24
nov

L'espoir a un territoire - Un paese di Calabria

un paese di calabria.pngHier soir, à CFS (Collectif-Formation-Société), une projection suivie d'une rencontre. Un film qui dit le possible et le réel. Un documentaire qui situe un accueil, une solidarité qu'on rêve ailleurs, ici et là. Sauf que ce village le fait de manière structurelle, institutionnelle grâce à une volonté d'abord de lutter contre la mafia calabraise, de reprendre possession de sa voix et de ses déterminismes et de réfléchir aux migrations que ce village de Calabre a subi (beaucoup sont partis)... Un maire, un jour, suite à l'arrivée d'un bateau de "nouveaux migrants", ramène 10 kurdes dans la maison familiale. Un impact individuel qui devient force collective et organisation d'une transformation sociale ET politique. Ce film montre que rien n'est gagné, que tout est rude, que les causes de migrations sont souvent les mêmes, de l'Antiquité jusqu'au jour d'ici.

Ce film est un enchaînement de poses, d'images longues, des paysages, des tableaux et des récits de toute sorte. Un composite alternant les voix des nouveaux habitants, des "anciens", de celleux qui passent, de celleux qui restent, de celleux qui sont parti.e.s, qui reviendront, qui ne reviendront jamais. Riace, ce village en bord d'horizons, est devenu Ithaque ou la Crète de Minos. Lieu d'arrivée ou de départ. Territoire d'accueil cependant. Un vrai bout d'espoir qui devrait injecté en intraveineuse, vaccin subsidié par l'OMS.

En termes d'accueil, il est possible, déjà à Bruxelles, d'héberger des personnes arrivées au parc Maximilien, en prenant contact avec la Plateforme Citoyenne d'Aide aux Réfugié.e.s.

 

09:17 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

La dernière convocation de Christine Van Acker, le pamphlet qu'on rêve d'envoyer à l'ONEM.

À présent, permettez-moi de répondre très personnellement à votre courrier. Il est 17h00. JE PRENDS LA LIBERTÉ DE CASSER MON FUSIL POUR AUJOURD’HUI ET D’INTERROMPRE JUSQU’À DEMAIN MA CHASSE À L’EMPLOI…CHRISTINE VAN ACKER

J’affiche cinquante-cinq ans au compteur, dont plus de trente ans à vivre mes jours comme une formation quotidienne, pas de ces formations que vous proposez qui ne me mèneraient nulle part, non, de celles que les rencontres, les expériences, les hasards, les amitiés, les amours ont mises sur mon chemin, celles qui m’ont fait avancer avec un peu plus d’assurance sur les chemins tortueux de l’existence, commençant à percevoir une certaine maîtrise dans ce que j’entreprends. – Cent fois, sur le métier remettez votre ouvrage… – Me voici aujourd’hui, face à vous, un bureau entre nous ne donne à voir à l’autre qu’une moitié de corps. Vous voudriez considérer mes efforts sur une période de quelques mois, comme si je n’étais apparue dans le monde du travail (à partir de maintenant, c’est moi qui prends la parole, nous ne dirons plus ni marché, ni emploi) que depuis quelque mois. Renaîtrions-nous de nos cendres à chaque fois que vous réexaminez nos dossiers ? Et, pour renaître, nous tueriez-vous chaque fois ? Nos expériences personnelles, pareilles à nos aspirateurs ou à nos grille-pain, devraient-elles obéir à la loi de l’obsolescence programmée ?

Savez-vous dans quelle pièce vous jouez ? Et, si oui, pourquoi continuez-vous à endosser le costume de votre personnage ? La sécurité de l’emploi ? À quel prix ? Le savez-vous ? Vous faites le jeu des prédateurs…

J’ai, pour ma part, la chance d’être lettrée, mais je pense à ceux qui se débattent avec la lecture, l’écriture, et qui seront mangés tout cru faute d’avoir eu la chance de maîtriser mieux cette arme. Car l’écriture est une arme, que je brandis ici, pour riposter à cette agression venue des hautes instances ministérielles qui sont, elles-mêmes, à la botte des multinationales. Poursuivez les fraudeurs fiscaux à grande échelle, n’octroyer plus des dédommagements faramineux aux grands patrons qui sont remerciés pour leurs malversations.

Si vous nous éteignez tous, attendez-vous, le matin, en allumant votre radio à ne plus entendre de musique, à ne plus voir d’affiches devant vos cinémas préférés (il n’y aura plus de scénaristes, de comédiens, de réalisateurs, de monteurs, d’éclairagistes pour les réaliser), à enfiler un sac de jute à la place d’une robe ou d’un costume (il n’y aura plus de stylistes pour les créer), à entrer dans une voiture informe (il n’y aura plus de designer), à utiliser des objets rudimentaires. Notre pays se retrouvera teint uniformément en gris et vous vous en étonnerez trop tard. C’est aujourd’hui qu’il faut en prendre conscience. L’utile et l’inutile ne sont pas du côté que vous pensez. Qui, de vous ou de nous, est le plus productif (s’il faut parler en termes marchands) ? Qui crée le plus d’emplois ? J’ai décidé de consacrer ce qui me reste de vie (j’insiste) à ne pas participer à cette dislocation de nos droits sociaux, de nos solidarités, à ne pas creuser encore le fossé entre les nantis et les de plus en plus précaires, de mettre mon temps à profit, et non pas dans le profit, d’une amélioration de notre société et non sa dégradation. C’est pour cette raison que je ne veux plus le perde en répondant à de vaines convocations, en signant des contrats qui prouveraient que je suis bien – activée – Je le suis, bien active, c’est-à-dire vivante. Tous, nous devrions avoir ce courage, nous aurions tout à y gagner. Imaginez-vous cette foule de nouveaux non-chômeurs dans la rue. Imaginez alors, ce que vous pourriez faire, vous, de votre emploi devenu inutile. Nous rejoindriez-vous ? Nombreux, nous nous tiendrons bien chaud.

Aujourd’hui est le jour de ma dernière convocation.

CHRISTINE VAN ACKER – LA DERNIERE CONVOCATION – AUX EDITIONS : CACTUS INEBRANLABLE

Avant que je remette le texte au FOREM, lors de ma dernière convocation, j’ai fait appel à l’équipe pour compléter ce qui ne pouvait plus s’appeler un – dossier -, mais un manifeste. J’ai demandé à d’autres artistes : Combien de jours de contrat avez-vous dans l’année ? Ajoutez, si vous le voulez, quelques mots au sujet de votre statut, ou a propos des convocations telles que vous les avez vécues.

ANNE VERSAILLES – LAURENCE VIELLE – VERONIKA MABARDI – LAYLA NABULSI – MARC GUIOT – CLAIRE ALLARD – BEATRICE DIDIER – FRANCOISE NICE – PAOLA STEVENNE – FRANCE EVERARD – JACKY DEGUELDRE – EVA KAVIAN – CELINE RALLET

08:50 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, lis tes ratures |  Facebook

Abolition de l'esclavage 2.0

Un appel au rassemblement est lancé à tous les êtres humains ce samedi 25 novembre 2017 à 14h place Poelaert à 1000 Bruxelles. L’initiative vient du collectif Africa Libération. Ce rassemblement vise à défendre le respect de la dignité humaine en Libye et partout ailleurs dans le monde mais aussi protester PACIFIQUEMENT contre les régimes politiques
africains et européens qui contribuent à la crise migratoire.                                            

L’esclavage constitue la négation absolue de l’humanité d’un Homme. Si un Noir n’est pas un être humain, alors l’Humanité n’existe pas.

CE N’EST PAS PARCE QUE LA PLUPART DES AFRICAINS VIVENT  AVEC MOINS D’1$ PAR JOUR, QU’IL FAUT OUBLIER QU’UNE VIE HUMAINE N’A PAS DE PRIX.

L'émoi provoqué par les images choquantes du reportage de Nima Elbagir est aussi l’occasion de rappeler que les formes d'esclavage sont multiples et qu'elles ont lieu partout, même dans notre pays qu'est la Belgique. L'esclavage, qu'il soit physique, mental, politique ou encore économique n'a plus sa place au 21ème siècle. Il est du devoir de chacun de s'insurger contre l’assujettissement d'êtres humains par d'autres êtres humains ; car y être indifférent, c'est déjà être complice.

«  Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons » MLK

À propos des organisateurs : AFRICA LIBERATION est une plateforme de synergie composée de personnes physiques et morales d’horizons et de sensibilités différents, partageant des valeurs communes de Justice, de Paix et d’Humanité et œuvrant à un but commun : la libération de l’Afrique des multiples fléaux qui l’accablent depuis fort longtemps et la construction d’un monde meilleur comme patrimoine de l’HUMANITE.

Facebook: https://www.facebook.com/events/141583463269532/?ti=cl

08:25 24/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

22
nov

post moderne

anthony duchene Le pendule 2012.jpgLes sociétés traditionnelles assignaient à leurs membres une identité, et plus précisément une appartenance – à une caste, un ordre, une classe, un statut… – et leur enjoignaient de s’y tenir. Leur cohésion et leur solidité dépendaient de cette fixité. La société moderne, elle, ne tient, comme un vélo, que dans et par le mouvement ; celui qu’engendre la mise en crise permanente, qui est le destin et, pour ainsi dire, la compulsion profonde qui meut la société capitaliste depuis son origine.
Daniel Blanchard

15:27 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

Compte-rendu 58ème soirée filles avec un cerveau (chacune) + invitation à la 59ème

Le vendredi 6 octobre 2017 a eu lieu la 58ème soirée filles avec un cerveau (chacune) chez Milady.

Allan Grant. Edith Piaf. Montage of expressions. 1952.jpg

Voici la liste non-exhaustive des choses partagées (quand c'est rouge, c'est hyperli(n)kable, cliquable):

 

Une pièce d'Eric Durnez et la densité d'un personnage, la reconnaissance d'un lieu dans un texte hors de soi, Bell Hooks et l'empowerment, La compagnie BERLIN qui a suivi 5 ans un couple resté en zone contaminée à Tchernobyl (Zvizdal), les deux auteurs Emmanuel Lepage & Gilles Chasseboeuf et leur témoignage de leur séjour à TchernobylCapture d’écran 2017-11-22 à 12.11.14.png, Femmes qui courent avec les loups malgré tout, non le masculin ne l'emporte pas sur le féminin, bordelle, les larmes du seigneur afghan , docu-bd de la reporter Pascale Bourgaux, le film The land of the enlightened de Pieter-Jan de Pue, deux chansons au Banjolélé chantées par Catherine Delasalle, le documentaire La terre abandonnée de Gilles Laurent, pensée vers le gardien des animaux à Fukushima Naoto Natsumura, le Black Women's Manifesto, l'alternance Punition-Récompense, MUCEM collection.jpgles enfants 'dys-" (-praxie, -lexie, -calculie), l'intimité dévoilée en non-mixité, et autres rapports aux mondes.

 

 

 

 

 

Aussi, une des filles de ce soir là possède aussi une voix, et en écho à ce que Catherine nous a partagé lors de cette soirée filles en intimité, je relais l'invitation à venir l'écouter, avant la prochaine soirée:

Catherine Delassale / « Les grands oiseaux » - Apéro-concert / le 3 décembre à 17h: Artiste atypique et inclassable, Catherine chante ses textes, compose ses musiques et s’accompagne  avec les différents instruments dont elle s’inspire pour composer: accordéon, ukulélé, kalimbas etc… Avec sa voix aux accents de noir, d’or et de feu (dixit Bobin) elle nous emmène sur ses ailes de poète dans son univers où l’ intime est ouverture sur le monde.  Si elle a chanté et enregistré avec les meilleurs musiciens de jazz flamands, Catherine privilégie aujourd’hui la rencontre directe avec le public, sans amplification ou un minimum. Par l’intermédiaire d’un jeu de cartes, chaque personne présente se voit adressée une chanson ou un poème.
Lieu: Rue Henri Wafelaerts 15, 1060 Bruxelles, rez. / Réservations indispensables: lavoixetlegeste@gmail.com / Participation libre, au chapeau. Merci de soutenir l’artiste!

"Les grands Oiseaux sont les grues cendrées dont le vol a inspiré la chanson  du même nom. Les grands Oiseaux sont les Nomades, les gitans ,les voyageurs,  rencontrés sur les routes..  et aussi les « Albatros » de Baudelaire, ces poètes qui nous  inspirent et nous emmènent dans ce temps extra-quotidien, les grands voyageurs de l’âme : Rimbaud, William Blake, Eliot…  tous ceux qui m’ont inspirée en chemin ou qui m’entourent maintenant , tous ceux aussi que « leurs ailes empêchent parfois de marcher »  Catherine

DONC
Prochaine Soirée Filles (59ème) avec un cerveau (chacune)
le vendredi 8 décembre chez Amélie
Rue Garibaldi 73
à Saint-Gilles de Bruxelles
dès 19h03

haka girls.jpgapportez gentes et nourritures terrestres
une chose, un truc à partager de toute forme, sorte, teinte
faites des amours et/ou des guerres
faites circuler l'info
pas besoin d'in-/con-firmer sa venue,
on peut, on peut pas, c'est toujours bien.
Rappel du concept de la soirée ici. 

 akdt femmes savantes.jpg

10:32 22/11/2017 | Lien permanent |  Facebook

Les tondues - Perrine Le Querrec & Jacques Cauda

Je l'ai pas encore lu
je m'en fous, je sais que ça sera important et dense.

