain, ambuLANCiER du coeur - écriture aliMENTaire dénuée de singularité - nourriture des vices - ego non fréquentable - conSOMMER sa bEAUté - libération de la Vérité - Amnésie SALVatrice - méMOIRE putride du seCONdaire - conscience commune emPOISONnée - anARChie du quotidien - acQUIs factice - regarder couler la moELLE plutôt que de TOMBEr sur un os - respiration sans souffle - héroïnes de la nausée - emprise des mots délétères - illuminer l'obsCUrité de la mauvaise CONscience - oublier l'aVOIR - composer l'être - conVERSER de ventre à ventre (opposé au dialogue de face à face) - conquéRIR le danger - adopter l'inconNU - sOMBREr dans le risque - TROUver l'autre...
 
Partage avec des amiesoeurs:
Suzy: http://suzy-alanis.skynetblogs.be, Edith: http://users.skynet.be/edith.soonckindt/ , Josiane et Antonietta, pour la joie conSACRant la féminitude face à un homme parmi les Hommes...

13:14 22/09/2004 | Lien permanent |  Facebook

21
sep

Trop Mangé

Je suis plus que la courbe du cube aujourd'hui.
Je suis un virage bedonnant, une bourriche de lards, une pallette de levure, un paquebot de beurre... j'ai l'estomac dans les ventres, les mentons dans les talons et les doigts en saucisson.
 
Qui veut d'un sixième estomac?
 
Les emballages de fromage devraient mentionner: CHEESE KILLS!!
 
Doc, j'aime votre scalpel!
 
Echange Syndrome Boulimie de bonne qualité contre deux barils d'Anorexy!
 
Renoir et Rubens sont sur un bâteau, tout le monde tombe à l'eau car les Vénus gonflent dans l'eau!
 
Aujourd'hui, je suis la Noireaude qui veut se faire aussi grosse que Hyacinth... (cf Photo, merci Disney et Viva Fantasia!)

14:53 21/09/2004 | Lien permanent |  Facebook