11
déc

un article que je voulais publier et qui m'a échappé...

Deux choses qui me semblent importantes en ces jours de disette humaniste...

1* Un collectif d'écrivain.e.s public.que.s spécialisé.e.s dans les récits d'exils et accompagnant les personnes désirant / nécessitant un parcours administratif (ou autre) vers la composition d'un récit hors tension et pression de quelques instances administratives (dois-je citer l'office des étrangers ou tout le monde a compris?). 
Souvent, évoquer est complexe. 
Souvent, savoir ce qu'on "doit" ou ne "doit pas" dire est un espace flou, bordé d'enjeux qu'on ne maîtrise pas, tellement l'arbitraire est dans la bouche de l'interlocuteur.trice. Certain.e.s demandeur.se.s d'asile ont perdu leur "chance" de rester en Belgique sur une simple mention d'une obédience, d'un oubli d'un détail...

Déposer son récit auprès d'un.e de ces écrivain.e.s public.que.s permet de composer le parcours en lieu sûr, de redévelopper, à l'aide de l'oeil éclairé d'une personne in-formée, l'une ou l'autre partie plus "utile" pour l'un ou l'autre objet administratif et de maintenir au mieux son histoire. 
Au moins, ça, là. 
N'hésitons pas à perforer l'abcès de ces étranges bureaucrates à la gorge brune.DSC09056.JPG

 

 

2* Souvent, on se dit que porter plainte contre la police ne servira à rien. Souvent, on aimerait le faire mais ça prend un temps et une énergie qu'on aimerait placer ailleurs.
Cependant, j'aimerais témoigner et insister sur le fait que porter plainte contre la police (en deux étapes que je vais décliner ici) est un "mal nécessaire" à mon sens.

J'ai déjà porté plainte à plusieurs reprises contre la police: pour violences lors de manifestations, pour insultes (on m'avait traitée de pute négrière en plein commissariat après un "simple contrôle d'identité" à la gare de l'est car je sortais, ado, avec un noir ), pour racisme, pour intrusion sans mandat dans un squat).

Ici, j'ai porté plainte contre une patrouille de police lors d'une énième intimidation à l'occupation de La Voix des Sans Papiers (Vsp Bruxelles) à Schaerbeek. Phrases racistes en néerlandais (tandis que j'ai dit que je ne comprenais pas, ce qui n'est pas tout à fait vrai) et sarcasmes lors du dernier jour de l'occupation, en plein déménagement. Je suis allée porter plainte au commissariat avec une personne de confiance. Ce peut être n'importe qui en fait. Pour ma part, j'ai fait appel à qq1 de la Ligue des Droits de l'Homme, personne qui n'a évidemment pas dit qu'elle en était. Elle était "juste" une amie qui vient me soutenir lors d'une plainte contre la police à la police.

L'inspecteur chargé de prendre ma déposition m'a demandé si j'étais militante (non, juste une voisine solidaire), si j'étais consciente qu'il y allait avoir enquête (non peut-être), que mes dires seraient confrontés à ceux de la patrouille (mais allez-y donc). Je n'avais pas d'autres témoins, non (sauf le flic de quartier qui était arrivé peu après la patrouille, qui, quelques semaines plus tard, est venu me demander (croisé dans ma rue) si c'était moi qui avais porté plainte contre ses collègues. J'ai répondu non, pourquoi j'aurais dû? Et il m'a dit qu'on lui avait demandé si il avait été témoin de paroles racistes de la part de ses collègues, et qu'il avait dit OUI, que ses collègues étaient un peu trop zélés et pas respectueux) mais j'ai maintenu mes dires.
Je vous copie non pas ma plainte mais la réponse de la police, pour qu'on rigole un bon coup.

DSC09057.JPG

Alors du coup, à quoi bon?

Donc, dans un second temps, je vais aussi porter plainte à l'Observatoire Des Violences Policières https://www.obspol.be/ (Ligue des Droits de l'homme), organe indépendant de la police.

Du coup, ma plainte va intégrer les nombreuses plaintes contre la police et grossir des statistiques, lesquelles peuvent ensuite servir de levier politique au niveau régional, national et européen. 
Parce que la Belgique est une grande habituée des amendes pour non respect des lois (prisons, centres fermés, police, santé publique, ...etc...).

Aussi, ma plainte pour racisme a été envoyée à l'ADDE et copiée à des associations luttant contre le racisme. De ce fait, des avocat.e.s, juristes, légalistes ont accès à l'une ou l'autre plainte menaçant ici et là, les "étrangers" (qui est étranger sur Terre?), enfin, les racisé.e.s pour dire vrai.

Alors, j'encourage peut-être un peu naïvement toute personne témoin de filmer, photographier, enregistrer, noter toute répression policière (et autre mais...), toute parole raciste, et sexiste tant qu'on y est...

Y a ce droit là, qui est contesté par l'état actuel des pauvres choses mais incontestable.

Si relais il peut y avoir, relais encouragé.

22:24 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, act-u |  Facebook

Compte-rendu de la 59ème soirée filles avec un cerveau (chacune) le 8 décembre 2017 @ Amélie’s (Saint Gilles)

Amélie : Syndrome de l’impostrice. Encore ce Deuxième Sexe ? Légitimité de l’œuvre, du travail, du parcours en tant que… femme. « Je ne suis pas ce que je fais ». Avant Lausanne...

Nathalie : « L’origine du monde » de Liv Stromquist et la lucidité. « Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. » de Duras ? Isolement ou exigence. Mansplaining et autres complaintes. Et la vulve dans tout ça ?

Capture d’écran 2017-12-11 à 19.21.51.png(Orlan)

Anissa : Youyou brusselair et performance en plein air. Club Zaghareet. Daarkom et Maroc. Conférence de Lise Duclos sur le vivant. Communication des arbres.

Marie : « Petit éloge du désir » de Belinda Cannone. A la recherche du plaisir, dépliant pédagogique à déplier ici. Mouvement Slow Sex. Cf. SHAME. Transmettre, évoquer, partager, éduquer…

Unica zurn-10.jpg(Unica Zürn)

Roxane : mère & mer en Alna y el Mar. Porosité fiction – intime. Mercedes Sosa… Alfonsina. La Marea, film de Diego Martinez. Lait maternel congelé & Fromage de femme (Ferme du Petit Singly ! ;-).

Caro G. : mouvement pro-life Vs. M.L.A.C. / Procès de Bobigny, Gisèle Halimi. Série The Young Pope.

Aya : Chœur Patshiva et cie. Oreilles tendues et attentives. La vie secrète des arbres. Ou des plantes.. merci Stevie. Jusqu’à l’intelligence des fleurs.

Capture d’écran 2017-12-11 à 19.18.01.png (Anselm Kieffer)

Maïté : Unicum, alcool de plantes de Hongrie, version garçon, version fille. Poème hongrois lu en langue magyare. Amour hongrois des enfants.

Norma : Deuil 2.0/ le plus dur est derrière. Commémoration et déconstruction.

Caroline S. & Anne : Capsules sonores grâce à la formation de l’ACSR – rêverie soviétique (évocation de la Face cachée de la lune de Robert Lepage) et conte des 5 chasseurs. de Jodo.

AH OUI : Caro récolte vos K7 audio !

Hans_Baldung_-_Three_Ages_of_Man_and_Three_Graces_-_WGA01194.jpg (Hans Baldung)

Katrien : pas vraiment cette fois, mais peut-être quelque chose à propos du voyage à vélo jusqu’au Kirghistan… ou presque.

Mélanie : pas eu le temps cette fois mais la prochaine …

Anne : Apprendre à voir, revoir avec la méthode « améliorer sa vision naturelle ». reconnaissance envers les presque né.e.s.

orlan_baiser.jpg(Orlan)

Morgane : Revue des Poupées en pantalon. Et les livres qui comptent à propos d’avortements. Truismes de Darrieussecq + les armoires vides et L’événement d’Ernaux.
Et féministe et hétéro, on fait comment ? Mode post-théâtre, néo-artiste.

Octavie : Seuil.s. Passages. Stèles. Ages (de la femme). Adages. Passages. 40+. L’ange de l’Histoire de Walter Benjamin.

ages de la femme.jpg

3 âges de la femme - Klimt.jpg (Klimt)

Fatou : chant au KAMALE’N GONI. Un texte d’un carnet. Un instant pour mille. Nommer ce qui est aimé. Amore, amours.

Alice : Deux tours de magie (vive Astrapi) et des devinettes…

Milady : échanges de bons procédés. Fanzines et dépliants à tous vents.
Pourquoi faut-il punir ? à Amélie, Morgane + Clouer le bec à l’antiféminisme à Aya + Le temps des bûchers de Starhawk à Morgane + accouchement et patriarcat. + toutes les publications reprises sur infokiosque.

 

Références tous azimuts :

médée.jpg

Concept résumé encore et toujours,

  • apportez gentes et nourritures terrestres
  • une chose, un truc à partager de toute forme, sorte, teinte
  • faites des amours et/ou des guerres

La 60ème aura lieu début 2018, lieu et date à confirmer.

19:26 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, girlz |  Facebook

Les Quenouilles - VOL-Age - Panik

quenouilles schéma.jpgDepuis quelques éditions-émissions, je suis honorée d'être une des Quenouilles, l'émission sur Radio Panik 105.4FM.

La dernière portait le doux nom de VOL-AGE. La rediffusion a lieu ce samedi 16 à 11h puis le podcast sera disponible for ever and ever.

Nous avons invité Sonia Verstappen, cofondatrice d'UTSOPI, entre autres. Vol - Volage - Age étaient nos lieux d'échange.

Nous avions aussi demandé à des autrices d'engager un peu de leur temps et langue sur le mot volage. Je les publie ici, certains ont été lus à l'antenne, d'autres pas.

Hymne à Vénus

Immortelle Vénus, fille de Jupiter, toi qui sièges sur un trône brillant et qui sais habilement disposer les ruses de l'amour, je t'en conjure, n'accable point mon âme sous le poids des chagrins et de la douleur.
Mais plutôt viens à ma prière comme tu vins autrefois, quittant le palais de ton père et descendant sur ton char doré. Tes charmants passereaux t'amenaient de l'Olympe à travers les airs qu'ils agitaient de leurs ailes rapides.
Dès qu'ils furent arrivés, ô déesse ! tu me souris de ta bouche divine ; tu me demandas pourquoi je t'appelais ; quels tourments ressentait mon cœur, en quels nouveaux désirs il s'égarait ; qui je voulais enchaîner dans les liens d'un nouvel amour : "Qui oserait te faire injure, ô Sappho ! S'il te fuit aujourd'hui, bientôt il te recherchera ; s'il refuse aujourd'hui tes dons, bientôt il t'en offrira lui-même s'il ne t'aime pas aujourd'hui, il t'aimera bientôt lors même que tu ne le voudrais plus."

O viens, viens donc aujourd'hui, déesse, me délivrer de mes cruels tourments ! Rends-toi aux désirs de mon cœur ! Ne me refuse pas ton secours tout-puissant !

Sappho

labile, changeant, un oiseau sur la branche
là où va le regard, suivra l'esprit
là où va l'esprit, le coeur suivra
et peut-être les lèvres
et l'action qui transformera le regard
alors, fermer les yeux, un moment
pour demander quelle action désire mon regard

Veronika Mabardi
abraham-walkowitz-isadora-duncan-pen-black-ink-and-watercolor.jpg

je vole en permanence vers un autre âge,
non, je ne suis pas instable,
je suis mouvement vers un nouvel équilibre,
mes oscillations sont vives
je suis en vie

Fabienne Bloc

 

Il y a tant à faire et tant à écrire et je suis tentée de ne ni faire ni écrire. Tentée par la peau, la chair, l’air, oui l’air, sur mes joues, la pluie glacée, le tronc de l’arbre, les vagues de vent, les roulis de pluie. Nez en l’air, au sol, pieds gelés, doigts glacés, et rire, parce que je sais que tu penses à moi, nez en l’air, je te regarde entre les nuages. C’est bien. C’est tout.