Publié le 11 novembre 2017 – 38 Pages – Couverture souple en dos carré collé – Impression intérieure Noir & blanc- 15,24 cm x 22,86 cm 
N’a-t-on jamais demandé aux hommes s’ils avaient couché avec une allemande, les a-t-on transbahutés sur des charrettes à travers villes et villages sous les huées ? a-t-on jugé leur sexualité, a-t-on jugé leur chair leur pénis ou leur cœur ?

Sur le char les femmes, sur les roues les routes, sur le char par bouquets traversent les villes sur la charrette les sorcières menées à l’échafaud.
Les hurlements de ceux qui sont droits dans leur droit les entiers toute intégrité conservée.
Vraiment ?
Certaines deviennent folles le temps de la tonte, certaines deviennent plus fortes le temps de la honte.

http://www.lelitteraire.com/?p=35581
http://delarthelvetiquecontemporain.blog.24heures.ch/arch...

10:14 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : lis tes ratures |  Facebook

Plussoir, plussoyer? mais c'est quoi ce verbe anyway...

J'ai découvert Ndella Paye dans le film nécessaire "Ouvrir la voix" d'Amandine Gay il y a quelques mois. Je l'ai ensuite "suivie" sur FaceBook. Ses interventions, ses commentaires m'accrochent régulièrement.

Ici, sur le blog nécessaire aussi, LMSI, un article qui tombe à pic, autant dans la temporalité nécessaire encore de la dénonciation, mais aussi dans l'ultime nécessité (j'insiste) d'une mise en pratique d'un discours encore bien trop retardé - attardé.

de la belle théorie à une pratique effective

Manifeste à destination des hommes alliés
par Ndella Paye
4 novembre 2017

Depuis quelques jours circulent sur les réseaux sociaux différents hashtags pour dénoncer les violences que subissent les femmes au quotidien. L’idée étant que les personnes ayant vécu une situation de harcèlement et/ou d’agression sexuelle puissent en témoigner, si elles le veulent bien.

L’ampleur des agressions contre les femmes qu’a révélée le hashtag #MoiAussi ou #MeToo n’a laissé personne indifférent. C’est le cas de le dire.
Ces hashtags ont eu le mérite d’avoir libéré la parole, parole qui a mis mal à l’aise un nombre incalculable d’hommes, et même de femmes, y compris des victimes de violences.
Précision de taille : #MeToo fut à la base une campagne lancée par la militante noire américaine Tarana Burke, fondatrice de Just Be Inc, une association à destination de la jeunesse. L’objectif pour cette activiste était de rassembler les personnes victimes de violences sexuelles, notamment les personnes issues des minorités.
Pour Burke, la campagne n’a pas été construite dans le but d’être virale ou de lancer un hashtag populaire une journée mais oublié dès le lendemain. C’est un slogan à se passer de survivante en survivante, pour montrer aux gens qu’ils ne sont pas seuls et qu’un mouvement de la sorte est possible.
Il était important de le préciser pour rendre à César ce qui lui appartient.
Le hashtag, quant à lui, a eu pour objectif de permettre aux femmes qui le souhaitaient de pouvoir reprendre la parole et mettre des mots sur les différentes agressions (harcèlement, gestes déplacés, viol, violences physiques, verbales…) subies. Et pour celles qui veulent aller plus loin, de témoigner de la nature de la violence.
Quelques jours auparavant, il y eut le hashtag #BalanceTonPorc qui, de la même manière, permettait aux femmes de dénoncer leur agresseur si elles le souhaitaient.
Tous ces hashtags ont eu un réel succès, mais ont été largement critiqués et attaqués. On a vu ressortir des #NotAllMen (tous les hommes ne sont pas des agresseurs), et des femmes (elles-mêmes parfois, victimes de violences) dénoncer les dénonciations. Nous avons pu constater de nombreuses tentatives de réduction au silence des femmes qui souhaitaient s’exprimer car leur parole mettait mal à l’aise une société patriarcale aux relents sexistes et misogynes. D’autres l’ont même pris pour une injonction à parler et à dénoncer.
Il faut croire qu’il y en a qui découvrent ou feignent de découvrir l’ampleur des dégâts et leurs conséquences sur les femmes.
« Il faut aller porter plainte ! » crient certain.e.s, faisant comme si les policiers qui prennent les plaintes accueillaient comme il se doit les femmes victimes d’agressions, comme si la justice faisait bien son travail et enfin comme si témoigner et porter plainte ne pouvaient aller ensemble.

Nous avons vu également des hommes, alliés des femmes, se soulever contre les différentes tentatives de réduire au silence celles qui avaient décidé de témoigner et c’est à ceux-là que je m’adresse. Ceux qui au quotidien, en tout cas dans le discours, se mettent du côté des femmes dans leur quête de justice et leur combat pour une société plus égalitaire, plus sûre et sans violence aucune.
Ce qui leur est demandé maintenant, c’est de passer de la belle parole aux actes concrets pour accompagner, voire accélérer, le changement en train de s’opérer.
L’idée est très simple, il s’agit de mettre leurs pratiques en stricte conformité avec leurs théories, tout de suite.
La question est : combien de vos privilèges êtes-vous prêts à perdre, messieurs, pour un monde plus égalitaire, au-delà de vos vœux pieux ?
➢ Êtes-vous prêts, par exemple, à inviter votre collègue femme tous les midis pour corriger l’écart de salaire entre vous ? C’est une vraie et très sérieuse question. Les lois ne suffisent apparemment pas pour corriger les inégalités et enrailler les injustices. Vous êtes favorisés, que vous le vouliez ou non. En attendant que les salaires des femmes augmentent pour atteindre les vôtres, à travail et compétences égaux, c’est à vous de fournir des efforts. Et comme c’est vous qui détenez le pouvoir, cela accélérera certainement les choses.
➢ Pour ceux qui sont en position hiérarchique de pouvoir dans les entreprises, êtes-vous prêts à briser le plafond de verre ? Il s’agit de ne pas pénaliser les femmes dans leur accession au pouvoir à cause de leur maternité par exemple.
De dénoncer, en sanctionnant systématiquement les blagues sexistes, tous types de harcèlement, tous gestes et/ou paroles déplacés ? Cela sous-entend, évidemment, que vous n’en seriez jamais les auteurs.
Même sans occuper une place de pouvoir dans l’entreprise, vous devrez être du côté des femmes quand elles subissent les méfaits de leurs collègues mâles, vos semblables, en les soutenant, en dénonçant leurs auteurs pour que la peur et la honte changent enfin de camp.
➢ Pour les chercheurs, conférenciers, et intervenants en tous genres, êtes-vous prêts à laisser votre place à une collègue si le panel auquel vous êtes invités n’est pas paritaire ? (Vous aurez établi, au préalable, une liste de collègues femmes que vous proposerez pour vous remplacer). Vous refuserez de parler, à la place des femmes, de sujets ne vous concernant pas. Vous n’avez que trop pris la parole et n’occupez que trop l’espace public.
➢ Pour ceux qui sont en couple hétérosexuel, êtes-vous prêts à veiller, réellement, à ce que les tâches soient équitablement partagées à la maison ? À ce que la charge mentale ne repose plus exclusivement sur votre partenaire ? Et quand vous faites votre part de boulot, please, n’attendez ni n’exigez pas de remerciements, ni même une quelconque reconnaissance. Les femmes le font depuis trop longtemps sans aucune forme de reconnaissance ; pire, les tâches qu’elles effectuent sont dépréciées.
Nous ne sommes pas nées en sachant cuisiner, faire le ménage et nous occuper de la progéniture que nous concevons ensemble. C’est loin d’être naturel. Nous avons appris à le faire. Ce qui signifie que vous pouvez faire de même et à tout âge. Les femmes ne s’amusent pas à s’occuper de la corvée de la cuisine pendant que vous, messieurs, êtes des chefs cuistot. Tout comme ce n’est pas drôle pour nous de nous en sortir mieux que vous à l’école pour qu’en définitive les postes de pouvoir vous reviennent.
➢ Êtes-vous prêts à changer de trottoir la nuit quand vous vous retrouverez à marcher derrière une femme ? L’espace public n’est pas un espace de sécurité pour les femmes. Les hommes s’y comportent et l’occupent comme s’il leur appartenait. Donc il va falloir faire des efforts en attendant de le rendre moins violent et plus sûr pour elles.
Cela concerne également les transports en commun. Puisque vous êtes des alliés, vous y dénoncerez toute attaque à l’encontre d’une femme. Les corps des femmes ne vous appartiennent pas, vous ne pouvez en aucun cas les toucher et/ou les complimenter sans leur accord. Quand vos compliments mettent mal à l’aise une femme, vous devrez les arrêter immédiatement et vous en excuser. Vous n’aimeriez certainement pas qu’on vous pince les fesses sans crier gare, normal, c’est humiliant et porte atteinte au corps et à la dignité. Du respect, donc.
➢ Êtes-vous prêts à cesser tout « humour » sexiste ?
Les différents hashtags ont été repris par beaucoup trop d’hommes, ont été déformés pour les servir à toutes les sauces et détourner l’attention d’un sujet aussi grave. Les blagues des dominants à l’encontre des dominées ne sont pas drôles, en fait. Elles participent aux violences. Une fois de plus, au lieu de vous taire et d’écouter ce que les femmes ont à raconter, vous occupez l’espace et prenez la parole. Essayez donc de développer une capacité d’écoute. Apprenez à vous taire et à écouter plus, pour un meilleur partage de la parole.
➢ Êtes-vous prêts à constamment questionner vos comportements, vos paroles et vos gestes, votre attitude générale vis-à-vis des femmes ? Pas seulement vis-à-vis de votre mère, sœur ou fille mais de toutes les femmes. Êtes-vous prêts à corriger cette attitude immédiatement si elle devient problématique ?
Sachez aussi, messieurs, que les femmes ne sont jamais vraiment au repos. Quand vous êtes au café entre potes, vous pouvez parler football en oubliant les galères au travail, les corvées de la maison, l’éducation des enfants, etc. Les femmes, elles, n’en ont pas le loisir, elles n’y arrivent pas, la charge mentale est puissante. Elles passent leur temps à discuter de l’éducation et de l’école, des enfants et des corvées à la maison, des comportements sexistes au travail dans la rue, etc. Nos têtes sont en constante ébullition, même quand nous tentons de dormir, jamais vraiment au repos. Et pourquoi ? À cause des violences patriarcales que nous subissons au quotidien, et ce dans tous les espaces et tous les moments de nos vies. Les choses doivent changer.

C’est à vous de jouer maintenant, la balle est dans votre camp.
p.-s.
Ndella Paye militante afroféministe et antiraciste, membre fondatrice du collectif Mamans Toutes Egales.
Les médias sont partie intégrante du système de domination et sont détenus par les dominants, ce n’est donc pas le meilleur outil au service de nos luttes. Mais aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux, une alternative très appréciable et un relais non négligeable, nous pouvons les obliger à traiter de sujets très sensibles voire nous passer carrément d’eux.
Mon militantisme de terrain n’étant plus à prouver, je voudrais profiter de l’élan de vulgarisation ouvert par #BalanceTonPorc et #MoiAussi pour lancer le hashtag #DeLaBelleTheorieAUnePratiqueEffective, afin d’accompagner et de visibiliser ce manifeste. Personne ne pourra me reprocher, très honnêtement, de ne faire que du militantisme hashtag. S’il reste un moyen de toucher le plus grand nombre, l’objectif est d’aller au-delà des dénonciations et de mettre en pratique les vœux pieux.

10:11 22/11/2017 | Lien permanent | Tags : girlz, poly-tiques |  Facebook

21
nov

Chaîne Humaine Trempée - Poésie Vs. Office des Etrangers - 29/11/2017 - 17h30

Cher.e.s
 
de la poésie, p.EAU.sie dans la cité, cours d'eau pour fluidifier les rages?
Poésie: résistance sur les murs, entre les égouts, les rigoles, les fuites, les trottoirs, entre les corps composés d'environ 60% d'eau, corps qui déambulent, qui oublient, qui tracent leur route quand d'autres sont arrêtés nets... souvent à l'office des étranger.E.s.
 
Un petit haïku est peint à l'aide d'une peinture spéciale devant l'entrée de l'office des étranger.e.s depuis quelques jours. Il pleut donc il est déjà visible.
Afin de le rendre encore plus visible et de dénoncer, encore une fois - jamais assez, la politique virulente produit par l'état belge en questions migratoires, plusieurs associations et lieux d'éducation et de culture vous convient à une chaîne humaine le mercredi 29 novembre à 17h30, entre le Parc Maximilien et l'Office.
Je joins qqs "infos" sur l'office des étrangers afin de poser qqs pré-requis sur ce lieu pré-dominant dans la vie de milliers de gens.
 
Les bénévoles des collectifs engagés dans l'aide et le soutien aux migrant.e.s sont impliquées, aussi. Et une version en arabe et en anglais sera lue pour que les personnes concernées ne soient pas "trop" exclues.
 
 
C'est un acte performatif, solidaire et revendicateur, gratuit et engageant.
Venez avec un ustensile qui récolte, contient, verse de l'eau.
L'Agence d'Interim de Nettoyage du Racisme d'Etat sera du moment.
 
Pour celleux qui sont sur facebook, un évènement est lancé (voir photos) - le relais peut se faire de là également.
 
D'autres poèmes s'afficheront dans Bruxelles, aussi.
 
Merci de relayer l'info, si possible.
 
Cordialement, 
 
Milady
 
 

L'Office?
 
Qqs lieux observatoires pour suivre les "conséquences" de la politique belge + agir, considérer, dénoncer: 

16:18 21/11/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques, agendada |  Facebook

26
oct

Poème hormonal

de-retour-des-assises-du-cul-nov-2011.jpgOh belle prostate de hyène
aussi nommées glandes de skène
savions-nous, heureuses chiennes
que chacune possède la sienne?

plus que scrotum moins que rectum
mais de prostate moins grosse que la rate
nous pouvons faire usage ad libitum
de faire jaillir eau de nos petites patates

comment éduquer les gonades mâles?
comment appréhender la testostérone?
évider les pulsions d'un grand mal?
en frappant ou massant leur neurones?

non, en frappant, massant, percutant leur prostate,
qu'elle soit interne ou cérébrale, tout est bat

louons les glandes, leurs tensions
abolissons leurs écrasantes représentations.

#mondicoderimesestmonmaîtrespirituel

15:29 26/10/2017 | Lien permanent | Tags : textes, poly-tiques |  Facebook

Prochains RDV - ateliers d'écritures "pré-textes & sous-titres"

Bonjour, 

voici les prochains RDV avec les ateliers d'écritures "pré-textes & sous-titres" que j'anime ici et là. Cliquez sur le titre pour obtenir les infos précises.
N'hésitez pas à relayer autour de vous, auprès de personnes en écriture, au bord de l'écriture, en recherche d'écritures.

Déroulement

L’atelier pré-textes & sous-titres invoque des pistes littéraires et des thématiques allant du silence au chaos. 
Des artistes de tous les univers sont présentés, utilisés, recommandés, parfois invités pour confronter leur art aux participants/auteurs.
Les styles et les expériences doivent pouvoir se coudoyer, se mêler. Les participant.e.s sont invité.e.s aux virages, aux cul-de-sacs et autres limites de l’impossible. Très souvent, des textes ne sont pas forcément lus puisqu’écrits à chaud et pour le plaisir. Très souvent, des textes sont lus et obtiennent des retours circonstanciés sur leurs effets (jamais sur la personne ou sur base d’interprétation !) (par l’animatrice et/ou le groupe).
Très souvent, des outils d’écoute des textes et de retour sont appréhendés afin que chacun.e puisse ensuite peaufiner son propre retravail.
Enfin, il n’est pas rare que d’autres pratiques (arts plastiques, mouvement, photographie, danse, ...) s’allient à celle de l’écriture pour transformer, déformer l’acte d’écrire et l’écriture.

 

Cycle « Corps & Âmes » - Un mardi par mois - atelier d’écriture thématique

Cycle « Corps & Âmes » L’atelier d’écriture ‘pré-textes & sous-titres’ propose un nouveau rendez-vous avec l’écriture en soirée à Schaerbeek. En soirée, une invitation à écrire autour de la (...)

     

Atelier 2.0 autour de la notion d’EMPOWERMENT

Empowerment (ou l’Empuissancement)... Kezako ? Bienvenu dans ce concept décrivant un processus par lequel un individu ou un groupe acquiert les moyens de renforcer sa capacité d’action, de (...)

     

Atelier d’écritures text(il)es - écritures, confection, coutures, ...

Un atelier d’écritures liant deux matières, l’écrite et la cousue, la manuscrite et la tissée, la pensée et l’oeuvrée. Elise Patte et Milady Renoir se sont rencontrées dans des préfabriqués lors des (...)

     

Atelier d’écritures (pro-)féministes - "Femmes Savantes"

Description : Cet atelier d’écriture s’imprègne des figures féminines (de la littérature, des arts, de la politique, de l’histoire, des histoires...), des luttes, débâcles, retors, revers, sangs versés, (...)

Toutes les descriptions et conditions sur: Atelier-s d'écriture-s (profil sur le site du Réseau Kalame)

 
L'intérêt peut être trompé, méconnu ou trahi,
mais pas le désir.
G. Deleuze

15:26 26/10/2017 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Tags : atelier, agendada |  Facebook

26
sep

Auto déterminisme appliqué

girlzrappel des exigences:

"« Ainsi confrontée de force à l’éventualité de ma mort, à ce que je désirais et voulais de ma vie, aussi courte soit-elle, priorités et omissions me sont apparues violemment, sous une lumière implacable, et ce que j’ai le plus regretté ce sont mes silences. De quoi avais-je donc eu si peur ? (…) J’allais mourir, tôt ou tard, que j’aie pris la parole ou non. Mes silences ne m’avaient pas protégée. Votre silence ne vous protégera pas non plus. Mais à chaque vraie parole exprimée, à chacune de mes tentatives pour dire ces vérités que je ne cesse de poursuivre, je suis entrée en contact avec d’autres femmes, et, ensemble, nous avons recherché des paroles s’accordant au monde auquel nous croyons toutes, construisant un pont entre nos différences. »
+
« La raison du silence, ce sont nos propres peurs, peurs derrière lesquelles chacune d’entre nous se cache – peur du mépris, de la censure, d’un jugement quelconque, ou encore peur d’être repérée, peur du défi, de l’anéantissement. Mais par-dessus tout, je crois, nous craignons la visibilité, cette visibilité sans laquelle nous ne pouvons pas vivre pleinement. (…) Or, cette visibilité, qui nous rend tellement vulnérables, est la source de notre plus grande force. Car le système essaiera de vous réduire en poussière de toute façon, que vous parliez ou non. Nous pouvons nous asseoir dans notre coin, muettes comme des tombes, pendant qu’on nous massacre, nous et nos sœurs, pendant qu’on défigure et qu’on détruit nos enfants, qu’on empoisonne notre terre ; nous pouvons nous terrer dans nos abris, muettes comme des carpes, mais nous n’en aurons pas moins peur. »
+
« Parce que nous vivons au sein de structures façonnées par le profit, le pouvoir vertical, la déshumanisation institutionnalisée, nos émotions n’étaient pas censées survivre. On attendait des émotions, mises à l’écart tels d’incontournables accessoires ou d’agréables passe-temps, qu’elles s’agenouillent devant la pensée de la même façon que les femmes s’agenouillent devant les hommes. Mais les femmes ont survécu. En poètes. Et il n’y a pas de nouvelles souffrances. Nous les avons déjà toutes endurées. Nous avons enterré cette vérité à l’endroit même où nous avons enterré notre puissance. Elles refont surface dans nos rêves, et ce sont nos rêves qui nous indiquent le chemin de la liberté. Ces rêves deviennent possibles grâce à nos poèmes qui nous donnent la force et le courage de voir, de ressentir, de parler et d’oser. Et si nous considérons comme un luxe notre besoin de rêver, notre désir d’amener nos esprits au plus profond de notre foi, alors nous renonçons à la source de notre puissance, de notre féminité."

Extraits de textes d'Audre Lorde

15:49 26/09/2017 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

23
sep

chacun.e cherche sa recherche...

Cette semaine, je suis devenue chercheuse.

Dans une tentative d'éprouver l'aspect moral, militant, méthodologique de la lutte que je côtoie. 
C'est aussi "re-prendre" des études (arrêtées "trop tôt" comme je dis parfois).
C'est aussi une tentative de formaliser en dehors de la fiction (mon médium habituel et structurel de ma pensée) un regard qui passerait de mon témoignage personnel (dont on se fout finalement) à un ouvrage (publié ou pas) de narrativités partagées.

Du coup, ma question de recherche touchera(it) la valorisation des récits de personnes dites sans papiers sous l'angle migratoire, socio-économique, politique, personnel.

Strates du travail sur le prochain semestre:
* Un repérage de dates et lieux historiques des luttes et présences de SP en Belgique. 
* Une collecte de récits individuels en gardant une vigilance intersectionnelle, inclusive, déhiérarchisante et détypologisante des premier.e.s concerné.e.s. selon des outils d'éducation permanente (acquis et à acquérir).
* Une tentative de pointage d'outils de transmission entre les "premier.e.s" SP en Belgique et les "dernier.e.s" arrivé.e.s.
vers
* (idéalement...) Une mise en commun politique et militante par et avec les premier.e.s concerné.e.s de récits, d'outils (de diffusion, de travail, de partage) et de lieux d'écoute, de réflexion, d'écriture collective des histoires (au sens historique et au sens narratif) des Sans papiers.

mots encore un peu abstraits en mon corps-esprit.
mots encore frais vis-à-vis des premières étapes de travail.
mots encore illégitimes vis-à-vis de travaux déjà effectués, déjà pensés, déjà récoltés.

à suivre.

 

22:42 23/09/2017 | Lien permanent | Tags : ego-tripes |  Facebook

22
aoû

lettre de ... à...

rilkelou

Je te parle comme les enfants parlent dans la nuit.

 

En 1900, le poète Rainer Maria Rilke découvre le travail du sculpteur Auguste Rodin. Trois ans plus tard, il publiera un essai sur le travail de l’artiste, jusqu’à devenir, en 1905, son secrétaire particulier à Paris. Dans cette lettre à sa muse Lou Andreas-Salomé, il lui témoigne la façon dont Rodin inspire sa démarche créative, et livre par-là sa propre réflexion esthétique.

 


10 août 1903

[…] J’aimerais d’une façon ou d’une autre me retirer plus profondément en moi-même, dans le cloître qui est en moi et où sont accrochées les grandes cloches. J’aimerais oublier tout le monde, ma femme et mon enfant, et tous les noms, toutes les relations, tous les moments partagés et tous les espoirs liés à d’autres êtres. Mais à quoi me servirait de partir très loin de tout puisqu’il y a partout des voix et nulle part un refuge tranquille, protégé par une calme bonté, qui m’accueillerait. Nul endroit où le mesquin soit moins envahissant et moins pesant. Si j’allais au désert, le soleil et la faim me tueraient ; car les oiseaux ont cessé de voler vers les solitaires : ils jettent leur pain au milieu de la foule qui se le dispute…

C’est pourquoi il est si terriblement nécessaire pour moi de trouver l’outil de mon art, le marteau, mon marteau, afin qu’il devienne le maître et couvre tous les bruits. Il doit bien y avoir aussi un métier à la base de cet art, un travail fidèle, quotidien, faisant feu de tout bois, cela doit bien être possible là aussi ! Oh, si je pouvais avoir des jours ouvrés, Lou, si la cavité la plus secrète de mon coeur pouvait être un atelier, une cellule et un refuge pour moi ; si tout ce qu’il y a de monacal en moi pouvait fonder un cloître destiné à mon travail et à ma méditation. Si je pouvais ne plus rien perdre et tout disposer autour de moi selon le degré de parenté et d’importance. Si je pouvais ressusciter, Lou ! Car je suis éparpillé comme un mort dans une vieille tombe…

D’une manière ou d’une autre, il faut que je découvre moi aussi le plus petit élément, la cellule de mon art, le moyen tangible et immatériel de tout décrire. Alors, la conscience claire et forte de l’énorme travail qui m’attendrait me forcerait à m’y atteler ; j’aurais tellement à faire qu’un jour ouvré ressemblerait au suivant, et mon travail serait toujours réussi car, bien que commençant par des choses réalisables et modestes, il serait d’emblée dans le grand. Tout serait soudain très loin, perturbations et voix, même l’hostile s’intégrerait au travail, de même que les bruits entrent dans le rêve et le font glisser insensiblement vers l’inattendu. Le sujet perdrait encore en importance et en poids, et il ne serait plus que prétexte ; mais c’est justement cette apparente indifférence à son égard qui me donnerait la capacité de donner forme à tous les sujets, de modeler et de trouver des prétextes à tout avec les moyens convenables et non prémédités. […]