Fidéline Dujeu

 

Que fais-tu derrière mon dos?

Tu traînes? Tu putes? Tu salopes?

Et si tu ne l'as pas fait tu l'as pensé et si tu ne l'as pas pensé moi je l'ai pensé pour toi.

Perrine Le Querrec

andrew-fairclough-02.jpg

Plus une écume dans le ciel. La brume de la veille a mit les voiles. Bleu orgasmique, c’est la couleur du jour. Il occupe le présent de tous, lui le désirer. Son absence les a rendu fou. Graziella a revêtu ses ongles de cassis. Elle se balade dans la maison, ses mains battent l’air. Le vernis sèche. Ses doigts de pieds, tendus pour ne pas effleurer la moquette, murmurent des syllabes brûlantes. Le feutre de son corps galope sur le tapis. Elle s’allonge Le long et tout contre la baie vitrée.
Ciel ciel ciel
Graziella connaît toute la gamme des soupirs. Parfois elle en cache dans les boites de spaghettis, contre les rayures dorées du sofa. Solstice d’été
Ciel ciel ciel.
Des rires bouler rouler sur la moquette. Petite robe peau moite glace à la pistache. Ce soir son professeur d’anglais viendra. C’est un ami de Graziella. Ses voisins utilisent des mots opaques : amant e s.
Graziella entre ouvert la baie vitrée, l’air est si gentil.

 

Frédérique Dolphijn

 

Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
D’horloge

Il ne serait pas question de morale
Il ne serait pas question de genre
Il ne serait pas question de limites ou de liberté
Il ne serait pas question de ce que l’on a nommé « moi » et de ce que l’on a nommé « toi» les rendant ainsi séparés
Il ne serait pas question de nos pommes, en fait
Il ne serait pas question de possession, d’appartenance ou de consommation
Il ne serait pas question de conte quelle qu’en soit l’orthographe
Il serait question
Dans chaque mouvement, il serait question
D’une tension
D’une émotion
D’instants inscrits dans d’autres instants
De gens dans d'autres gens
D’une tension entre ce que l’on a nommé « réel » et ce que l’on a nommé « imaginaire »
Entre la maison et le jardin
Il serait question
Elle serait question
Elle a dit : « Danser nous relie au cosmos »
Bruits d’avion
D’ambulance
De frigo
Le ventre s’agite
Les vent dehors résonne avec le souffle dedans

Léïla Duquaine

DSC07670.JPG

Les passantes

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connait à peine

Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse
Qui vous sembla triste et nerveuse
Par une nuit de carnaval
Qui voulu rester inconnue
Et qui n'est jamais revenue
Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir

Paroles: Antoine Pol
Musique: Georges Charles Brassens

proposé par Manu Deloeul

 

Celles qui caressent longuement
Celles qui enveloppent chaudement
Celles qui ne s’attardent pas
Celles qui y reviennent
Celles qui tâtonnent
Les mains de C.
Les mains de K.
Les mains de R.
Les mains de T.

Celles du menuisier
Celles du musicien
Celles de l’informaticien
Celles du poète
Celles du cuisinier
Celles du jardinier
Les carrées
Les fines
Les tordues
Les abîmées
Les sensibles
Les douces
Les rugueuses
Je les ai toutes essayées
De l’une à l’autre
De l’autre à l’une
Tu me frisson
Je te catapulte
Tu me souvenir
Je te ciel
Et ensemble nous retrouvons cet instant suspension du temps.

Anne Guinot aka Madame Haïkaï

plume laurie.jpg

16:38 11/12/2017 | Lien permanent | Tags : textes, lis tes ratures, act-u, agendada |  Facebook

9
déc

Septennat poétique + Sortie Bookleg CUMAAIT #69

La Boutique MaelstrÖm célèbre ses 7 ans ce week-end.
J'en serai, en compagnie du BOOKLEG co-écrit par quelques autrices
dont moi et quelques unes de ces autrices justement.
Nous ferons état des textes et créerons un espace d'écriture collective
pendant une demie heure à environ 20h03
samedi 9 décembre
dans le piétonnier pas loin de la Friterie Jourdan.
C'est un livre fondé sur une mission du C.U.M.A.A.I.T. 
(Collectif Utopique Militant d'Autrices et d'Auteurs Interplanétaire et Transgénérationnel).
 
En 1935, Maxime Gorki lance un appel à tous les écrivains : il leur propose de décrire un jour dans le monde.
Quand le journal Izvestia relance l’initiative en 1960, Christa Wolf répond à l’appel et continue, jusqu’à sa mort, à décrire chaque 27 septembre. 


Nous avons rebondi sur cette idée et 6 autrices
(Céline Delbecq, Natacha de Pontcharra, Veronika Mabardi, Layla Nabulsi, Milady Renoir, Virginie Thirion),
une photographe (Alice Piemme) et une créatrice sonore (Carine Demange) ont tenté de décrire leur journée
du 18 mars dans un texte de 6 minutes, une série de capsules sonores, une série de photographies.
Cette matière a fait l’objet d’une lecture performée accompagnée d’images et de sons,
le 1er juin 2016 sur la scène du Cocq’Arts Festival.
A l’issue de la soirée, suggestion fut faite de laisser une trace de ce 2 juin. Le bookleg est né.

 
La suite du programme du weekend:

7 ans de la boutique maelstrÖm ! 

Venez fêter avec nous le 7e anniversaire de la boutique maelstrÖm 4 1 4 ! 
Sortie de livres, exposition, performances, lectures, musique, rencontres, verre de l’amitié… N’oubliez pas cette année d’amener un petit quelque chose à manger à partager avec nous (auberge espagnole)

 

Programme du week-end : 

SAMEDI 9 DECEMBRE

*15h présentation des éditions maelstrÖm à l'AEB (Association des Écrivains Belges) 

À la boutique:

*18h33 apéro et auberge espagnole
impros musicales par DJ Zai Macro

*19h37 happening poétique et vernissage de l’expo Dans les yeux du vivant de l’artiste BIA
Et des bijoux réalisés avec du matériel de récup'. 

Présentation et lectures :
*Bookleg 18 mars par le Collectif CUMAAIT (Layla Nabulsi, Céline Delbecq, Veronika Mabardi, Virginie Thirion, Natacha de Pontcharra, Milady Renoir, Carine Demange, Alice Piemme)
*Foufleg par le collectif Fast Fouf Nation...

*Première annonce du programme du fiEstival *12 (du 10 au 13 mai 2018)
DIMANCHE 10 DECEMBRE

*16h04 thé des écrivains : présentation de plusieurs booklegs Bruxelles se conte :

Rumeurs intraterrestres de Philippe Baudot
BRZL 21.17 de Christo Datso
Bocal Paradis de Claude Donnay
Il était une fois ma ville de Laurent Berger
Le citadin de Odilon-Jean Périer
L’oreille arrachée de Florent Toniello
Les égarés de Edith Soonckindt
 
plus d'infos sur Facebook

17:32 09/12/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook

Le mot, le reste, les choses, évidences.

andrew-fairclough-06.jpg"De fait, je marche comme attirée vers le haut par l'infini, comme tirée par des fils dont l'origine se serait perdue au-delà de la voûte céleste. De fait, mon corps, alors, qui ne peut pourtant plus courir, se rappelle délicieusement la course et retrouve comme une ivresse du mouvement, en même temps qu'une assurance du point d'appui.

Les pierres, disait-on au XIXe siècle, avaient une âme végétative, mais insensible ; et quoi qu'il en soit, un roc impose une borne à l'infini.

C'était aussi le lieu d'où je pouvais, pistant obstinément ma proie du regard, fixer un oiseau en vol et le suivre des yeux jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un point final à l'histoire.

Quand j'ai commencé à écrire un jour, dans un passé lointain, des fantômes me tourmentaient, la condition humaine me révoltait, mais j'ignorais à quel point elle me révolterait plus encore.
J'ai pensé que l'écriture serait mon appui définitif, mais il n'y a aucun point d'appui dans l'écriture. On a du mal à s'en passer, comme un enfant a du mal à se passer de jouer pour s'affronter au merveilleux.

Là, je m'oppose à ce qui veut que l'on vive loin, où il fait beau et chaud ; là, je m'oppose à ce qu'on vive là où il y a de la richesse et de la jeunesse à dévorer ; là, je m'oppose à ce qui veut que  l'on vive là où les choses sont faciles et où il n'y a plus de stupéfaction ; là je m'oppose à ce qui veut que l'on s'installe où l'existence va plus vite, où, de l'amour même, on a fait un étranger à soi-même. (...) Je ne comprenait pas que  l'on pût oublier la poésie du monde.

La poésie, la Nature et l'amour sont à jamais les abîmes les plus ardents où peut se jeter l'être."

Carnets de la côte d'Opale, Nadine Ribault, Le mot et le reste, 2016

 

(illu d'Andrew Fairclough)

17:29 09/12/2017 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

1
déc

P.eau.ésie - Un poème lisible sous l’eau a été écrit à l’Office des étrangers en soutien aux migrants

Dans le cadre du projet Bruxelles en p.EAU.ésie qui vise à réintroduire la poésie dans le quotidien des Bruxellois, un premier poème qui se révèle sous l’eau a été inscrit mercredi à 17h30 sur un trottoir à proximité de l’Office des étrangers, en solidarité avec les migrants.

Une trentaine de sans-papiers et de citoyens solidaires ont formé une chaîne humaine près de l’Office des étrangers pour se passer de l’eau et ainsi remplir des récipients. Les participants ont ensuite versé ensemble de l’eau sur le poème pour le révéler.

= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
بحذر  شديد، تحت الماء تم فحص صندوق اسود 
اجساد غير شرعية 
 
Bi-Hathar Shadeed 
Taht Al-Ma’a, Sandoq Aswad tam fahsoh 
Ajssaad Ghair Sharra’aya

Il s’agit d’un haïku (forme poétique courte d’origine japonaise) écrit par la poétesse Milady Renoir. Le texte est le suivant :

« En prudence sous l’eau / une case noire se coche / le corps d’ « illégaux » ». Ces mots ont été lus en français, en anglais, en arabe, en wolof et en néerlandais.
« Ce premier poème, qui dénonce la situation des réfugiés, est clairement engagé, mais d’autres sensibilisent plus simplement au rôle de la poésie dans la vie », explique Mélanie Godin, fondatrice de L’ASBL L’Arbre de Diane. « L’idée est de créer des averses de poèmes sous la pluie ».

25 poèmes

Au total, 25 poèmes éphémères révélables à l’eau seront inscrits sur le territoire de la Ville de Bruxelles avec son accord. Le quartier des Marolles sera particulièrement ciblé. Le prochain poème sera révélé la semaine prochaine dans la rue Haute. Une exposition reviendra sur l’ensemble des textes le 7 décembre au Recycl’Art.

En mai 2018, une nouvelle série de poèmes prendra place dans l’espace public de la commune de Watermael-Boitsfort. Il est question de terminer par la commune de Molenbeek-Saint-Jean en septembre.

Auteurs et amateurs

Tous les poèmes sont éphémères. Certains ont été écrits par des auteurs et d’autres par des amateurs dans le cadre d’ateliers d’écriture à dimension sociale. Le projet « p.EAU.ésie » est porté par l’ASBL L’Arbre de Diane. Il a remporté le prix Bruocsella by Prométhéa 2017. Il est notamment organisé avec des étudiants de l’IHECS et de l’ERG (École de recherche graphique), avec le soutien du label United Stages.

poly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textespoly-tiques, act-u, textes(Merci à Rose-May, Thierno, Modou, Mohamad, Aliette Griz, Ali Talib, Laura, Pauline, Mélanie, Léïla, Claude, Laurie, ... )

08:57 01/12/2017 Publié dans Actualité | Lien permanent | Tags : poly-tiques, act-u, textes |  Facebook

28
nov

Niemänd is Illegaal - chaîne humaine et cours d'eau - mercredi 29 novembre 2017

golup-dessin-par Mohamed - la chapelle en lutte atelier.jpgDessin de Mohamed (ici.)
 
= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
Un poème au bord de l'office des étrangers
Un poème pour, à notre tour, noyer cette administration
Un poème écrit sur le trottoir, pas loin des files des demandeur.se.s d'asile.
 
Demain, mercredi, entre 17h30 et ..., une chaîne humaine coulera de l'eau (apportez récipients, louche, pour récolter et verser de l'eau) sur ce haïku inscrit au sol dans une peinture spéciale qui se révèle sous l'eau.
 
Un acte performatif, solidaire et revendicateur, gratuit et engageant.
= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
 
Demain, mercredi, à 17h30, devant l'office des étrangers, Ali Talib, réfugié irakien lira en arabe, Aliette Griz, soutien des réfugié.e.s et sans papiers, co-écrivaine du récit d'Ali, Mom, I'm a refugee, lira en anglais, et Milady Renoir, poétesse solidaire, lira en français tandis qu'on fera apparaître ce poème, encore et encore, sous l'eau.
 
= - = - = - = - = - = - = - = - = - = - =
بحذر  شديد، تحت الماء تم فحص صندوق اسود 
اجساد غير شرعية 
 
Bi-Hathar Shadeed 
Taht Al-Ma’a, Sandoq Aswad tam fahsoh 
Ajssaad Ghair Sharra’aya 
 
+
 
En prudence sous l'eau
une case noire se coche
le corps d' "illégaux"

 
+
 
As precaution underwater
a black box is checked
illegal bodies
Kmii_logo_en.jpg
...
 
La plateforme citoyenne d'aide aux réfugié.e.s, le C.N.C.D, d'autres lieux de soutien et de sensibilisation sont allié.e.s de cette action.
Un évènement FaceBook (voir photos) peut-être relayé sur vos pages.
p.eau.sie event I.jpg
p.eau.sie event II.jpg
 
 
 
 
 
 
P.eau.ésie, projet proposé par Mélanie Godin, Les Midis de la Poésie, et organisé avec l'IHECS, l'ERG, avec le soutien du label United Stages.
D'autres poèmes apparaitront dans la ville, dans d'autres lieux, toujours sur le thème de l'eau. 
Ce projet a reçu le soutien du Prix Bruocsella 2017.
 
Votre présence, votre soutien, votre relais via les réseaux sont ici déjà remerciés.
 
 
°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'°'

08:47 28/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, agendada, act-u |  Facebook

27
nov

Introverti.e.s ET activiste.s? Une pensée éthique, durable...

Capture d’écran 2017-11-27 à 10.15.38.pngSarah Corbett évoque son activisme d'introvertie et la conception alternative d'un activisme intriguant, "slow" et bienveillant... ici.

 

10:16 27/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

13ème (amendement de la constitution des Etats-Unis) - documentaire

Capture d’écran 2017-11-27 à 09.31.36.pngJ'ai vu 13ème, hier, l'incroyable documentaire diffusé sur Netflix, 
(article sur Afropolitain).
J'ai enchaîné avec l'entretien entre Oprah Wimphrey & Ava Duvernay, la réalisatrice.
Grosse recommandation. y compris la bande son.
 
Bon visionnage. Bonne désaliénation.

09:40 27/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

24
nov

L'espoir a un territoire - Un paese di Calabria

un paese di calabria.pngHier soir, à CFS (Collectif-Formation-Société), une projection suivie d'une rencontre. Un film qui dit le possible et le réel. Un documentaire qui situe un accueil, une solidarité qu'on rêve ailleurs, ici et là. Sauf que ce village le fait de manière structurelle, institutionnelle grâce à une volonté d'abord de lutter contre la mafia calabraise, de reprendre possession de sa voix et de ses déterminismes et de réfléchir aux migrations que ce village de Calabre a subi (beaucoup sont partis)... Un maire, un jour, suite à l'arrivée d'un bateau de "nouveaux migrants", ramène 10 kurdes dans la maison familiale. Un impact individuel qui devient force collective et organisation d'une transformation sociale ET politique. Ce film montre que rien n'est gagné, que tout est rude, que les causes de migrations sont souvent les mêmes, de l'Antiquité jusqu'au jour d'ici.

Ce film est un enchaînement de poses, d'images longues, des paysages, des tableaux et des récits de toute sorte. Un composite alternant les voix des nouveaux habitants, des "anciens", de celleux qui passent, de celleux qui restent, de celleux qui sont parti.e.s, qui reviendront, qui ne reviendront jamais. Riace, ce village en bord d'horizons, est devenu Ithaque ou la Crète de Minos. Lieu d'arrivée ou de départ. Territoire d'accueil cependant. Un vrai bout d'espoir qui devrait injecté en intraveineuse, vaccin subsidié par l'OMS.

En termes d'accueil, il est possible, déjà à Bruxelles, d'héberger des personnes arrivées au parc Maximilien, en prenant contact avec la Plateforme Citoyenne d'Aide aux Réfugié.e.s.

 

09:17 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

La dernière convocation de Christine Van Acker, le pamphlet qu'on rêve d'envoyer à l'ONEM.

À présent, permettez-moi de répondre très personnellement à votre courrier. Il est 17h00. JE PRENDS LA LIBERTÉ DE CASSER MON FUSIL POUR AUJOURD’HUI ET D’INTERROMPRE JUSQU’À DEMAIN MA CHASSE À L’EMPLOI…CHRISTINE VAN ACKER

J’affiche cinquante-cinq ans au compteur, dont plus de trente ans à vivre mes jours comme une formation quotidienne, pas de ces formations que vous proposez qui ne me mèneraient nulle part, non, de celles que les rencontres, les expériences, les hasards, les amitiés, les amours ont mises sur mon chemin, celles qui m’ont fait avancer avec un peu plus d’assurance sur les chemins tortueux de l’existence, commençant à percevoir une certaine maîtrise dans ce que j’entreprends. – Cent fois, sur le métier remettez votre ouvrage… – Me voici aujourd’hui, face à vous, un bureau entre nous ne donne à voir à l’autre qu’une moitié de corps. Vous voudriez considérer mes efforts sur une période de quelques mois, comme si je n’étais apparue dans le monde du travail (à partir de maintenant, c’est moi qui prends la parole, nous ne dirons plus ni marché, ni emploi) que depuis quelque mois. Renaîtrions-nous de nos cendres à chaque fois que vous réexaminez nos dossiers ? Et, pour renaître, nous tueriez-vous chaque fois ? Nos expériences personnelles, pareilles à nos aspirateurs ou à nos grille-pain, devraient-elles obéir à la loi de l’obsolescence programmée ?

Savez-vous dans quelle pièce vous jouez ? Et, si oui, pourquoi continuez-vous à endosser le costume de votre personnage ? La sécurité de l’emploi ? À quel prix ? Le savez-vous ? Vous faites le jeu des prédateurs…

J’ai, pour ma part, la chance d’être lettrée, mais je pense à ceux qui se débattent avec la lecture, l’écriture, et qui seront mangés tout cru faute d’avoir eu la chance de maîtriser mieux cette arme. Car l’écriture est une arme, que je brandis ici, pour riposter à cette agression venue des hautes instances ministérielles qui sont, elles-mêmes, à la botte des multinationales. Poursuivez les fraudeurs fiscaux à grande échelle, n’octroyer plus des dédommagements faramineux aux grands patrons qui sont remerciés pour leurs malversations.

Si vous nous éteignez tous, attendez-vous, le matin, en allumant votre radio à ne plus entendre de musique, à ne plus voir d’affiches devant vos cinémas préférés (il n’y aura plus de scénaristes, de comédiens, de réalisateurs, de monteurs, d’éclairagistes pour les réaliser), à enfiler un sac de jute à la place d’une robe ou d’un costume (il n’y aura plus de stylistes pour les créer), à entrer dans une voiture informe (il n’y aura plus de designer), à utiliser des objets rudimentaires. Notre pays se retrouvera teint uniformément en gris et vous vous en étonnerez trop tard. C’est aujourd’hui qu’il faut en prendre conscience. L’utile et l’inutile ne sont pas du côté que vous pensez. Qui, de vous ou de nous, est le plus productif (s’il faut parler en termes marchands) ? Qui crée le plus d’emplois ? J’ai décidé de consacrer ce qui me reste de vie (j’insiste) à ne pas participer à cette dislocation de nos droits sociaux, de nos solidarités, à ne pas creuser encore le fossé entre les nantis et les de plus en plus précaires, de mettre mon temps à profit, et non pas dans le profit, d’une amélioration de notre société et non sa dégradation. C’est pour cette raison que je ne veux plus le perde en répondant à de vaines convocations, en signant des contrats qui prouveraient que je suis bien – activée – Je le suis, bien active, c’est-à-dire vivante. Tous, nous devrions avoir ce courage, nous aurions tout à y gagner. Imaginez-vous cette foule de nouveaux non-chômeurs dans la rue. Imaginez alors, ce que vous pourriez faire, vous, de votre emploi devenu inutile. Nous rejoindriez-vous ? Nombreux, nous nous tiendrons bien chaud.

Aujourd’hui est le jour de ma dernière convocation.

CHRISTINE VAN ACKER – LA DERNIERE CONVOCATION – AUX EDITIONS : CACTUS INEBRANLABLE

Avant que je remette le texte au FOREM, lors de ma dernière convocation, j’ai fait appel à l’équipe pour compléter ce qui ne pouvait plus s’appeler un – dossier -, mais un manifeste. J’ai demandé à d’autres artistes : Combien de jours de contrat avez-vous dans l’année ? Ajoutez, si vous le voulez, quelques mots au sujet de votre statut, ou a propos des convocations telles que vous les avez vécues.

ANNE VERSAILLES – LAURENCE VIELLE – VERONIKA MABARDI – LAYLA NABULSI – MARC GUIOT – CLAIRE ALLARD – BEATRICE DIDIER – FRANCOISE NICE – PAOLA STEVENNE – FRANCE EVERARD – JACKY DEGUELDRE – EVA KAVIAN – CELINE RALLET

08:50 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, lis tes ratures |  Facebook

Abolition de l'esclavage 2.0

Un appel au rassemblement est lancé à tous les êtres humains ce samedi 25 novembre 2017 à 14h place Poelaert à 1000 Bruxelles. L’initiative vient du collectif Africa Libération. Ce rassemblement vise à défendre le respect de la dignité humaine en Libye et partout ailleurs dans le monde mais aussi protester PACIFIQUEMENT contre les régimes politiques
africains et européens qui contribuent à la crise migratoire.                                            

L’esclavage constitue la négation absolue de l’humanité d’un Homme. Si un Noir n’est pas un être humain, alors l’Humanité n’existe pas.