Je ne peux m’empêcher d’être hostile à tout héritage, et ce que j’ai acquis est si mince ; je n’ai pour ainsi dire aucune culture. Mes tentatives sans cesse renouvelées pour commencer des études ont lamentablement avorté ; en raison d’éléments extérieurs et de l’étrange sentiment qui me prenait chaque fois par surprise : c’était comme si je devais revenir d’un savoir inné par un chemin ardu qui y retourne après moult tours et détours. Peut-être étaient-elles trop abstraites, les sciences auxquelles je me suis essayé, et peut-être que d’autres révéleraient de nouvelles choses… ? Mais pour tout cela il me manque les livres, et pour les livres, les guides. Toujours est-il que je souffre souvent de savoir si peu de choses ; ou seulement, peut-être, d’en savoir si peu sur les fleurs, sur les bêtes et sur les phénomènes simples d’où la vie s’élève comme une chanson populaire. C’est pourquoi je me promets toujours de mieux regarder, de mieux observer, d’aborder les petites choses que j’ai souvent négligées avec plus de patience, plus de concentration, comme autant de spectacles. C’est dans les choses insignifiantes que les lois circulent le plus ingénument, car elles se croient à l’abri des regards, seules avec les choses. La loi est grande dans les petites choses, elle en surgit et en jaillit de toutes parts. Si je pouvais apprendre à regarder jour après jour, alors le travail quotidien, auquel j’aspire de manière indicible, ne serait plus très éloigné…

Sois indulgente avec moi, Lou. Tu dois trouver que je suis beaucoup trop vieux pour être autorisé à être jeune de façon aussi tâtonnante ; mais tu sais que devant toi je suis un enfant, je ne le cache pas, et je te parle comme les enfants parlent dans la nuit : le visage enfoui contre toi, les yeux fermés, sentant ta proximité, ta protection, ta présence :

Rainer.

22:44 22/08/2017 | Lien permanent | Tags : luv, lis tes ratures |  Facebook

17
aoû

D'un pavé, deux pierres.

Deux choses qui me semblent importantes en ces jours de disette humaniste...

1* Un collectif d'écrivain.e.s public.que.s spécialisé.e.s dans les récits d'exils et accompagnant les personnes désirant / nécessitant un parcours administratif (ou autre) vers la composition d'un récit hors tension et pression de quelques instances administratives (dois-je citer l'office des étrangers ou tout le monde a compris?). 
Souvent, évoquer est complexe. 
Souvent, savoir ce qu'on "doit" ou ne "doit pas" dire est un espace flou, bordé d'enjeux qu'on ne maîtrise pas, tellement l'arbitraire est dans la bouche de l'interlocuteur.trice. Certain.e.s demandeur.se.s d'asile ont perdu leur "chance" de rester en Belgique sur une simple mention d'une obédience, d'un oubli d'un détail...

Déposer son récit auprès d'un.e de ces écrivain.e.s public.que.s permet de composer le parcours en lieu sûr, de redévelopper, à l'aide de l'oeil éclairé d'une personne in-formée, l'une ou l'autre partie plus "utile" pour l'un ou l'autre objet administratif et de maintenir au mieux son histoire. 
Au moins, ça, là. 
N'hésitons pas à perforer l'abcès de ces étranges bureaucrates à la gorge brune.DSC09056.JPG

 

2* Souvent, on se dit que porter plainte contre la police ne servira à rien. Souvent, on aimerait le faire mais ça prend un temps et une énergie qu'on aimerait placer ailleurs.
Cependant, j'aimerais témoigner et insister sur le fait que porter plainte contre la police (en deux étapes que je vais décliner ici) est un "mal nécessaire" à mon sens.

J'ai déjà porté plainte à plusieurs reprises contre la police: pour violences lors de manifestations, pour insultes (on m'avait traitée de pute négrière en plein commissariat après un "simple contrôle d'identité" à la gare de l'est car je sortais, ado, avec un noir ), pour racisme, pour intrusion sans mandat dans un squat).

Ici, j'ai porté plainte contre une patrouille de police lors d'une énième intimidation à l'occupation de La Voix des Sans Papiers (Vsp Bruxelles) à Schaerbeek. Phrases racistes en néerlandais (tandis que j'ai dit que je ne comprenais pas, ce qui n'est pas tout à fait vrai) et sarcasmes lors du dernier jour de l'occupation, en plein déménagement. Je suis allée porter plainte au commissariat avec une personne de confiance. Ce peut être n'importe qui en fait. Pour ma part, j'ai fait appel à qq1 de la Ligue des Droits de l'Homme, personne qui n'a évidemment pas dit qu'elle en était. Elle était "juste" une amie qui vient me soutenir lors d'une plainte contre la police à la police.

L'inspecteur chargé de prendre ma déposition m'a demandé si j'étais militante (non, juste une voisine solidaire), si j'étais consciente qu'il y allait avoir enquête (non peut-être), que mes dires seraient confrontés à ceux de la patrouille (mais allez-y donc). Je n'avais pas d'autres témoins, non (sauf le flic de quartier qui était arrivé peu après la patrouille, qui, quelques semaines plus tard, est venu me demander (croisé dans ma rue) si c'était moi qui avais porté plainte contre ses collègues. J'ai répondu non, pourquoi j'aurais dû? Et il m'a dit qu'on lui avait demandé si il avait été témoin de paroles racistes de la part de ses collègues, et qu'il avait dit OUI, que ses collègues étaient un peu trop zélés et pas respectueux) mais j'ai maintenu mes dires.
Je vous copie non pas ma plainte mais la réponse de la police, pour qu'on rigole un bon coup.

DSC09057.JPG

Alors du coup, à quoi bon?

Donc, dans un second temps, je vais aussi porter plainte à l'Observatoire Des Violences Policières https://www.obspol.be/ (Ligue des Droits de l'homme), organe indépendant de la police.

Du coup, ma plainte va intégrer les nombreuses plaintes contre la police et grossir des statistiques, lesquelles peuvent ensuite servir de levier politique au niveau régional, national et européen. 
Parce que la Belgique est une grande habituée des amendes pour non respect des lois (prisons, centres fermés, police, santé publique, ...etc...).

Aussi, ma plainte pour racisme a été envoyée à l'ADDE et copiée à des associations luttant contre le racisme. De ce fait, des avocat.e.s, juristes, légalistes ont accès à l'une ou l'autre plainte menaçant ici et là, les "étrangers" (qui est étranger sur Terre?), enfin, les racisé.e.s pour dire vrai.

Alors, j'encourage peut-être un peu naïvement toute personne témoin de filmer, photographier, enregistrer, noter toute répression policière (et autre mais...), toute parole raciste, et sexiste tant qu'on y est...

Y a ce droit là, qui est contesté par l'état actuel des pauvres choses mais incontestable.

Si relais il peut y avoir, relais encouragé.

22:34 17/08/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

Compte-Rendu de la 57ème soirée filles avec un cerveau (chacune) + invitation à la 58ème

Compte rendu de la soirée fille 57 à Lambermont (Gaume) chez Christine écrit par Christine. (La première sans la présence de Milady captive de son sac volé dans le train).

Ce fut une soirée numineuse, vraiment !

Selon Rudolf Otto et Carl Gustav Jung, le numineux, c’est ce qui saisit l'individu, ce qui venant « d'ailleurs », lui donne le sentiment d'être dépendant à l'égard d'un « tout Autre ». C'est « un sentiment de présence absolue, une présence divine. Il est à la fois mystère et terreur.

Annie : s’astreint à écrire une page A4 par jour. Elle nous en lit une : Fenêtre ouverte sur / garder les vivants dans son cœur / une chanson de Simon and Garfunkel / le couple vu comme un château : ceux qui y vivent veulent en sortir, ceux qui sont dehors veulent y entrer. Elle nous montre une statuette Mapuche (Chili) dont le socle se détache pour montrer le bas d’un corps féminin.

Françoise (Fu) : évoque un groupe qu’elle a créé avec d’autres « artisans de notre vieillir » (qui aurait pu s’appeler… VIPO… vi’ peaux). Il réunit des habitants de villages proches (pour faciliter les services et les trajets) dont Gérouville et Avioth de plus de 60 ans (en général plus de 70). De 12 ils sont passés à 8 (deux sont partis parce que trop émus de se projeter comme morts. Réunions à thèmes. D’abord, les aspects formels : prix aux km, cagnotte pour acheter, par ex, des lunettes à celui qui ne peut pas assurer financièrement. S’énoncent le fait d’accepter qu’on est vieux, récapituler chaque journée chaque soir, les manières de mourir dans le monde, se réconcilier avec son entourage, formulaires à remplir pour le droit de mourir dans la dignité (qui décide si on perd la boule ?). Lors d’un tour pour ou contre l’euthanasie tout le monde a voté contre, mais contre aussi l’acharnement thérapeutique. Françoise a présenté une conférence gesticulée sur la mort. Moments numineux, stades qui suivent la mort, la mort fait partie de la vie (groupe à Mons), ENEO…

Christine D conseille « Chroniques de mon crématorium » de Caitlin Doughty... Sans oublier les superbes papiers végétaux, orties et soude caustique que Françoise nous montre… 

Marie : Jephan de Villiers Elle nous amène un «cerveau », morceau de mémoire, créé par lui, en papier, cordes. Installation des cerveaux sur des barques / petits personnages en mie de pain qu’il confectionnait quand il était petit et malade (Annie)…

Karyne : Vacances particulières en Gaume (elle est bruxelloise) depuis un mois / père décédé récemment de la maladie d’Alzeimer / pour qu’il puisse aller « sous la douleur », elle lui racontait des histoires de mers chaudes, l’emmenait en « natation » / Il est mort en essayant de garder ses yeux ouverts le plus longtemps possible comme un enfant qui ne veut pas s’endormir et qui voudrait qu’on continue à lui raconter une histoire /Enterrement dans la collégiale de Nivelles, elle dit un texte comme il aurait offert un verre, l’impression d’avoir des siècles derrière elle, de sentir les pierres la pousser dans son dos, acoustique de l’église. Lors de son séjour à Orval, le Jardin de pierres, marche sur les pas de son père (petit séminaire, aimait l’Orval…). La vierge de l’abbaye d’Orval pas sympa, menaçante, le chant des moines qui permet que l’édifice ne tombe pas. Redonne forme en arrachant les orties au jardin de Patricia chez qui elle loge. Des vacances où elle se laisse porter par ce qui vient, ce qui arrive.

Françoise L : Allers-retours dans sa maison, une pièce dédiée au dessin, 30’ par jour, certains réalisés à hauteur de cuvette de WC… / Partage de ses dessins / Ses photos ne sont pas ses états d’âme, projections des amis qui les regardent.

Christine V : partage d’un projet d’école de devoirs (relancé par Véronique) à Lambermont, la difficulté de recruter des bénévoles, la contrainte qui fait peur quand on n’est pas toujours disponible, ni présente, la peur de se voir envahies par les enfants sans pouvoir assurer. Appel à l’équipe qui retourne ceci : ne pas appeler ça « école », trouver une autre dénomination, un jour semaine pour commencer, à deux. Voir si la sauce prend, si d’autres villageois s’ajoutent plutôt que de faire de la retape, rester dans le plaisir, ne pas se forcer à « sauver » les enfants. Mettre des livres, jeux à disposition. Moment de détente.

Catherine : Lit l’un de ses textes où il est question d’un couple de prisonniers politiques chinois (Liu XiaObo et Liu Xia Xiaobo, artiste qui n’a pas pu aller chercher son prix Nobel. Sa femme a disparu. Catherine aimerait que l’une de ses lettres puisse l’atteindre, mais où ? D’où lui vient son intérêt pour cette femme ? Ne supporte pas l’idée qu’on puisse oublier des personnes, se souvient du papier collant qu’on lui mettait sur la bouche quand elle était petite…

Chantal : coup de gueule au sujet du magazine Wilfried  où il n’est question que d’hommes. Poubelle ! Savoir dire non à sa voisine alcoolique qui devient envahissante / histoire de son petit-fils Hugo et de l’arbre qu’elle lui demande de se choisir. Il en élit un, ils vont près de lui et « font ce qu’on fait quand on rencontre un arbre », l’arbre est ensuite reconnu par la mère du gamin (moment numineux !) / histoire de l’achat ou non d’un chapeau melon (tout prend de la place dans une yourte), de la robe de princesse pour danser avec un mec un peu brut de pommes. Elle lui demande s’il sait ce que c’est une robe de princesse, il répond « ben ouais, c’est une robe avec une princesse dedans… ». Chantal se regarde dans la glace et dit : « si j’étais un mec, je me draguerais ».