CE N’EST PAS PARCE QUE LA PLUPART DES AFRICAINS VIVENT  AVEC MOINS D’1$ PAR JOUR, QU’IL FAUT OUBLIER QU’UNE VIE HUMAINE N’A PAS DE PRIX.

L'émoi provoqué par les images choquantes du reportage de Nima Elbagir est aussi l’occasion de rappeler que les formes d'esclavage sont multiples et qu'elles ont lieu partout, même dans notre pays qu'est la Belgique. L'esclavage, qu'il soit physique, mental, politique ou encore économique n'a plus sa place au 21ème siècle. Il est du devoir de chacun de s'insurger contre l’assujettissement d'êtres humains par d'autres êtres humains ; car y être indifférent, c'est déjà être complice.

«  Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons » MLK

À propos des organisateurs : AFRICA LIBERATION est une plateforme de synergie composée de personnes physiques et morales d’horizons et de sensibilités différents, partageant des valeurs communes de Justice, de Paix et d’Humanité et œuvrant à un but commun : la libération de l’Afrique des multiples fléaux qui l’accablent depuis fort longtemps et la construction d’un monde meilleur comme patrimoine de l’HUMANITE.

Facebook: https://www.facebook.com/events/141583463269532/?ti=cl

08:25 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

22
nov

post moderne

anthony duchene Le pendule 2012.jpgLes sociétés traditionnelles assignaient à leurs membres une identité, et plus précisément une appartenance – à une caste, un ordre, une classe, un statut… – et leur enjoignaient de s’y tenir. Leur cohésion et leur solidité dépendaient de cette fixité. La société moderne, elle, ne tient, comme un vélo, que dans et par le mouvement ; celui qu’engendre la mise en crise permanente, qui est le destin et, pour ainsi dire, la compulsion profonde qui meut la société capitaliste depuis son origine.
Daniel Blanchard

15:27 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

Compte-rendu 58ème soirée filles avec un cerveau (chacune) + invitation à la 59ème

Le vendredi 6 octobre 2017 a eu lieu la 58ème soirée filles avec un cerveau (chacune) chez Milady.

Allan Grant. Edith Piaf. Montage of expressions. 1952.jpg

Voici la liste non-exhaustive des choses partagées (quand c'est rouge, c'est hyperli(n)kable, cliquable):

 

Une pièce d'Eric Durnez et la densité d'un personnage, la reconnaissance d'un lieu dans un texte hors de soi, Bell Hooks et l'empowerment, La compagnie BERLIN qui a suivi 5 ans un couple resté en zone contaminée à Tchernobyl (Zvizdal), les deux auteurs Emmanuel Lepage & Gilles Chasseboeuf et leur témoignage de leur séjour à TchernobylCapture d’écran 2017-11-22 à 12.11.14.png, Femmes qui courent avec les loups malgré tout, non le masculin ne l'emporte pas sur le féminin, bordelle, les larmes du seigneur afghan , docu-bd de la reporter Pascale Bourgaux, le film The land of the enlightened de Pieter-Jan de Pue, deux chansons au Banjolélé chantées par Catherine Delasalle, le documentaire La terre abandonnée de Gilles Laurent, pensée vers le gardien des animaux à Fukushima Naoto Natsumura, le Black Women's Manifesto, l'alternance Punition-Récompense, MUCEM collection.jpgles enfants 'dys-" (-praxie, -lexie, -calculie), l'intimité dévoilée en non-mixité, et autres rapports aux mondes.

 

 

 

 

 

Aussi, une des filles de ce soir là possède aussi une voix, et en écho à ce que Catherine nous a partagé lors de cette soirée filles en intimité, je relais l'invitation à venir l'écouter, avant la prochaine soirée:

Catherine Delassale / « Les grands oiseaux » - Apéro-concert / le 3 décembre à 17h: Artiste atypique et inclassable, Catherine chante ses textes, compose ses musiques et s’accompagne  avec les différents instruments dont elle s’inspire pour composer: accordéon, ukulélé, kalimbas etc… Avec sa voix aux accents de noir, d’or et de feu (dixit Bobin) elle nous emmène sur ses ailes de poète dans son univers où l’ intime est ouverture sur le monde.  Si elle a chanté et enregistré avec les meilleurs musiciens de jazz flamands, Catherine privilégie aujourd’hui la rencontre directe avec le public, sans amplification ou un minimum. Par l’intermédiaire d’un jeu de cartes, chaque personne présente se voit adressée une chanson ou un poème.
Lieu: Rue Henri Wafelaerts 15, 1060 Bruxelles, rez. / Réservations indispensables: lavoixetlegeste@gmail.com / Participation libre, au chapeau. Merci de soutenir l’artiste!

"Les grands Oiseaux sont les grues cendrées dont le vol a inspiré la chanson  du même nom. Les grands Oiseaux sont les Nomades, les gitans ,les voyageurs,  rencontrés sur les routes..  et aussi les « Albatros » de Baudelaire, ces poètes qui nous  inspirent et nous emmènent dans ce temps extra-quotidien, les grands voyageurs de l’âme : Rimbaud, William Blake, Eliot…  tous ceux qui m’ont inspirée en chemin ou qui m’entourent maintenant , tous ceux aussi que « leurs ailes empêchent parfois de marcher »  Catherine

DONC
Prochaine Soirée Filles (59ème) avec un cerveau (chacune)
le vendredi 8 décembre chez Amélie
Rue Garibaldi 73
à Saint-Gilles de Bruxelles
dès 19h03

haka girls.jpgapportez gentes et nourritures terrestres
une chose, un truc à partager de toute forme, sorte, teinte
faites des amours et/ou des guerres
faites circuler l'info
pas besoin d'in-/con-firmer sa venue,
on peut, on peut pas, c'est toujours bien.
Rappel du concept de la soirée ici. 

 akdt femmes savantes.jpg

10:32 22/11/2017 | Lien permanent |  Facebook

Les tondues - Perrine Le Querrec & Jacques Cauda

Je l'ai pas encore lu
je m'en fous, je sais que ça sera important et dense.

Publié le 11 novembre 2017 – 38 Pages – Couverture souple en dos carré collé – Impression intérieure Noir & blanc- 15,24 cm x 22,86 cm 
N’a-t-on jamais demandé aux hommes s’ils avaient couché avec une allemande, les a-t-on transbahutés sur des charrettes à travers villes et villages sous les huées ? a-t-on jugé leur sexualité, a-t-on jugé leur chair leur pénis ou leur cœur ?

Sur le char les femmes, sur les roues les routes, sur le char par bouquets traversent les villes sur la charrette les sorcières menées à l’échafaud.
Les hurlements de ceux qui sont droits dans leur droit les entiers toute intégrité conservée.
Vraiment ?
Certaines deviennent folles le temps de la tonte, certaines deviennent plus fortes le temps de la honte.

http://www.lelitteraire.com/?p=35581
http://delarthelvetiquecontemporain.blog.24heures.ch/arch...

10:14 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Plussoir, plussoyer? mais c'est quoi ce verbe anyway...

J'ai découvert Ndella Paye dans le film nécessaire "Ouvrir la voix" d'Amandine Gay il y a quelques mois. Je l'ai ensuite "suivie" sur FaceBook. Ses interventions, ses commentaires m'accrochent régulièrement.

Ici, sur le blog nécessaire aussi, LMSI, un article qui tombe à pic, autant dans la temporalité nécessaire encore de la dénonciation, mais aussi dans l'ultime nécessité (j'insiste) d'une mise en pratique d'un discours encore bien trop retardé - attardé.

de la belle théorie à une pratique effective

Manifeste à destination des hommes alliés
par Ndella Paye
4 novembre 2017

Depuis quelques jours circulent sur les réseaux sociaux différents hashtags pour dénoncer les violences que subissent les femmes au quotidien. L’idée étant que les personnes ayant vécu une situation de harcèlement et/ou d’agression sexuelle puissent en témoigner, si elles le veulent bien.

L’ampleur des agressions contre les femmes qu’a révélée le hashtag #MoiAussi ou #MeToo n’a laissé personne indifférent. C’est le cas de le dire.
Ces hashtags ont eu le mérite d’avoir libéré la parole, parole qui a mis mal à l’aise un nombre incalculable d’hommes, et même de femmes, y compris des victimes de violences.
Précision de taille : #MeToo fut à la base une campagne lancée par la militante noire américaine Tarana Burke, fondatrice de Just Be Inc, une association à destination de la jeunesse. L’objectif pour cette activiste était de rassembler les personnes victimes de violences sexuelles, notamment les personnes issues des minorités.
Pour Burke, la campagne n’a pas été construite dans le but d’être virale ou de lancer un hashtag populaire une journée mais oublié dès le lendemain. C’est un slogan à se passer de survivante en survivante, pour montrer aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’un mouvement de la sorte est possible.
Il était important de le préciser pour rendre à César ce qui lui appartient.
Le hashtag, quant à lui, a eu pour objectif de permettre aux femmes qui le souhaitaient de pouvoir reprendre la parole et mettre des mots sur les différentes agressions (harcèlement, gestes déplacés, viol, violences physiques, verbales…) subies. Et pour celles qui veulent aller plus loin, de témoigner de la nature de la violence.
Quelques jours auparavant, il y eut le hashtag #BalanceTonPorc qui, de la même manière, permettait aux femmes de dénoncer leur agresseur si elles le souhaitaient.
Tous ces hashtags ont eu un réel succès, mais ont été largement critiqués et attaqués. On a vu ressortir des #NotAllMen (tous les hommes ne sont pas des agresseurs), et des femmes (elles-mêmes parfois, victimes de violences) dénoncer les dénonciations. Nous avons pu constater de nombreuses tentatives de réduction au silence des femmes qui souhaitaient s’exprimer car leur parole mettait mal à l’aise une société patriarcale aux relents sexistes et misogynes. D’autres l’ont même pris pour une injonction à parler et à dénoncer.
Il faut croire qu’il y en a qui découvrent ou feignent de découvrir l’ampleur des dégâts et leurs conséquences sur les femmes.
« Il faut aller porter plainte ! » crient certain.e.s, faisant comme si les policiers qui prennent les plaintes accueillaient comme il se doit les femmes victimes d’agressions, comme si la justice faisait bien son travail et enfin comme si témoigner et porter plainte ne pouvaient aller ensemble.

Nous avons vu également des hommes, alliés des femmes, se soulever contre les différentes tentatives de réduire au silence celles qui avaient décidé de témoigner et c’est à ceux-là que je m’adresse. Ceux qui au quotidien, en tout cas dans le discours, se mettent du côté des femmes dans leur quête de justice et leur combat pour une société plus égalitaire, plus sûre et sans violence aucune.
Ce qui leur est demandé maintenant, c’est de passer de la belle parole aux actes concrets pour accompagner, voire accélérer, le changement en train de s’opérer.
L’idée est très simple, il s’agit de mettre leurs pratiques en stricte conformité avec leurs théories, tout de suite.
La question est : combien de vos privilèges êtes-vous prêts à perdre, messieurs, pour un monde plus égalitaire, au-delà de vos vœux pieux ?
➢ Êtes-vous prêts, par exemple, à inviter votre collègue femme tous les midis pour corriger l’écart de salaire entre vous ? C’est une vraie et très sérieuse question. Les lois ne suffisent apparemment pas pour corriger les inégalités et enrailler les injustices. Vous êtes favorisés, que vous le vouliez ou non. En attendant que les salaires des femmes augmentent pour atteindre les vôtres, à travail et compétences égaux, c’est à vous de fournir des efforts. Et comme c’est vous qui détenez le pouvoir, cela accélérera certainement les choses.
➢ Pour ceux qui sont en position hiérarchique de pouvoir dans les entreprises, êtes-vous prêts à briser le plafond de verre ? Il s’agit de ne pas pénaliser les femmes dans leur accession au pouvoir à cause de leur maternité par exemple.
De dénoncer, en sanctionnant systématiquement les blagues sexistes, tous types de harcèlement, tous gestes et/ou paroles déplacés ? Cela sous-entend, évidemment, que vous n’en seriez jamais les auteurs.
Même sans occuper une place de pouvoir dans l’entreprise, vous devrez être du côté des femmes quand elles subissent les méfaits de leurs collègues mâles, vos semblables, en les soutenant, en dénonçant leurs auteurs pour que la peur et la honte changent enfin de camp.
➢ Pour les chercheurs, conférenciers, et intervenants en tous genres, êtes-vous prêts à laisser votre place à une collègue si le panel auquel vous êtes invités n’est pas paritaire ? (Vous aurez établi, au préalable, une liste de collègues femmes que vous proposerez pour vous remplacer). Vous refuserez de parler, à la place des femmes, de sujets ne vous concernant pas. Vous n’avez que trop pris la parole et n’occupez que trop l’espace public.
➢ Pour ceux qui sont en couple hétérosexuel, êtes-vous prêts à veiller, réellement, à ce que les tâches soient équitablement partagées à la maison ? À ce que la charge mentale ne repose plus exclusivement sur votre partenaire ? Et quand vous faites votre part de boulot, please, n’attendez ni n’exigez pas de remerciements, ni même une quelconque reconnaissance. Les femmes le font depuis trop longtemps sans aucune forme de reconnaissance ; pire, les tâches qu’elles effectuent sont dépréciées.
Nous ne sommes pas nées en sachant cuisiner, faire le ménage et nous occuper de la progéniture que nous concevons ensemble. C’est loin d’être naturel. Nous avons appris à le faire. Ce qui signifie que vous pouvez faire de même et à tout âge. Les femmes ne s’amusent pas à s’occuper de la corvée de la cuisine pendant que vous, messieurs, êtes des chefs cuistot. Tout comme ce n’est pas drôle pour nous de nous en sortir mieux que vous à l’école pour qu’en définitive les postes de pouvoir vous reviennent.
➢ Êtes-vous prêts à changer de trottoir la nuit quand vous vous retrouverez à marcher derrière une femme ? L’espace public n’est pas un espace de sécurité pour les femmes. Les hommes s’y comportent et l’occupent comme s’il leur appartenait. Donc il va falloir faire des efforts en attendant de le rendre moins violent et plus sûr pour elles.
Cela concerne également les transports en commun. Puisque vous êtes des alliés, vous y dénoncerez toute attaque à l’encontre d’une femme. Les corps des femmes ne vous appartiennent pas, vous ne pouvez en aucun cas les toucher et/ou les complimenter sans leur accord. Quand vos compliments mettent mal à l’aise une femme, vous devrez les arrêter immédiatement et vous en excuser. Vous n’aimeriez certainement pas qu’on vous pince les fesses sans crier gare, normal, c’est humiliant et porte atteinte au corps et à la dignité. Du respect, donc.
➢ Êtes-vous prêts à cesser tout « humour » sexiste ?
Les différents hashtags ont été repris par beaucoup trop d’hommes, ont été déformés pour les servir à toutes les sauces et détourner l’attention d’un sujet aussi grave. Les blagues des dominants à l’encontre des dominées ne sont pas drôles, en fait. Elles participent aux violences. Une fois de plus, au lieu de vous taire et d’écouter ce que les femmes ont à raconter, vous occupez l’espace et prenez la parole. Essayez donc de développer une capacité d’écoute. Apprenez à vous taire et à écouter plus, pour un meilleur partage de la parole.
➢ Êtes-vous prêts à constamment questionner vos comportements, vos paroles et vos gestes, votre attitude générale vis-à-vis des femmes ? Pas seulement vis-à-vis de votre mère, sœur ou fille mais de toutes les femmes. Êtes-vous prêts à corriger cette attitude immédiatement si elle devient problématique ?
Sachez aussi, messieurs, que les femmes ne sont jamais vraiment au repos. Quand vous êtes au café entre potes, vous pouvez parler football en oubliant les galères au travail, les corvées de la maison, l’éducation des enfants, etc. Les femmes, elles, n’en ont pas le loisir, elles n’y arrivent pas, la charge mentale est puissante. Elles passent leur temps à discuter de l’éducation et de l’école, des enfants et des corvées à la maison, des comportements sexistes au travail dans la rue, etc. Nos têtes sont en constante ébullition, même quand nous tentons de dormir, jamais vraiment au repos. Et pourquoi ? À cause des violences patriarcales que nous subissons au quotidien, et ce dans tous les espaces et tous les moments de nos vies. Les choses doivent changer.

C’est à vous de jouer maintenant, la balle est dans votre camp.
p.-s.
Ndella Paye militante afroféministe et antiraciste, membre fondatrice du collectif Mamans Toutes Egales.
Les médias sont partie intégrante du système de domination et sont détenus par les dominants, ce n’est donc pas le meilleur outil au service de nos luttes. Mais aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux, une alternative très appréciable et un relais non négligeable, nous pouvons les obliger à traiter de sujets très sensibles voire nous passer carrément d’eux.
Mon militantisme de terrain n’étant plus à prouver, je voudrais profiter de l’élan de vulgarisation ouvert par #BalanceTonPorc et #MoiAussi pour lancer le hashtag #DeLaBelleTheorieAUnePratiqueEffective, afin d’accompagner et de visibiliser ce manifeste. Personne ne pourra me reprocher, très honnêtement, de ne faire que du militantisme hashtag. S’il reste un moyen de toucher le plus grand nombre, l’objectif est d’aller au-delà des dénonciations et de mettre en pratique les vœux pieux.

10:11 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : girlz, poly-tiques |  Facebook

21
nov

Chaîne Humaine Trempée - Poésie Vs. Office des Etrangers - 29/11/2017 - 17h30

Cher.e.s
 
de la poésie, p.EAU.sie dans la cité, cours d'eau pour fluidifier les rages?
Poésie: résistance sur les murs, entre les égouts, les rigoles, les fuites, les trottoirs, entre les corps composés d'environ 60% d'eau, corps qui déambulent, qui oublient, qui tracent leur route quand d'autres sont arrêtés nets... souvent à l'office des étranger.E.s.
 
Un petit haïku est peint à l'aide d'une peinture spéciale devant l'entrée de l'office des étranger.e.s depuis quelques jours. Il pleut donc il est déjà visible.
Afin de le rendre encore plus visible et de dénoncer, encore une fois - jamais assez, la politique virulente produit par l'état belge en questions migratoires, plusieurs associations et lieux d'éducation et de culture vous convient à une chaîne humaine le mercredi 29 novembre à 17h30, entre le Parc Maximilien et l'Office.
Je joins qqs "infos" sur l'office des étrangers afin de poser qqs pré-requis sur ce lieu pré-dominant dans la vie de milliers de gens.
 
Les bénévoles des collectifs engagés dans l'aide et le soutien aux migrant.e.s sont impliquées, aussi. Et une version en arabe et en anglais sera lue pour que les personnes concernées ne soient pas "trop" exclues.
 
 
C'est un acte performatif, solidaire et revendicateur, gratuit et engageant.
Venez avec un ustensile qui récolte, contient, verse de l'eau.
L'Agence d'Interim de Nettoyage du Racisme d'Etat sera du moment.
 
Pour celleux qui sont sur facebook, un évènement est lancé (voir photos) - le relais peut se faire de là également.
 
D'autres poèmes s'afficheront dans Bruxelles, aussi.
 
Merci de relayer l'info, si possible.
 
Cordialement, 
 
Milady
 
 

L'Office?
 
Qqs lieux observatoires pour suivre les "conséquences" de la politique belge + agir, considérer, dénoncer: 

16:18 21/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, agendada |  Facebook

26
oct

Poème hormonal

de-retour-des-assises-du-cul-nov-2011.jpgOh belle prostate de hyène
aussi nommées glandes de skène
savions-nous, heureuses chiennes
que chacune possède la sienne?

plus que scrotum moins que rectum
mais de prostate moins grosse que la rate
nous pouvons faire usage ad libitum
de faire jaillir eau de nos petites patates

comment éduquer les gonades mâles?
comment appréhender la testostérone?
évider les pulsions d'un grand mal?
en frappant ou massant leur neurones?

non, en frappant, massant, percutant leur prostate,
qu'elle soit interne ou cérébrale, tout est bat

louons les glandes, leurs tensions
abolissons leurs écrasantes représentations.

#mondicoderimesestmonmaîtrespirituel

15:29 26/10/2017 | Lien permanent | Tags : textes, poly-tiques |  Facebook

Prochains RDV - ateliers d'écritures "pré-textes & sous-titres"

Bonjour, 

voici les prochains RDV avec les ateliers d'écritures "pré-textes & sous-titres" que j'anime ici et là. Cliquez sur le titre pour obtenir les infos précises.
N'hésitez pas à relayer autour de vous, auprès de personnes en écriture, au bord de l'écriture, en recherche d'écritures.

Déroulement

L’atelier pré-textes & sous-titres invoque des pistes littéraires et des thématiques allant du silence au chaos. 
Des artistes de tous les univers sont présentés, utilisés, recommandés, parfois invités pour confronter leur art aux participants/auteurs.
Les styles et les expériences doivent pouvoir se coudoyer, se mêler. Les participant.e.s sont invité.e.s aux virages, aux cul-de-sacs et autres limites de l’impossible. Très souvent, des textes ne sont pas forcément lus puisqu’écrits à chaud et pour le plaisir. Très souvent, des textes sont lus et obtiennent des retours circonstanciés sur leurs effets (jamais sur la personne ou sur base d’interprétation !) (par l’animatrice et/ou le groupe).
Très souvent, des outils d’écoute des textes et de retour sont appréhendés afin que chacun.e puisse ensuite peaufiner son propre retravail.
Enfin, il n’est pas rare que d’autres pratiques (arts plastiques, mouvement, photographie, danse, ...) s’allient à celle de l’écriture pour transformer, déformer l’acte d’écrire et l’écriture.

 

Cycle « Corps & Âmes » - Un mardi par mois - atelier d’écriture thématique

Cycle « Corps & Âmes » L’atelier d’écriture ‘pré-textes & sous-titres’ propose un nouveau rendez-vous avec l’écriture en soirée à Schaerbeek. En soirée, une invitation à écrire autour de la (...)

     

Atelier 2.0 autour de la notion d’EMPOWERMENT

Empowerment (ou l’Empuissancement)... Kezako ? Bienvenu dans ce concept décrivant un processus par lequel un individu ou un groupe acquiert les moyens de renforcer sa capacité d’action, de (...)

     

Atelier d’écritures text(il)es - écritures, confection, coutures, ...

Un atelier d’écritures liant deux matières, l’écrite et la cousue, la manuscrite et la tissée, la pensée et l’oeuvrée. Elise Patte et Milady Renoir se sont rencontrées dans des préfabriqués lors des (...)

     

Atelier d’écritures (pro-)féministes - "Femmes Savantes"

Description : Cet atelier d’écriture s’imprègne des figures féminines (de la littérature, des arts, de la politique, de l’histoire, des histoires...), des luttes, débâcles, retors, revers, sangs versés, (...)