Véronique : montre des cordes avec des nœuds, emmêlées, qui la suivent partout. Chaque nœud est une femme initiatrice, amie. Un lien avec ces femmes. Un autre bout de corde vient de l’île de Macronissos. Véronique découvre dans « Journal de déportation » de Yannis Ritsos » l’existence d’un camp de déportation en Grèce, à Macronissos, bâti en 1947 par les anglais et les grecs sur le même modèle que les camps qu’on venait de vider après la guerre... S’y trouvaient des femmes et des enfants (même ration d’eau pour une femme seule ou avec enfants, eau dans des contenants dégueulasses, beaucoup meurent de soif). On entendait du continent (5km), les cris des détenus torturés. Mais, personne ne semble se souvenir sur le continent, aucun travail de mémoire. Un homme politique a un jour nié qu’il y avait eu des femmes et des enfants, choc pour une ancienne déportée qui le voit à la télé. Véronique est allée sur place avec son compagnon et une amie. Difficulté de trouver un bateau qui accepte de les y conduire (courants forts qui ne permettaient pas aux prisonniers de s’évader). Sur l’île, des serpents, quelques ruches, des ruines du camp d’une cinquantaine de centimètres de haut, les latrines, pareilles à celles d’Auchwitz, le plus en état. Et ce bout de corde qui sentait le mazout… Dans cette île on a retrouvé des poèmes mis dans des bouteilles et enterrés pour ne pas que les matons les trouvent. Lecture d’un texte de Ritsos où il est question d’un fils mort dans un camp, personne ne mange sa part alors que tout le monde meurt de faim : « nous nous aimions » (texte joint).

Voir le film « Comme des lions de pierres aux portes de la nuit » - On peut l’acheter ici : http://olivierzuchuat.net/fr/dvd-vod.php

Annie conseille deux livres : « Une journée avec Denisovitch » de Soljenitsyne

et « L’écriture ou la vie » de Jorge Semprun 

Christine D dit avoir ramené une fleur, séchée, d’Auschwitz. « Quelles fleurs peuvent encore pousser là ? »

Christine D : son compagnon originaire de l’Orégon, là où il y a encore des forêts primaires, où dix arbres peuvent pousser sur une seule souche, où des routes passent à travers les séquoias. Elle nous lit « The giving tree » (l’arbre généreux) de Shel Silverstein (dont la figure déçoit Chantal qui l’imaginait un peu plus… « slave »).

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...

Prochaine soirée filles avec un cerveau (chacune), la 58ème chez Milady à Schaerbeek (adresse sur requête) le vendredi 6 octobre de 19h01 à ... - Chacune bienvenue.

(concept énoncé après un autre compte-rendu, ici)

 

19:56 17/08/2017 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

La Voix des Sans Papiers vous convie à...

Vsp Bruxelles (La Voix des Sans Papiers de Bruxelles) vous convie à un espace de réflexion, d'échange avec la projection d'un film documentaire basé sur l'accompagnement de l'association française Droits devant auprès de personnes sans papiers / demandeur.se.s d'asile et la grève de travailleurs sans papiers qui ont été employés par des boîtes d'intérim pour rénover l'Assemblée Nationale, entre autres... (remerciements à la réalisatrice Cyrielle Blaire pour la mise à disposition de son film en milieu concerné et militant).

Un débat suivra la projection. Les intervenant.e.s sont des personnes impliqué.e.s dans les luttes de régularisation, anti-fascistes, féministes.

Et pour accompagner l'esprit fier et le coeur vaillant, une table d'hôte avec des plats préparés par les occupant.e.s de la nouvelle occupation de Vsp Bruxelles sera ouverte à tou.te.s, à prix libre, dès 18h30, que vous ayez assisté à l'après-midi ou pas.

Merci du relais et du soutien à cette activité qui précède aussi une autre activité, soit le vernissage de l'exposition Bienvenue, avec ou sans papiers, (photos de Frédéric Moreau De Bellaing qui suit VSP depuis quelques semaines) qui aura lieu le jeudi 24 encore à l'occupation.

ça vit, ça vrille, ça ouvre...!

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"Projection-débat et table d'hôtes organisées à l'occupation de la Voix des Sans-Papiers de Bruxelles (Vsp Bruxelles) au 269, Avenue d'Auderghem à Etterbeek le dimanche 20 août 2017 dès 16h.

Ces dernières années, de nombreu.x.ses sans-papiers ont lutté pour leurs droits, pour obtenir le statut de réfugié.e, pour être entendu.e.s, ... Cet après-midi sera l'occasion de revenir sur certaines luttes marquantes en Belgique et en France. Après la projection du documentaire, plusieurs militant.e.s régularisé.e.s ou non nous raconteront les luttes qu'iels ont mené.e.s ou mènent encore aujourd'hui.
Un débat et une discussion sur les différentes stratégies de lutte seront ensuite ouverts avec les militant.e.s sans-papiers.

S'ensuivra une table d'hôtes avec des mets préparés par les occupant.e.s de la Voix des Sans Papiers. 

Au programme : 

- Projection du documentaire "Marche Ou Rêve" de Cyrielle Blaire.
(Résumé du film plus bas)

INTERVENTIONS : 

- Marwa Mahbub : sans-papier afghane en 2013, elle a obtenu le statut de réfugiée après des mois de lutte intensive + deux marches de 3 jours (depuis Bruxelles jusque Mons et Bruxelles - Gand) !

- Mamadou Bah : Guinéen, reconnu comme réfugié en Grèce, il a continué à lutter pour les droits des sans-papiers et des régugié.e.s ! Victime d'une attaque violente du parti néo-nazi "Aube Dorée" il a du fuir la Grèce pour la Belgique. Grâce à une belle mobilisation il a obtenu le statut de réfugié en Belgique également.

- Abdelhak : Militant de l'UDEP Bruxelles en 2005, il continue toujours de lutter aux côtés des sans-papiers et réfugié.e.s. Il a crée Collectactif qui continue toujours de grandir.

- Dodou : Militant sans-papier, membre de la Coordination des sans-papiers de Belgique et membre du collectif No Doc.

Le résumé du documentaire : "Les hommes et les femmes qui poussent la porte de l’association Droits devant viennent tous avec le même espoir : obtenir leur régularisation en préfecture. Patiemment, Denise les écoute et reprend le fil de leur histoire. Si les galères sont nombreuses, ici on ne s’apitoie pas, on se bat ! A tous, elle fait le même récit : celui d’une grève menée par des travailleurs sans-papiers quelques mois plus tôt. Une invite à reprendre le flambeau d’un combat commencé par d’autres…"

La table d'hôtes propose à toute personne (venue à la projection-débat ou pas) de partager un repas à partir de 18h30. 
Contribution à prix libre. Plat africain et plat végétarien.

La bière 100 Pap' (dont les recettes vont au soutien des sans papiers) sera disponible à la dégustation et à la vente."

19:31 17/08/2017 Publié dans Loisirs | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook

Réseau Kalame : Poste de coordination = > Au revoir Milady, Bonjour Régine

On a beau dire au revoir de manière "saine" et directe, ça fait quand même bizarre, toutes ces années en un lien...

 The Realist has a new site! ---> www.asafhanuka.com.jpg

19:19 17/08/2017 | Lien permanent | Tags : act-u |  Facebook

15
jui

Compte-rendu 56ème soirée filles avec un cerveau (chacune) 23/06/17 + invitation à la 57ème

diable-jeune-fille-Victor-Orel.jpgCompte-rendu de la 56ème soirée filles avec un cerveau (chacune) du 23 Juin 2017 @ Pascale’s (Molenbeek)
& Invitation à la 57ème le 11 août chez Christine (Lambermont, Gaume)

Amélie : Tarot de Lucie Charcosset + Susie Orbach ‘Fat is a feminist issue’ (traduit en 2017) – contre la grossophobie

Milady : Festival queer féministe « Les Salopes Pirates » (Metz) + Femmes Ancestrarbres de Sarah Fisthole, revue collective féministe ‘Hors-Je(u)’ et cartes postales achetées au Sterput – E2

Karine : Pilar et Simon, carnets de prison… sous période franquiste… archives personnelles, de la ‘petite’ histoire à l’Histoire.

Hülya : deuil-s. arbre généalogique. Nomadisme. D’où venir, où aller… sarah lucas II.jpg

Marie : ‘Ceci est mon sang’ d’Elise Thiébaut + Jack Parker ‘le grand mystère des règles ‘ + MUM : Museum of Menstruation + flux instinctif + vers la coupe menstruelle + cellules souches et sang menstruel… menstrues tous azimuts.

Elsa (autrices) : ‘Who owns the black pain ?’ de Zadie Smith (Article in Bazar) + ‘Open Casket’ de Dana Schutz + Patrick Jean et le pro-féminisme, Get out film d’horreur avec le racisme comme terreau + black lives matter + Emett Till

Sylvie : ‘les demeurées’ de Jeanne Benameur + le savoir rend il heureux, plus tolérant ? oppose-t-il le dire et l’action ? + carte de l’ermite du tarot

chantal ackerman je, tu, il, elle 1974.jpgSéverine : ‘mère-s démone-s’ / mères vampires, Folcoche,…

Pascale : ’365 Athens’ – Bruxelles-Athènes © Death Valley + Tarot 'The wild unknown’ de Kim Krans

Références tous azimuts :

à propos des mères :
Maya Angelou ‘I heard a bird sing’ + ‘lettres à ma fille’
Calamity Jane ‘lettres à ma fille »
Mazarine Pingeot « cimetière des poupées »
Recueil de récits psy des liens entre mères et filles
Alice Walker ‘all about our mothers’
Louise de Vilmorin
Colette ou le monstre maternel
Jacqueline Harpman
...

A propos des corps gros:
Push' de Sapphire

à propos du deuil :
Au bonheur des morts’ de Vinciane Depret

à propos de l’éloignement, de l’isolement…
life doesn’t frighten me at all’ with JM Basquiat + Ici de Christine Van Acker + Le retour à la terre de Manu Larcenet


Prochaine Soirée Filles (57ème)
avec un cerveau (chacune)
le vendredi 11 août chez Christine Van Acker
Lambermont, Gaume
dès 19h03.
(possibilité de soirée + nuit sur place)
pour une fois, confirmez votre venue afin qu’on organise
le couchage / camping / co-voiturage / collectage à la gare la plus proche.

Mais encore et toujours,

  • apportez gentes et nourritures terrestres
  • une chose, un truc à partager de toute forme, sorte, teinte
  • faites des amours et/ou des guerres

rappel du concept iciana mendieta stache.jpg

16:15 15/07/2017 | Lien permanent | Tags : girlz |  Facebook

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jui

SMDOP #5 - Festival des Salopes Pirates (Metz) - Love was in the air...

DSC08626.JPGDSC08627.JPGDSC08628.JPGDSC08629.JPGDSC08630.JPGDSC08631.JPGDSC08632.JPGDSC08634.JPGDSC08635.JPGDSC08636.JPGDSC08637.JPG(extraits du mur d'or)

Slow Motion with a Disposable Organic Poetess est une installation jouant sur un intime artificiel et présentiel alliant un corps donnant espace et temps lent et donnant et engageant et intim(id)ant et décontenançant et dansant à un corps inconnu mis à nu (symboliquement) prêt qui entre et qui sort de l'espace fabriqué hors de l'espace temps du dehors comme il.elle veut, peut. Alors, on danse, on s'enlace, on cherche le micro mouvement, le sol, le ciel, le souvenir, la chanson ringarde, le déclic du râteau ancien, du baiser qui aurait dû avoir lieu, de celui qui a finalement eu lieu, de l'adolescence, de l'espace érotique qui ne dit pas son nom, de l'indice de la pression artérielle, de la gêne aussi, du corps sans caresse qui dit oui ou non, et de l'intention d'être avec, par et pour à ce moment précis, précieux.

Merci à NB pour le soutien à distance, à NM pour la mise en plages, à Snoeg, Violaine et le collectif du festival des Salopes Pirates (Metz Reprezent) et à Cynthia pour la zone franche à l'entrée de la cahute et à Théa et le SP pour la construction de la petite maison dans la prairie sous le pont au bord de la Moselle, entre lierres et liseron et ronces et amour... et à Richard Cocciante et à Nirvana, come as you are, all ways.

08:40 13/07/2017 Publié dans Amour, Loisirs, Musique | Lien permanent | Tags : agendada, luv |  Facebook

27
jui

C'était mieux avant...

textes

Oui, nous en parlions, souvent. Les mots enflés des évidences qui nous encerclaient.
Oui, nous en parlions énormément. Il était sans cesse question des corps violentés, intimidés, mis de côté. C'était à la fois reconnu et inconnu.
Oui, nous en parlions, évidemment. Certains d'entre eux rapportaient les récits que nous avalions dans nos gorges exsangues et obsolètes. C'était cru, bien trop cru.
Oui, nous en parlions, à tout moment. Même au creux de nos silences amers, nous ne faisions qu'être dans ces états là, amoindris par les nouvelles autorités.
Oui, nous en parlions, pourtant. Certains d'entre nous espéraient qu'une étape retournant vers le vivant serait franchie, d'autres luttaient avec leurs idées entre les dents tandis que leurs abdomens pourrissaient, d'autres enfin, savaient que la gangrène morale faisait office de mérule dans les rues, les bureaux et sous les tables des instances.
Oui, nous en parlions, comme des enfants. Parce que nos jeux n'étaient pas tous ternis, parce nos amours n'étaient pas encore tous corrompus, parce que nos yeux n'étaient pas encore tout à fait cousus.
Oui, nous en parlions, absolument. C'est difficile de se souvenir de tous ces moments d'avant, j'en conviens.
C'est au moment où nous n'avons plus su en parler que nous avons compris que l'effondrement humain couronnait nos touts. C'est à ce moment que nos corps n'ont plus su marcher, pleurer, évoquer. Mais je jure que nous en parlions. Peut-être n'étions nous pas assez? Peut-être n'étions nous pas entiers? Peut-être n'étions-nous pas parés contre l'horreur? Peut-être aurions-nous dû fermer nos mots et attaquer en premier?
Aujourd'hui que tout est clos, qui peut dire ce qui était possible? Mais je crois me souvenir... oui, nous en parlions.

(c) Milady Renoir

Illu de Gabriel Von Max - Les Singes critiques d'art

19:58 27/06/2017 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

Les Salopes pirates et moi... ;-) Samedi, on y s'ra.

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HOP.

19:55 27/06/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook

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jui

Marche pour les Migrant.e.s et label UNITED STAGES - 18 juin

Capture d’écran 2017-06-15 à 10.46.35.png> SALUT A TOI ! / HALLO JIJ ! / HELLO TO YOU !

Marche citoyenne et solidaire pour une vraie politique d'accueil
Een mars van soldaire burgers voor een echt opvangbeleid
Citizens solidarity march for a truly welcomming immigration policy

> 14h , près de Fedasil / ter hoogte van Fedasil / next to Fedasil
Boulevard de Dixmude / op de Diksmuildelaan /
Bruxelles / Brussel

FR / Concerts, spectacles, animations concluront ce rassemblement festif !
NL/ Deze feestelijke bijeenkomst wordt afgesloten met concerten animatie en spektakel !
EN / Concerts, animations and shows will conclude this festive gathering !

Une initiative de :
United Stages : Action Sud CCR, Choux de Bruxelles, Globe Aroma, Kaaitheater, La Bellone, La Vénerie, La Tentation, Le Boson, Les Midis de la poésie, MET-X, Passa Porta, Théâtre de l’Ancre, Théâtre la Balsamine, Théâtre Océan Nord, Théâtre Varia, Théâtre 140 )
- Brice Cannavo, Sabine Durand, Patrick Masset TJ1, Marie-Hélène Rabier

> Dimanche, le secteur culturel belge rejoindra les citoyens, les ONG, les associations de migrants et les syndicats pour promouvoir ensemble un projet de société progressiste et respectueuse des droits humains.
Refuser l’indifférence et le repli sur soi, proposer des alternatives comme le renforcement de voies d’accès sûres et légales vers le sol européen, c’est le message qui nous réunira dans cette marche colorée et festive !
> Rejoignez-nous dimanche 18 juin à 14h , boulevard de Dixmude !
À écouter, l’appel de secteur culturel /ici/.

 

On y sera, Ali Talib, et des Sans Papiers et moi et des gen.te.s il-légaux ou pas, n'importe qui... #NoBorder / #NiemandIsIllegal

 

10:50 15/06/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, agendada |  Facebook

Illégal, illégale, est-ce que j'ai une gueule d'illégal.e?

Capture d’écran 2017-06-15 à 10.36.36.pngZinneke Parade et MEDEX - Musée éphémère de l'exil viennent, parmi tant d’autres, de gagner les Mixity Awards de Visit.brussels. Afin de célébrer les mixités et le démarrage de l’aventure Illegal, un rendez-vous attend les gen.te.s devant Zinneke, sous le porche et sur nos pistes de danse à Masui le vendredi 16 juin.

>>> A partir de 16h <<<
Goûter festif in/out - jeux illégaux

>>> A partir de 19h <<<
Taboulé et BBQ à plusieurs services et jusqu’à 23h

>>> A partir de 21h <<<
Zinneke & Medex préparent le plus brillant des dance floors de Belgique, jusqu’à pas d’heure...

Une scène poétique est ouverte et j'y participerai, en langues et voix, avec des textes illégaux. J'accompagnerai également Ali Talib, ami venu d'Irak devenu illégal en Belgique, qui lira des silences.

Pour l'heure de la scène, on dira entre le taboulé et le dance floor.

10:41 15/06/2017 | Lien permanent | Tags : act-u, textes |  Facebook

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Marina, Marina... tout ce qui a un nom brûle...

Lettre de Marina Tsvetaeva à un destinataire inconnu

Tsvetaeva1913

9 juillet [sans date]

À force d’attention (tension) j’ai subitement et violemment eu sommeil. Je guettais vos pas, je ne voulais pas qu’un jour je puisse me dire que je vous avais manqué — dans le triplement-triste sens de : manquer une chance, manquer à une Altesse et — comme une mère manque à son enfant — ne fût-ce qu’une seule fois — par ma faute. Je m’étendis par terre, la tête sur le pas du balcon, bien à plat, bien au dur, pour ne pas m’endormir. Je lève les yeux, es deux battants de la porte et tout le ciel. Il y avait beaucoup de pas, j’ai bientôt cessé d’écouter, quelque part quelque chose jouait, j’ai bientôt senti ma bassesse (celle de tous ces derniers jours avec vous — oh ! sans offense ! j’étais lâche, vous étiez vous). Je sais que je ne suis pas telle, ce n’est que parce que j’essaie de vivre.

Vivre, c’est tailler et infailliblement manquer et puis rapiécer — et rien ne tient (et rien n’est tien, et on ne tient plus à rien — pardonnez-moi ce triste, ce grave jeu de mots).

Dès que j’essaie de vivre, je me sens une misérable petite couseuse qui jamais ne fera de belles choses, qui ne sait que gâcher et se blesser et qui, laissant là tout : ciseaux, lambeaux, bobines, se met à chanter. À une vitre où il pleut pour l’éternité.

Je suis encore toute pleine de ce ciel vide. Il passait, je restais, je savais que moi, rivée, passerais, que lui, passant, subsisterait, persisterait. Le ciel passe éternellement, incessamment — sur moi qui passe incessamment, éternellement. Moi — c’est toutes celles qui sont restées et ont regardé ainsi, resteront et regarderont ainsi. Vous le voyez, moi aussi je suis « éternelle ».

La moi de ce matin ? Je ne la connais même pas. Est-ce que moi, je puis biaiser et ruser ? Ce que je puis, moi, c’est clamer — oui ! — comme un enfant clame : vers toi ! — c’est lancer mes bras l’un à l’Orient et l’autre à l’Occident, mais plus… mais moins… C’est la vie, cette forceuse d’âmes, qui me force à jouer cette farce.

Ramasser à genoux les bribes qui nous restent après la coupe ?… Non, non et non. Mes deux mains derrière le dos. Et le dos bien droit.

Comment pourrais-je avoir besoin — fût-ce du Royaume des Cieux ! — dans une telle réalisation — à un tel prix ? Mon ami, il doit y avoir un ciel aussi pour l’amour. Un ciel autre que le ciel de lit. L’arc-en-ciel.

Mon ami, vous n’êtes pas venu ce soir parce que vous aviez à écrire (aux vôtres). De telles choses ne me font déjà plus mal, vous m’y avez habituée, vous et tous, car vous aussi vous êtes éternel : innombrable (comme l’autre moi, par terre et dans le ciel). C’est toujours le même vous qui ne vient pas vers la même moi qui l’attend toujours.

10:56 13/06/2017 | Lien permanent | Tags : textes |  Facebook

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jui

Communiqué pour Médoune Ndiaye

poly-tiquesVoici le communiqué de presse qui servira également
d'interpellation auprès des autorités sénégalaises (au Sénégal
Et sa représentation en Belgique) et des autorités belges,
avec l'intention de toucher les instances européennes.
La sensibilisation auprès des individus vivant en Belgique et ailleurs est un objectif premier, aussi.
Votre relais auprès de vos réseaux est apprécié, aussi en soutien
à Médoune Ndiaye et les autres personnes enfermées
en centres fermés pour raison "administrative" et/ ou expulsées (déportées) violemment
par la Belgique, à l'encontre du droit et de la dignité.
++ Si vous désirez rester informé.e.s des possibles suites et de la situation
des sans papiers en Belgique, plusieurs voies sont possibles: Via Facebook: Devenir ami.e avec le profil de
La voix des Sans Papiers de Bruxelles - https://www.facebook.com/voix.sp.7

ET/OU suivre la page de l'asbl SOS Migrants https://www.facebook.com/groups/320...
ET/OU celle de la Coordination des Sans Papiers de Belgique qui rassemble les différents collectifs
et associations de sans papiers: https://www.facebook.com/Coordinati... celles d'autres
associations / plateformes soutiens des luttes pour la régularisation / contre les lois racistes: MRAX (https://www.facebook.com/mrax.mrax/), Coordination CRER (https://www.facebook.com/crer.regul...), ...
++ Via les listes de soutiens qui vous tiennent au courant des appels à solidarité.s
(logistique, politique, économique, sociale, symbolique, ...), des situations des sans papiers, ....

Pour la liste "Soutien à la Voix des Sans Papiers de Bruxelles - VSP"
ET/OU Pour la liste "Soutien aux sans papiers de Belgique", merci de renvoyer par mail votre désir
d'être ajouté.e à l'une et/ou l'autre liste. (miladyrenoirmiladyrenoir@gmail.com) ++

Communiqué de Presse & Interpellation aux Administrations/ Autorités :
Violences policières, torture psychologique, enfermement, déportation illégale :
l’histoire de Médoune Ndiaye et de beaucoup d’autres sans-papiers…

Le mardi 6 juin 2017, un ressortissant du Sénégal nommé Médoune Ndiaye, membre de la Voix des
Sans Papiers (VSP) de Bruxelles, a été expulsé par un vol Brussels Airlines vers Dakar. Il a été arrêté
fin mars à Virton, puis enfermé au centre de rétention pour étrangers de Vottem (Liège). Des conditions d'enfermement carcérales, le manque d'informations lié à son incarcération, son arrestation pendant
laquelle il a été molesté (doigt cassé), l’absence de soins médicaux (refus de donner des antalgiques),
la rétention d'informations sur son dossier médical, les intimidations répétées du centre fermé
et de la police... Les centres fermés pour étrangers sont des machines à expulser.
Pour préparer ces expulsions, il faut casser la résistance des détenus, par l’enfermement,
par la torture psychologique, jusqu’à appliquer une mesure d’isolement, ce que Médoune a subi
pendant plusieurs jours.
L’Office des Etrangers a très rapidement émis un ordre d’expulsion.
L'ambassade du Sénégal a ensuite octroyé un laissez-passer sans aucune enquête ni même de contact
avec l'intéressé. Après une première tentative d’expulsion avortée, Médoune Ndiaye a été emmené le 6 juin
à l’aéroport. Une douzaine de policiers l’attendaient. Il a demandé à parler à son avocat, dans le cadre
d’une procédure de plainte qui été déposée contre la Police de Liège. Ce droit lui a été refusé, sous prétexte
que la plainte aurait été annulée, ce qui est faux. S’ensuivirent des menaces, des violences. Un policier
l’a maintenu au sol, un autre s’est assis sur lui et plusieurs l’ont frappé, l’empêchant aussi de respirer,
jusqu’à ce que Médoune perde connaissance. Pendant ce temps, il a été sanglé, menotté sans qu’il s’en
rende compte. Contraint de monter dans l’avion avec deux policiers qui le menacent.
« Même si tu meurs, tu vas rentrer chez toi ». Le commandant de bord surenchérit.
Il les entend parler avec le commandant de bord en néerlandais. Médoune s’est alors débattu, a cassé
des objets autour de lui. Les deux policiers l’ont alors battu à nouveau. Personne dans l’avion, ni le personnel
de bord ni les passagers, n’est intervenu. Une hôtesse de l’air lui a demandé de se calmer, mentionnant que récemment un autre homme avait été battu, qu’il avait eu les dents cassées et que même en perdant du sang,
ils l’avaient expulsé. Avant d’atterrir, les deux policiers ont parlé d’une éventuelle prise en charge médicale
une fois à Dakar. Menotté, il a été mené aux autorités sénégalaises représentées par la gendarmerie.
Mention a été faite d’un dossier mensonger le concernant, l’accablant de diverses accusations de vol
dans les marchés, de cambriolages en Belgique. Ce document était écrit en néerlandais. Médoune a demandé
une copie, ce qui lui a été refusé. Il a aussi questionné la gendarmerie, qui ne s’oppose pas à la réception
d’un document dans une langue étrangère, qui l’accepte sans questionner son état physique
évidemment déplorable. Médoune s’est alors énervé contre les gendarmes, lesquels l’ont, à leur tour,
menacé d’enfermement. Deux passagères sont intervenues pour le défendre afin qu’il puisse sortir
sans autre charge. Les gendarmes ont refusé d’appeler une ambulance, lui demandant de déguerpir
et de se débrouiller pour aller à l’hôpital.
Deux côtes cassées, le corps molesté et meurtri, il a aussi subi le vol de la moitié de l’argent
qu’il avait avec lui et de son portable, sans savoir à quel moment ça s’est passé.

poly-tiquesVoilà les résultats concrets de la politique mise en œuvre
par Théo Francken, qui consiste à fermer les frontières,
et à expulser 1000 personnes supplémentaires chaque année
en augmentant les détentions, en en prévoyant même au moins
deux autres centres fermés en Belgique dont un où les familles
avec enfants pourraient être enfermées! Nombre de décisions
qui touchent les sans papiers directement sont émises par
des instances européennes et nationales dont le caractère
peu transparent et peu démocratique n'est plus à démontrer.