Toutes les descriptions et conditions sur: Atelier-s d'écriture-s (profil sur le site du Réseau Kalame)

 
L'intérêt peut être trompé, méconnu ou trahi,
mais pas le désir.
G. Deleuze

15:26 26/10/2017 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Tags : atelier, agendada |  Facebook

26
sep

Auto déterminisme appliqué

girlzrappel des exigences:

"« Ainsi confrontée de force à l’éventualité de ma mort, à ce que je désirais et voulais de ma vie, aussi courte soit-elle, priorités et omissions me sont apparues violemment, sous une lumière implacable, et ce que j’ai le plus regretté ce sont mes silences. De quoi avais-je donc eu si peur ? (…) J’allais mourir, tôt ou tard, que j’aie pris la parole ou non. Mes silences ne m’avaient pas protégée. Votre silence ne vous protégera pas non plus. Mais à chaque vraie parole exprimée, à chacune de mes tentatives pour dire ces vérités que je ne cesse de poursuivre, je suis entrée en contact avec d’autres femmes, et, ensemble, nous avons recherché des paroles s’accordant au monde auquel nous croyons toutes, construisant un pont entre nos différences. »
+
« La raison du silence, ce sont nos propres peurs, peurs derrière lesquelles chacune d’entre nous se cache – peur du mépris, de la censure, d’un jugement quelconque, ou encore peur d’être repérée, peur du défi, de l’anéantissement. Mais par-dessus tout, je crois, nous craignons la visibilité, cette visibilité sans laquelle nous ne pouvons pas vivre pleinement. (…) Or, cette visibilité, qui nous rend tellement vulnérables, est la source de notre plus grande force. Car le système essaiera de vous réduire en poussière de toute façon, que vous parliez ou non. Nous pouvons nous asseoir dans notre coin, muettes comme des tombes, pendant qu’on nous massacre, nous et nos sœurs, pendant qu’on défigure et qu’on détruit nos enfants, qu’on empoisonne notre terre ; nous pouvons nous terrer dans nos abris, muettes comme des carpes, mais nous n’en aurons pas moins peur. »
+
« Parce que nous vivons au sein de structures façonnées par le profit, le pouvoir vertical, la déshumanisation institutionnalisée, nos émotions n’étaient pas censées survivre. On attendait des émotions, mises à l’écart tels d’incontournables accessoires ou d’agréables passe-temps, qu’elles s’agenouillent devant la pensée de la même façon que les femmes s’agenouillent devant les hommes. Mais les femmes ont survécu. En poètes. Et il n’y a pas de nouvelles souffrances. Nous les avons déjà toutes endurées. Nous avons enterré cette vérité à l’endroit même où nous avons enterré notre puissance. Elles refont surface dans nos rêves, et ce sont nos rêves qui nous indiquent le chemin de la liberté. Ces rêves deviennent possibles grâce à nos poèmes qui nous donnent la force et le courage de voir, de ressentir, de parler et d’oser. Et si nous considérons comme un luxe notre besoin de rêver, notre désir d’amener nos esprits au plus profond de notre foi, alors nous renonçons à la source de notre puissance, de notre féminité."

Extraits de textes d'Audre Lorde

15:49 26/09/2017 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

23
sep

chacun.e cherche sa recherche...

Cette semaine, je suis devenue chercheuse.

Dans une tentative d'éprouver l'aspect moral, militant, méthodologique de la lutte que je côtoie. 
C'est aussi "re-prendre" des études (arrêtées "trop tôt" comme je dis parfois).
C'est aussi une tentative de formaliser en dehors de la fiction (mon médium habituel et structurel de ma pensée) un regard qui passerait de mon témoignage personnel (dont on se fout finalement) à un ouvrage (publié ou pas) de narrativités partagées.

Du coup, ma question de recherche touchera(it) la valorisation des récits de personnes dites sans papiers sous l'angle migratoire, socio-économique, politique, personnel.

Strates du travail sur le prochain semestre:
* Un repérage de dates et lieux historiques des luttes et présences de SP en Belgique. 
* Une collecte de récits individuels en gardant une vigilance intersectionnelle, inclusive, déhiérarchisante et détypologisante des premier.e.s concerné.e.s. selon des outils d'éducation permanente (acquis et à acquérir).
* Une tentative de pointage d'outils de transmission entre les "premier.e.s" SP en Belgique et les "dernier.e.s" arrivé.e.s.
vers
* (idéalement...) Une mise en commun politique et militante par et avec les premier.e.s concerné.e.s de récits, d'outils (de diffusion, de travail, de partage) et de lieux d'écoute, de réflexion, d'écriture collective des histoires (au sens historique et au sens narratif) des Sans papiers.

mots encore un peu abstraits en mon corps-esprit.
mots encore frais vis-à-vis des premières étapes de travail.
mots encore illégitimes vis-à-vis de travaux déjà effectués, déjà pensés, déjà récoltés.

à suivre.

 

22:42 23/09/2017 | Lien permanent | Tags : ego-tripes |  Facebook

22
aoû

lettre de ... à...

rilkelou

Je te parle comme les enfants parlent dans la nuit.

 

En 1900, le poète Rainer Maria Rilke découvre le travail du sculpteur Auguste Rodin. Trois ans plus tard, il publiera un essai sur le travail de l’artiste, jusqu’à devenir, en 1905, son secrétaire particulier à Paris. Dans cette lettre à sa muse Lou Andreas-Salomé, il lui témoigne la façon dont Rodin inspire sa démarche créative, et livre par-là sa propre réflexion esthétique.

 


10 août 1903

[…] J’aimerais d’une façon ou d’une autre me retirer plus profondément en moi-même, dans le cloître qui est en moi et où sont accrochées les grandes cloches. J’aimerais oublier tout le monde, ma femme et mon enfant, et tous les noms, toutes les relations, tous les moments partagés et tous les espoirs liés à d’autres êtres. Mais à quoi me servirait de partir très loin de tout puisqu’il y a partout des voix et nulle part un refuge tranquille, protégé par une calme bonté, qui m’accueillerait. Nul endroit où le mesquin soit moins envahissant et moins pesant. Si j’allais au désert, le soleil et la faim me tueraient ; car les oiseaux ont cessé de voler vers les solitaires : ils jettent leur pain au milieu de la foule qui se le dispute…

C’est pourquoi il est si terriblement nécessaire pour moi de trouver l’outil de mon art, le marteau, mon marteau, afin qu’il devienne le maître et couvre tous les bruits. Il doit bien y avoir aussi un métier à la base de cet art, un travail fidèle, quotidien, faisant feu de tout bois, cela doit bien être possible là aussi ! Oh, si je pouvais avoir des jours ouvrés, Lou, si la cavité la plus secrète de mon coeur pouvait être un atelier, une cellule et un refuge pour moi ; si tout ce qu’il y a de monacal en moi pouvait fonder un cloître destiné à mon travail et à ma méditation. Si je pouvais ne plus rien perdre et tout disposer autour de moi selon le degré de parenté et d’importance. Si je pouvais ressusciter, Lou ! Car je suis éparpillé comme un mort dans une vieille tombe…

D’une manière ou d’une autre, il faut que je découvre moi aussi le plus petit élément, la cellule de mon art, le moyen tangible et immatériel de tout décrire. Alors, la conscience claire et forte de l’énorme travail qui m’attendrait me forcerait à m’y atteler ; j’aurais tellement à faire qu’un jour ouvré ressemblerait au suivant, et mon travail serait toujours réussi car, bien que commençant par des choses réalisables et modestes, il serait d’emblée dans le grand. Tout serait soudain très loin, perturbations et voix, même l’hostile s’intégrerait au travail, de même que les bruits entrent dans le rêve et le font glisser insensiblement vers l’inattendu. Le sujet perdrait encore en importance et en poids, et il ne serait plus que prétexte ; mais c’est justement cette apparente indifférence à son égard qui me donnerait la capacité de donner forme à tous les sujets, de modeler et de trouver des prétextes à tout avec les moyens convenables et non prémédités. […]

Je ne peux m’empêcher d’être hostile à tout héritage, et ce que j’ai acquis est si mince ; je n’ai pour ainsi dire aucune culture. Mes tentatives sans cesse renouvelées pour commencer des études ont lamentablement avorté ; en raison d’éléments extérieurs et de l’étrange sentiment qui me prenait chaque fois par surprise : c’était comme si je devais revenir d’un savoir inné par un chemin ardu qui y retourne après moult tours et détours. Peut-être étaient-elles trop abstraites, les sciences auxquelles je me suis essayé, et peut-être que d’autres révéleraient de nouvelles choses… ? Mais pour tout cela il me manque les livres, et pour les livres, les guides. Toujours est-il que je souffre souvent de savoir si peu de choses ; ou seulement, peut-être, d’en savoir si peu sur les fleurs, sur les bêtes et sur les phénomènes simples d’où la vie s’élève comme une chanson populaire. C’est pourquoi je me promets toujours de mieux regarder, de mieux observer, d’aborder les petites choses que j’ai souvent négligées avec plus de patience, plus de concentration, comme autant de spectacles. C’est dans les choses insignifiantes que les lois circulent le plus ingénument, car elles se croient à l’abri des regards, seules avec les choses. La loi est grande dans les petites choses, elle en surgit et en jaillit de toutes parts. Si je pouvais apprendre à regarder jour après jour, alors le travail quotidien, auquel j’aspire de manière indicible, ne serait plus très éloigné…

Sois indulgente avec moi, Lou. Tu dois trouver que je suis beaucoup trop vieux pour être autorisé à être jeune de façon aussi tâtonnante ; mais tu sais que devant toi je suis un enfant, je ne le cache pas, et je te parle comme les enfants parlent dans la nuit : le visage enfoui contre toi, les yeux fermés, sentant ta proximité, ta protection, ta présence :

Rainer.

22:44 22/08/2017 | Lien permanent | Tags : luv, lis tes ratures |  Facebook

17
aoû

D'un pavé, deux pierres.

Deux choses qui me semblent importantes en ces jours de disette humaniste...

1* Un collectif d'écrivain.e.s public.que.s spécialisé.e.s dans les récits d'exils et accompagnant les personnes désirant / nécessitant un parcours administratif (ou autre) vers la composition d'un récit hors tension et pression de quelques instances administratives (dois-je citer l'office des étrangers ou tout le monde a compris?). 
Souvent, évoquer est complexe. 
Souvent, savoir ce qu'on "doit" ou ne "doit pas" dire est un espace flou, bordé d'enjeux qu'on ne maîtrise pas, tellement l'arbitraire est dans la bouche de l'interlocuteur.trice. Certain.e.s demandeur.se.s d'asile ont perdu leur "chance" de rester en Belgique sur une simple mention d'une obédience, d'un oubli d'un détail...

Déposer son récit auprès d'un.e de ces écrivain.e.s public.que.s permet de composer le parcours en lieu sûr, de redévelopper, à l'aide de l'oeil éclairé d'une personne in-formée, l'une ou l'autre partie plus "utile" pour l'un ou l'autre objet administratif et de maintenir au mieux son histoire. 
Au moins, ça, là. 
N'hésitons pas à perforer l'abcès de ces étranges bureaucrates à la gorge brune.DSC09056.JPG

 

2* Souvent, on se dit que porter plainte contre la police ne servira à rien. Souvent, on aimerait le faire mais ça prend un temps et une énergie qu'on aimerait placer ailleurs.
Cependant, j'aimerais témoigner et insister sur le fait que porter plainte contre la police (en deux étapes que je vais décliner ici) est un "mal nécessaire" à mon sens.