Les membres du collectif VSP, dont Thierno Malik (toujours détenu à Vottem) et Médoune Ndiaye,
en paient les conséquences directes. Ces derniers temps, d'autres collectifs de sans-papiers ont également
fait l'objet d'une répression réaffirmée. Quand les dirigeant.e.s européen.ne.s se targuent de promouvoir
la paix, les droits de l'homme à travers le monde, les sans-papiers d'Europe se terrent et longent les murs.
Cette politique se moque en fait de la dignité humaine et de droits qui sont, en théorie, inaliénables.

Nous interpellons les autorités sénégalaises, belges et les instances européennes
sur ces faits graves, et nous appelons les citoyen.ne.s et toutes les personnes résidant
en Belgique à dénoncer à nos côtés ces rafles, ces conditions d’enfermement,
ces rétentions « administratives » et ces expulsions (que nous nommons déportations).

Nous soutenons Medoune Ndiaye ainsi que tou.te.s les détenu.e.s en centres fermés
dans le combat pour la justice, la liberté et la dignité mené courageusement
par ces hommes, ces femmes et ces enfants, en Belgique et en Europe.

La Voix des sans papiers Bruxelles (Voix SP Bruxelles),
SOS Migrants, pour les droits des migrants en Belgique et partout ailleurs,
MRAX asbl, MOC National, FGTB, BXI: Bruxelles Initiatives, 100Pap.be, Coordination Crer,
MOC Bruxelles, Marche des migrants de la région du Centre, Coordination des sans-papiers de Belgique,
Comité des travailleurs avec et sans papiers de la CSC, Groupe de soutien aux sans papiers de Mons,
Front d'Actions des Migrants - Migranten Actie Front, Jsp Jsp le Journal des sans papiers,
Sans-Papiers TV, Théâtre des rues, Editions du Cerisier, Coalition internationale des sans papiers
et migrants, Ecran d'Eveil asbl, Association des Familles et Amis de Prisonniers, Bruxelles Panthère,
Coec (Cellule d'Observation et d'Écoute Citoyenne), Comité des parents contre les violences policières
à Molenbeek, Comité Free Ali Aarrass, La petite Maison du Peuple, Woningen 123 Logements,
Le Village du Monde (asbl Le Coron), Pigment vzw Brussel, Maison du Peuple d'Europe,
Moc Hainaut Centre, Rencontre des Continents asbl, Tout Autre Chose - Hart Boven Hard,
La Petite Citoyenneté Nomade, Théâtre du Copion, Cercle Antispéciste ULB, L'Université des Femmes,
PTB PVDA Molenbeek, Médecine pour le Peuple Molenbeek, KALAME (réseau),
Cercle Amnesty International ULB, Maison médicale Le Renfort de Molenbeek,
JOC Bruxelles, Mémoire Coloniale, …

++

Cécile BULENS, citoyenne, Chantal BEAUPORT, Gil COLMANT, Hélène DIONKRE, Germaine
RAMPELBERGH, Cécile RUGIRA, Rose BEKAERT, citoyenne, Eric HULSENS, auteur et professeur
d'honneur de l'enseignement supérieur, Christine PIERARD, citoyenne, Daniel ALLIET - curé du
Béguinage et l’équipe de la Paroisse du Béguinage, Michael VERBAUWHEDE - député bruxellois PTB,
Valérie CARDINAL, Anne CARLIER, Marie-Claire COUTURIAUX, Sarra LATRECHE,
Anne LOUVRAIN, juriste solidaire, Annick LOUVET, Freddy MATHIEU, Barbara MOURIN,
Sandra NAZE, Patricia NOEL, Angelo PITZUS, Marie-Christine SCREVE, Nathalie VAN ASSCHE,
Myriam VAN SINOY, Isabelle VANDEN BERGHE, Albert MARTENS, Coline FOUQUET,
Clémentine DELAHAUT, Donia ADDAD, John BEUGNIES, Hubert CROIX, Martine DELCOURT,
Anne-Marie DELSAUT, Odile DEPUYDT, Anne DUBOIS, Marie-Paule GIUNTA, Françoise GUFFENS,
Claire HOUART, Vincent HUBERT, Anaïs LEFRERE, Elke MAES, Alice PERRET, artiste musicienne,
Aliette GRIZ, écrivaine, citoyenne, Amandine RIMBERT, Anaïs LEFRERE, Anne DENIS,
Anne-Marie MOLENBERG, Aya KASASA, citoyenne, Dominique COSTERMANS écrivaine,
Caroline GODART, Justine PASSINO, journaliste, Saïd EL AHMIR, citoyen révolté,
Gérard DE SELYS, journaliste, écrivain, Bernard MULLIEZ, Carine DEMANGE, citoyenne,
Caroline SORDIA, citoyenne, Célestin DE MEEÛS, poète, revuiste, Jean-Michel LECLERCQ, journaliste,
Amélie CHARCOSSET, Luc MALGHEM, auteur, Charlotte LIMODIN, Christiane MAIGRE,
Edith BARBIEUX, Fabienne LORGEAU, Emmeline Milady DOLLEANS RENOIR, voisine solidaire VSP,
Eugenia FANO, Gioia FROLLI, slammeuse, citoyenne, Vinciane GEERINCKX, Eveline DAL, CRER Visites,
Fabienne SEVEILLAC, Claire FANSOU, citoyenne économiste atterrée, Valérie VANHOUTVINCK - RougiR asbl, Florent LEDUC, citoyen, Cassius Gautier-Dolléans, jeune soutien VSP, Anissa Rouas, soutien VSP,
Marjolein SCHEPERS, soutien VSP, François LAURENT alias l'Ami Terrien, Christine AVENTIN,
Gaspard GUINON, politologue, Catherine LE GOFF, citoyenne, Frédérique MAWET, citoyenne,
Geneviève DAMAS, écrivaine, citoyenne, Maggie THECAT, soutien VSP, Pascale LASSABLIERE
des ateliers Mots’Art, Germaine RAMPELBERGH, Gilles KINGHEERS de Médecins Sans Frontières,
Dominique REGNIER du Service de la culture de la Province de Namur, Jean-Pierre DUPONT,
Jean-Pierre GRIEZ, Jean-pol NICOLAY, Jeep NOVAK & Vincent PATIGNY de la Petite Maison du Peuple,
Joaquim DA FONSECA pour le PTB Molenbeek, John BEUGNIES, John NEVE, Doctorant pour la Paix
& Piment rouge des temps présents, Julien GORDENNE, citoyen indigné, Kathleen VOSSEN,
Laurence VIELLE, poétesse nationale, Laurence VRAY, Laurette PREVOT, Laurie STAQUET soutien VSP,
Louise DUPUIS, Lucie GIUNTA, Magali PAQUOT, Mahe BO de Rencontre des Continents,
Maryvonne MAES, citoyenne solidaire, Maxime LÊ HùNG, Soutien VSP,
Michel VANDEN BOSSCHE-MARQUETTE, citoyen, Michèle MATON, Milena PATUELLI, citoyenne
bruxelloise solidaire et révoltée, Régine Vandamme, citoyenne, Rose-May LIEBAERT, soutien VSP,
Mouna IMADEDDINE, citoyenne, Nathalie CAPART, soutien VSP, Salimata SAMBA, citoyenne,
Mieriën Coppens, étudiant en Cinéma et soutien de la lutte des sans papiers, Nathalie MELIS,
Nathalie VAN ASSCHE, Nicolas ANKOUDINOFF, musicien, Odile DEPUYDT, Pascale MISTIAEN,
Patricia NOËL, Patricia OPSOMER, Paul HERMANT, Acteurs des Temps Présents et chroniqueur,
Pietro EMILI de la Maison du Peuple d’Europe, Sabine PANET d'Axelle magazine, Marie-Madeleine
GADEYNE, étudiante et citoyenne, Pascale FONTENEAU, romancière, Sarah FOULQUIER, citoyenne,
Claire Frédéric, Sarah PIALEPRAT du Centre du Film sur l'Art, Sophie DRUART, citoyenne,
Stephan Dubrana de La fausse parole production, Teresa BIZZANELLI, Thérèse MICHELS,
Thibault CARION, citoyen, Thomas BURION, Bibliothécaire - caricaturiste pour Même pas Peur,
Stephane LAGASSE, citoyen, Anne GROSJEAN, Tom MACDONALD, citoyen, Tom NISSE, écrivain,
Vanessa CRASSET, Vincent HUBERT, Virginie DELATTRE, Louise DE COSTER, Norma BERARDI,
Valérie BRIXHE du Centre du Monde, Augusta LINDBERG, présidente du cercle Amnesty International
ULB, Philippe GRANJEAN, reporter et citoyen, LODICO PIETRINA, Jean-Gauthier HEYMANS, citoyen,
Mehdi KASSOU, Joëlle BAUMERDER, Maison du livre de St Gilles, Chloé SALMON, Sylvie-Anne GOFFINET,
Felipe VAN KEIRSBLICK, Francesca BADIN, Veronika MABARDI, Khadija SENHADJI, anthropologue -
ESG asbl, Manu SCORDIA, dessinateur, Miguel DECLEIRE, Mathias DECLEIRE,
Nordine SAÏDI, militant décolonial, Patricia POLANCO de Médecine pour le Peuple Molenbeek,
Felipe Van Keirsblick, Poupette CHOQUE, …

Illus reprises du site de Bruxelles Panthère (signataire de ce communiqué)

15:20 09/06/2017 | Lien permanent | Tags : poly-tiques |  Facebook

conte antenne parabolique pour l'ami Médoune Ndiaye

désert.jpgun grand désert, il a marché des jours, des années. l'homme pense à ce grain de sable envolé dans sa paupière comme le milieu de sa vie. le chemin parcouru, les traces dans les dunes. le vent qui souffle les grains devant lui. il a amassé quelques pierres et roses sablées formées d'un peu d'eau, de sel d'une mer éloignée et de sable. il construit un cairn, garantissant la baraka des bornes du chemin à encore parcourir. chaque étape sera douleur, rire et pensée. en plantant son bâton de marcheur, il se blesse au pied. une douleur morsure lui crispe le visage, craquelle le masque de sa solitude. une tagat des jnoun locaux! il vacille un peu, voit devant lui l'ombre d'un arganier. pourtant, aucun arbre ne peut résister à l'horizon et son plomb solaire, au vent témoin du lointain. il se rend compte que son corps entier ne résiste plus au soleil qu'il a pourtant apprivoisé tout ce temps. il se rend compte que son coeur entier ne résiste plus à la solitude qu'il a pourtant apprivoisée tout ce temps. de nouveau, des ombres couvrent son oeil. qui le guette? qui l'attire dans l'obscurité? il doute, il craint, il virevolte mais ne sait plus avancer. sa tête ou son coeur ne tient plus? ce grain blessant sa cornée comme le sésame de son mausolée? cet homme est-il banni du reste des hommes? comment pourra t-il retrouver l'honnêteté de sa destinée s'il succombe au désespoir? il tente de se remémorer son origine. il ne voit que ce grain de sable frontière entre son savoir et le néant. aurait-il atteint le khalwa? il frotte l'oeil jusqu'à griffer l'intérieur de sa paupière, jusqu'à ne plus pouvoir ouvrir l'oeil. il reprend son bâton, le plante à nouveau vers l'après et marche les deux yeux fermés en attendant que les ombres, les griffes, la douleur puissent fondre dans une larme, dans un bras de mer. il le sait, c'est déjà arrivé, le désert sème le trouble mais le désert est toujours encerclé d'un océan.

15:17 09/06/2017 | Lien permanent | Tags : texte |  Facebook

4
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C'est aujourd'hui le 8 mars (IV) - Sorcières #25 - 8juin17@LaBellone

18194723_1387386451307136_5784830254910176113_n.jpgEn partenariat avec la RainbowHouse, Les Midis de la Poésie et la librairie Tulitu, la Bellone invite le collectif non-exhaustif de Sorcières#25 à jouer.

"NOUS, Sorcières, avons hérité des pires et des meilleures.
NOUS, Sorcières, nous sommes emparées de ce qui nous était dû et su et pu et tu.
NOUS, Sorcières, avons fabriqué des espaces de papiers et d’écran à la gloire de LaMonstre.
La revue auto-produite célèbre ce qui est aujourd’hui, venant d’hier et de demain, déjà.
La revue #25 de Sorcières, les femmes vivent, arrive dans les chaumières, les tanières, les taupières, les hémisphères (droit ou gauche).
Des autrices/artistes féministes présentent le numéro 25 de la revue ‘Sorcières’, intitulé La Monstre.
Sorcières?
Ce magazine littéraire et non mixte, datant des années 70-80, en était resté au numéro 24.
Pour ce tout nouveau numéro, celles qui l’ont aujourd’hui ressuscitée, ont voulu l’ouvrir à plus de diversité. Toujours uniquement des femmes, mais pas que blanches, pas que hétérosexuelles ou cisgenres, pas que trentenaires et issues de la même classe sociale.

Le 8 juin de 17h00 à 19h01 aura lieu une rencontre performative dans la cour de la Bellone : les autrices/artistes présentes mettront en voix des textes déjà publiés (avec peut-être ceux qui auront vu le jour durant l’atelier du 11 mai qui a eu lieu pendant la Pride).
Elles raconteront cette aventure d’écriture collective sur la définition de la / des féminité/s, en quête de plus d’inclusivité culturelle, générationnelle et artistique et des performances, des lectures auront lieu pour envisager LaMonstre sous des angles variés.

Ce 08 juin est conçu comme un autre ‘08 mars’. Cette année, La Bellone a choisi à la fois de célébrer et de remettre en question la Journée Des droits des Femmes souvent nommée La journée de LA femme dans les médias... Qui est cette femme ? Et pourquoi une seule journée ? Répondant à cette absurdité par une autre, nous avons décidé de donner suite à cet évènement-accordéon que nous avions entamé les 08, 15 et 22 mars. Pourquoi le 08 juin ne serait-il pas aussi la journée des femmes : nous pouvons dire 'C’est aujourd’hui le 8 mars!' comme nous pourrions dire 'C’est elle, c’est la Femme!'.

Avec Christine Aventin, Pascale Barret, Aya Kasasa, El Mougine Landerloupe, Maro, Milady Renoir, Joëlle Sambi, Snoeg Snoedal et Volte, entre autres.

22:56 04/06/2017 | Lien permanent | Tags : girlz, act-u |  Facebook

Sérendipités - une semaine d'atelier d'écriture, de sténopé et... - fin juillet 2017

 
  • plume laurie.jpgEté 2017 - Soit du 23 au 30 juillet à l'AKDT
    Soit du 24 au 28 juillet à Bruxelles (Schaerbeek).
    En cas de jauge minimale de participant.e.s non atteinte à l'AKDT,
    Laurie Staquet et moi l'animerons à Bruxelles.
    Envoyez un mail si vous êtes intéressé.e par cet atelier mais sur Bruxelles. (lire ci-dessous)
Description
Les deux animatrices amèneront les participant(e)s à écrire via les mécaniques du récit (invention de lieux, construction de personnages, élaboration de climats... ) et à expérimenter des espaces imaginaires et physiques à partir d’expériences artistiques, corporelles multiples.
Chaque proposition ajoutant une couche aux autres.
Chacun.e questionnera les intersections entre l’écriture et les autres processus sans forcément rechercher un résultat, sans hiérarchie de pratiques et d’esthétiques, sans scrupule aussi.
Les sollicitations et les pistes inductrices seront plurielles, souvent ludiques... les empreintes des expériences guidées par le désir et l'intuition traceront des chemins de traverse.
Les pratiques naissantes ou aguerries des animatrices et des participant(e)s feront terreau des propositions.
A la fin de la semaine, chaque stagiaire aura écrit, aura improvisé, aura testé la technique du sténopé, aura revêtu un habit de fiction, aura marché sur la lune, aura dessiné, aura rencontré des œuvres d’arts et des univers de création singuliers. Qui sait?
 
« L'attendu n'arrive point, mais l'inattendu »
Euripide
Niveau
Atelier ouvert à toute personne désireuse d'explorer l’écriture créative en traversant des ponts, franchissant des seuils, et sautant des haies, mêmes intérieures.
Aucun pré-requis nécessaire dans aucune pratique. L’atelier s’adaptera à toute corporéité, à tout âge, à toute capacité.
Chacun.e peut apporter ses outils, ses désirs, ses matériaux, ses ressources pour alimenter l’atelier ou arriver vierge de tout dessein.
Une petite note d’intention avant l’atelier est bienvenue, mais non obligatoire.
Matériel
Petites choses utiles pour la semaine :
- Tapis de sol, de yoga ou couverture épaisse
- Vêtements confortables pour l’une ou l’autre activité
- Baskets ou chaussures de marche pour un peu de marche
- Tout matériel support de pratique artistique personnelle (couture, photographie, aquarelle, collage, cuisine, ... etc.)
- De quoi écrire, feutres couleur, crayons couleur..
- Scotch, agrafeuse, punaises, ciseaux, cutter, craies, fusains, pastels.
- Désir de créer, désir d’essayer, désir de bifurquer, désir de jouer.
 
Conditions AKDT:
Prix du stage : 255.00 €
Prix de l'hébergement si AKDT: 205,00 €
 
///
 
Autres conditions si à Bruxelles (hors AKDT):
200 € du lundi 24 au vendredi 28 juillet (Schaerbeek) - contactez moi par MP pour intention
possibilité d'échelonner le paiement si besoin.
 
Illustration de Laurie Staquet - co-animatrice de l'atelier

22:47 04/06/2017 | Lien permanent | Tags : atelier |  Facebook

"femmes savantes" - Une semaine d'atelier d'écriture (soit à Neufchâteau (AKDT) soit à Bruxelles

akdt femmes savantes.jpgSi cette proposition faite pour l'AKDT vous intéresse mais à Bruxelles (et plutôt du lundi 17 au vendredi 21 juillet (avec d'autres conditions aussi), merci de m'aviser par MP.
En cas de jauge minimale de participant.e.s non atteinte à l'AKDT, je l'animerai à Bruxelles (Schaerbeek).

Enoncé:
Cet atelier d'écriture s’imprègne des figures féminines (de la littérature, des arts, de la politique, de l’histoire, des histoires...), des luttes, débâcles, retors, revers, sangs versés, poings levés. Il s’irrigue des fils cousus et des fleuves exaltés que certain(e)s ont traversés, traverseront.

Les participant(e)s de tout genre, de toute symbolique, pourront re-découvrir quelques noms de proues et poupes créatrices mais aussi une série d’œuvres d’art et de travaux inspirés d’entités féminines (qu’elles soient d’hommes ou de femmes) croisées sur la route par Milady Renoir (dont Annie Sprinkle, Violette Leduc, Camille Ducellier, Hildegarde de Bingen, Olympe de Gouges, Julien Clerc, Annette Messager, Ishtar, Pina Bausch, Gilles Deleuze, Toni Morrison, Annie Leclerc...).

De nombreuses lectures, créations, idées, des approches contemporaines et moins feront terreau et prétexte/s à l’écriture créative, à l’expérimentation de styles multiples, à des mises en voix-et-corps-et-langues et à des réflexions libérées de contraintes sociétales mais pas littéraires.

Niveau
Toute entité mortelle et sensible est bienvenue pour écrire, lire, évoquer, déconstruire, chercher, s’autoriser. En aucun cas, cet atelier ne se veut prosélyte ou convaincant, il se veut espace ouvert et enthousiaste.

Une courte présentation de soi et de son intention pour l’atelier est bienvenue mais non obligatoire

Matériel
Agrafeuse, scotch, punaises, ciseaux, cutter, esprit, corps, ...

Infos pratiques et inscriptions pour l'AKDT: http://www.akdt.be/index.php/stages/arts-du-spectacle/516

Si pour Bruxelles, contactez-moi par mail.
Atelier à Schaerbeek.
5 jours plutôt que 6.
200 euros la semaine
payables en plusieurs fois si souci.

22:27 04/06/2017 | Lien permanent | Tags : atelier, girlz |  Facebook

23
mai

CR de la 55ème soirée filles avec un cerveau (chacune) – 21.04.17 @ Nathalie’s (Schaerbeek) – invitation à la 56ème - 23.06.17

girlz, agendada, Compte-rendu de la 55ème soirée filles avec un cerveau (chacune)le vendredi 21 avril 2017 @ Nathalie’s (Schaerbeek)

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Invitation à la 56ème chez Pascale B. (Molenbeek) le vendredi 23 juin

Véra : Aromathérapie petit livre, recettes joyeuses – mascara des yeux pour celles qui aiment être vues et regarder – homme à cadeaux, sans concession. Couvre-feu et désirs.

Nathalie : MOOC – tutoriels de gouvernance partagée ou l’insupportable maniérisme marketing des gesticulateurs précses des cours. A suivre (ou à ne pas suivre). Récits.

Alice : Tours de magie magiques « Fleur qui s’ouvre et poivre qui a peur » - devinette… mystères, mystères. Joies d’être magique.

Jana : Vinyles mystères à découvrir ensemble (dont Paul Rolelson – spirituals + Schonberg – Pierrot Lunaire + Lieder des Antifaschistischen – Widerstandes im Europa) + workshop « white priviledges » + proposition @ ING space (Amal Alhaag, Maria Guggenbichler – sideroom (archive here)

Zoé : Voyages entre corps et autres mondes via les cyborgs, les interfaces féministes et les empowered writers… Judith Butler @ ULB + Comptes et légendes de Margaret Atwood (Sous titrés : ‘La dette et la face cachée de la richesse’) + Ursula K. Le Guin pour l’essai sur les genres Fantazy & Science fiction : ‘le langage de la nuit’ + La Servante écarlate réactualisé… + Donna Haraway .

Isabelle : Méditation – pleine conscience – antiétiquette méthode Resseguier. Plaisir de la transformation dans la relation de «savoir » entre «parent-enfant ». Désir de grandir. girlz, agendada,

Amélie : Amandine Dhée ‘La femme brouillon’ ‘dans la forêt’ de Jean Hegland

++ Théorie du Care + ‘le mur invisible’ de MARLEN HAUSHOFER

Dani : Expo « unexposed wishes » - proposée par Fery Malek-Madani + Manifeste des all Frauen im Bund (féministe et allemande et aussi… )

Emma : Un fait divers sordide… écoles et encadrements – (d’)Où est la parole ? qu’est ce que porte l’écriture quand le mot ne suffit pas ? Hommage à S. – émotions légitimes et lois naturelles de l’enfant + autolouange + Voici un conte pour aider les enfants à se libérer de leurs émotions

Sandrine : « Looking for the putes mecs » - spectacle promotion + Programme Centre Culturel Jacques Franck (Cette année, le slogan de la Belgian Pride « Crossing Borders » met en lumière la condition des personnes migrantes LGBTQI+. Le PRIDEFESTIVAL 2017 organisé par la RainbowHouse vous propose du 3 au 21 mai une flopée d’événements dans divers lieux culturels bruxellois. Le Jacques Franck s’y associe avec une programmation axée sur le cinéma, le théâtre, des workshops (Fierce attitude et Drags King) et un  Sassy Cabaret…) + Altervisio (asbl pédagogique questions anti-discriminations LGBTQI+)

Milady : Les Glorieuses + Le crapouillot spécial ‘Super Femmes des années 80’ – Langage politique macho assumé des revues satyriques de cette époque.. double sens, double langage, sexisme « humoristique », … liberté de ton ?

girlz, agendada, Prochaine Soirée Filles (56ème)
avec un cerveau (chacune)
le vendredi 23 juin chez Pascale B. (Molenbeek)
dès 19h03.

  • faites passer
  • ne confirmez pas, venez (ou pas)
  • apportez gentes et nourritures terrestres !
  • faites des amours et/ou des guerres.

Rappel du concept dans un épisode précédent.

21:31 23/05/2017 | Lien permanent | Tags : girlz, agendada |  Facebook