J'ai déjà porté plainte à plusieurs reprises contre la police: pour violences lors de manifestations, pour insultes (on m'avait traitée de pute négrière en plein commissariat après un "simple contrôle d'identité" à la gare de l'est car je sortais, ado, avec un noir ), pour racisme, pour intrusion sans mandat dans un squat).

Ici, j'ai porté plainte contre une patrouille de police lors d'une énième intimidation à l'occupation de La Voix des Sans Papiers (Vsp Bruxelles) à Schaerbeek. Phrases racistes en néerlandais (tandis que j'ai dit que je ne comprenais pas, ce qui n'est pas tout à fait vrai) et sarcasmes lors du dernier jour de l'occupation, en plein déménagement. Je suis allée porter plainte au commissariat avec une personne de confiance. Ce peut être n'importe qui en fait. Pour ma part, j'ai fait appel à qq1 de la Ligue des Droits de l'Homme, personne qui n'a évidemment pas dit qu'elle en était. Elle était "juste" une amie qui vient me soutenir lors d'une plainte contre la police à la police.

L'inspecteur chargé de prendre ma déposition m'a demandé si j'étais militante (non, juste une voisine solidaire), si j'étais consciente qu'il y allait avoir enquête (non peut-être), que mes dires seraient confrontés à ceux de la patrouille (mais allez-y donc). Je n'avais pas d'autres témoins, non (sauf le flic de quartier qui était arrivé peu après la patrouille, qui, quelques semaines plus tard, est venu me demander (croisé dans ma rue) si c'était moi qui avais porté plainte contre ses collègues. J'ai répondu non, pourquoi j'aurais dû? Et il m'a dit qu'on lui avait demandé si il avait été témoin de paroles racistes de la part de ses collègues, et qu'il avait dit OUI, que ses collègues étaient un peu trop zélés et pas respectueux) mais j'ai maintenu mes dires.
Je vous copie non pas ma plainte mais la réponse de la police, pour qu'on rigole un bon coup.

DSC09057.JPG

Alors du coup, à quoi bon?

Donc, dans un second temps, je vais aussi porter plainte à l'Observatoire Des Violences Policières https://www.obspol.be/ (Ligue des Droits de l'homme), organe indépendant de la police.

Du coup, ma plainte va intégrer les nombreuses plaintes contre la police et grossir des statistiques, lesquelles peuvent ensuite servir de levier politique au niveau régional, national et européen. 
Parce que la Belgique est une grande habituée des amendes pour non respect des lois (prisons, centres fermés, police, santé publique, ...etc...).

Aussi, ma plainte pour racisme a été envoyée à l'ADDE et copiée à des associations luttant contre le racisme. De ce fait, des avocat.e.s, juristes, légalistes ont accès à l'une ou l'autre plainte menaçant ici et là, les "étrangers" (qui est étranger sur Terre?), enfin, les racisé.e.s pour dire vrai.

Alors, j'encourage peut-être un peu naïvement toute personne témoin de filmer, photographier, enregistrer, noter toute répression policière (et autre mais...), toute parole raciste, et sexiste tant qu'on y est...

Y a ce droit là, qui est contesté par l'état actuel des pauvres choses mais incontestable.

Si relais il peut y avoir, relais encouragé.

22:34 17/08/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

Compte-Rendu de la 57ème soirée filles avec un cerveau (chacune) + invitation à la 58ème

Compte rendu de la soirée fille 57 à Lambermont (Gaume) chez Christine écrit par Christine. (La première sans la présence de Milady captive de son sac volé dans le train).

Ce fut une soirée numineuse, vraiment !

Selon Rudolf Otto et Carl Gustav Jung, le numineux, c’est ce qui saisit l'individu, ce qui venant « d'ailleurs », lui donne le sentiment d'être dépendant à l'égard d'un « tout Autre ». C'est « un sentiment de présence absolue, une présence divine. Il est à la fois mystère et terreur.

Annie : s’astreint à écrire une page A4 par jour. Elle nous en lit une : Fenêtre ouverte sur / garder les vivants dans son cœur / une chanson de Simon and Garfunkel / le couple vu comme un château : ceux qui y vivent veulent en sortir, ceux qui sont dehors veulent y entrer. Elle nous montre une statuette Mapuche (Chili) dont le socle se détache pour montrer le bas d’un corps féminin.

Françoise (Fu) : évoque un groupe qu’elle a créé avec d’autres « artisans de notre vieillir » (qui aurait pu s’appeler… VIPO… vi’ peaux). Il réunit des habitants de villages proches (pour faciliter les services et les trajets) dont Gérouville et Avioth de plus de 60 ans (en général plus de 70). De 12 ils sont passés à 8 (deux sont partis parce que trop émus de se projeter comme morts. Réunions à thèmes. D’abord, les aspects formels : prix aux km, cagnotte pour acheter, par ex, des lunettes à celui qui ne peut pas assurer financièrement. S’énoncent le fait d’accepter qu’on est vieux, récapituler chaque journée chaque soir, les manières de mourir dans le monde, se réconcilier avec son entourage, formulaires à remplir pour le droit de mourir dans la dignité (qui décide si on perd la boule ?). Lors d’un tour pour ou contre l’euthanasie tout le monde a voté contre, mais contre aussi l’acharnement thérapeutique. Françoise a présenté une conférence gesticulée sur la mort. Moments numineux, stades qui suivent la mort, la mort fait partie de la vie (groupe à Mons), ENEO…

Christine D conseille « Chroniques de mon crématorium » de Caitlin Doughty... Sans oublier les superbes papiers végétaux, orties et soude caustique que Françoise nous montre… 

Marie : Jephan de Villiers Elle nous amène un «cerveau », morceau de mémoire, créé par lui, en papier, cordes. Installation des cerveaux sur des barques / petits personnages en mie de pain qu’il confectionnait quand il était petit et malade (Annie)…

Karyne : Vacances particulières en Gaume (elle est bruxelloise) depuis un mois / père décédé récemment de la maladie d’Alzeimer / pour qu’il puisse aller « sous la douleur », elle lui racontait des histoires de mers chaudes, l’emmenait en « natation » / Il est mort en essayant de garder ses yeux ouverts le plus longtemps possible comme un enfant qui ne veut pas s’endormir et qui voudrait qu’on continue à lui raconter une histoire /Enterrement dans la collégiale de Nivelles, elle dit un texte comme il aurait offert un verre, l’impression d’avoir des siècles derrière elle, de sentir les pierres la pousser dans son dos, acoustique de l’église. Lors de son séjour à Orval, le Jardin de pierres, marche sur les pas de son père (petit séminaire, aimait l’Orval…). La vierge de l’abbaye d’Orval pas sympa, menaçante, le chant des moines qui permet que l’édifice ne tombe pas. Redonne forme en arrachant les orties au jardin de Patricia chez qui elle loge. Des vacances où elle se laisse porter par ce qui vient, ce qui arrive.

Françoise L : Allers-retours dans sa maison, une pièce dédiée au dessin, 30’ par jour, certains réalisés à hauteur de cuvette de WC… / Partage de ses dessins / Ses photos ne sont pas ses états d’âme, projections des amis qui les regardent.

Christine V : partage d’un projet d’école de devoirs (relancé par Véronique) à Lambermont, la difficulté de recruter des bénévoles, la contrainte qui fait peur quand on n’est pas toujours disponible, ni présente, la peur de se voir envahies par les enfants sans pouvoir assurer. Appel à l’équipe qui retourne ceci : ne pas appeler ça « école », trouver une autre dénomination, un jour semaine pour commencer, à deux. Voir si la sauce prend, si d’autres villageois s’ajoutent plutôt que de faire de la retape, rester dans le plaisir, ne pas se forcer à « sauver » les enfants. Mettre des livres, jeux à disposition. Moment de détente.

Catherine : Lit l’un de ses textes où il est question d’un couple de prisonniers politiques chinois (Liu XiaObo et Liu Xia Xiaobo, artiste qui n’a pas pu aller chercher son prix Nobel. Sa femme a disparu. Catherine aimerait que l’une de ses lettres puisse l’atteindre, mais où ? D’où lui vient son intérêt pour cette femme ? Ne supporte pas l’idée qu’on puisse oublier des personnes, se souvient du papier collant qu’on lui mettait sur la bouche quand elle était petite…

Chantal : coup de gueule au sujet du magazine Wilfried  où il n’est question que d’hommes. Poubelle ! Savoir dire non à sa voisine alcoolique qui devient envahissante / histoire de son petit-fils Hugo et de l’arbre qu’elle lui demande de se choisir. Il en élit un, ils vont près de lui et « font ce qu’on fait quand on rencontre un arbre », l’arbre est ensuite reconnu par la mère du gamin (moment numineux !) / histoire de l’achat ou non d’un chapeau melon (tout prend de la place dans une yourte), de la robe de princesse pour danser avec un mec un peu brut de pommes. Elle lui demande s’il sait ce que c’est une robe de princesse, il répond « ben ouais, c’est une robe avec une princesse dedans… ». Chantal se regarde dans la glace et dit : « si j’étais un mec, je me draguerais ».

Véronique : montre des cordes avec des nœuds, emmêlées, qui la suivent partout. Chaque nœud est une femme initiatrice, amie. Un lien avec ces femmes. Un autre bout de corde vient de l’île de Macronissos. Véronique découvre dans « Journal de déportation » de Yannis Ritsos » l’existence d’un camp de déportation en Grèce, à Macronissos, bâti en 1947 par les anglais et les grecs sur le même modèle que les camps qu’on venait de vider après la guerre... S’y trouvaient des femmes et des enfants (même ration d’eau pour une femme seule ou avec enfants, eau dans des contenants dégueulasses, beaucoup meurent de soif). On entendait du continent (5km), les cris des détenus torturés. Mais, personne ne semble se souvenir sur le continent, aucun travail de mémoire. Un homme politique a un jour nié qu’il y avait eu des femmes et des enfants, choc pour une ancienne déportée qui le voit à la télé. Véronique est allée sur place avec son compagnon et une amie. Difficulté de trouver un bateau qui accepte de les y conduire (courants forts qui ne permettaient pas aux prisonniers de s’évader). Sur l’île, des serpents, quelques ruches, des ruines du camp d’une cinquantaine de centimètres de haut, les latrines, pareilles à celles d’Auchwitz, le plus en état. Et ce bout de corde qui sentait le mazout… Dans cette île on a retrouvé des poèmes mis dans des bouteilles et enterrés pour ne pas que les matons les trouvent. Lecture d’un texte de Ritsos où il est question d’un fils mort dans un camp, personne ne mange sa part alors que tout le monde meurt de faim : « nous nous aimions » (texte joint).

Voir le film « Comme des lions de pierres aux portes de la nuit » - On peut l’acheter ici : http://olivierzuchuat.net/fr/dvd-vod.php

Annie conseille deux livres : « Une journée avec Denisovitch » de Soljenitsyne

et « L’écriture ou la vie » de Jorge Semprun 

Christine D dit avoir ramené une fleur, séchée, d’Auschwitz. « Quelles fleurs peuvent encore pousser là ? »

Christine D : son compagnon originaire de l’Orégon, là où il y a encore des forêts primaires, où dix arbres peuvent pousser sur une seule souche, où des routes passent à travers les séquoias. Elle nous lit « The giving tree » (l’arbre généreux) de Shel Silverstein (dont la figure déçoit Chantal qui l’imaginait un peu plus… « slave »).

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...

Prochaine soirée filles avec un cerveau (chacune), la 58ème chez Milady à Schaerbeek (adresse sur requête) le vendredi 6 octobre de 19h01 à ... - Chacune bienvenue.

(concept énoncé après un autre compte-rendu, ici)

 

19:56 17/08/2017 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

La Voix des Sans Papiers vous convie à...

Vsp Bruxelles (La Voix des Sans Papiers de Bruxelles) vous convie à un espace de réflexion, d'échange avec la projection d'un film documentaire basé sur l'accompagnement de l'association française Droits devant auprès de personnes sans papiers / demandeur.se.s d'asile et la grève de travailleurs sans papiers qui ont été employés par des boîtes d'intérim pour rénover l'Assemblée Nationale, entre autres... (remerciements à la réalisatrice Cyrielle Blaire pour la mise à disposition de son film en milieu concerné et militant).

Un débat suivra la projection. Les intervenant.e.s sont des personnes impliqué.e.s dans les luttes de régularisation, anti-fascistes, féministes.

Et pour accompagner l'esprit fier et le coeur vaillant, une table d'hôte avec des plats préparés par les occupant.e.s de la nouvelle occupation de Vsp Bruxelles sera ouverte à tou.te.s, à prix libre, dès 18h30, que vous ayez assisté à l'après-midi ou pas.

Merci du relais et du soutien à cette activité qui précède aussi une autre activité, soit le vernissage de l'exposition Bienvenue, avec ou sans papiers, (photos de Frédéric Moreau De Bellaing qui suit VSP depuis quelques semaines) qui aura lieu le jeudi 24 encore à l'occupation.

ça vit, ça vrille, ça ouvre...!

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"Projection-débat et table d'hôtes organisées à l'occupation de la Voix des Sans-Papiers de Bruxelles (Vsp Bruxelles) au 269, Avenue d'Auderghem à Etterbeek le dimanche 20 août 2017 dès 16h.

Ces dernières années, de nombreu.x.ses sans-papiers ont lutté pour leurs droits, pour obtenir le statut de réfugié.e, pour être entendu.e.s, ... Cet après-midi sera l'occasion de revenir sur certaines luttes marquantes en Belgique et en France. Après la projection du documentaire, plusieurs militant.e.s régularisé.e.s ou non nous raconteront les luttes qu'iels ont mené.e.s ou mènent encore aujourd'hui.
Un débat et une discussion sur les différentes stratégies de lutte seront ensuite ouverts avec les militant.e.s sans-papiers.

S'ensuivra une table d'hôtes avec des mets préparés par les occupant.e.s de la Voix des Sans Papiers. 

Au programme : 

- Projection du documentaire "Marche Ou Rêve" de Cyrielle Blaire.
(Résumé du film plus bas)

INTERVENTIONS : 

- Marwa Mahbub : sans-papier afghane en 2013, elle a obtenu le statut de réfugiée après des mois de lutte intensive + deux marches de 3 jours (depuis Bruxelles jusque Mons et Bruxelles - Gand) !

- Mamadou Bah : Guinéen, reconnu comme réfugié en Grèce, il a continué à lutter pour les droits des sans-papiers et des régugié.e.s ! Victime d'une attaque violente du parti néo-nazi "Aube Dorée" il a du fuir la Grèce pour la Belgique. Grâce à une belle mobilisation il a obtenu le statut de réfugié en Belgique également.

- Abdelhak : Militant de l'UDEP Bruxelles en 2005, il continue toujours de lutter aux côtés des sans-papiers et réfugié.e.s. Il a crée Collectactif qui continue toujours de grandir.

- Dodou : Militant sans-papier, membre de la Coordination des sans-papiers de Belgique et membre du collectif No Doc.

Le résumé du documentaire : "Les hommes et les femmes qui poussent la porte de l’association Droits devant viennent tous avec le même espoir : obtenir leur régularisation en préfecture. Patiemment, Denise les écoute et reprend le fil de leur histoire. Si les galères sont nombreuses, ici on ne s’apitoie pas, on se bat ! A tous, elle fait le même récit : celui d’une grève menée par des travailleurs sans-papiers quelques mois plus tôt. Une invite à reprendre le flambeau d’un combat commencé par d’autres…"

La table d'hôtes propose à toute personne (venue à la projection-débat ou pas) de partager un repas à partir de 18h30. 
Contribution à prix libre. Plat africain et plat végétarien.

La bière 100 Pap' (dont les recettes vont au soutien des sans papiers) sera disponible à la dégustation et à la vente."

19:31 17/08/2017 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook

Réseau Kalame : Poste de coordination = > Au revoir Milady, Bonjour Régine

On a beau dire au revoir de manière "saine" et directe, ça fait quand même bizarre, toutes ces années en un lien...

 The Realist has a new site! ---> www.asafhanuka.com.jpg

19:19 17/08/2017 | Lien permanent | Tags : act-u |  Facebook

15
jui

Compte-rendu 56ème soirée filles avec un cerveau (chacune) 23/06/17 + invitation à la 57ème

diable-jeune-fille-Victor-Orel.jpgCompte-rendu de la 56ème soirée filles avec un cerveau (chacune) du 23 Juin 2017 @ Pascale’s (Molenbeek)
& Invitation à la 57ème le 11 août chez Christine (Lambermont, Gaume)

Amélie : Tarot de Lucie Charcosset + Susie Orbach ‘Fat is a feminist issue’ (traduit en 2017) – contre la grossophobie

Milady : Festival queer féministe « Les Salopes Pirates » (Metz) + Femmes Ancestrarbres de Sarah Fisthole, revue collective féministe ‘Hors-Je(u)’ et cartes postales achetées au Sterput – E2

Karine : Pilar et Simon, carnets de prison… sous période franquiste… archives personnelles, de la ‘petite’ histoire à l’Histoire.

Hülya : deuil-s. arbre généalogique. Nomadisme. D’où venir, où aller… sarah lucas II.jpg

Marie : ‘Ceci est mon sang’ d’Elise Thiébaut + Jack Parker ‘le grand mystère des règles ‘ + MUM : Museum of Menstruation + flux instinctif + vers la coupe menstruelle + cellules souches et sang menstruel… menstrues tous azimuts.

Elsa (autrices) : ‘Who owns the black pain ?’ de Zadie Smith (Article in Bazar) + ‘Open Casket’ de Dana Schutz + Patrick Jean et le pro-féminisme, Get out film d’horreur avec le racisme comme terreau + black lives matter + Emett Till

Sylvie : ‘les demeurées’ de Jeanne Benameur + le savoir rend il heureux, plus tolérant ? oppose-t-il le dire et l’action ? + carte de l’ermite du tarot

chantal ackerman je, tu, il, elle 1974.jpgSéverine : ‘mère-s démone-s’ / mères vampires, Folcoche,…

Pascale : ’365 Athens’ – Bruxelles-Athènes © Death Valley + Tarot 'The wild unknown’ de Kim Krans

Références tous azimuts :

à propos des mères :
Maya Angelou ‘I heard a bird sing’ + ‘lettres à ma fille’
Calamity Jane ‘lettres à ma fille »
Mazarine Pingeot « cimetière des poupées »
Recueil de récits psy des liens entre mères et filles
Alice Walker ‘all about our mothers’
Louise de Vilmorin
Colette ou le monstre maternel
Jacqueline Harpman
...

A propos des corps gros:
Push' de Sapphire

à propos du deuil :
Au bonheur des morts’ de Vinciane Depret

à propos de l’éloignement, de l’isolement…
life doesn’t frighten me at all’ with JM Basquiat + Ici de Christine Van Acker + Le retour à la terre de Manu Larcenet


Prochaine Soirée Filles (57ème)
avec un cerveau (chacune)
le vendredi 11 août chez Christine Van Acker
Lambermont, Gaume
dès 19h03.
(possibilité de soirée + nuit sur place)
pour une fois, confirmez votre venue afin qu’on organise
le couchage / camping / co-voiturage / collectage à la gare la plus proche.

Mais encore et toujours,

  • apportez gentes et nourritures terrestres
  • une chose, un truc à partager de toute forme, sorte, teinte
  • faites des amours et/ou des guerres

rappel du concept iciana mendieta stache.jpg

16:15 15/07/2017 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

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jui

SMDOP #5 - Festival des Salopes Pirates (Metz) - Love was in the air...

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Slow Motion with a Disposable Organic Poetess est une installation jouant sur un intime artificiel et présentiel alliant un corps donnant espace et temps lent et donnant et engageant et intim(id)ant et décontenançant et dansant à un corps inconnu mis à nu (symboliquement) prêt qui entre et qui sort de l'espace fabriqué hors de l'espace temps du dehors comme il.elle veut, peut. Alors, on danse, on s'enlace, on cherche le micro mouvement, le sol, le ciel, le souvenir, la chanson ringarde, le déclic du râteau ancien, du baiser qui aurait dû avoir lieu, de celui qui a finalement eu lieu, de l'adolescence, de l'espace érotique qui ne dit pas son nom, de l'indice de la pression artérielle, de la gêne aussi, du corps sans caresse qui dit oui ou non, et de l'intention d'être avec, par et pour à ce moment précis, précieux.

Merci à NB pour le soutien à distance, à NM pour la mise en plages, à Snoeg, Violaine et le collectif du festival des Salopes Pirates (Metz Reprezent) et à Cynthia pour la zone franche à l'entrée de la cahute et à Théa et le SP pour la construction de la petite maison dans la prairie sous le pont au bord de la Moselle, entre lierres et liseron et ronces et amour... et à Richard Cocciante et à Nirvana, come as you are, all ways.

08:40 13/07/2017 Publié dans Amour, Loisirs, Musique | Lien permanent | Tags : agendada, luv |  Facebook

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jui

C'était mieux avant...

textes

Oui, nous en parlions, souvent. Les mots enflés des évidences qui nous encerclaient.
Oui, nous en parlions énormément. Il était sans cesse question des corps violentés, intimidés, mis de côté. C'était à la fois reconnu et inconnu.
Oui, nous en parlions, évidemment. Certains d'entre eux rapportaient les récits que nous avalions dans nos gorges exsangues et obsolètes. C'était cru, bien trop cru.
Oui, nous en parlions, à tout moment. Même au creux de nos silences amers, nous ne faisions qu'être dans ces états là, amoindris par les nouvelles autorités.
Oui, nous en parlions, pourtant. Certains d'entre nous espéraient qu'une étape retournant vers le vivant serait franchie, d'autres luttaient avec leurs idées entre les dents tandis que leurs abdomens pourrissaient, d'autres enfin, savaient que la gangrène morale faisait office de mérule dans les rues, les bureaux et sous les tables des instances.
Oui, nous en parlions, comme des enfants. Parce que nos jeux n'étaient pas tous ternis, parce nos amours n'étaient pas encore tous corrompus, parce que nos yeux n'étaient pas encore tout à fait cousus.
Oui, nous en parlions, absolument. C'est difficile de se souvenir de tous ces moments d'avant, j'en conviens.
C'est au moment où nous n'avons plus su en parler que nous avons compris que l'effondrement humain couronnait nos touts. C'est à ce moment que nos corps n'ont plus su marcher, pleurer, évoquer. Mais je jure que nous en parlions. Peut-être n'étions nous pas assez? Peut-être n'étions nous pas entiers? Peut-être n'étions-nous pas parés contre l'horreur? Peut-être aurions-nous dû fermer nos mots et attaquer en premier?
Aujourd'hui que tout est clos, qui peut dire ce qui était possible? Mais je crois me souvenir... oui, nous en parlions.

(c) Milady Renoir

Illu de Gabriel Von Max - Les Singes critiques d'art

19:58 27/06/2017 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

Les Salopes pirates et moi... ;-) Samedi, on y s'ra.

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HOP.

19:55 27/06/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook